‹ Résumé de la question sociale: banque d'échangeChapitre 41 sur 54 · VIU · texte numérisé non relu

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raine , mais à condition seulem^t de consentir -aux volontés du roi.

Ce mensonge constitutionnel , dénoncé par tous les hommes qui avaient occupé le pouvoir ou qui rapprochaient , a déterminé la Révolution. La difficulté eût été tranchée , qu'on le remarque bien , alors même que la Révolution se serait arrêtée aux manifestations du 22 et du 23 , sans aller jusqu'à l'abdication du roi, jusqu'à l'expulsion de la dynastie. La Charte élucidée par l'abolilion du gouvernement personnel, le pouvoir changeait de forme.

La question révolutionnaire était posée de cette façon depuis i 830 : en principe et au point de vue constitutionnel, la volonté du prince doit-elle l'emporter sur la volonté du Peuple? Le 22 février, le Peuple avait répondu d'une manière définitive : Non ; désormais ce sera ma volonté qui prévaudra.

Tout en s'inclinant devant la souveraineté du Peuple, le gouvernement était devenu l'apanage , la propriété de la classe moyenne. Mais le Peuple ; Je veux, dit-il, que les choses changent. Dorénavant les ouvriers, comme les bourgeois, auront part au gouvernement. Tel était le sens de la réforme électorale appuyée dans ces derniers temps par tout le monde.

Or, le gouvernement personnel aboli, la réforme électorale et parlementaire obtenue, le roi restant aux Tuileries, la royauté n'était déjà plus qu'un vain litre, la Révolution était politiquement consommée. Ce qui a suivi n'a été qu'une déduction rapide et sans moyens termes de ces deux prémisses : l'abolition du gouvernement personnel et la réforme électorale.

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haute : la royauté qui règne ; comme le despotisme l'avait été dans son expression la plus complète, la royauté qui gouverne ; comme la vénalité, le privilège et l'agiotage l'avaient été dans leur source la plus profonde, la royauté qui corrompt ; la question sociale se trouvait posée de fait et de droit.

Le Peuple, quoi qu'en disent ceux qui ont intérêt à soutenir le contraire, demandait non pas que le gouvernement s'emparât du commerce, de l'agriculture et de l'industrie pour les ajouter à ses attributions , et faire de la nation française une nation de salariés; mais qu'il s'occupât des choses du commerce , de l'agriculture et de l'industrie, de manière à favoriser, suivant les règles de la science, qui sont celles de la justice , le développement de la richesse publique, et à procurer l'amélioration matérielle et morale des classes pauvres. Et le gouvernement de répondre que ces choses n'étaient point de sa compétence , qu'il ne s'en occuperait pas. Mais moi, s'écria le Peuple, je veux que le gouvernement s'en occupe.

Ainsi , la réforme du gouvernement personnel contenait la réforme parlementaire ; la réforme parlementaire contenait la réforme électorale ; la réforme électorale impliquait la réforme de la Constitution ; la réforme de la Constitution entraînait l'abolition de la royauté , et l'abolition de la royauté était synonyme de révolution sociale. Les seuls qui eussent compris la situation, c'étaient d'une part le gouvernement, de l'autre le Peuple. Par le fait seul de la protestation de la gauche , qui démit avoir lieu le 22 février, la Révolution tout entière était accomplie; le Peuple n'a fait que dégager l'événe-

jQeDt qmétÊàt dans la pensée de tout \e motidd^.

Is nroblèipe de la reconstitution saoiale étant posé, il s'agis^^it 0e la résoudre. Cette solution, on ne pouvait Tappr^ ndrç qup du Peuple. On a vu eommeqt , an gér néralisaut ses idée^ sur la gouvernement , le Peuple avait conclu tout à ooup |i une révolution et converti la monarchie en Républigue, I^ tort de ceux qui prirent la tête de cette [Révolution fut de n'être pas à la hauteur des idées du Peupla*

La Révolution de février n'était pas seulement une négation du principe monarclûque, c'était une négalion du principe représentatif, de la souveraineté des majorités.

Le gouvernement provisoire , composé en grande partie de juristas, déclara que la France serait conslituée en Répul)lique ; mais il y (nit pour condition la ratification des citovens. «Quoi de plus juste en effet, disaient les formalistes da l'Hôtal-da- Ville, que de réserver l'adhésion des départements? La bon plaisir de quelques centaines d'insurgés pouvait-il annuler le droit de 36 millions d'hommes, et la proclamation faite à Paris de la République obliger las cœurs monarchiques des départements? N'y avait-il point an cela contradiction au principe républicain? Na serait-ce point une usurpation flagrante? »

« Mais , disait de son câté le Peuple , si c'est moi qui ai parlé à Paris , je ne puis ma contredire è Bordeaux. Le Peuple est un et indivisible; il n'a^tpas m^orité et minorité ; il n'est point une multitude ; il ne se scinde pas. Sa volonté ne se compta ni ne se pèse comme des suffrages d'actionnaires : elle est unanime. Partout où il y a division, ce n'est plus le Peuple : les théories représcnlalives âpni uuô nég^lVûU ^^ ^ sauv^ainalô. Le

P(3Uple dst tottjouf» d'aecord avec lui-même ; tout se tient, tout se lie daos ses décisions; tous ses jugements spnt idpntiqua^. Supposer qu'après l^événement du 24 février, préparé, prévu de si loin, accompli par le oon^ COUPS ou l'antagonisme de toutes les idées, la proclamar tipn de la République pût être objet de controverse , c'était frapper de nullité tout ce que, pendant ces trois jours, avait fait le Peuple, ot donner gain de ^ause à M. Guizot. »

En effet si, après la déclaration du Peuple de Paris, ^ République devait être remise en question devant les asr semblées électorales, cela laissait supposer que la vor lopté du Peuple n'est pas unanime et que cette volonté n'est autre que la volonté de la majorité. Or, si c'est à la inajorité de fair« la loi, il tmt dire encore que c'^t i la majppité des majorités , et ainsi de suite jusqu'à ce qu'on revienne au gouvernement personnel ; qu'ainsi le gouverpement appartient à la classe moyenne élue par la m^ûorité des assemblées primaires ; que la classe moyenne à son tour doit respect à sa propre majorité, à la majorité de ses électeurs ; que la majorité des élecr teurs doit obéir à la majorité des députés, la majorité des députés se soumettre au ministère, lequel est tenu de faire la volonté du roi, qui, en vertu delà majorité, règne et gouvernp.

Jamais, avec la théorie représentative, on ne sortira de ce cercle, et c^est justement hors de ce cervole que venait de se placer le Peuple. La loi de majorité, avaitil dit , B^est rien , si ce n'est comme transaction provi^ soire entre des opinions antagonistes, et en attendant la solution du Peuple.

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par la Révolution du 24 février en sens diamétralement contraire à toutes les idées reçues :

1 ^ Question de résistance légale. — Le Peuple Tavait dit une fois pour toutes : Protester, pour lui , est synonyme d'ordonner ; blâmer est synonyme de s'opposer; résister, synonyme de renverser l'objet de sa résistance.

2*^ Question de réforme. — L'Opposition, tout en demandant les mêmes choses et dans les mêmes termes que l'insurrection, mais ne les envisageant pas séparément et en détail, réservait expressément dans la protestation la monarchie, la Charte, les institutions constitutionnelles, en même temps qu'elle repoussait la réforme sociale. Le Peuple, au contraire, embrassant toutes les réformes demandées en un seul faisceau» avait compris que de ce faisceau résultait une idée nouvelle; il avait tout réduit en poussière, royauté et Constitution.

3** Question de majorité représentative. — Tous les publicistes sont d'accord que c'est la majorité non du Peuple, mais de ses représentants, qui fait la loi. Le Peuple, au rebours , avait vu que l'autorité des majorités n'est point absolue ; qu'elle est sujette à caution, et que, dans certains cas, il peut arriver que l'intégralité du Peuple soit condamnée par la majorité du Peuple ; qu'il y avait donc lieu à réviser ce principe dans la Constitution nouvelle.

Sans doute, si chaque citoyen prenait pour règle cette logique, nous aboutirions forcément à la guerre civile; mais cette individualité supérieure qu'on appelle le Peuple conclut toujours à la paix et à l'unité. La logique du Peuple est la loi de l'histoire, la source du ïfro/t et du progrès , le çrmcxçe ôfe \«vx\i5i m^t^té ^ la

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