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Nous venons de dire que l’espace qui est entre le point de vue et le point de distance est égal, sur le plan perspectif, à l’espace qui se trouve entre le point de vue et le spectateur; cela pourrait paraître faux, après le principe déjà reconnu que cet espace doit être égala celui qui est entre le spectateur et la ligne de terre; mais, qu’on fasse attention que nous avons dit sur le plan , et non dans la nature , ce qui est fort différent. ïl n’y a point de rapport d’éloignement dans la nature entre le spectateur et le point de vue, qui est pour lui dans un enfoncement infini; mais le plan d’un tableau n’a pas de profondeur réelle, et il n’y a pas plus loin de l’œil du spectateur à la ligne d’horizon qu’il a tracée sur ce plan, que de ses pieds à la ligne de terre qu’il a également déterminée.
Nous sentons la difficulté de faire comprendre ceci du premier coup , mais nous osons croire qu’en méditant ces derniers paragraphes, on parviendra à bien connaître l’esprit et le mécanisme de l’opération la plus difficile en perspective.
Les points accidentels doivent être aussi l’objet de quelques observations séparées.
On a dû comprendre par l’exposé des principes et par l’examen des Paysages nos 3 et 4? que tout corps ou tout bâtiment de forme carrée ou parallélograme , posé à plat sur le sol , et dont les lignes fuyantes ne vont pas au point de vue , a, par cette raison même , non pas un point accidentel , mais deux; ils sont vus d’angle, et les deux laces apparentes fuient par conséquent de chaque côté vers un point de la ligne d’horizon. Il suit de là qu un point accidentel , dans un corps régulier, en nécessite toujours un autre du côté opposé ( Paysage n° 7 ).
11 en est de même pour les points accidentels aériens et terrestres, c’est-à-dire, qu’il y en a ordinairement deux pour chaque corps. Nous disons ordinairement , parce qu’il peut arriver que le corps incliné en avant ou en arrière soit cependant placé de manière à offrir une face parallèle à la ligne de terre. Dans ce cas, les lignes fuyantes vont dans la direction du point de vue et arrivent à un seul point, soit au-dessus, soit au-dessous de 1 horizon , mais toujours sur la ligne verticale du tableau ( Paysage nu 7 ).