INFLUENCE DU TEMPS
Quelques personnes sont dans l'usage de conclure la bonté future d'un ciment, de la rapidité de la prise; des faits nombreux prouvent que cet indice n'est pas toujours constant. Le second procédé d'extinction, par exemple, hâte la prise de tous les bétons à chaux éminemment hydrauliques , mais ne les conduit pas au même degré de dureté absolue que le procédé ordinaire. Il est tels ingrédients, d'ailleurs, dont les facultés ferrumentaires ne se développent que d'une manière lentement progressive, et qui atteignent cependant un haut degré de solidification. Le temps de la première prise ne peut être un pronostic exact de la dureté future que lorsqu'on compare ensemble des ciments ou mortiers de même espèce ; ainsi , par exemple, lorsqu'un mélange de 200 parties de pouzzolane et de 100 parties de chaux grasse en pâte met 6 jours à faire prise, pendant qu'un mélange à consistance égale de 200 parties de la même pouzzolane avec 270 parties de la même chaux en met 19, il est certain que le premier deviendra plus dur que le second , et il en sera de même , si les proportions restant invariables, les ciments ne diffèrent que par la quantité d'eau introduite, et qu'à raison de cette différence, le plus ferme fasse corps plus promptement que l'autre.
Les remarques suivantes se déduisent des faits observés jusqu'à ce jour :
i° L'excès de chaux grasse, ou moyennement hydraulique , dans un ciment, en retarde la prise; les proportions les plus favorables à cette prise sont aussi celles qui donnent la plus grande dureté;
a 0 Le second et le troisième procédés d'extinction paraissent généralement plus propres à accélérer la prise que le premier ;
3° Les progrès des ciments à chaux grasses et pouzzolanes énergiques ou très-énergiques sont encore sensibles pendant la troisième année qui suit leur immersion ;
4° Les progrès des mortiers à chaux hydrauliques ou éminemment hydrauliques, et sables quartzeux ou calcaires, ne sont plus sensibles après la seconde année d'immersion ;
5° Le temps modifie, mais ne renverse pas les rapports de dureté qui dérivent de la comparaison des trois procédés d'extinction ; c'està-dire que l'ordre de prééminence, observé à la fin de la première année, est encore le même à la fin de la troisième, et ainsi de suite (5a).