‹ Resumee de l'histoire de l'electricite et du magnetisme, et des applications de ces sciences a la chimie, aux sciences naturelles et aux artsChapitre 15 sur 76 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

lible de couleur foncée qui lui parut cire le résultat d'une décomposition.

Dans un autre mémoire (43), après quelques essais, il conçut l'idée d'enlever Toxygène aux terres avec le potassium : n'ayant pu réussir, il employa le mercure pour former un amalgame avec les nouveaux métaux; cette fois les résultats furent plus satisfaisants.

Tandis qu'il était occupé de ces recherches, il reçut, au commencement de juin 1808, une lettre de Berzélius qui lui annonçait que, conjointement avec le docteur Pontin, il était parvenu à décomposer la baryte et la chaux en les électrisant négativement en contact avec le mercure; il répéta aussitôt l'expérience avec sa grande batterie, et obtint l'amalgame de barium , qui , projeté dans l'eau, la décomposa, et le mercure devint libre. La chaux et la strontiane donnèrent des résultats analogues. Quant à la magnésie, il fallut continuer l'opération pendant longtemps pour produire Tamalgame : Faction de ce dernier sur Teau était très-lente; l'opération fut plus facile en employant le sulfate de magnésie mouillé , au lieu de la magnésie.

Il obtint des quantités assez notables de ces nouveaux métaux en soumettant à la distillation leur amalgame, hors du contact de Pair; les nouveaux métaux furent appelés potassium, sodium, barium, strontium, calcium et magnésium.

L'alumine, la silice, la zircone et la glucine, soumises au même mode d'action, ne donnèrent aucun indice de décomposition; il fut obligé, pour opérer leur réduction, d'avoir recours à un autre procédé, fondé sur l'affinité du potassium pour les métaux des terres : il mit dans un creuset de platine un mélange d'une partie de silice et de six parties de potasse qu'il maintint en ignition, et établit ensuite la communication avec sa grande pile. Le creuset fut mis en rapport avec le pôle positif, et la masse alcaline fondue avec le pôle négatif, au moyen d'une tige de platine : il se fit aussitôt une effervescence, et des globules brillants s'élevèrent à la surface; il se forma autour de la tige des écailles métalliques brillantes, qui blanchirent au contact de l'air et firent effervescence dans Peau. L'addition de quelques gouttes d'acide chlorhydrique en dégagea aussitôt de la silice; Talumine se comporta de même, ainsi que la zircone. Ce procédé a été mis depuis en pratique, mais avec plus d'avantage.

Une autre question attira vivement son attention, ce fut celle de la formation, de la nature et des propriétés de l'amalgame produit

60 DK L^KLECTlilClTÉ KT DU MAGNETISME.

par rammoniaquc au p(Mo négatif. Ce nouveau composé provoqua une vive polémique entre Davy, Berzélius, d^une part, Gay-Lussac et Thénard de Tautre. Les premières expériences pour obtenir cet amalgame sont dues au docteur Seebeck (AA), qui le découvrit dans les premiers mois de 1808, en faisant réagir, au moyen de la pile, le mercure sur le carbonate d'ammoniaque : dans cette expérience^ le mercure augmente graduellement de volume, et, quand il est devenu quatre ou cinq fois plus étendu que dans son état primitif^ il devient solide et d'une consistance molle ; il publia le fait sans en donner de théorie. Berzélius et Pontin annoncèrent à Dav; qu'ils étaient parvenus à combiner le mercure avec la base de l'ammoniaque, qu'ils appelèrent ammonium; l'ammoniaque, suivant eux> était un oxyde à base ternaire (45). Davy adopta la théorie de Berzélius (46) relativement à l'existence de l'ammonium; mais il n'en fut pas de même de Gay-Lussac et de Thenard (47) , qui démontrèrent que ramalgame ammoniacal était formé de mercure, d'ammoniaque et d'hydrogène, puisqu'un agitant cet amalgame parfaitement sec, dans un tube long et étroit rempli d'air, la oombiDaison était détruite sans que Fair fût aucunement modifié. Depuis^ cette opinion a été adoptée.

Les expériences de Davy sur les décompositions chimiques firent supposer à Wollaston (48) qu'il existait peut-ôtre un mode d'action analogue dans le système des sécrétions animales , et qu'une décharge électrique, moins intense que celle que l'on observe dans la torpille, pourrait servir à l'explication de plusieurs phénomènes, tels, par exemple, que la rapidité des communications de Tinfluena' nerveuse dans les diverses parties des corps vivants. Wollaston fit, à cotte occasion, une expérience très-simple pour démontrer qu'on pouvait décomposer une solution de sel marin avec un seul couple voltaïque; aussi en tira-t-il cette conséquence, entrevue déjà par NaiX)léon , que la surabondance acide que l'on observe en général dans l'urine pai ait indiquer dans les reins un état électrique positif^ et dans les vaisseaux du foie un état négatif.

Aussitôt après les découvertes de Davy, Gay-Lussac et Thenard (49) se livrèrent à une suite de recherches physico-chimiques, à Toc^îasion d'une grande pile donnée à l'École polytechnique par Napoléon ; ils s'appliquèrent particulièrement à déterminer l'influence que pouvaient exercer sur l'action chimique le nombre des couples et la nature du liquide; ils furent ainsi conduits à plusieurs conséquences importantes , en prenant pour mesure de l'énergie

CliAPlTUË 11. fil

chimique la quantité do gaz fournie dans un temps donné par la décoipposiiion de Teau : ce fut le premier emploi du voltamètre; mais ces questions ne pouvaient être résolues complètement à cette époque^ attendu que Ton ne connaissait pas les moyens exacts de trouver le pouvoir conducteur des solides et des liquides.

Les travaux de Davy avaient eu un tel retentissement que TAcadémie des sciences de l'Institut de France lui décerna, en 1808^ le prix annuel du galvanisme dont il a été fait mention précédemment.

§ VI. Phénomènes physiques produits avec de fortes piles;

effets lumineux et calorifiques,

M. Biot (50) avait annoncé que la production de la lumière était due au passage rapide de Pélectrjcité au travers de Tair^ qui , étant fortement comprimé^ s'échauffait, et dégageait alors assez de chaleur pour quMl y eût émission de lumière. Davy examina jusqu'à quel point cette opinion était fondée; on savait déjà que les couleurs de la lumière varient suivant la force de Tétincelle et la pression du gaz qu'elle traverse , et qu'elles dépendent aussi de la nature du corps dont on tire des étincelles (51).

Davy (52) disposa un appareil dans lequel il avait fait le vide sur le mercure, sur d'autres métaux en fusion et sur diverses dissolutions; en opérant la décharge d'une bouteille ou d'une batterie, il obtint les résultats suivants : le vide mercuriel parfait est perméable à l'électricité, et il devient lumineux, soit par l'étincelle ordinaire, soit par la décharge d'une bouteille de Leyde. Quand le tube est très^chaud, la lumière électrique se montre dans la vapeur mercurielle avec une couleur verte vive et de grande intensité; à un froid de 20" au-dessous de zéro du thermomètre de Fahrenheit, la lumière est excessivement faible; pendant l'ébullition du mercure , la lumière a le plus grand éclat.

Les conséquences suivantes résultent de toutes ses expériences : la lumière électrique dépend principalement de quelques propriétés qui appartiennent à la matière pondérable à travers laquelle passe l'électricité ou qu'elle entraîne avec elle ; l'espace où il n'y a pas de (}uantité appréciable de cette matière est capable d'offrir les phénomènes lumineux , mais cela résulte probablement de ce que les particules superficielles dos corps, entraînées par les décharges électriques, deviennent incandescentes, et produisent alors les appa» rences lumineuses observées.

â2 1)K L RLKCTRICITK BT Dt MAOïNETISVIE.

Celle (iernière opinion, qui a été une des bases de sa théorie électro-chimique, a été partagée par Berzélius, qui pensait que la chaleur était produite dans les combinaisonschimiques de la même .manière que dans la décharge électrique.

Les effets calorifiques dont nous venons jle parler n'étaient rien, comparés à ceux que Davy obtint en 4813^ avec la pile de Tlnstitution royale de Londres, composée de deux mille couples présentant une surface de 128,000 pouces carrés. Ayant fait passer entre deui |)oinlcs de charbon placées à peu de distance l'une de Tautre la décharge de cette énorme pile^ il se produisit une lumière dont on ne pouvait comparer l'éclat qu'à celui du soleil ; toutes les substances infusibles ou jugées telles^ placées entre les deux pointes de charbon^ ne purent résister à une chaleur aussi forte et entrèrent en fusion. Tous ces effets ayant eu lieu dans le vide^ Davy ne pat admettre pour cause de la chaleur et de la lumière la combustion du charbon ; il en tira la conséquence que Tune et l'autre devaient être attribuées à la réunion des deux électricités. Les particules de charbon enlevées par l'action de Télectncité^ et transportées de U pointe de charbon positive à la pomte négative^ constituaient le conducteur servant à la circulation du courant. L'arc voltaïque obtenu dans ces conditions est utilisé maintenant^ dans certains cas spéciaux^ comme puissante source de lumière.

A la même époque^ Children faisait construire une pile d'une grandeur remarquable, dans laquelle chacun des éléments avait une surface de 3-2 pieds carrés anglais ; des fils de platine qui avaient jusqu^à 2 Ugnes de diamètre et d'une certaine longueur^ furent rougis^ et même fondus; les métaux et les oxydes infusibles à la chaleur de nos fourneaux y entrèrent en fusion. Ces expériences furent faites de 4813 à 4815.

Wollaston fondit un fil très-fm de platine avec un seul couple voltaïque de la plus petite dimension : cette expérience et d'autres observations antérieures lui démontrèrent que^ pour avoir les plàs grands effets de chaleur, il fallait augmenter dans chaque couple voltaïque la surface du cuivre relativement à celle du zinc^ celle-ci devant être deux fois moindre; c'est d'après ce principe qu'a été construite la pile dite à la Wollaston.

Effets phy>iques différents produits par chacune des deux électricités. Trémery (53) a reconnu qu^en faisant passer la décharge d*une bouteille de Leyde entre deux pointes placées Tune d'un coté d'une carte » l'autre sur la face opposée , la carte était pe^

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