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ACTION DR LEAU SDR LES HYDRATES

L'eau dissout les parties non carbonatées des hydrates de chaux grasse , quelle qu'en soit la cohésion.

Si, d'une même chaux grasse, on tire, par les trois procédés d'extinction connus, trois hydrates d'une consistance ferme et parfaitement égale de part et d'autre; qu'on les immerge immédiatement sous une eau pure, ils en absorberont, pendant un temps déterminé propre à chacun d'eux, une certaine quantité ci-après spécifiée, savoir:

Pour mille parties d'hydrate obtenu par le premier procédé, quarante parties d'eau après un mois , terme de la saturation.

Pour mille parties d'hydrate obtenu par le second procédé, cent huit parties d'eau après deux mois et demi, terme de la saturation.

Pour mille parties d'hydrate obtenu par le troisième procédé, deux cent quarante-six parties d'eau après deux mois et demi, terme de la saturation.

Le terme du travail est relatif à la masse de l'hydrate immergé; quand on place la matière en expérience dans un vase imperméable, de telle sorte qu'un très-petit volume d'eau su/lise pour la recouvrir,

alors la chaux dissoute dont on a à tenir compte ne forme qu'une très-minime fraction de la totalité de l'hydrate.

Il résulte évidemment des comparaisons précédentes, que le défaut de foisonnement qui, pour les chaux grasses, dérive de l'emploi des deuxième et troisième procédés d'extinction, permet à ces mêmes chaux de se réduire en pâte de prime abord, avec une quantité d'eau beaucoup moindre que celle dont elles ont besoin pour atteindre le terme de leur saturation ; mais on voit aussi qu'elles conservent la faculté de compléter la dose par un travail intime et sueeessif , sans toutefois qu'il survienne autre chose qu'une augmentation de densité, et par conséquent de dureté; car, à la suite du travail dont on parle, ou ne remarque aucun changement sensible de volume.

Cette observation est très-importante; nous aurons soin de la rappeler au besoin.

Nous nous sommes déjà occupés, dans le premier chapitre, des hydrates de chaux hydrauliques immergés à l'état de pâte , et de la dureté qu'ils contractent à la suite de cette immersion. Il nous reste à dire que le mode d'extinction exerce sur cette dureté, autant que sur la vitesse de la prise, une influence d'autant plus marquée, que la chaux est moins énergique. L'ordre de prééminence des trois procédés n'est pas constant; il est le même pour les chaux moyennement hydrauliques que pour les chaux grasses , et se maintient pour les chaux hydrauliques et éminemment hydrauliques, ainsi qu'on l'a indiqué en traitant de l'action de l'air.

Les hydrates de chaux hydrauliques et éminemment hydrauliques, immergés à l'état de pâte très-molle, rejettent une partie de l'eau surabondante qu'ils contiennent, et se solidifient: à l'état de pâte trèsferme, ils en absorbent au contraire une nouvelle quantité, se solidifient plus vite , et parvieiuient dans la suite à un degré de dureté que la chaux immeigée molle n'atteint jamais.

Toute chaux hydraulique qui a durci à l'air peut être ensuite impunément immergée sans que l'eau en dissolve sensiblement.

La technique ne saurait tirer un grand parti des hydrates de chaux grasses (29) ; la difficulté principale est dans le retrait que prend la matière en durcissant à l'air, surtout lorsqu'elle a été éteinte par le procédé ordinaire. Quand on en fabrique des prismes dont les dimensions n'excèdent pas celles d'une très-petite brique , qu'on les pose librement sur une aire à laquelle ils n'adhèrent pas , la matière se concentre sans obstacle , la dessiccation et la solidification s'opèrent assez bien ; les prismes se recouvrent néanmoins d'une légère efflorescence provenant des petites portions de la surface, qui n'ont pu participer au mouvement général de retrait. Mais quand les dimensions s'étendent, que les formes se compliquent et exigent l'emploi des moules, alors la matière est gênée, la pâte se prend aux parois, les fentes se manifestent, et l'on n'obtient que des fragments. La inassivation n'est d'aucun secours.

Le retrait est d'autant plus considérable, que la chaux employée est d'une nature plus grasse, et qu'elle a été mieux développée par l'extinction. Mais si on voulait se borner à des formes simples, on parviendrait à fabriquer à peu de frais, avec des chaux grasses très-blanches, de petits carreaux qui, susceptibles d'être bien dressés et polis sur un grès fin , imiteraient le beau marbre blanc, et pourraient servir à divers usages.

Les chaux hydrauliques à l'état d'hydrates ne peuvent être employées avec succès que sous terre, ou dans l'eau, soit en corrois, soit en bétonnements. Mais elles ne rendraient pas un meilleur service que le mortier qui résulte de leur mélange avec le sable ordinaire; ce serait donc un fort mauvais calcul que de négliger ce. moyen de doubler au moins le volume de la matière.

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