XIII
source de toute justice. — Interroger le Peuple ! là est le secret de l'avenir ! interroger le Peuple ! c'est toute la science de la société.
Interroger le Peuple! Le gouvernement qui s'installa le 24 février à l'Hôtel-de-Ville ne sut point le faire, et faute de le savoir, il perdit la Révolution.
Qu'avons-nous vu le lendemain du triomphe populaire? La République transformée en une démocratie doctrinaire; l'empirisme et l'utopie prenant la place des idées et faisant du Peuple une matière à expérimentation ; de petits hommes , de petites idées , de petits discours; la médiocrité, le préjugé, le doute, et bientôt la colère de la multitude. La volonté du Peuple , qui aurait dû grandir ses chefs, les avait amoindris. On attendait de ces magistrats improvisés , portés sur les ailes de la Révolution, qu'ils ramèneraient la sécurité, ils semèrent l'épouvante; — qu'ils feraient la lumière , ilscréèrentlechaos ; — qu'ils sauraient préciser les questions, dire ce que le Peuple voulait et ce qu'il ne voulait pas, ils n'affirmèrent rien, laissèrent tout croire et firent tout craindre* Il fallait tout à la fois rassurer la propriété et donner des garanties au prolétariat par la conciliation de leur antagonisme ; ils les mirent aux prises, ils soufflèrent la guerre sociale. On comptait sur des actes , ils produisirent l'inertie. On leur demandait du travail, ils formèrent des cadres; du crédit, ils décrétèrent les assignats ; des débouchés, ils s'en référèrent à l'attitude de la République. Une fois ils nous dirent que Yorganùation du travail ne pouvait se faire d'un jom; une autre fois, que la question était complexe; quinze jours après, ils nous renvoyèrent au bureau de placements. Le Veuph s'était retiré de ces homiùes» "^ \\^ ^ oV
matent cependant, ils daignaient le lui dire. Mais rien, rien, rien ne décelait en eux l'intelligence de ce Peuple, dont ils portaient les destinées. Partout dans leurs actes, au lieu de ces pensées universelles, sublimes, qu'enfante le Peuple, on ne trouvait qnechattdes altocu lions ^ chaleureuses paroles, utopie, routine, contradiction, discorde.
Examinons quelques-uns des actes de ce gouvernement qui avait en main la plus grande Révolution qui se fût jamais accomplie sur la terre , et qui la livra misérablement par son incapacité à ses ennemis.
La première chose dont s-est occupé le gouvernement, c'est d'exclure le drapeau rouge. La Révolution , on ne peut le dissimuler, avait été faite par le drapeau rouge; le gouvernement provisoire décida de garder le drapeau tricolore. En agissant ainsi, il ne feisait rien de moins que d'éliminer la question sociale : toutes les fois que le Peuple, vaincu par la souffrance, veut exprimer, en dehors de cette légalité juridique qui l'assassine, ses vœux et ses plaintes, il marche sous une bannière rouge. Qu'on garde, si l'on veut, le drapeau tricolore, symbole de notre nationalité; mais qu'on se souvienne que le drapeau rouge est le signe d'une révolution qui sera la dernière. — Le drapeau rouge! c'est l'étendard fédéral du genre humain.
Après l'interdiction du drapeau rouge, est venu le décret d'accusation des minisires. Informer ^ passe ; mais accuser était absurde, surtout après l'abolition de la peine de mort pour crimes politiques. De plus c'était injurieux au Peuple. Comment ! le gouvernement provisoire n'avait pas compris que la Révolution de février était ]a fin d'une constitution , et non le renversement d^iw minislère? Le S'î , M. Gvmol ^qvvh^xV ^Vx'^ vcl\s en