‹ Résumé des recherches scientifiques, 1884-1904Chapitre 3 sur 5 · THÉORIE NOUVELLE DE LA PHONATION · texte numérisé non relu

THÉORIE NOUVELLE DE LA PHONATION

Ce que nous percevons de rébranlemcnt sonore n’clant qu'une pulsation manométrique, il suflll de rechercher les condilions d’une (elle pulsation aérienne au niveau de l’organe vocal pour se rendre compte du mécanisme de la phonation.

Quelque idée que l’on se lasse do la tension des cordes vocales, on conçoit qu’aucune tension n’est réalisable si les forces musculaires agissant sur leur insertion postérieure, aryténoïdienne, no sont conirariées par des forces agissant en sens inverse sur leur insertion antérieure, thyroïdienne.

Or, les théories classiques tiennent à peine compte do ces dernières. Bien plus, les expérimentateurs ont étudié le larynx, « préalablement dégarni dos parties molles qui l’entourent, » c’est-à-dire de toute la musculature extrinsèque, si considérable, qui agit sur l’extrémité antérieure de la corde vocale, par son emprise sur le cartilage thyroïde. Dans les traités classiques, on ne considère guère que les cinq petits muscles intrinsèques qui enloiirent la glotte, laissant ainsi de côté plus des neuf dixièmes de la miisculaliire en activité dans le moindre effort de phonation.

Pour la musculature intrinsèque, seule étudiée, on s’est efforcé de répartir les rôles, cl celle répartilion ne semble pas avoir été plus heureuse. En effet, on admet, on enseigne que l’aryténoïde pivote sur son siège articulaire sous l’action d’un muscle, le crico-arylénoïdien latéral, qui le fait se tourner en dedans, et tendre ainsi la corde on la rapprochant do l’autre; c’est l’adducteur de la glotte. Un aulre muscle, le crico-aryténoïdien postérieur, le fait se tourner en dehors, et ouvrir ainsi la glotte on écartant et en détendant les cordes; c’est l’abducteur.

Or, celte hypothèse, figurée dans tous les manuels classiques, n’est admissible que dans le cas où une solide épingle, embrochant l’aryténoïde sur le cricoïdo, lui fournit et lui impose sou pivot. Sans cette épingle, le moiivcraont do pivot ne se produit nullement, ainsi qu’on le constate à l'examen laryngnscopique ou sur le larynx ouvert du chien. Le mouvement réel, naturel, est un mouvement do bascule, et non de pivot. D’autre part, il est évident que, môme s’il so produisait, un tel mouvement n’aurait aucune force; l’arliciilalion, ainsi sollicitée, n’oll'raut pas un point d’appui sutfisant pour In piii=simcc exigée par relfort gloltiqiic ou même par la phonation simple,

L’examen des pièces, l’examen do l’organe en fonolion et la critique montrent que le fonctionnement est tout autre. D’abord l’articulation de l’aryténoïde sur le cricoïde ne répond nullement ii un mouvement do pivot, et ne semble même pas le prévoir ; il faut l’épingle.

D’autre part, la force employée serait insuffisante à la manœuvre glottique, et fût-elle suffisante, le point d’appui manquerait.

En réalité, l’aryténoïde est pris dans un double système de sphincters, non pas circulaires, mais angulaires.

Un sphincter inférieur et externe, tormé par le crico-aryténoidien latéral et le crico-aryténoidien postérieur, saisit en avant et en arrière l’apophyse externe de l’aryténoïde, et fait chavirer le cartilage en dehors, découvrant l’orificc trachéal en écartant et on élevant la corde vocale. C’est l’abducteur, qui emploie ainsi, avec un solide point d’appui (le cricoïde lui-même), l’effort combiné de deux muscles qu’oppose la théorie classique et qu’unit la mienne dans une action sphinclériello

Un autre sphincter supérieur et interne, est formé,lui aussi,de deux muscles, le thyro-aryténoidien qui saisit en avant la masse de l’aryténoïde, et l’aryténoidien transverse, droit et oblique, qui la saisit en arrière et en dedans. Ce sphincter angulaire, en se contractant, fait chavirer l’aryténoïde en dedans, abaisse, et rapproche les cordes vocales. Son action est puissante et explique la résistance énorme de la glotte dans l’adduction de l’effort et de la phonation.

Ces deux sphincters, celui de l’abduction et celui de l’adduction, coudés au niveau même do l’aryténoïde, sont des sphincters puissants, et d’une remarquable précision dans leur exercice, par l’acliou combinée de leurs deux muscles, fournissant do multiples résultantes qui régissent les diverses attitudes des aryténoïdes.

Ceci pour l’abduction et l’adduction de la glotte.

La contraction du sphincter interne, qui prend son point d’appui antérieur sur le thyroïde et le postérieur sur le cricoïde et les aryténoïdes, ferait basculer l’un vers l’autre ces deux cartilages et perdrait ainsi une partie de son action, si le crico-thyroïdien no redressait les deux cartilages par un mouvement de contrebascule, qui ne se produit que dans l’effort ou dans la phonation ; mais dans l’ascension du larynx lors de la déglutition, ce muscle laisse le larynx se plier par inclinaison de thyroïde sur le cricoïde, et se couder momentanément en fermant l’espace crico-thyroïdien.

binée du sphincter de l’adduction et du sphincter de l’abduction, mais avec prédominence du premier. Tous les muscles glottiques intrinsèques sont donc contractés, mais inégalement.

Mais ils n’agissent sur la corde vocale que par son insertion aryténoïdienne. L’extrémité thyroïdienne de la corde est sollicitée, par l’intermédiaire du thyroïde,

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