Échanger, c'est capitaliser
Dans Tancienne économie politique, dans l'économie politique de J .-B. Say, qui est aujourd'hui celle de M. Considérant , eela n'a pas le sens commun. Dans le système vutuelliste, rfen de plus rationnel.
En ef¥èt, si, comme nous venons de rétablir, faire crédit est la même chose que faire échange ; si rien ne se doit donner pour rien, si le produit ne peut être délivré que contre un produit équivalent, et non pas contre une autorisation de produire; du moment que rechange direct ne rencontre- phis d'obstacle , il est évident que le moyen de s'enrichir, pour chaque travailleur spécial , est d'acquérir le plus possibfe de produits différents, en échange d'un produit toujours le même.
Le contraire arrive , lorsque l'échange ne peut plus se Caire que par Tintermédiaire de la monnaie et sous bénéfice d'escompte pour le détenteur du numéraire , comme sous bénéfice d'aubaine pour le détenteur des instruments de production. Là, il est clair que le travail et réchange sont rares et coûteux parce qu'ils sont grevés , le produit est de conversion difficile, le débouché toujours restreint, la demande toujours timide , la capitalisation nese fait plus que sous la forme de numéraire, conséquemment , au lieu d'avoir pour mobile la consommation, elle n'a pour principe que l'épargne , et, comme l'épargne, elle est pauvre et indigente.
Suivant qu'on se place à l'un ou à Tautre point A% vua,.
la caisse d'épargne est une inslitulion philanthropique, ou une absurdité économique.
4° La consommation, c'est la commandite, {kxticle 22.)
Cet aiiome est ia conséquence du 'i^ \ Uécliange,c^est la capifalisation , comme celui-ci est la conséquence du second : Le crédit, c'est l'échange. — En effet, là où, par réchange direct des produits, tont échangiste est réputé créditeur, le consommateur devient le commanditaire de quiconque n'ayant rien à offrir à rechange demande soit du travail . soit des instruments de trayait. — Que pouvez- vous nous offrir? dit-on à ce producteur sans travail. — Des feutres, des châles, des bijoux, etc., répond-il. — Très-bien; prenez note de nos commandes; portez-les à la Banque, et sur la garantie de nos signatures , vous trouverez de l'avance , vous trouverez de quoi travailler, de quoi vivre, de quoi couvrir votra crédit, de quoi enfin vous enrichir.
Telle est la véritable nature de la commandite. Les anciens l'avaient eux-mêmes compris, et c'est pour cela qu'ils l'avaient ainsi nommée, comme s'ils eussent dit : Commander, commanditer, c'est même chose !
la Démocratie pacifique trouve ce système simpliste : elle aime la composite. Entre le producteur et le consommateur, elle place le capitaliste; entre le produit et le produit, elle met le numéraire; entre l'ouvrier et Tentrepreneùr, c'est-à-dire entre le travail et le talent, elle met le capital , la propriété. Quelle trinité splendide ! comme c'est profond la triade! et combien cette synthèse à triple étage l'emporte sur le dualisme de la réciprocité !
Si maintenant des principes de la société mutuelliste nous passmis à ses formes , nous trouvons tout à Tavenant , c'est-à-dire tout à rebours des notions de la vieille jurisprudence comme de la vieille économie |)olitiqtte. D'après le code et tous les commentateurs, toute so-
:iété civile ou commerciale, formée pour une exploiiaion quelconque, suppose :