‹ Resumee de l'histoire de l'electricite et du magnetisme, et des applications de ces sciences a la chimie, aux sciences naturelles et aux artsChapitre 14 sur 76 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

dans le gaz oxygène. Avec l'oxygène seul, rénorgie était considé^ rablement augmentée. Dans Tair^ Taction s'ai^;éta quand il n'y eut plus que de Tazote ; Toxygène était toujours absorbé.

MM. Biot et Frédéric Cuvier (24) reconnurent que la pile avait une action propre et indépendante de Pair extérieur, qui peut oepundant en augmenter la force dans certaines circonstances.

Dans un autre travail, M. Biot (25), en mesurant la tension électrique avec la balance de Coulomb, démontra que, bien qu'à la rigueur l'oxydation développe do l'électricité, les effets de cette cause n'étaient pas comparables avec ce que donne le contact des métaux sans cesse alimenté avec le sol. On voit par là combien la théorie du contact avait jeté de profondes racines dans les cspi'its, puisqu'on n*osait pas encore y toucher; on sait aujourd'hui que dans les piles de ce genre l'oxygène n'a d'action qu'au polo négatif où le gaz absorbe l'hydrogène qui se dégage.

Après Fabroni, Wollaston (25*) posa en principe que l'oxydation du métal était la cause principale de la j)roduction d'électricité dans la pile. Il démontra en premier lieu que Faction chimique de Félectricité fournie par les machines était la même que celle que l'on obtenait avec la pile; qu'il suffisait pour mettre ce fait en évidence de concentrer toute Faction décomposante en un seul point, en so servant de Fextrémité d'un très-petit fil métallique iH)ur transmettre Félectricilé. Il obtint ainsi, avec Fclectricité des machines, la décomi)Osition de Feau et des sels métalliques; l'identité entre les deux espèces d'électricité fut ainsi démontrée. Wollaston alla ' même jusqu'à avancer que les eftets électriques de frottement dé- » pendaient également de l'oxydation ; mais les expériences (pFil fit à ce sujet laissaient beaucoup à désirer.

Gaulherot (26) s'attacha aussi à démontrer que la charge do la k pile provenait d'une action chimique; dans une lecture faite à la Société philotechnique le 12 brumaire an i\, il réclania la priorité

* sur Wollaston.

* Ritter publia en ISOri, à Leipsig^ un ouvrage (27) renfermant un B grand nombre d'expériences sur la pile.

Il vit quelquefois une aiguille conjposée de deux petites lames,

* Fune de zinc et l'autre d'argent et librement suspendue, se placer K dans le méridien magnétique, le zincvers le nord et l'argent vei*s le ' = sud^ et dont 1rs extrémités étaient faiblement attirées et repoussées par les deux pôles d'un aimant. H obtenait probablement cet

r effet quand les deux lames étaient recouvertes d'une couche d'hu^

3G DK l'kLECTRICITÉ ET DU MAGNÉTISME

midité. S'il eût songé à analyser le phénomène^ il aurait peut-être devance Œrstedt et Ampère dans la découverte de réleclro-magnétisme. Ritter tira seulement de ses expériences la conséquence que la charge de la pile n^a lieu qu'autant qu'il y a réaction chimique, et qu^elie est d'autant plus forte que cette réaction est plus énergique.

Il a encore avancé que les acides et les alcalis donnent aux métaux des tensions électriques opposées^ suivant que ces liquides sont très-concentrés ou étendus d'eau (28). Enfin il a conclu de ses recherches que toute oxydation par la voie humide avait toutes les conditions de la chaîne voltaïque ; mais l'explication qu'il a donnée de la charge de la pile est tellement obscure qu'il est difficile d'y trouver la véritable théorie.

BuchoUz publia un travail intéressant sur l'action chimique des chaînes électriques formées de dissolutions salines d'inégale densité superposées et d'une lame métallique (28')

Piles secondaires. L'étude des décompositions électro-chimiques conduisit à la construction des piles secondaires : Erman avait annoncé^ et même Yolta avant lui^ que si dans une pile isolée on fait communiquer les deux pôles avec une bande de papier mouillé, chaque moitié prenait l'électricité du pôle avec lequel elle communiquait. Si l'on enlevait ce conducteur impai'fait avec un tube de verre^ l'équilibre ne se rétablissait pas instantanément; l'une restait positive, l'autre négative. Cette distribution de l'électricité ne saurait exister dans une bande de papier humide : le bout en rapport avec le pôle positif se recouvre d'acide et de 'gaz oxygène^ et l'autre d'alcali et de gaz hydrogène; les quantités d'acide et d'alcali allant eu diminuant depuis les extrémités jusqu'au centre, le bout acide devient positif^ le bout alcalin négatif : telle est l'explication du fait observé.

La pile secondaire, imaginée par Ritter (20], est fondée sur des ttïets du même genre; elle est formée de disques d'un même métal et de cartons humides; inactive par elle-même, elle le devient quand ses deux extrémités ont été mises en communicaticffi avec les deux pôles d'une pile, et son action est d'autant plus forte que cette dernière est plus énergique. Les piles secondaires ne fonctionnent uniquement que par la réaction, les unes sur les autres, des substances gazeuses, acides et alcalines, déposées sur les faces opposées de chaque carton, par l'action décomposante de rélectricité.

Les physiciens de la période dont nous esquissons l'hist(Mre

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avaient remarqué que les bouts de fil de métal qui avaient servi à la décomposition de Teau étaient polarisés, c^est-à-dire étaient aptes à former un couple voltaïque; cet effet était du même genre que le précédent. (JErstedt avait reconnu également qu*un conducteur métallique qui avait fait partie pendant quelques instants d'un circuit voltaïque jouissait de la propriété d'exciter la grenouille. U en était de méme^ a-t-il dit^ mais à un moindre degré , on faisant passer dans le fil la décharge d'une batterie électrique. Piles sèches. L'expérience ayant prouvé qu'il fallait détruire le zinc dans les piles pour les faire fonctionner, on chercha néan* moins^ mais en vain, s'il n'était pas possible d'arriver au même but sans employer de liquide. En 1803, Hachette et Désormes (30) remplacèrent le liquide dans les piles ordinaires par la colle d'amidon. Deluc trouva, en 1809, une combinaison de couples qui fonctionnaient en apparence sans Tintermédiaire d'un liquide. Son appareil consistait en une colonne formée de disques de zinc et de papier doré d'un côté seulement, entassés les uns sur les autres, le zinc en contact avec la face dorée. L'humidité suffisait pour charger la pile qui a été improprement nommée pile sèche. En 1812, Zamboni (31) apporta quelques perfectionnements à l'appareil de Deluc. Il entassa, comme ce dernier, en les pressant les uns contre les autres, des milliers de disques de papier dont l'une des surfaces était étamée et l'autre recouverte d'une couche très-mince de peroxyde de manganèse broyé avec un mélange de farine et de lait. L'humidité servait encore à charger la pile. La circulation de l'électricité étant très-lente, on ne put obtenir ni effets de décomposition, ni effets calorifiques, quoique ces appareils donnassent des étincelles avec un condensateur. Ces piles, qui cessent de fonctionner au bout d'un certain temps , quand le papier a perdu toute son humidité, sont de peu d'utilité, à raison de l'irrégularité de leur action et de la très-faible quantité d'électricité mise en jeu.

§ lY. Continuation des effets calorifiques, chimiques et physiolo^ giques de la pile, — Premières recherches de Davy. — Théorie de Grotthus.

Depuis les premières observations sur les décompositions chimiques opérées avec la pile, on avait négligé l'examen des phénomènes de chaleur produite pendant les décompositions. Davy (32)

38 DK L*ÉLECTRIGITÉ F.T OU MAGNÉTISME.

s'occupa de c^tto question, et préludait ainsi nux brillantes découvertes dont il devait enrichir plus tard les sciences physico-chimiques. Il s'attacha h déterminer Faction de 1 électricité voltaïque sur la production de la r^halour^ et les changements qu'elle occasionne dans différents fluides.

Fourcroy, Vauquelinet Thenard avaient |)rouvé qu'il vaut mieux employer, pour les pliénomènes de chaleur, des hatterîes à larges qu'à petites surfaces; Davy se servit éj?alement d'une pile à grandes surfaces, qu'il cliargea avec différents liquides : avec de l'eau pure les effets étaient très-faihlos; ils étaient plus forts avec une dissolution de sel marin; plus forts encoix) avec l'acide nitrique, puisque la décharge était suffisante pour rougir un fil de fer d'un, certain diamètre. Quand la batterie était en pleine activité et que le fil plongeait dans l'eau, celle-ci entrait promptementen ébiillition.

En terminant les deux conducteurs plongés dans l'eau par deux petits morceaux de charbon bien calciné ou un morceau de charbon et un fil de métal , on vit une abondante production de gaz , et les extrémités du charbon parurent d'un rouge blanc quelque temps après le contact. Il obtint également des étincelles dans les acides nitrique et sulfurique. En prenant pour liquide intermédiaire l'alcool et l'éther, les gaz résultant de la décomposition étaient des mélanges d'oxygène et de gaz inflammable. L'incandescence dn charbon dans le chlore fut maintenue au rouge blanc pendant près de deux heures; le volume du chlore diminua très-peu, et il se forma une quantité abondante de matière biancJie sur le charbon qui paraissait être du chlorure de mercure. Ces expériences étaient déjà empreintes d'un certain caractère d'originaUté, et on les répète aujourd'hui facilement à l'aide des piles à courant constant, dont il sera question plus tard.

Berzélius et Hisinger reprirent les expériences de Nicholson^ Carlisle et Gruikshanks, en s'attachant surtout aux réactions produites sur les fils conducteurs plongeant dans des dissolutions. Avec de 1 ammoniaque concentrée et des fils de fer, ils obtinrent de Phydrogène au pôle négatif et de Fazote au pôle positif; une petite quantité d'oxyde de fer fut dissoute ; avec Fammoniaque étendue, Feau seule fut décomposée. En variant les expériences, ils arrivèrent aux conséquentes suivantes : 1° l'eau et les sels sont décomposés avec dépôt de leurs éléments à leurs pôles respectifs, ce que l'on savait déjà ; 2° la quantité de substances décomposées est en proportion de leur affinité et de leurs points de contact avec les con.

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ducteurs ; 3° les phénomènes de décomposition sont déterminés par l'affinité des parties composantes pour le conducteur, autant que ce dernier peut entrer en combinaison avec elles.

Brugnaielli trouva que le sang de bœuf, placé sur la lame posilive, se décolorait et se coagulait, tandis qu'il prenait seulement une couleur noire au pôle négatif. Le lait se coagulait également au pôle positif et prenait une odeur acidulé agréable , tandis que le pôle négatif se couvrait de sucre de lait. La salive ne donnait qu'un léger caillot au pôle positif. L'urine déposait de Turée au pôle positif et du phosphaté d'ammoniaque à l'autre pôle. Le blanc d'œuf se coagulait au pôle positif.

Larcher, Dauhencourt et Zanetti (34) étudièrent également Paprtion de la pile sur la bile, l'urine, le lait et le sang. Aldini montra que l'on séparait de l'urine différents sels qui s'y trouvaient; que ce phénomène avait lieu en partie sur la bile; que le 3ang et le lait se coagulaient proniptement quand ils étaient soumis à l'action de la pile; qu'en faisant passer la décharge à travers les glandes parotides, il en résultait une sécrétion salivaire.

Grotthus (34^), qui s'était beaucoup occupé de recherches électr<>chimiques, donna une théorie de^ décompositionsopérées avec lapija, théorie qui est restée dans la spiepce, et dont voici les bases : L'eau, ou une dissolution quelcoiîquep soumise à l'action de la pile ,. est une véritable. pile secondaire,. en ce sens que tous les élément^ se polarisent comme une bande de papier huniide opmmuniqu^Hit par ses dçjix .bopts avec les pôles d'une pile ; de raênae, Peau pure .contenue dans ijn tube recourbé et placée dans le circuit volta:ïqiqe conserve pendant quelque temps la faculté de faire contracter la grenouille. Cela posé, voici comment Grotthus explique la décomjposit^oft 4^ X^m : Considçrops^ dit-il , une molécule d'eaij comj)os^ç: d'une particule d'oxygèno et 4e deux particule^ d'hydror- .{^èi^^ à l'instant où Taction yollaïguç commença j la.p/irfajîit^ip^ ;ipapifpste^ entfe les molécules éléipentaires de l'eau r l'oxygi^e 4^tapii ffttif'é pgrie pôle posjtjf,,ct rjiydrQgèpi^ p^ Iftpôle .^ég^tif, ,C|i].j^g^t jpiOirt^ h pr9iL;e que chaçfm.^o ces deux principes, w mpffient oùîle .çirc.uit.est ferjitîé., acquiert un état éleotrjqu^ (jODltrftiro^à oçb^ jjjj, pôle:qui l'attire; et..co|ïin^e le, piéme. effet ,^. pyodrtit su;ç.,tçnites les particules de V<^îiu, il en résulta qu'on les pce- \\ii\ïp clepx à deux, les principes hoaiogèiies se re^pous^itint, tandis flM^)^^ j?irii)ç^fi«is.lfqtéF;0gçiïe^.,6'^ttirepput al.tern.atiYeftfent hiVim- Mfi^i OH JrO^lia^^j P3s.se ;»P^ $}fi.fluidt? élî^tiqna par l'attraetioo

40 DE l'Électricité et or magnétisme,

du pcMe positif, son hydrogène repousse, en vertu de cette électririté, riiydrogènc de la molécule d'eau voisine et se combine avec roxygène de cf Ue-ci en même temps que la molécule d'hydrogène reponssée transmet son mouvement à la suivante; ainsi de suite jus- ■ qu'à la dernière particuled'hydrogène, qui prend l'état gazeux quand elle touche le pcMe négatif. On explique ainsi pourquoi il n'y a que les molécules d'eau situées aux extrémités des fils conducteurs qui soient décompose'îes. Grotihus a comparé avec raison ce qui se passe alors à l'effet produit quand on fait frapper une bille dlvoire suspendue par un fil sur une série d'autres billes également suspendues, et qui se touchent toutes : l'impulsion communiquée à la première est transmise successivement à toutes les billes intermédiaires jusqu'à la dernière, qui, ne pouvant la transmettre, est chassée avec une force égale à l'impulsion première.

Travaux électro -physiologiques et effets thérapeutiques de réleeiricité. Après la découverte de la pile, on multiplia les expériences dans le but de démontrer qu'au moyen de l'électricité on pouvait reproduire les mouvements et les contractions dus à Pacte de la volonté, ainsi que ceux qui en étaient indépendants. Galvani expérimenta sur une tète de bœuf récemment tué avec une pile à colonne chargée avec l'eau salée. Une des oreilles fut mise en communications avec l'un des pôles, et l'autre avec un naseau. Aussitôt les yeux s'ouvrirent, les oreilles se dressèrent, la langue s'agita et les naseaux s'enflèrent.

Aldini montra ensuite que, pour obtenir les plus fortes contractions, il fallait établir l'arc des oreilles à la moelle épinière; dans ce cas les paupières s'ouvraient, le globe de l'œil roulait sur lui- . même comme dans la plus violente fureur.

Le docteur Andrew Ure, en opérant sur le corps d'un pendu, invmédiatement après l'exécution, avec une pile de deux cent soixantedix éléments chargée avec de l'eau acidulée, un des pôles ayant été mis en communication avec la moelle épinière, l'autre avec le nerf sciatique, à Finstantmême tous les muscles du corps se contractèrent ■ de mouvements convulsifs. En faisant mouvoir un des conducteurs de la hanche au talon, le genou plié, la jambe fut lancée avec tant de violence qu'elle faillit renverser une personne qui avait essayé de prévenir l'extension. Le docteur parvint à imiter le jeu des poumons, à faire mouvoir les doigts et les muscles du visage, et à imiter le jeu des paupières. Tous ces mouvements étaient désordonnés et ne représentaient qu'imparfaitement ceux qui sont produits sous l'em-

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pire de la vie. Rien de semblable n'avait lieu sur Thomme après la mort naturelle, les fonctions de vie s'éteignant peu à peu.

En même temps que Ton s'occupait de recherches physiologiques, on tentait d'appliquer le galvanisme à la médecine. Galvani fut un des plus ardents à se livrer à ces recherches. Suivant lui , dans la manière d'appliquer Pélectricité au corps humain, il fallait avoir égard à trois circonstances principales : 1° à la force avec laquelle elle agit violemment sur l'économie animale, comme dans l'expérience de la bouteille de Leyde ; 2*» à son action lente et successive, connue lorsqu'on administre des bains électriques; 3* à l'espèce d'électricité que Ton retire du corps. Il s'attacha ensuite à démontrer que , dans les maladies convulsives, rien n'est plus important que de déterminer laquelle des deux électricités devait être employée; que l'état électrique de l'atmosphère pouvait influer sur l'électricité animale : aussi recomtnandat-il , avant d'entreprendre le traitement , de reconnaître avec des électromètres l'état électrique des nuages. Suivant Galvani, le moyen préférable à tous les autres , dans l'application de l'électricité négative, était de faire communiquer celle qui réside dans les muscles avec les nerfs de la partie malade. Il indique ensuite les avantages que l'on pouvait retirer de l'application de l'électricité atmosphérique. Il se trouva d'accord en cela avecMauduit, qui avait annoncé que l'influence de l'électricité artificielle et atmosphérique était plus grande sur l'économie animale qu'on ne l'avait pensé (35) . On n'en est pas plus avancé aujourd'hui h cet égard qu'il y a plus de cinquante ans.

Crèves s'est servi du galvanisme pour distinguer la mort vraie de la mort apparente ou l'asphyxie. Quand les fibres se contractent, c'est une preuve que Tirritabilité n'est pas entièrement détruite ; dans ce cas, on ne peut encore décider que l'homme soit véritablement mort.

Pfaff proposa le galvanisme dans la paralysie du nerf optique, comme Magendie l'a appliqué quelquefois avec succès il y a une vingtaine d'années.

Des expériences furent faites à l'École de médecine de Paris sur le traitement des maladies par le galvanisme; la commission qui en rendit compte crut pouvoir conclure des observations dont elle lut témoin : que les effets de l'appareil voltaïque pénètrent et affectent l'organe nerveux et les organes musculaires plus profondément que les machines électriques ordinaires; qu'ils provoquent de vives

4'2 DE L'iLKCTRICITÉ ET DU MAONÉTISUE.

contractions, des sensations fortes do picotements et de brûlures dans les parties que leur état maladif rend insensibles aux étincelles et aux commotions ; que la durée de cette action est telle qu'elle semble autoriser Tespoir de posséder dans ce moyen un excitant efficace et c^Tpable de concourir avec succès au traitement des maladies. Ces conclusions^ comme on le voit, ne donnncnt rien de positif sur Tapplication de l'électricité & la médecine ; mais elles laissent entrevoir la possibilité d'en obtenir do bons efTets, quand il s'agit de stimuler un muscle ou un nerf qui est dans un état d'inertie, résultat qui est peut-être le seul qu'on ait obtenu jusqu'ici.

Grapen Giescr (36), collaborateur de M. de Humboldf^ publia en allemand un ouvrage sur l'emploi du galvanisme dans le traitement de quelques maladies. L'auteur assure que le galvanisme peut^ non-seulement servir à reconnaître les nerfs dans les tissus^ mais encore à indiquer leur distribution superficielle. Il pense que les effets varient selon la nature des pôles mis en contact avec les parties malades. Si Ton prends par exemple, une plaque de zinc et une plaque d^argent , que chacune soit mise en contact avec une plaie de vésicatoire , la plaie correspondante au zinc sera la première à fournir de la sérosité, et il se formera bientôt une escarre.

Le galvanisme, suivant lui, peut être utile dans les paralysies des extrémités, telles que la compression du cerveau; dans la faiblesse de la vue et dans la goutte sereine, due uniquement à l'inexdtabtlité du nerf optique ; dans les surdités dépendant de Tàffaiblissement nerveux; dans l'enrouement et l'aphonie; dans la paralysie (lu sphincter de l'anus et de celui de la vessie. Il décrit ensuite les diverses manières d^apphquer ce moyen médicamenteux. C'est encore dans ces différents cas que l'on applique aujourd'hui l'électricité voltaïque.

Lebouvier-Desmortiers envisagea la question sous un autre p(Miit do vue : il s'attacha à signaler, dans un mémoire qu'il communiqua à la Société des observateurs de l'homme, le 28 floral 'aûi.i^i, le danger du galvanisme dans le traitement des maladies* IL poM'€n principe qu'avant d'appliquer ce traitement aux corps. .vîiÙBtt|ij! il était nécessaire de reconnaître, par expérionco, lesaltéra||liorai)t|u'il peut produire dans les différents principes de lavie;rC'«^'iiDfe considération à laquelle les expérimentateurs qui VmA^^jifëitéàé n'ont pas eu égard; on peut adresser le môme repnochp à^tD^rt»part des praticiens aotqeis.. Il rapporte unXaitremarqnaUey (fiii4Mid îi prouvor-queieRoffets du galvariisïhf' ont pqudo rinréei.-i ilta()pli«-

CHAPITBE II. 4^

qua deux fois sur ses tempes les conducteurs ] et ressentit deux fortes commotions, a A la suita, je m'aperçus , dit-il , que mes «yeux, qui habituellement sont tros-fatigués , et dans lesquels je a sens presque toujours de la chaleur et des tiraillements, n'éprou* (( vaient plus ces petites incommodités. ISIais cette espèce de guéce rison subite ne dura guère , et fut bientôt suivie d'une sorte « d'étourdissement, d'un léger mal de tête,*qui ne se dissipa qu'à « la fm de la journée (37). » Le même expérimentateur est le pre-^ niier qui ait soumis les calculs urinaires à l'action du galvanisme. Un gravier rond très-dur et pesant un grain fut totalement dissous en vingt-quatre heures.

Un grand nombre de recherches furent faites sur Tapplication du galvanisme à Tavt de guérir ; mais le succès ne répondit pas toujours à l'attente des expérimentateurs.

§ V. Découvertes de Davy, depuis 1806.

Les travaux de Davy, avant 1806, n'avaient pas acquis Pimportance qu'ils eurent ensuite, comme on en a la preuve dans les deux mémoires remarquables dont nous allons essayer de donner une idée (38). Si Ton ne trouve pas toujours dans ses expériences la rigueur mathématique que les physiciens exigent en général dans les recherches, s^il a négligé des faits de détail qui lui paraissaient de peu d'importance, on en est amplement dédommagé par les découvertes Originales et capitales auxquelles il fut conduit, et les vues philosophiques qui en découlent.-D'un autre côté, dans les travaux de Davy, on trouve toujours une gi'ande pensée, et l'application suit la découverte d'un fait : c'est là le caractère du génie.

Les phénomènes de décomposition étaient encore enveloppés de beaucoup d'obscurité; on ne pouvait expliquer, par exemple, pourquoi , en opérant la décomposition de Teau distillée avec la pile dans des vases de verre , on avait de la soude au pôle négatif et du chlore au pôle positif. Cette question avait besoin d'être étudiée de nouveau, et Davy en fit l'objet d^m mémoire (38).

Desormes (39) avait tâché de reconnaître par l'expérience la nature des substances qui se produisent dans l'eau distillée aux deux pôles d'une pile. Il annonça que c'était de l'acide chlorhydrique et de Tammoniaquc. Brugnatelli soutint la production d'une substance nouvelle, qu'il appella acide électrique. En Italie, on crut avoir produit du chlorure de sodium. Dès 1800, Davy avait annoncé (juVn soumcllant à l'aclion do la pile, par le moyen de fils d'or, de

•14 HE l'bLF.CTRICTTÉ ET DU MAONBTI&MI.

l*eau distillée contenue dans deux tubes de verre communiquant ensemble par une substance animale ou végétale humide, on avait une dissolution i\o chlorure d'or dans le tube positif; il s'assura bientôt après que Tapparcncc de Tacide (îhlorhydrique était due aux substances animales et végétales qui avaient été employées, puisqu'il n'obtint aucun effet en employant des filaments de coton lavés dans une faible solution diacide nitrique.

Dans le cas où il obtenait beaucoup do soude^ le verre paraissait fortement corrodé au point de son contact avec le fil métallique. Il en conclut, et avec raison^ que la production de Talcali était due à la présence de cette substance dans le verre. 11 fut confirmé dans cette opinion , en observant que Ton n'obtenait la décomposition d'aucune substance saline en opérant dans des vases d'or. De semblables conclusions à l'égard de l'apparence de l'acide chlorhydrique avaient été tirées par la Société galvanique de Paris, le docteur Wollaston et MM. Biotet Thenard (40).

Davy opéra cette fois dans des petites coupes d'agate remplies d'eau distillée, qu'il mit en conmmnication au moyen d'amiante très-blanche, lavée dans l'eau distillée, avec la pile, par l'intermédiaire de deux fils de platine. Les apparences acides et alcalines furent encore très-prononcées ; c'était de la soude, de Fammoniaque et de l'acide chlorhydrique. Tl fut étonné de ce résultat, car il croyait avoir rempli toutes les conditions nécessaires pour éviter l'emploi de substances qui pouvaient contenir du sel marin. Il répéta un grand nombre de fois cette expérience , et se convainquit que le peu de matière saline qui existait dans les coupes d'agate avait fourni l'acide et l'alcali trouvés. S'étant débarrassé de cette cause d'erreur en opérant dans des vases d'or, il obtint encore des réactions acides et alcalines. Il vit alors clairement que l'eau ellemême était capable de fournir de l'alcali fixe; cependant cette eau paraissait pure en employant les réactifs ordinaires : il restait à savoir si la substance saline était transportée par la distillation, ou s'il fallait attribuer l'alcali au gaz azote, dont il existe une petite quantité dans l'eau exposée à l'air. Ayant fait évaporer de l'eau très-lentement dans un alambic d'argent, il resta une substance saline à la présence de laquelle il attribua les réactions acides et alcalines qu'il avait trouvées. Il soumit ensuite à l'expérience l'eau distillée, et cette fois il n'obtint aucune réaction acide ou alcaline: l'alcali provenait donc, soit des matières solides employées, soit de celles qui existaient dans l'eau.

CUAPITBE II. 45

En expérimentant avec des tubes de cire, Davy obtint un mélange de soude et de potasse; la substance acide se trouva être un mélange d'acides chlorhydrique et nitrique. Un morceau de marbre de Carrare, dans lequel on avait pratiqué une cavité, donna de la soude et de la chaux. Davy attribua leur présence à ce que le mary bre de Carrare avait été exposé, à une des époques géologiques, à Taction de Teau de mer. Plusieurs autres substances minérales lui donnèrent le môme résultat , et il en conclut qu'il y avait peu de pierres qui ne continssent des matières salines en combinaison ou disséminées mécaniquement dans leur substance.

Davy n'a jamais opéré une décomposition chimique sans qu'il n'y eut production d'acide nitreux. L'alcali volatil paraissait aussi se former en très-petite quantité au commencement dans Teau purifiée contenue dans les vases d'or; il expliqua la production de Tacide et celle de cet alcali par la combinaison de l'hydrogène et deToxygène, à Tétat naissant, avec l'azote deTair atmosphérique tenu en dissolution dans l'eau; en prenant effectivement toutes les précautions possibles pour que Peau très-pure ne renfermât pas^ d'air, il ne retirait de l'eau chimiquement pure que de l'oxygène et de Phydrogène.

Davy ayant constaté les effets de Taction électrique sur le verre, pour. en retirer l'alcali qu'il contenait, voulut voir jusqu'à quel point le même mode d'action agirait sur les corps solides insolubles ou difficilement solubles dans l'eau. Il opéra, en conséquence, la décomposition de l'eau dans des coupes de sulfate de chaux, de baryte ou de strontiane cristallisés, de fluorure de calcium et d'autres substances également cristallisées. Les parties constituantes des corps furent séparées et déposées à leurs pôles respectifs.

Il étudia ensuite les diverses circonstances qui accompagnent les décompositions des combinaisons solubles mélangées ensemble et mises dans des coupes en agate réunies par des fils d'amiante, et en communication avec la pile au moyen de fils de platine. Les acides étaient déposés dans la capsule positive, et les bases dans la capsule négative. Il en était encore de même en expérimentant avec deux coupes remplies d'eau distillée, l'une de sulfate de chaux et l'autre d'agate, la première communiquant avec le pôle positif, et la seconde avec le pôle négatif. La chaux fut recueillie dans la coupe d'agate, et l'acide sulfurique resta dans celle de sulfate de chaux. Dans d'autres circonstances, il opérait avec trois capsules. Les deux capsules extrêmes ayant été remplies avec une dissolu-

48 > DE l'kLKCTB'.CITÉ Kï DU MA(iN£TlSME.

en souiiiettant à iaclion de la pile des feuilles de plantes et des corps vivants. Ainsi il o1)serva que^ lorsqu'on mettait les doigts bien lavés en contact avec de Teau distillée dans la partie positive du circuit, il se manifestait rapidement une substimce acide ayant les caractères d'un mélange d'acides sulfurique, chlorhydrique et pbosphorique. Du côté négatif on trouvait une substance alcaline fixe. Oo trouve là Tcxplicalion du phénomène observé par Sulzcr [voir page 23). Davy conçut déjà la pensée d'introduire dans les organes des animaux des substances acides, alcalines et même métalliques, daus le but de modifier quelques-unes de leurs parties constituantes.

Dans un autre mémoire (42) il indiqua comment on devait agir avec la pile connue moyen de décomposition, et fit usage de sa méthode pour rechercher les bases des terres et des alcalis. Dans ks premiers essais qu'il fit sur la décomposition des alcalis en dissolution dans l'eau^ il s\aperçut que la présence de l'eau était un ob»-, tacle à la production du phénomène. Il soumit ensuite à Texpérience de la potasse à l'état de fusion ignée : pendant toute la durée de l'expérience, il vit paraître autour du fil négatif une lumière très-intense^ et au point de contact^ une colonne lumineuse qui paraissait due au développement d'une matière combustible; le platine était fortement attaqué du côté positif. N'ayant pu recueillir U matière combustible, il employa l'électricité comme ageut commun pour la fusion et la décomposition : il remplit ce double but en humectant légèrement la potasse, qui fut placée sur une lame de platine, mise en communication avec le pôle positif d^une batterie de deux cent cinquante couples, et fermant le circuit avec un til de platine en relation avec le pôle négatif. Une action très-vive se manifesta, la potasse se fondit aux deux points électrisés. Du côté négatif il ne se dégagea aucun gaz, mais on y découvrit de petits globules qui avaient un éclat métallique très-brillant et brûlaient avec explosion et luie fïanmie vive à l'instant de leur formation; ces petits globules étaient le potassium, base de la potasse : il obtint do la même manière le sodium avec la soude.

Il prouva ensuite que la vive déflagration qui avait lieu était duc à la décomposition rapide de l'eau qui fournissait au nouveau métal de l'oxygène pour s'oxyder et former de la potasse.

Ayant cherché à obtenir les métaux de la baryte et de la sti'ontiane, il vit également une lumière brillante et une inflammation au pôle négatif. En soumettant à Texpérieuce de l'acide borique humecté , il vit paraître à la surface nt'gativc une matièi'e couibus-

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