TROISIEME PROCÉDÉ
La chaux vive soumise à l'action lente et continue de l'atmosphère, se réduit en poussière très-fine. Pendant cette extinction naturelle, il y a un léger dégagement de chaleur, mais sans vapeurs visibles.
Les chaux grasses augmentent des \ de leur poids, et rendent en volume jusqu'à 3, 5a pour un (mesuré en poudre vive). Les chaux hydrauliques ne prennent moyennement que - t d'eau , et rendent en volume depuis i-^S* jusqu'à a" 55 e (Les poussières sont mesurées sans tasse-
ment.) Pour obtenir ces résultats, il faut saisir l'époque où la réduction est complète, et ne point opérer dans une atmosphère trop humide.
L'extinction ordinaire est celle des trois qui divise le mieux les chaux grasses et les chaux hydrauliques de tous les degrés, et qui, par conséquent, en porte le foisonnement au plus haut terme; en seconde ligne, et sous le même rapport, l'extinction spontanée convient mieux aux chaux grasses qu'aux chaux hydrauliques et éminemment hydrauliques, et vice versa pour l'extinction par immersion (20).
De ces différences il résulte que trois volumes égaux d'une chaux quelconque en pâte d'égale consistance, mais éteinte par des procédés différents, ne contiennent ni la même quantité de chaux ni la même quantité d'eau (21).
Toute esj>èce de chaux exposée vive au contact de l'air et dans un lieu abrité, reprend insensiblement l'acide carbonique qui est nécessaire à sa saturation ; le temps employé à ce travail varie avec la nature et le volume de cette chaux. Est elle grasse ? dix mois suffisent lorsqu'on l'étend en couches de o m 02 r d'épaisseur seulement. Cent quatre-vingtonze parties contiennent, après ce laps de temps , savoir : chaux vive, 1 00 ; acide carbonique, 74; eau, 17. Est -elle hydraulique? elle complète, dans les mêmes circonstances, son travail du septième au huitième mois. Cent soixante- neuf parties contiennent, à cette époque, savoir: chaux vive combinée avec^ d'argile, 100; acide carbonique, 54 ; eau, i5.
Toute chaux éteinte préalablement par immersion, et exposée ensuite au contact de l'air dans un lieu abrité, se charge progressivement d'acide carbonique et.d'eau, mais jusqu'à un certain point seulement: la mesure de ce travail, ainsi que le temps employé, varient avec la nature de la chaux.
Cent soixante parties de chaux grasse ainsi éteinte contiennent, après sept mois et demi d'exposition (comme il a été dit ci-devant), savoir: chaux vive 100; acide carbonique, 3G, i5; eau, a3, 85.
Cent soixante-neuf parties de chaux hydraulique, dans les mêmes
circonstances, contiennent, savoir: chaux vive avec j d'argile, 100; aeide carbonique, 16; eau, »5.
Le poids des poussières, après l'époque indiquée, n'augmente plus sensiblement ; la balance n'annonce que des variations hygrométriques tantôt positives , tantôt négatives. L'eau dont on détrempe ces poussières en dissout cependant une petite quantité.
La conséquence évidente de ces derniers résultats , est que l'immersion instantanée ôte pour jamais aux chaux grasses et hydrauliques la faculté de reprendre, par un long séjour à l'air, la quantité d'acide carbonique qu'elles ont perdue par la calcination.
Sur les ateliers, on conserve les chaux grasses, éteintes par le procédé ordinaire, en les plaçant dans des fosses peu perméables, que l'on recouvre de trente à quarante centimètres de sable ou de terre fraîche (as). Éteintes par immersion , ou spontanément , elles se maintiennent sans altération pendant un temps assez long , soit dans des futailles , soit sous des hangars , dans de vastes encaissements recouverts de toiles ou de paille (a3).
Les chaux hydrauliques durcissent en peu de temps dans la fosse (24); on ne parvient à les conserver long-temps, et surtout à les faire voyager sans altération bien sensible, qu'en les éteignant par immersion, et en les enfermant, en cet état, dans des futailles ou des sacs de toile (a5); on peut cependant en garder vive, pendant cinq ou six mois, une assez grande quantité, en s'y prenant de la manière suivante.
On en étend une couche , de quinze à vingt centimètres d'épaisseur, réduite en poudre par immersion, sur le sol du hangar où l'approvisionnement doit être placé; sur cette couche, on empile la chaux vive en la serrant autant que possible: on termine le monceau, à défaut d'encaissement , par <les talus que l'on recouvre d'un dernier lit de chaux „prise au moment où elle vient de subir l'immersion; celle-ci, tombant en poussière, se loge dans les interstices de la chaux en pierre et l'enveloppe assez bien pour la défendre de l'air et de toute humidité (26).