DEUXIEME PROCÉDÉ
La chaux vive plongée dans l'eau pendant quelques secondes, et retirée avant le commencement de la fusion, siffle, éclate avec bruit, répand des vapeurs brûlantes ( ces phénomènes peuvent être plus ou moins prononcés), et tombe en poudre. On la nomme alors chaux
éteinte par immersion. Elle peut se conserver long-temps en cet état, pourvu qu'on la mette à l'abri de l'humidité. Elle ne s'échaufTe plus lorsqu'on la détrempe (19).
Cent parties de chaux grasse ainsi éteinte ne retiennent moyennement que dix-huit parties d'eau, tandis que les chaux hydrauliques en prennent de vingt à trente-cinq: ce fait a lieu dans un sens inverse de celui que présente l'extinction ordinaire.
Les chaux très-grasses, si on se contente de les concasser grossièrement avant l'immersion, et de les laisser ensuite décrépiter sur une aire, se divisent difficilement en poudre très-fine. Plus de la moitié reste alors en petits fragments solides de la grosseur d'un pois; et ces fragments, une fois refroidis, peuvent tenir long-temps dans l'eau sans s'y délayer. On surmonte cette difficulté en réduisant les pierres de chaux vive à la grosseur d'une forte noix, avant que de les immerger; mais surtout en les accumulant immédiatement, après l'immersion, dans des futailles ou de grands encaissements ; la chaleur se trouve alors concentrée; une grande partie de l'eau vaporisée au premier instant, ne pouvant s'échapper, est reprise parla chaux même, qui parvient à se diviser ainsi d'une manière satisfaisante.
Un volume de chaux grasse vive, mesurée en poudre, ne donne guère que de 1 , 5o à 1 , 70 en poudre éteinte non tassée.
Les chaux hydrauliques rendent, dans les mêmes circonstances, de 1 , 80 à a , 1 8.