‹ Resumee de l'histoire de l'electricite et du magnetisme, et des applications de ces sciences a la chimie, aux sciences naturelles et aux artsChapitre 72 sur 76 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

posées à la station de départ entre un pinceau de fils conducteurs et une surface métallique^ chaque fois qu'il y avait contact, le style {dacé à la station d'arrivée^ entraîné par un mouvement synchronique à celui du pinceau de la première station^ traçait sur le papier une série d'empreintes correspondant exactement aux signes découpés. Ces découpures étaient la plus longue préparation à faire.

Le principe du télégraphe de M. Bain a été appliqué par M. Backwell, en 1850, à la construction d'un télégraphe autographique d'3stiné à reproduire les fac stmi7c de récriture. En principe, le système consiste à faire mouvoir aux deux stations synchroniquement deè styles, Fun étant placé à une station et servant à établir des communications électriques, Pautre se trouvant à la seconde station et servant à tracer les signes ; si on écrit des caractères sur une lame d'étain, l'encre fera fontion de corps isolant, et les caractères seront reproduits en blanc sur un fond bleuâtre à Pautre station. M. Hipp, en 1855, et surtout M. Caselli, en 1856, ont présenté des systèmes destinés à résoudre la même question. Jusqu'ici ces appareils trèscurieux n'ont pas été employés d'une manière courante. Il en est de même des appareils imprimant des caractères d'imprimerie, comme ceux proposés par MM. Brett, Bain, Siemens, Breguet, etc., bien que fort ingénieux dans leur mécanisme.

Du reste, nous n'avons fait que mentionner ces appareils trèscurieux sous le point de vue mécanique ; ce qui était important pour la télégraphie électrique, c'était de montrer qu'à distance, une action magnétique ou chimique pouvait se produire simultanément avec l'action mise en œuvre au point de départ : ce but atteint, il était évident que les procédés les plus simples seraient ceux qui seraient définitivement adoptés, et c'est pour ce motif que les télégraphes à aiguilles, à cadran, et en dernier lieu celui de Morse, ont été successivement préférés à tous les systèmes proposés.

La disposition des lignes télégraphiques a exigé des recherches nombreuses qui ont conduit à des observations intéressantes : pour les transmissions sur terre, les lignes aériennes ou formées par des fils suspendus dans l'air à des poteaux à l'aide de parties isolantes en porcelaine, et adoptées en France, paraissent préférables ; remploi de la gutta-percha avait fait penser que des lignes souterraines donneraient de meilleurs résultats, mais les altérations qui peuvent survenir dans des parties où la surveillance ne peut avoir lieu ont fait conserver le premier mode d'isolement.

Jë6 BB L'ÉLECTBJCiri ST Ml MAGNÉTISME.

La traoâmissîon de Félectricité entre les pays sépraés par la ner ii^a pu s'effectuer qu^aa moyen de càUes particuliers eonreiiableiiient isolés et unissant les stations télégraphiques. Cette immense appHcstion^ qui fait que la transmission est aussi facile à Taide (les;dkbles sous-marins qu'à l'aide desfils miés tendus dans Fair, ne éi^ que de peu d'ffinéeszli.Wheatstone, en 1840^ arsît proposé «n moyen de résoudre la question^ mais c'est sous la direction de M. Btt^ que le premier oooAocteur soos-marin, entre Douvres el CeAms a été placé : ce coadiscteisr fut bientôt rompwr- néaâmcKns^ le rési^t obtenu montra que le succès était possiUe. M. Cranipton s'occupa «lors de cette qiiesti<»i comme ii^énîeur^ et unit déinîliîeiiwiif, .en 485i, par un câble sous*marin^ la Franee et ^Angleterre. Depuis cette époque, d'autres paiys séparés parla mer ont été mis en relations télégrajdiiques ; nous citerons particulièrement lé câMe <^ a uni pendant un certain temps, en 1856, Varna à Baladff^S; lequel n^avait pas moins de 377 milles de longueur, sok 700 kilomètres. Le câble qui unit la France à TAfrique en passant par la Sardsâgne a également une gvande étendue; et, bien qu'il y a quelques mois, la tentative faite pour relier Tancien et le nouveau continent ait échoué, il est probable qu'elle réussira lorsque l'on aura pris toutes les précautions nécessaires pour réaliser cette immense opération qui demande de puissants moyens méx^aniques.

Remploi des lignes télégraphiques sous^marines a permis d'étudier des phénomènes physiques qui ne s'étaient pas présentés anf)aravant, parce que les f^ysiciens n'avaient pas eu à leur disposition des circuits aussi étendus et dans des conditions analogues aax fils qui servent à la télégraf^ie électrique; cm a vu «fi effets page 198, que M. Faraday avait observé que le fil conducteur entouré de gutta-percha et plongé dans la mer ou dans la terre ne transmettait pas ^électricité dans les mêmes conditions qu'un fil métallique ordinaire : ^électricité commençait par charger le fil comme une immense bouteille de Leyde, puis exerçait son action à l'autre extrémité. En effet, dans un fil de 2,400 kilomètres, le courant mettait deux secoïkles à exercer son influence d'une extrémité à l'autre. Il est à remarquer que si la science a permis de réaliser les merveilles delà télégraj^ûeélectrique, d'un autre côté les appareils installés pour cet usage <Hit peanuis aux physideas d'obamer de nouveaux faits qui n'auraient pu être étudiés sa» cela.

Les effets dont nous venons de parier sont tels qu'cm a été obligé

CHAPIZBB XII. m

de modiiier les iélé^pbes de façoa que, parie jeu du manipolateiir ou de la clef^ ou puisse mettre le fil isolé eu oommuDication avec le sol après chaque passage du courant, afin de détruire refTet d'induction qui aurait été produit sans cela. Le renversement du courant à chaque passage^ comme dans les télégraphes de MM. Varley et Gloesener^ a conduit au même but.

N...usavonsdéjàparléde remploi de la terre comme conducteur^ M. Steinheil^ en i837/ayant reconnu la possibilité de supprinter un des fils du circuit télégraphique ; les expériences faites depuis par M.Wheatstone^Matteucci(30)^ 6reguet(31)^ et par les physiciens qui sesontoccupésde télégraphie éleclrique^ ont montré que dans le sol la cpnductibilité a lieu comme entre les deux électrodes très-|)etites plongées dans une masse liquide très-grande, et que dès lors on ne peut plus appliquer les lois de conductibilité relatives au diamètre et à la s^tion. Cependant cette section étant très-grande^ et même indéfinie^ on peut considérer la résistance à la conductibilité de la terre comme nulle, c'esl-à-dire que Ton peut admettre que le sol a une conductibilité parfaite. 11 est probable, d'après toutes les recherches faites sur ce sujet, que la terre conduit les courants électriques par un mode d'action analogue à celui qui a lieu dans les fils métalliques et dans les liquides.

On a fait sur les lignes télégraphiques une observation que nous devons mentionner ici; elle est relative à l'existence de courants électriques qui circulent, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, en interposant un galvanomètre et en supprimant toute pile du cilcuit. Cet effet peut tenir à Taction de l'électricité atmosphérique, ou à des courants d^induction qui se manifestent dans ces fils par suite des variations dans Tintensité magnétique, suivant l'orientation des fils, ou bien à une action chimique produite sur les lames métalliques qui servent à mettre en relation l'extrémité des conducteurs avec le sol , ou bien encore à l'action de courants terrestres décrits par l'un de nous. (Voir page 174.)

On a vu que pour chaque télégraphe, entre deux stations, il fallait un fil conducteur, la terre servant de conducteur commun pour compléter le circuit; il en résulte qu'un système complet pour, la transmission dans les deux sens n'exige que deux lils isolés. On est parvenu à modifier la construction des télégraphes de façon à n'employer qu'un seul fil isolé^ lequel sert à faire fonctionner en même temps les deux récepteurs et les deux manipulateurs qui s'y trouvent établis. Ainsi Ton peut faire servir un seul fil à la transmission

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de deux dépêches simultanémeDt dans deux directions opposées^ et indépendamment l'une de Tautre.

M. Gintl (32) est le premier qui ait résolu ce problème en appliquant la disposition qu'il a imaginée à un télégraphe électro-chimique. Il ne faut pas croire que par ce moyen deux courants puissent passer simultanément dans le même fil en sens contraire; mais par la disposition des appareils les deux télégraphes fonctionnent indépendamment l'un de Tautre, Plusieurs physiciens se sont occupés également de ce sujet après lui^ et à TËxposition universelle de 1855, on a pu voir fonctionner plusieurs télégraphes de Morse d'après le même principe que celui proposé par M. Gintl, quoique par des dispositions un peu différentes ; nous citerons les appareils de MM. Siemens et Halske^ Edlund^ Wartmann.

Nous ne parlerons pas des accessoires des lignes télégraphiques, tels que les paratonnerres de MM. Breguet, Valker, Bianchi^ Pouget, Maisonneuve et d'autres appareils en usage^ dont la description nous entraînerait hors du cadre que nous nous sommes tracé.

^ V. Horloges électriques, régulateurs ^ chronoscopes, électro-moteurs

et appareils divers.

L'emploi de l'électricité comme moyen télégraphique conduisit aussitôt à chercher si l'électricité ne pouvait pas être utilisée pour la transmission de signaux à des instants déterminés, c'est-à-dire pour faire fonctionner des appareils horaires ou pour régler et enregistrer des indications d'appareils ou d'instruments divers. Nous allons voir combien sont nombreuses les circonstances dans lesquelles son emploi a été invoqué ; mais on ne doit pas oublier que ces applications très -diverses dérivent toutes de la télégraphie électrique, et de ce seul fait physique qu'un courant électrique dans un instant infmiment court et inappréciable autrement que par des observations très-précises, transmet un effet d'attraction ou de répulsion à une distance quelconque; ce principe, utilisé de mille manières par la mécanique, a conduit à toutes les applications qui en ont été faites, et dont nous ne citerons que les principales.

Une des premières questions qui aient préoccupé les ingénieurs depuis 4837 est celle de rem[)loi de l'électricité pour l'horlogerie. Dans l'horlogerie éleclrique, on peut se proposer de résoudre deux questions : d** construire des horloges électriques propre-

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