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V. — Observations cliniques de galvano-caustique chimique

Après avoir traité de la théorie relative aux cautérisations par l'action chimique du courant, et avoir considéré celles-ci d’une manière générale, il importe d'en faire connaître les applications méthodiques

(1) Emploi medical de l'électro-puncture , Rev. mjéd., janvier, 1843.

(2) Gaz. med. italiakà lombardia, 1857-1858.

à la thérapeutique; à cet effet je résumerai ici les observations dont j'ai parlé devant la Société de chirurgie en 1860, et que j’ai publiées ensuite dans mes Études sur l'action chimique , etc. Je ferai suivre ce résumé des observations les plus remarquables, choisies dans ma pratique et dans celle de mes collègues, ou publiées par des auteurs divers, afin de mettre sous les yeux du lecteur tout ce que j’ai trouvé de plus intéressant concernant la pratique de la galvano-caustique chimique.

Obs. I (mars 1858). — Névrome sur le tibia, très-dur, ayant 5 centimètres de diamètre, causant des douleurs névralgiques récurrentes, traité sans succès par l’acide nitrique. On traverse la tumeur avec une aiguille de platine, communiquant avec le pôle positif d'une pile à colonne de quarante éléments, dont chacun a 10 centimètres de côté; le liquide excitateur consiste dans de l’eau acidulée par 1/30 d'acide sulfurique. Le rhéophore négatif communique avec la jambe au moyen d’un plumasseau imbibé d’eau salée. Le courant a continué dix minutes; la douleur a été assez vive; on obtient une eschare sèche, de 6 millimètres de diamètre. Une fomentation d'eau froide fait cesser la douleur; l’eschare tombe le huitième jour, laissant un ulcère qui n'a guéri qu’après vingt jours. La guérison ne s’est pas démentie.

Obs. II (mars 1859). — Tumeur érectile veineuse à l’aile du nez, de la grosseur d une noisette. Elle a été traversée par une aiguille de platine communiquant avec le pôle positif d’une pile à colonne de trente éléments ayant 5 centimètres de côté ; vinaigre pour liquide excitateur. Le rhéophore négatif est appliqué à la joue correspondante au moyen du conducteur humide. Courant de dix minutes, provoquant de vives douleurs: formation de deux eschares aux points d’entrée et de sortie de l’aiguille, comprenant presque la totalité de la tumeur. L'extraction de l'aiguille a été suivie d’une hémorrhagie qui s’est arrêtée bientôt d’elle-même. La chute des eschares a eu lieu le treizième jour; il ne restait que la moitié de la tumeur recouverte d'une croûte. Dans une autre séance, et au moyen du même appareil, la tumeur a été traversée à sa base par deux aiguilles, une de platine pour le pôle po*sitif, l’autre d’acier pour le pôle négatif. Courant de cinq minutes, formation d’eschares, dont les plus étendues sont celles qui répondent au pôle positif. Leur chute a été suivie d’une prompte cicatrisation, sans altération dans la forme de l’aile du nez: la tumeur n’a plus reparu.

Obs, III (juin 1861). — Tumeur érectile veineuse du volume d'une grosse noix sur le nez d’un enfant de 8 mois. J’ai traversé la tumeur

avec quatre aiguilles, deux de platine liées ail rhéophore positif, deux d’acier liées- au rhéophore négatif. Le courant a duré dix minutes; il était produit par mon appareil à force constante (1<) à cinquante couples montés à la Wollaston. Les huit eschares formées entraient l’une dans l’autre. L’opération a été suivie de réaction locale et de fièvre dans les premiers jours. Les eschares , qui intéressaient toute l’épaisseur de la tumeur, se sont détachées du neuvième au douzième jour, laissant une plaie fongueuse profonde, communiquant avec la cavité du nez, où le pus coulait en abondance et descendait dans le pharynx. Le tamponnement des narines, les pansements et les lavages fréquents n'ont pu empêcher l’infection purulente, favorisée surtout par le développement du système veineux qui entourait le siège de la tumeur; la mort a eu lieu dix-neuf jours après l’opération.

Des opérations à peu près semblables ont été faites sur dés tumeurs érectiles pulsatives pat* Nélaton, Bourguet, Gerdv, MiddeldorplT, mais sans la pensée de mettre à profit l’action chimique du courant. Dans l’observation de MiddeldorplT, il est parlé d’eschares que l’on a attribuées à l’action thermique du courant; dans les autres, il n’est pas dit un mot des eschares, bien qu’elles n'aient pas dû manquer, comme effet de l’action chimique du courant.

Obs. IV (novembre 1858). — Sinus fisluleux intermusculaire à la cuisse, de 12 centimètres de profondeur, à ouverture inférieure, chez une femme de 30 ans, bien portante. La maladie datait de plusieurs mois ; la compression, les injections de différente nature avaient échoué. Une sonde d’argent, introduite jusqu’au fond du sinus, a été mise en communication avec le pôle négatif d’un appareil de Bunsen à deux éléments. Le rhéophore positif était appliqué à peu de distance sur la cuisse, par l’intermédiaire du conducteur humide. Le courant a été continué pendant quinze minutes. La malade n’éprouva aucune sensation ; on ne remarqua aucun des effets sensibles du courant. Cependant on s’aperçut, dans les jours suivants, d’un changement en mieux dans la sécrétion sanieuse du sinus. Après quatre jours, j’ai appliqué le courant de la même manière, en employant cette fois la pile à colonne de quarante couples de 1 décimètre carré de surface. Aucune douleur, seulement une sensation de chaleur a été éprouvée par la malade, tandis que du sinus fistuleux sortait une écume blanchâtre. Après l’opération, on remarqua que l’ouverture du sinus était cautérisée, comme si elle avait été touchée avec la potasse caustique. L’effet de cette application a été

(i) Gaz. des dôpit.. 1862.

une suppuration de bonne nature et le raccourcissement du sinus. Après quelques jours, la maladie étant stationnaire, on répéta l’épreuve de la même manière, mais en substituant à la sonde un cylindre de charbon conducteur. Cette fois la sensation de chaleur a été assez vive, l’écume sortait en abondance, sans aucune trace de cautérisation. Après quatre jours, le sinus était fermé dans toute l’étendue; l’ouverture d’entrée fut cicatrisée en peu de temps.

BieD que dans ce cas on puisse attribuer les effets obtenus à l’action physiologique du courant, cependant l’effet chimique cautérisant n’a pas dû y être étranger, ainsi que je l’ai observé dans d’autres cas semblables.

Obs. V (juin 1856). — Tumeur blanche chronique du genou chez une femme scrofuleuse. En employant la même pile à colonne que dans le cas précédent, deux boutons de cuivre argentés, attachés aux rhéophores, furent appliqués aux côtés de la tumeur dans le but d’y pratiquer deux eschares ; la peau avait été préalablement huméctée par une fomentation aqueuse ; courant de vingt-cinq minutes avec vive sensation de brûlure. Eschare au pôle négatif, tache rouge, sèche, parsemée de petites taches noires, sans eschare du côté du pôle positif: le défaut de cautérisation dépendait de la qualité du bouton qu’on trouva adhérent à la peau, et dont toute la surface était oxydée, inégale et noircie. L’eschare du côté négatif suivit le cours ordinaire; les effets salutaires sur la maladie n'ont pas manqué.

Dans d'autres cas semblables, pour assurer les effets chimiques du courant, j’ai privé la peau de l’épiderme au niveau des points où je devais cautériser; cependant en me passant de cette opération préliminaire, j’ai pu obtenir l’eschare du pôle positif comme on obtient celle du pôle négatif, en employant pour électrode un métal non oxydable, ainsi qu’il est démontré par l’observation suivante :

Obs. VI (mars 1858). — Ankylosé du genou , suite du phlegmon articulaire. Au lieu d’appliquer le moxa j’ai fait deux eschares aux côtés de l’articulation. Appareil à colonnes de 40 couples; eau acidulée par 1/30 d’acide sulfurique pour liquide excitateur. Les rhéophores rapprochés donnent des étincelles, mis en contact ils ne s’échauffent pas. Deux lames de platine soudées aux rhéophores furent appliqués aux côtés de la rotule sur la peau qui était suffisamment moite ; courant de dix minutes avec douleur vive et rougeur du genou. Les eschares étaient très-marquées; les suites des cautérisations furent comme à l’ordinaire, il en résulta une amélioration de la maladie.

A ces observations, déjà publiées dans mes études susdites, dans

le but principal de faire connaître la différence qui existe entre les cautérisations par l’action chimique du courant, et celles qui sont le résultat de son action calorifique, j'en ajoute d’autres que j'ai recueillies parmi les plus intéressantes que je connais; elles serviront à démontrer la préférence que la nouvelle méthode de cautérisation mérite, dans certaines maladies, sur l’emploi d’autres agents caustiques, et l’avantage qu elle présente d'éviter des opérations sanglantes et dangereuses.

jObs VII (1858). — Grcnoiiilletle datant de trois ans,, arrivée au volume d’une noix, gênant la parole et la mastication. Le docteur Scarenzio songea à substituer au trou de Warton une ouverture faite par la cautérisation. Il implanta dans la tumeur une aiguille d’acier liée au rhéophore négatif d’une pile de Bunsen à deux éléments, l’autre rhéophore étant appliqué à la face extérieure du maxillaire inférieur. Le courant dura un quart d’heure, formant une eschare d'un centimètre d’étendue. L’opération a été suivie d une vive réaction. L’eschare tombée, la plaie s’est cicatrisée, laissant une ouverture qu’on a trouvée encore béante une année après; la guérison était assurée.

Obs. VIII (avril 1864). — Grenouillette dans les mêmes conditions de l’observation précédente, récidivée après l'incision et la cautérisation parle nitrate d’argent. Une aiguille d'or liée au rhéophore positif a été implantée dans la tumeur ; l’autre rhéophore est appliqué à la joue par l’intermédiaire d un conducteur humide; pile à colonne de 26 couples, vinaigre pour liquide excitateur. Courant de douze minutes produisant une eschare de 3 millimètres, avec de vives douleurs. On trouva de la résistance à l’extraction de l’aiguille qui était noircie. Aucune réaction après l’opération, l’eschare se détacha au sixième jour, la cicatrisation s'accomplit peu de jours après, laissant une petite ouverture; deux mois après l'ouverture en se fermant fit récidiver la maladie qui fut traitée par l’excision.

C’est à la qualité de l’aiguille qu'on doit la petitesse et l’insuffisance de la cautérisation. Elle n’était pas d’or pur, son oxydation a été faite aux dépens de l’acide organique, qui devait servir à la cautérisation. En effet, je l’avais déjà obtenue par le courant positif dans d’autres cas, dans lesquels les tissus offraient des conditions moins favorables à la décomposition chimique, ainsi qu’il est démontré par les observations I, II, III, VI, ayant employé pour électrode le plàline, qui est toujours préférable pour obtenir les cautérisations du pôle positif.

Obs. IX (mars i$6l). — Tumeur cancéreuse à la jambe droite d une femme scrofuleuse de 56 ans. La tumeur est de figure presque circulaire, ayant 8 centimètres de diamètre, et 3 d'élévation sur la peau sur laquelle ses bords sont renversés, plus consistante au centre qu’à la circonférence, à surface irrégulière, granulée, offrant l’apparence du chou-fleur, donnant une humeur jaune et du sang au toucher. M. Manfredini enfonça profondément à la base de la tumeur six aiguilles d’acier dont deux unies au rhéophore positif divisé en deux chefs, quatre au rhéophore négatif, de la même pile à colonne employée par moi, de 50 éléments, avec acide acétique pour liquide excitateur, courant de vingt-cinq minutes, formation d’eschares bien marquées autour des aiguilles négatives, petites autour des aiguilles positives. On agit de la même manière le jour suivant et quatre jours après, sur les espaces compris entre les eschares, et Ton étendit la durée du courant à trente et à quarante minutes, de telle sorte que la racine de la tumeur fut toute cautérisée profondément, comme elle aurait pu l'être par une cautérisation en flèches. La tumeur ainsi privée de nutrition, se sépara en lambeaux mortifiés et tomba entièrement avec les eschares dix-huit jours après la dernière application du courant, laissant un ulcère profond intermusculaire qui procéda régulièrement à la cicatrisation. La guérison obtenue à la jambe ne s’est pas démentie ; mais des renseignements ultérieurs ont appris qu'une tumeur iléo-inguinale s’étant développée, la femme mourut de consomption quatre ans après.

Le développement de la tumeur à Laine, et sa terminaison, concourent à démontrer d'une manière presque incontestable la nature cancéreuse de la tumeur enlevée par la gaivano-caustique chimique. Ce fait est d une grande importance pratique, en montrant une nouvelle méthode pour enlever les tumeurs , méthode qui ensuite a été mise en pratique par M. Maisonneuve qui l a substituée aux cautérisations en flèches.

Après les observations que je viens d'exposer, il faudrait décrire les applications de la gaivano-caustique négative, faites par M. Tripier, pour cautériser le canal cervical de l'utérus dans certains cas d’ulcérations, et, dans un cas, pour rétablir, par une perte de substance, l'ouverture inférieure de ce même canal, presque oblitéré, à la suite de cautérisations par le fer rouge. Il a aussi employé la gaivanocaustique négative pour enlever des loupes, en reconnaissant les avantages du procédé dans l’exiguïté et dans la netteté d’une cautérisation d'ailleurs peu douloureuse. Ces applications sont mentionnées par l’auteur dans ses Annales d’électro-thérapie, janvier 1863,

vt dans les Archives générales de médecine, janvier 1866. M. Tripier communiqua aussi à l’Académie des sciences, le 23 mai 1864, l'observation suivante de galvano-caustique chimique appliquée au traitement des rétrécissements uréthraux, méthode qu’il avait proposée dès 1863 dans les Annales susdites, en vue de localiser et de circonscrire la cautérisation dans les limites voulues :

Ocs. Xe (1864). — Rétrécissement de Curètre. Homme de 62 ans, atteint depuis longtemps d’un rétrécissement qui, progressant toujours, était devenu une cause de rétention incomplète avec incontinence permanente, durant depuis dix-huit mois. L’urèthre n’admettait qu'une bougie conique d’un millimètre de diamètre (n°3). Après une séance de galvano-caustique chimique négative de cinq minutes environ, une bougie (n° 18) passait facilement. Il n’y eut ni fièvre ni hémorrhagie; l’incontinence a cessé aussitôt après l’opération; le malade a pu immédiatement rendre ses urines à volonté. Douze jours après l’opération, famélioration locale persistait entière (Gazette Médicale, 1864, n° 27).

Dans un travail publié dans les Archives susdites, M. Tripier nous apprend qu’il a exécuté, avec le concours deM. Mallez, sur plusieurs -de ses malades, cette opération extrêmement simple.

« Nous introduisions jusque contre la face antérieure du rétrécis- « sement une sonde ouverte des deux bouts, et renfermant un man- « drin dont l’extrémité cylindro-olivaire, ferme, comme un embout, <« l’ouverture de la sonde. La tête du mandrin étant mise en commu- « nication avec le pôle négatif de la pile, on ferme le circuit sur la « cuisse du malade. Bientôt survient une sensation de cuisson ; dès « qu’elle diminue, on pousse légèrement le mandrin, cautérisant « ainsi à la fois d’avant en arrière et latéralement. En poussant de « temps en temps la sonde sur le mandrin, de façon à n’en laisser « saillir qu’une faible partie, on limite à volonté la durée de la cau- « térisation latérale, celle d’avant en arrière continuant sans inter- « ruption. Enfin, quand l’obstacle est détruit, la sonde passe sans « difficulté par-dessus le mandrin. Des piles de douze à quinze cou- « pies de surface moyenne et d'un pouvoir électro- moteur peu « considérable sont les plus convenables... Avec la pile de douze « couples au sulfate de mercure dont nous faisions usage, l’opérau tion a duré de sept à vingt minutes, suivant la longueur du trajet « rétréci.

« Cette cautérisation a été pratiquée une dizaine de fois dans le « dispensaire de M. Mallez avec des résultats immédiats constamment

« satisfaisants. Après la séance et après vérification de l'agrandis- « sement du calibre de l'urèthre, les malades s'en allaient à pied « prendre un bain avant de rentrer chez eux. Il en est qui n’ont pas- « même interrompu leurs occupations; l'un d’eux, toutefois, a suc « combé au bout d’une semaine à une fièvre uréthrale; pareil acci- « dent avait déjà failli lui arriver à la suite d’une séance d'uréthro- « tomie. Le procédé employé ne saurait être rendu responsable de « ce résultat funeste, qu’on a vu survenir, après le simple cathété- « risme, chez des sujets se trouvant d’ailleurs dans de mauvaises « conditions générales encore mal définies. Ghez ce malade même, « comme chez les autres, les suites immédiates de l'opération avaient* « été tout à fait satisfaisantes. »

M. Nélaton communiqua à l’Académie des sciences, en juillet 1864, l'observation suivante, dans une note ayant pour titre : Destruction des tumeurs par la méthode êlectro'ytique.

Obs. XI (février 1864). — Polype naso-pharyngien chez un sujet der 19 ans. La tumeur était volumineuse, déplaçait le voile du palais, entrait dans les fosses nasales, causant de la dyspnée et des hémorrhagies fréquentes. Afin de mettre plus à découvert la tumeur, on pratiqua la resection de la voûte palatine et l’incision du voile du palais. Deux aiguilles de platine furent implantées dans la tumeur et mises en communication avec une pile de Bunsen de neuf éléments, ayant 16 centimètres de hauteur sur 8 de diamètre. Le courant continua dix minutes sans douleur appréciable; les deux eschares se détachèrent après dixhuit jours, laissant dans la masse polypeuse une grande perte de substance. Après quelquetemps, Icsappliealions ont été répétées, au nombre de six, à la distance de huit à dix jours l’une de l’autre; elles ont eu de trois à cinq minutes de durée. Trois mois après la première application, la guérison était accomplie. Après dix-huit mois elle ne s’était pas dé mentie. M. Nélaton a appliqué la galvano -caustique chimique à la destruction d’autres tumeurs naso-pharvngiennes.

Obs. XII (septembre 1864). — Polype nasal sortant de la cavité antérieurement, ainsi que du côté du pharynx, déplaçant la cloison et l’osnasal correspondant, chez une femme de 20 ans. Une longue aiguille d’acier a été enfoncée dans la tumeur dans l’étendue de 4 centimètres; elle était liée au rhéophore négatif de ma pile à force constante de cinquante couples, donnant 1 centimètre cube de gaz en quatre-vingts secondes, parla décomposition del’eau acidulée avec un trentième d’acide sulfurique. L’autre électrode était tenu par la malade ou appliqué à la joue par un conducteur humide. Après quinze minutes on changea l'ai-

guille de place, de sorte qu’après dix autres minutes la partie visible de la tumeur était toute réduite en eschare. En agissant de la même manière on a détruit la tumeur en neuf séances. A la dernière application, la tumeur occupant la partie la plus profonde de la fosse et étant difficile à atteindre avec l’aiguille, je la pris au moyen d’un crochet double, lié au rhéophore négatif. Les séances, très-éloignées l'une de l’autre, n’ont jamais été suivies de réaction ni générale ni locale. La guérison obtenue dure depuis neuf mois.

En traitant par la galvano-caustique chimique des tumeurs différentes, on voit qu’on obtient une diminution notable de leur volume, ce qui est dû non-seulement à la perte de substance, mais aussi à la manière de coarctation par laquelle guérissent les ulcères restant après la chute des eschares. Mais ce n’est pas tout. Le décroissement de la tumeur continue encore quelque temps après la cicatrisation des ulcères, et ce qui en reste peut aussi disparaître complètement.

Dans l’observation que je viens de rapporter, quarante jours après la dernière application du courant, j’ai vu le polype qui existait encore à la partie moyenne de la fosse nasale, de la même couleur que la muqueuse, ayant la forme d’un bouton d’habit de presque 2 centimètres 1/2 de diamètre. Ce reste du polype, abandonné à lui-même, n'existait plus après un mois; il n’a pas été détruit par gangrène, il ne s’est pas détaché par rupture de son pédicule; sa sortie ne pouvait arriver à l’insu de la malade. Le décroissement des tumeurs après l’application de la galvano-caustique chimique demande à être confirmé par de nouvelles observations, et réclame des études spéciales pour que la cause en soit connue.

Obs. XIII (juin 1865). — Tumeur de l'orbite résultant du passage .d’un polype' nasal à travers l’unguis, chez un enfant de 22 mois. Le polype, après avoir rempli la fosse nasale droite, en sortait antérieurement ainsi que du côté du pharynx ; il avait déjeté la cloison et soulevé l’os nasal correspondant, s’était fait jour à la région lacrymale, et s’était accru au point d’occuper la moitié interne de l’ouverture orbitaire, causant l’exophthalmie et la déviation de l’œil à l’extérieur. Le visage était horrible, l’enfant était pâle, amaigri ; il ne pouvait respirer que la bouche ouverte. Le polype était fibreux ; il était implanté sur la muqueuse de la partie inférieure et extérieure de la fosse nasale. La tumeur orbitaire était arrondie, aussi consistante qu’un stéatome; la peau qui la recouvrait était saine.

On ne savait quel parti prendre pour délivrer le petit malade de la cruelle maladie qui allait bientôt éteindre sa vie; M. Manfredini et moi

nous ne vîmes pas de meilleur moyen que de recourir à la galvanocaustique chimique.

On agit sur la tumeur orbitaire après l’avoir mis© à découvert par l’incision de la peau. Deux aiguilles, l’une d’acier liée au rhéophore négatif, l’autre de platine liée au rhéophore positif, ont été enfoncées, k 1 centimètre l’un de l’autre, dans la tumeur, en les dirigeant vers l’unguis, suivant une ligne de 3 centimètres, de sorte qu’on était sûr qu’elles pénétraient jusque dans la tumeur occupant la fosse nasale. Le défaut d’obstacle et de résistance des parties osseuses nous assura que l’unguis n’existait plus. Pile à colonne de trente couples de 1 décimètre carré de surface ; vinaigre pour liquide excitateur ; courant d’un quart d’heure ; anesthésie par le chloroforme ; formation de deux eschares qui arrivent k se toucher.

L’opération n’a pas été suivie de réaction sensible; dans les jours suivants, les parties mortifiées se détachèrent en abondance avec diminution notable de la tumeur.

L'opération a été faite cinq fois de la même manière dans l’espace d’un mois et demi, toujours avec le même résultat. Dans ce cas aussi on a vu disparaître la tumeur qui occupait la fosse nasale, bien que 3e courant n’ait déployé son action cautérisante qu’a sa partie supérieure.

Deux mois après la première application du courant il n’y avait plus trace de la tumeur, ni du côté de l’orbite, ni dans la fosse nasale; l’œilavait repris sa place, l'air passait librement par les narines. La seule difformité restante a été le déplacement de l’os nasal droit. La guérison, qui jusqu’à présent (huit mois) ne s’est pas démentie, a été suivie du bien-être général de l’enfant.

Obs. XIV (février 1864). -r- Tumeur érectile pulsatile parvenue à la grosseur d une noix, en voie d’accroissement sensible, occupant la lèvre supérieure d’une femme de 20 ans. La galvano-caustique chimique a été appliquée comme dans le cas précédent ; les aiguilles ont traversé la tumeur et les eschares qui en sont résultées ont compris toute son épaisseur. Trois applications ont suffi pour réduire la tumeur à la grosseur d’un noyau de cerise; elle est devenue dure et sans pulsations. Après quelque temps la tumeur a augmenté de volume, et les pulsations ont reparu sur les côtés de sa base ; la galvano-caustique chimique a été appliquée pour la quatrième fois, Après la chute des eschares la tumeur a été réduite à un très-petit nœud dur, dans l’épaisseur de la lèvre. Depuis sept mois la guérison se maintient encore.

Dans ce cas, peut-être en vue des progrès de la maladie, et dans l’incertitude d'obtenir un effet prompt et sûr par les moyens thérapeutiques qu’on propose en des cas pareils, on se serait décidé pour

l’ablation de la tumeur. Par la galvano-caustiqUe chimique on a obtenu la guérison sans accident et sans difformité.

VI. — RÈGLES POUR APPLIQUER LA GALVANO-CAUSTIQUE CHIMIQUE ET EN ÉVITER LES INCONVÉNIENTS.

Avant de connaître les services que l’action chimique de 1 électricité pouvait rendre à l’art de guérir, on a constaté ses dangers et ses conséquences fâcheuses. En appliquant le courant pour exciter la contractilité musculaire, ou pour traiter des névralgies, les effets chimiques se sont souvent manifestés par des cautérisations et des eschares étrangères au but qu’on s était proposé et contraires à tous les désirs. Mais il est arrivé, surtout au moment de l’application du courant au traitement des anévrysmes et des varices, que ces accidents ont éveillé l’attention des praticiens, à cause des réactions trop fortes et dangereuses qu'on a observées, et des hémorrhagies qui, à la chute des eschares, ont compromis la vie des malades.

On voit que les règles à suivre pour éviter les effets chimiques du courant sont d’une haute importance dans l’électrothérapie ; elles sont fournies, ainsi que les règles relatives à l’obtention de ces effets, par la connaissance des lois électro -chimiques étudiées au moyen de l’expérience et de l’observation sur les êtres organisés et vivants. Les cautérisations, faute des précautions nécessaires, peuvent arriver toutes les fois qu’on fait agir le courant continu. Comme pour obtenir les effets chimiques du courant, il est nécessaire que les électrodes soient appliqués immédiatement sur les tissus organiques et dans des points séparés il faut, pour éviter ces effets, placer entre les tissus et les électrodes un conducteur intermédiaire qui subisse l’électrolyse en épargnant les tissus. Lorsqu'on doit agir sur la peau ou sur des surfaces accessibles, on emploie eu général une éponge ou un plumasseau imbibé d’eau salée ou d'un autre liquide conducteur. Il faut cependant que le corps intermédiaire soit d’une épaisseur suffisante pour épargner aux tissus organiques l'effet chi^ inique* soit des agents organiques dégagés par le courant dans les tissus mêmes, soit de ceux qui naissent de la décomposition du li^ quide conducteur. Les substances cérébrale et musculaire servent aussi à défendre les tissus de l'action chimique du courant. On peut arriver au même but par l'intermédiaire d’un liquide, ainsi qu’on en a l’exemple dans les bains électriques. Namias, en appliquant le courant à la vessie paralysée, évita son action chimique en agis-

sant dans l'organe rempli d’urine; il obtint le même effet dans le traitement des liydropisies de l’abdomen, en faisant agir le courant avant la sortie du liquide.

11 semble plus difficile d’éviter les effets chimiques de l’électricité et les eschares, lorsque le courant est transmis par des aiguilles implantées dans les tissus, et il importe d’autant plus de les éviter que les conséquences sont plus à craindre, comme dans le traitement des anévrysmes. On à essayé d’enduire les aiguilles d’un vernis coliibanty/qui, pendant l’opération, se trouve au milieu des tissus tra^ versés. Mais l’expérience a démontré que ces vernis ne suffisent pas à protéger les tissus de l’action cautérisante du courant, bien que sa force De dépasse pas le degré nécessaire pour provoquer la coagulation du sang dans les anévrysmes et dans les varices.

En considérant les observations que j’ai suivies dans l’application de cette méthode et toutes celles que j’ai pu recueillir, je m'aperçus que les cautérisations, sous l'action du courant continu, se manifestent aux deux pôles quand on emploie des aiguilles d’or ou de platine ; qu’elles ne se montrent qu’au pôle négatif si l’on emploie des aiguilles d’acier; qu’en changeant la direction du courant pendant l’opération et en agissant avec les deux pôles sur chacuue des aiguilles, c’est toujours autour des aiguilles qui ont été touchées par le pôle négatif avaut de l’être par le pôle positif que les cautérisations se forment, les aiguilles restant polies et luisantes, tandis qu’autour des aiguilles qui ont été touchées au commencement de l’opération par le pôle positif, il se forme un petit cercle noir, sec, qui se détache ensuite sans ulcération et sans conséquence* L’aiguille correspondante se présente noircie et oxydée dans la partie qui s’est trouvée en contact avec les tissus traversés.

L'examen de ces faits m'a conduit à cette conviction que l’oxydation de l’aiguille produite par les acides organiques qui se dégagent du côté du pôle positif, et le petit cercle noir qui se forme tout autour, qui peut être attribué à l’oxygénation du sang, servent à protéger les tissus de l’action chimique cautérisante du courant mieux que les vernis employés à cet effet, de sorte que l’aiguille, ainsi préparée, peut être soumise à l’action du pôle négatif sans qu’autour d’elle il se forme de cautérisation ou d’eschare. J’ai démontré dès 1856 l’utilité pratique de cette manière d’agir par des observations cliniques rapportées dans mes Eludes sur C èlectro-punclure dans le traitement des anévrysmes.

Ainsi lorsqu'on veut employer le courant électrique associé à l’acupuncture pour exciter la contractilité musculaire, pour traiter des névroses, des varices ou des anévrysmes, en employant un courant dont la tension ne dépasse pas le degré nécessaire pour obtenir ces effets, on peut se mettre à l’abri de tout effet caustique en employant des aiguilles de métal oxydable; l’acier mérite la préférence. Il faut mettre l’une d’elles en communication avec le rhéophore positif, tandis que le rhéophore négatif est appliqué sur les parties voisines par l’iutermédiaire d’un conducteur humide. On laisse les choses ainsi disposées jusqu’à ce que, par l’action du courant, il se soit formé un cercle noir autour de l’aiguille, ce qui indique son oxydation et son isolement. Cette aiguille peut alors être mise en communication avec le pôle négatif, en faisant agir le pôle positif sur une autre aiguille. On doit continuer de cette manière en ne faisant jamais agir le pôle négatif sur aucune des aiguilles avant qu’elle ne soit préparée par l'action du pôle positif.

„ La galvano-caustique chimique est subordonnée au choix de l'appareil électro-moteur, à la manière de faire agir le courant, à sa durée, à la qualité et au nombre des électrodes, au mode de communication de ceux-ci avec les tissus à cautériser, aux conditions de ces mêmes tissus.

Les appareils les plus propres à la galvano-caustique chimique sont ceux dont le courant, doué de beaucoup de tension représentant la puissance chimique, offre le moins possible d’intensité. Il faut des appareils composés de plusieurs éléments, à surface peu étendue. La pile de Yolta de 25 à 50 couples, d’un demi-décimètre à un décimètre carré de surface, avec du vinaigre ou de l’eau acidulée pour liquide excitateur, est un bon appareil, à la portée de tous, facile à manier, donnant un courant presque constant et assez fort pendant une heure, temps plus que suffisant pour faire les cautérisations qu’on peut désirer. Les effets chimiques du courant qu’elle développe, n’étant pas trop rapides, peuvent être mieux observés et arrêtés au point voulu.

Mon appareil à force constante, qui n’est autre qu'une pile à colonne horizontale, dont le courant est rendu continu et constant par le changement continu du liquide excitateur (1), outre la constance du courant, a aussi l’avantage d’être toujours prêt à fonctionner,

(1) Politecnico , 1862; Gaz. des HÙr., 1862, p. 417.

parce qu’il n'a besoin d'étre poli ni touché jusqu à l'usure du zinc; on peut l’employer en entier ou en partie seulement, ou divisé en sections, et faire varier, durant l’opération, le nombre des éléments.

Les observations cliniques nous ont appris qu’on peut aussi employer les piles de Daniel ou de Bunsen, mais il faut que les couples dont elles se composent ne soient pas de grandes dimensions ni trop multipliés, autrement l'intensité du courant cause les plus vives douleurs; les cautérisations se faisant rapidement peuvent franchir les limites voulues, et les réactions chimiques se succédant avec trop de rapidité, peuvent produire le développement de la chaleur dans les électrodes, et le changement des phénomènes chimiques en phénomènes thermiques, transformant ainsi les eschares en de véritables brûlures. L’expérience a montré que deux couples de Bunsen, quatre ou six de Daniel, suffisent pour obtenir des eschares suffisamment étendues et dans les limites qu’on désire.

Avant de procéder à la galvano-caustique chimique, il est bon de connaître la force chimique du courant. Les observations ont montré qu’on obtient des cautérisations suffisantes lorsque le courant, décomposant l’eau acidulée avec 1/30 d’acide sulfurique, donne de 35 à 125 millimètres cubes de gaz par minute.

Quel que soit l’appareil qu’on emploie, sa force doit être réglée en proportion du nombre des électrodes sur lesquels on fait agir en même temps le courant.

Le courant doit être continu pour obtenir les effets chimiques les plus marqués; il doit être interrompu le moins possible, afin d’épargner au malade des secousses inutiles et pénibles. 11 est bon que le courant soit aussi constant, afin de pouvoir en apprécier la puissance chimique dans le cours de l’opération; sa durée doit varier selon la force chimique dont il est doué, la conductibilité des tissus à cautériser, l’étendue que l’on veut donner aux cautérisations. Peu de minutes quelquefois suffisent; plus souvent il faut d’un quart d’heure à une demi-heure.

Le choix des électrodes , après celui de l’appareil et du mode dont on doit faire agir le courant, constitue le point le plus important: de là, en effet, dépend la cautérisation qui se produit ou non par le pôle positif.

Les considérations précédentes ont fait connaître que, pour obtetenir la galvano-caustique alcaline, il suffit d’employer pour électrode un conducteur de premier ordre, un métal quelconque; mais pour

la galvaho-caustique acide il faut que le métal ue soit pas oxydable.

Les électrodes de platine ou d’or sont les meilleurs ; le charbon s'y prête aussi, mais il cause des souffrances plus fortes, peut-être parce qu'étant mauvais conducteur de la chaleur, celle-ci, se développant par suite des réactions chimiques, se concentre à son extrémité. J'ai constaté plus dune fois cet effet physique; les phénomènes qui l'accompagnent, tous propres au charbon, méritent d'être étudiés.

Lorsque Ton cherche la cautérisation par un seul électrode, il faut appliquer l'autre à peu de distance par l’intermédiaire d'un conducteur humide. Les eschares sont mieux formées par deux électrodes, répondant aux deux pôles, le courant ne rencontrant qu’un électrolyte homogène dans le tissu organisé. On peut obtenir plusieurs cautérisations à la fois, en ramifiant les rhéophores sur plusieurs électrodes, ou en faisant agir en même temps plusieurs appareils, ouïes différentes sections d’un seul appareil,

Les électrodes doivent répondre à la forme, à l'étendue, à la profondeur que l'on veut donner aux eschares; il faut qu’ils soient fortement liés, ou mieux, soudés aux rhéophores; leur surface doit être bien polie et luisante; les marges des électrodes plans doivent être émoussées et bien lisses, afin d’obtenir une cautérisation uniforme dans toute l’étendue.

Le simple contact des électrodes avec les tissus organisés suffit pour que l'action chimique du courant se manifeste ; mais pour obtenir les eschares, il faut que le contact soit plus exact, il faut y joindre la compression. C’est par le contact le plus exact que l’on obtient les effets caustiques les plus marqués, au moyen de l’acupuncture; on les obtientpar ce moyeu sous l'action d’un courant peu énergique, s’étendant jusqu’au delà de la pointe de l’aiguille.

L’action cautérisante du courant ne peut pas manquer, si l'on agit, avec un électrode d’une autre forme, sur la surface de la peau privée de l’épiderme, d’un ulcère granuleux, d’une plaie, d’un sinus fistuleux; mais à l’égard de la peau saine, il faut que son épiderme ne soit pas épais et sec; elle doit être naturellement mouillée, ou rendue telle par un bain préalable. Il faut cependant que la surface à cautériser ne soit pas entourée d'une humidité qui causerait la dispersion du courant. Cette circonstance, contraire à la cautérisation, peut arriver aussi par l’emploi d’un appareil électro-moteur faible; les principes organiques acides et alcalins, se séparant des tissus lentement et en petite quantité, au lieu de cautériser, irritent les tissus mêmes

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en déterminant une sécrétion séreuse qui, se répandant à l'entour, dévie le courant.

On voit souvent la même chose arriver par l'application de deux seules plaques électro-motrices; bien qu'elles soient capables de produire des cautérisations, .clloo n’agwsee* pas sur le cadavre, où manquent l’action irritante et la sécrétion séreuse qui a lieu sur le sujet ^

vivant. Pour obtenir un effet caustique par ce mode d'application, on se sert de deux lames, l’une de zinc, l’autre d'argent, de cuivre ou de platine, soudées à un fil conducteur couvert d une couche isolante. L’étendue de la cautérisation est déterminée par celle des lames, ou mieux elle peut être déterminée par une couche isolante de taffetas ou de collodion, laissant à nu l’espace que l'on veut cautériser. L’effet est toujours plus sûr en appliquant les lames sur la peau privée de l’épiderme par un vésicatoire préalablement appliqué, ou sur un ulcère granuleux préexistant. La profondeur des eschares est déterminée par la durée de l'application des lames, la conductibilité et la nature plus ou moins décomposable des tissus. Sur la partie où l’ou désire l'effet le plus marqué, il faut appliquer la lame de zinc. Si l’on désire faire une seule cautérisation, il faut appliquer sous l’autre lame un conducteur humide. Les lames sont maintenues en place et comprimées par un bandage convenable; l’application dure de vingt-quatre à trente-six heures.

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