RÉONB DB CATHERINE II
i-6a- Lorsque par l’assassinat de Pierre III la révolution fut consommée, la reconnaissance de la souveraine éclata en fa- /'veùr des complices de son usurpation.
Les deux Orloff, Grégoire et Alexis, furent faits comtes ; le premier parvint en- ' suite à la dignité de maître du saint empire , occupa le poste de grand-maître de l’artillerie. Panin eut le ministère des af; faires étrangères , et les autres furent aussi diversement récompensés. Il n’y eut pas jusqu’au médecin fabricateur mercenaire du poison que l’on avait fait avaler au prince détrôné, qui n’eut part aux grâces de l’auguste souveraine ; pour avoir empoisonné le père , il fut nommé premier médecin du fils, c’est-à-dire du jeune grand-duc. Cependant la distribution de ces faveurs et de ces récompenses, quelque vaste qu’elle fût , devait encore faire des jaloux et des mécontents. Tous
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ceux qui s’e'taient précipités dans l’adoration du nouveau pouvoir se croyaient en droit de réclamer le prix d’une trahison.
Parmi ceux mêmes qui avaient servi activement l’ambition de Catherine , plusieurs ne tardèrent pas à se repentir , et d’autres se montraient trop exigeants. La plupart se voyaient dupes de sa dissimulation , et frémissaient de n’avoir travaillé que pour une femme et ses favoris , et de ne partager que la honte d’un forfait, au lieu d’en partager le fruit. Les ecclésiastiques, également trompés dans leurs espérances, ne respiraient que la vengeance, rappelaient le nom elles droits du prince Ivan. Le levain de tant de passions , de tant de haines réunies , fermentait dans toutes les parties de l’empire.
En vain Catherine avait-elle voulu se montrer au peuple de Moscou avec tout l’appareil de la puissance. Moins ébloui de ses dons et de sa magnificence qu’ému par l’idée de son crime , ce peuple ne l’avait accueillie , elle et sa cour , qu’avec un silence plein d’indignation. Enfin les gardes memes qui l’avaient proclamée manifesté-
rentdes remords inquiétants, et l’on en fit disparaître plusieurs.
Parmi ces agitations du mécontentement et de l’esprit de parti qui laissaient encore douteuse l’issue de sa coupable entreprise , Catherine songeait à établir sa prépondérance politique. La cour d’Autriche et celle de France avaient cru que la mort de Pierre amèneiait un changement dans le système du cabinet de Pe'-< lersbourg ; elles furent également trompées. L’adresse du roi de Prusse pre'valut; et peut-être , d’ailleurs , Catherine vengeait-elle contre Marie Thérèse une rivalité de génie qui la blessait, et contre Louis XV un mépris qui l’avait profondément humiliée.
Son coup d’essai fut un acte qui n’attestait pas moins ses forces que son me'pris pour les lois de la justice. Biren , qu’elle avait rappelé de l’exil, fut replacé au sein du pays qu’il avait jadis désolé, au pi'éjudice du prince Charles de Saxe , e'iu par les Courlandais depuis sa disgrâce. Le Danemarck, cedant également à la crainte *
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de ses armes , lui abandonna l’administration du Holstein.
Affaiblie dès long-temps, etdécliire'e par les dissensions pcrpe'tuelles d’une aristocratie turbulente , la Pologne voyait de nouveaux germes de discorde fermenter dans son sein par l’obstination d’une majorité catholique à proscrire les Polonais dissidents. Ainsi nommait-on les Polonais qui suivaient la religion grecque , les luthériens , et ceux memes qui , plus audacieux , professaient l’hérésie renouvelée par Socin , c’est-à-dii’c niaient la divinité de Jésus-Christ. Catherine prit les dissidents sous sa protection pour mettre le feu à la Pologne , et ne réussit que trop bien.
La fin prochaine d’Auguste III favorisait singulièrement une révolution nouvelle. Toutes les ambitions particulières s’agitaient; et la cour de Pétersbourg , où l’on prévoyait que le destin de cette répxiblique allait se décider , devenait le foyer de toutes les intrigues. Catherine avait déjà arrêté son plan : elle commença
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par obleuir , sous de spécieux ])rélextes ^ que les cours d’Autriche et de France ne sortiraient pas , à l’égard des affaires de Pologne , d’une rigoui’cuse neutralité. Un traité d’alliance offensive et défensive que Frédéric désirait fut le prix qu’elle mit à la même promesse de la part de ce prince. Toutes les voles étant ainsi préparées , la cupidité et la crainte mises en jeu opérèrent le reste. Les épées des officiers russes brillant insolemment dans le sanctuaire 64. des délibérations de la diète suspendirent la libre expression de la volonté générale ; et , malgré l’opposition de quelques patriotes courageux, Poniatowski fut élu roi des Polonais.
, Une fois monté sur le trdhe , il voulut être roi en effet, et ne pas trahir complètement les vœux d’une nation généreuse.
Il forma quelques établissements utiles, et parut vouloir réorganiser une administration détestable, triste fruit de longs malheurs; mais Catherine lui prouva qu’il n’était encore qu’un favori , c’est-à-dire un esclave sur le trône , et paralysa tous ' ses efforts.
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On attribua au désir de le revoir le voyage que Catherine fit , peu après , en Livonie : elle avait de plus puissants motifs. Quelque confiance qu’elle eût dans sa fortune , elle pensait devoir sacrifier ..à sa sûrete' encore bien des victimes : d’ailleurs un forfait en engendre un autre , et la route où elle était entrée était celle où il est le plus malaisé de s’arrêter. 3on âme , sans doute assaillie par les remords , était sortie triomphante de cette affreuse lutte ; et pouvant tout , il notait plus rien qu’elle ne fût capable d’oser et de dissimuler. Pour assurer sa puissance j plie voulait anéantir tout ce qui pouvait servir de prétexte aux regrets du peuple et à son inconstance ; ses gardes conspiraient en ce même moment pour la seconde fois. Elle craignît , en quittant Sa capitale , d’y laisser les impressions redoutables de la terreur et de la pitié , et fit secrètement juger ces nouveaux conspira^ teurs ; livrés aux horreurs de la faim , leur prison fut leur tombeau. Cette dernière tentative de ses ennemis affermit Catherine dans la résolution qui avait déterminé
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son voyage , c’était la mort du prince Ivan.
Alors renferme à Sclilusselbourg , ce prince était dans sa vingt-quatrième année : une figure noble et touchante , une taille élevée , une douceur inexprimable dans le son de la voix et dans les manières, tout ce que la nature avait pu ajouter à une grande infortune pour exciter l’intérêt, attendrissait les cœurs les plus insensibles à l’aspectd’Ivan. On a dit que la faiblesse de son intelligence était très voisine de l’imbécillité , ce qui n’aurait rien d’étonnant, puisque ce malheureux prince avait été saisi par le bras du malheur dans les langes de son berceau , et n’avait jamais connu d’autre monde que sa prison , d’autre espece humaine que ses geôliers ; mais cela n’est pas prouvé : d’ailleurs , si c’est une raison que l’on a imaginée pour affaiblir l’horreur du crime qui lui ôta la vie , cette raison est détestable.
Un brigand nommé Mirovitch sortit des rangs des soldats russes pour servir les desseins de Catherine. On lui promit tout ce qu’il voulut. Il devait tenter un feint enlè-
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vement du prince , et les officiers qui le gardaient , prévenus par un ordre sigue' de l’impe'ratrice , devaient le tuer à la première tentative qui aurait lieu.
Ce forfait fut ainsi exécuté. Les deux gardes , Vlaffief et Oucliakof , voyant que Mirovitch allait briser les portes de la prison , se jetèrent l’épée à la main sur le malheureux Ivan ; nu en chemise , il se défendit pourtant avec une incroyable vigueur ; mais enfin il tomba sous les coups de ces misérables; alors ils ouvrirent la porte , et montrant à Mirovitch et à ses soldats le corps sanglant du prince , ils leur dirent : Voilà votre empereur.
Les assassins s’enfuirenten Danemarck, où ils trouvèrent auprès de l’ambassadeur russe un sur asile; Mirovitch arrêté parut devant scs juges avec un calme qui attestait sa crédulité insensée , et ne lut détrompé qu’au moment où la hache , en faisant tomber sa tete , lui donna la mesure de la reconnaissance à laquelle doivent s’attendre les instruments des grands crimes , de la part de ceux qui les ont commandes. La peine qu’il subit ne détourna
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point les soupçons du véritable auteur de' cette odieuse trame. On s’attendit à touÆ désormais, et les regards comme l’inte'i^P -n delà nation se reportant sur le jeune Paul Pétrovitz, lui présageaient un aussi fu^,, neste sort.
Ces sanglants succès et leur impunité n’assuraient pas à Catherine une domina-;^ tUw'; plus tranquille et plus facile. Lé feu de la rébellion couvait toujours sous la , cendi’e ; et , forcée de se ménager des défenseurs et des appuis, elle devenait pres^% que l’esclave des hommes qui lui étaietit nécessaires. OrlofiP abusait de son pouvoir auprès des grands , et de son empire Sur le eœur de sa souveraine. U la négligeait et préparait ainsi sa disgrâce. L’orgueil dé Catherine n’admettait ni tiédeur ni par-"* tage dans le culte de ses favoris : Oi'ioff î eut bientôt un successeur. ^
Cependant les puissances, trompées par Catherine au sujet de la Pologne , avaient eu le temps de pénétrer ses desseins. Ellemême ne les dissimulait plus guère , et faisait remettre à la diète de Varsovie , par Repnin,;^on ambassadeur, une déclaration
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DE l’histoire de RUSSIE.
équivalente à un ordre, en faveur des dissidents. La cour do France, plus indigne'e qu’alannce de son ambition, songea à lui susciter une guerre avec IcsTurcs. Leduc de Cholseul en avait conçu l’ide'e ; l’hahileté du comte de Vergennes la mit en oeuvre. La fixation des limites respectives 1766. des e'iats de Pologne et des provinces turques fut le sujet d’une première explication, que la complaisance de Poniatowski 1767. pour Catherine sut d’abord éluder, et peu après de la guerre.
C’est à la même époque, qu’aspirant à la fois à tous les genres de célébrité, Catherine composa des instructions pour servir de base à un nouveau système de législation. Toutes les nations de ce vaste empire furent appelées à concourir, par l’organe de leurs députés, à l’achèvement de ce grand ouvrage ; on y vit les habitants des rives de l’Irtis , ceux des glaces du pôle , et Moscou réunit dans ses murs ces hommes étonnés de se trouver ensemble. Les instructions de l’impératrice , solennellement lues dans cette assemblée immense ,
lui méritèrent les titres magnifiques de
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grande , de prudenle , de mère de la patrie. Cependant, frémissant d’avoir imprudemment donné éux représentants de ses peuples un pouvoir qui pouvait devenir fatal à sa puissance , elle se hâta de les séparer. Des médailles d’or furent pourtant frappées pour immortaliser le souvenir de leur vaine réunion j et le plus grand nomhrc passa des mains des sauvages députés qui les avaient reçues , dans celles des orfôvres de Moscou.
Tous scs efforts pour le bien de ses peuples, pour le perfectionnement des lois , des arts et dos mœurs , et ces fêtes chevaleresques, dont l’celat prestigieux venait quelquefois environner son trône et resplendir dans sa capitale, n’cmpêchaicnt pas que le nombre des mécontents ne fût immense dans l’empire ; et du sein de cette multitude, indignée de voir les bourreaux de Pierre III se partager sa puissance , il pouvait sortir un vengeur, ainsi qu’un exemple le prouva. Un jeune officier , nommé Tchogiokoff, animé d’un généreux fanatisme , se cacha plusieurs jours de suite dans un détour obscur qui rondui-
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sait aux appartcmeuls recules de l’imperatrice; mais ayant eul’imprudence de confier son secret , il manqua son coup , et on le fit disparaître aiissitot. Catherine feignit quelquefois de pardonner , pour essayer d’un moyen nouveau; mais c’e'tait aussi une de ses maximes, qu’il n’y a que les morts qui ne reviennent pas (i).
Elle n’avait pas cessé d’opprimer la Pologne et de persécuter les nobles polonais.
Le roi de Prusse , non moins avide d’agrandissement , soit vol ou conquête , e'tait parfaitement d’accord avec elle sur le pro- , jet d’envahir et de partager ce malheureux pays. Les cours de Londres et de Stockholm avaieut ouvert les yeux un peu tard; d’ailleurs elle flattait l’une d’un traité de commerce , et l’autre de la cession du Holstein. Cependant les confédérés, encouragés par l’Autriche et surtout parla France, s’étalent emparés de Cracovie , * d’une partie de la Podolle , et s’étaient réunis dans la forteresse de Bar, qui a donné son nom à celte association patriotique si célèbre par ses malheurs.
(i) Fi'cdcric II avait dés long-temps jugé
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La guerre provoquée par les ministres fiançais Choîseul et vergcnncs avait comincncd sur les frontières de la Turquie. Les Ottomans curent d’abord l’avantage sous les lem parts de Khoezin. Le prince Gallitzin éprouva deux * défaites successives. L’impéritie des généraux turcs rendit bientôt inutile l’opiniâtre valeur de ' leurs soldats. Les troupes russes reprirent une supériorité qui appartient à l’art et à la discipline encore plus qu’à la bravoure ; etCatherine, impatiente d’arriver au terme d’une guerre dont l’issue devait donner à toute l’Europe la mesure de ses forces et lixer son rang parmi ses puissances , voulut, en attaquant dans les mers de la 1769. Grèce les Ottomans déjà vaincus par Rou-
Gatberine ; et ce qu’il en avait dit à d’Aleinbert, dans l’entrevue que ce philosophe eut avec lai à Glëves , ce qu’il en avait écrit dans ses lettres confidentielles, prouve qu’il l’estimait dans un juste degré : mais comme sa politique s’accordait fort bien d’ailleurs avec les passions -de cette princesse, il s’était fait son plus adroit flatteur pour devenir son ami.
mianlsolF et Repnin sur les rives du Borystliène et du Danube , par Ighelstrora dans la mer Noire , les e'craser d’un coup , et se préparer un éclatant triompbe.
Enivre'e d’ambition , et ne voyant plus rien d’impossible , elle se flatta dès lors de re'aliser un grand projet , dont elle avait puisé la première idée dans ses conversations avec l’infatigable et entreprenant Munich ; c’était de chasser absolument les Turcs de l’Europe , et de rendre à la patrie des Tliéinistocle et des Pliilopœmen son ancienne liberté. Si ce projet était sincère , c’était bien le fruit de l’imagination et de l’inconséquence d’une femme, de voir la plus despote des souveraines entreprendre la restauration d’une' telle contrée et d’une telle liberté ! Mais la fortune ne favorisa point ses généraux; une si belle révolution devait être l’ouvrage de mains plus males et plus pures. L’intervention de Catherine ne fut que funeste aux Grecs , et ne servit qu’à couvrir la Morée d’ossements et de tombeaux. Des émissaires équivoques , des intrigants subalternes avaient représenté le pays prêt
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à s’insurger tout entier ; mais leurs pratiques et leurs relations n’avaient eu ni assez d’étendue ni assez de mystère. Les Russes comptaient sur les Grecs , et les Grecs sur les Russes , de sorte que ces derniers n’ayant de'barque que des forces insuffisantes , le découragement succéda à l’enthousiasme ; les Maniotes, qui se crurent joués, ne prirent que très peu départ au soulèvement, et du haut de leurs montagnes restèrent spectateurs tranquilles de la dévastation du Péloponnèse et du massacre de leurs frères , après la retraite précipitée des Russes.
Ils furent plus heureux dans la baie de Tschesmé, grâce à l’habileté des officiers anglais qui commandaient sur les vaisseaux. Le nom d’Alexis Orloff s’attache communément à celte victoire ; mais Catherine n'a fait que d’inutiles efforts pour lui en attribuer riionneurj et sincère avec elle-mènie , c’est le ravissement de l’infortunée princesse de Tarrakanoff, fille d’Elisabeth (i) , et non l’incendie de la flotte
(i) L’impératrice Elisabeth avait eu trois en-
DE LHISTOIHE DE RUSSIE. '4l5 ottcHuane , do^t eJle paya le prix à Orioff, à son retour à Moscou. L’idée de l’enibra-
fants de son mariage clandestin avec le’grandveneur Alexis Razoïimofiski ; le plus jeune était une fille élevée sous le nom de princesse Tarrakanofl’. Le prince Badzivill avait songé à l’épouser pour venger son pays en provoquant une révolution contre Catherine. Mais , après les derniers malheurs de la Pologne et la disr persion des confédérés de Bar, ce prince, forcé de renoncer à ses grandes espérances, consentît, pour recouvrer ses biens, que l’impératrice avait confisqués, à ne plus s’occuper de la jeune Tarrakanofif , qu’il avait laissée en Italie. Néanmoins il repoussa avec horreur la proposition de la ramener en Russie pour la livrer. Alexis Orioff fut alors chargé de cette infâme , commission. 11 partit pour Livourne et dépêcha des émissaires à Rome pour attirer dans ce port de mer l’infortunée jeune princesse, d’autant plus privée de défense qu’elle était assaillie par le besoin depuis le départ de Radzivill. die se livra avec toute la candeur de l’inexpérience et de la jeunesse aux brillantes espérances que lui offrait Alexis Orioff ; et la déception fut aisée, car le scélérat affectait pour clic la passion la plus tendre. Accueillie è Li-
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sement des vaisseaux turcs appartient au contse - amiral Elphinston et au lieute-^ nant^ugdale ; ce dernier s’exposa , pour à être lui -même dévoré par la ses brûlots. - ■ u -
1770. l^uâque brillants que fussent les avan-‘
tages'de la campagne de 1770 , ils ne devaient pas étrer le terme de la lutte où Ga-;. tbmdne s’était engagée,^ 11 restait à ses génëinnx d’antres assauts à soutenir. . '7%
1771. Au commencement de 1771 , les redoutables ^lignes de ^Prekop ne furent qu’un vain obstacle pour la hardiesse du prince Dolgorouki , que 'la prise de cette place rendit maître de toute la Crimée. Mais un fléau terrible vint punir les Russes de leurs
vonrne comme uac future souveraine , elle se vit un moment environnée de toutes les illusions de la grandeur, et dès qu’elle fut entrée dans le navire d’OrlolT elle se vit chargée de fers et descendue à fond de cale. Arrivée eu Russie, elle fut jetée dans une forteresse et traitée de la manière la plus barbare. Six ans après, elle périt dans sa prison par une inondation de la Newa. . ■
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succès : la peste , apportée de Bender à Moscou , ravageait plusieurs provinces de l’empire , et la superstition furieuse de leurs habitants, leur ignorance , accroissaient de jour en jour l’intensité du mal. Gre'goire OrlofT s’offrit pour aller braver ce double péril et assujettir à d’utiles mesures ce peuple aveugle et malheureux. Il parvint à arrêter les progrès de la contagion. Ce fut sans doute le plus glorieux moment de sa vie.
La peste, étendant ses ravages jusqu’en Pologne , servit de prétexte à Catherine et aux puissances qui , de concert avec elle , méditaient le démeiubrement , pour y faire enti'er de nouvelles troupes qui paraissaient destinées à former une ligne préservatrice. Les Polonais eherchaicnt vainement à échapper à leu rdernier malheur ; dévoués à une proseription sanglante , les confédérés de Bar étaient dispersés (i); le désespoir fit naîti’e dans l’âme
(i) Pour donner une idée de lu nature des moyens que riinpératrice mettait en œuvre pour extirper cette opposition nationale» il faut
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de leur inlre'pide chef, Pulausky, un dessein qu’on peut trouver excusable, si l’on considère toute l’horreur de l’injustice et de la perfidie qui ane'antissaient leur pays malheureux; ce fut l’enlèvement du roi.
Cet évènement fut un nouveau prétexte à l’accomplissement des desseins qu’avaient les ennemis de la Pologne. Tous les efforts de ses défenseurs tournaient à l’avantage de la tyrannie ; tant il y a souvent de fatalité dans les choses humaines !
Plus humiliés qu’abattus par leurs défaites , les Turcs faisaient de nouveaux et puissants préparatifs : de plus habiles chefs allaient les commander. Epuiséspar leurs victoires même , et dans les mers de la Grèce par l’influence funeste d’un climat dévorant, les Russes recoururent à la paix. Un armistice fut convenu , et les envoyés respectifs des deux puissances et de leurs
dire que des l’année précédente neuf nobles polonais avaient paru dans Varsovie avec les pdignets* coiipés. l^c général rosse Drewitz avait été à la fois leur juge et leur bourreau.
CasUra.
Digitu .
DE l’iIISTOIUE DE RUSSIE. 4*9
allies devaient sc réunir à Foksani. Gre’- 1771. goire OrlolF ambitionna la gloire de donner la paix à sa patrie ; il aspirait à pai’tager la couronne qu’il avait tant contribué à placer sur la tête de Catherine , et c’était un espoir qu’il nourrissait depuis longtemps. L’impératrice qu’il fatiguait , qu’il tyrannisait même, le vit s’éloigner avec un secret plaisir; Panin et la cour tout entière ne dissimulèrent pas la joie que leur causait la disgrâce du tyran. Cependant à peine OrlofFa-t-il entendu que Wassiltschikoff, présenté par Panin, succède à ses •77** droits auprès de la souveraine, qu’il revoie à Pétersbourg. L’entrée de la capitale lui e'tait interdite. Forcé bientôt de donner la démission de ses emplois, mais dédommagé de cette perte par des trésors , il alla promener dans toute l’Europe ses mœurs grossières, son faste insultant, son ennui et ses regrets.
Catherine commence enfin le tlémem- !)i*ement de la Pologne. Nous avons dit 1773. qu’elle était depuis long-temps d’accord avec le roi de Prusse. La cour de Vienne céda h l’influence de la cour de Berlin , et
quant à la France , elle e'tait represente'c dans ses relations exte'n'eures par le duc d’AigullIon, de qui l’on n’avait à craindre ni hauteur d’àme , ni supériorité de ge'nie; les Ottomans n’étaient plus à redouter : ainsi la Sémiramis du nord voyait son ambition environnée d’impunité.
Les Polonais , envahis par les armées alliées, firent éclater leur indignation et réclamèrent à grands cris l’intervention des puissances garantes du traité d’Oliva , par lequel avait été assurée l’intégrité de leur territoire, et qui fut long- temps regardé comme la paix de JVest[)JiaIie du nord de l’Europe. Cependant , non contents d’avoir envahi à main armée , les trois puissances voulurent encore qu’une diète les reconnût solennellement maîtres légitimes des provinces qu’ils ravissaient au mépris du droit sacré des nations. Cette diète s’assembla , et , malgré la résistance de la majorité de ses membres , la terreur acheva bientôt ce qvi’avait commencé la corruption , et, pour ne pas voir piller la capitale , ces nobles abattus eldéconcer-tés livrèrent l'état.
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DE l’histoire de RUSSIE. 4‘^1
Ce scandaleux traite , où des rois se partagèrent les hommes, leurs semblables , comme des brigands sc partageraient de vils troupeaux , fit perdre plus de cinq millions d’habitants à la Pologne. Le pays qui échut à la Russie, et qui était le plus vaste, en contenait dix-huit cent mille , celui de l’Autriche deux millions , et celui de la Prusse huit cent soixante mille âmes. Par forme de compensation , les trois augustes souverains travaillèrent d ré/ôr/«er le gouvernement de la Pologne; on juge bien qu’ils ne voulurent qu’en aggraver les vices pour la mettre dans l’impossibilité de jamais reprendre ce qu’on lui ravissait. En effet , ce premier traité de pai-lage prépara l’e'vénement de lygS, c’est-à-dire l’annéantissement total de la nation polonaise.
V Les négociations de Foksani n’avaient eu aucun résultat, elles avaient été reprises à Bucharest saùs plus de succès , et la guerre avait été transportée sur les bords du Danube à la fin de l'j'fi- Repoussés sous les murs de Silistric , mais renforcés par l’arrivée de nouvelles troupes , ils repassèrent le fleuve et reprirent l’a-
vantage qu’une excellente discipline de vait leur donner sur les bandes irrégulières que commandaient les pachas. Les operations en Pologne n’avaient pas ralenti la guerre avec les Turcs. RoumiantsolF accumula de faciles succès ; ses dernières victoires conquirent la paix de Kainardgi , qui ouvrit à la Russie la mer Noire , tous les autres ports de l’empire turc , lui conserva Azof , Tangarok, et assura l’indépendance de la Crime'e , c’est-à-dire la l’e'serva à l’ambition de Catherine. Les Turcs, et c’est peut-être la preuve de leur bonne foi , sont les derniers des hommes en politique ; on les a toujours vus dupes dans leurs transactions avec les autres peuples de l’Europe.
Ces brillants avantages , dont s’enorgueillissait Catherine , étaient cruellement balances : la peste continuait scs ravages dans le midi de ses états ; et tandis qu’elle acquérait dix-huit cent mille sujets mal assurés en Pologne , l’inhumanité de scs gouverneurs lui en faisait perdre six cent mille dans son empire. La horde entière des Tongouths ou Elculhs, encore
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plus indignée des outrages faits à son vénérable clief, que des rapines qui la dépouillaient, abandonna un soi inhospitalier et des maîtres sans justice , pour aller reprendre au pied des montagnes du Thibet les pâturages de ses pères,
. Jalouse d’obtenir les suffrages des hommes célèbres du siècle, elle affectait, dans sa correspondance , des vertus , mais surtout une modération politique qui lui fut toujours étrangère.
Voltaire et Diderot furent plus d’une fois invités par elle à se rendre dans sa cour. Voltaire, déjà suffisamment instruit , par sou voyage à Berlin, de la valeur de ces amitiés augustes, ne s’y laissa pas prendre et continua ses cajoleries à grande distance. Diderot alla à Saint-Pétersbourg et y fut accueilli avec la distinction la plus flatteuse; mais la Sémiramis du nord trouva qu’en politique il n’était qu’un enfant.
Libre de toute contrainte par le départ d’Orloff (i), et peu touchée des malheurs
(i) Grégoire Orloff parcourut les divers étals
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publics, elle appelait tous les plaisirs autour d’elle ; les fêtes se succe'daient avec rapidité dans sa cour. OrloflT ne tarda pas à reparaître; elle l’éloigna une seconde fois de Pétersbourg, en consolant toutefois la cupidité de ce favori des buiiiiliations qu’elle faisait supporter à son- orgueil. Estimant beaucoup son courage , et comptant sur son dévouement, Catherine le regardaitencore comme un des plus fermes appuis de son trône. Bientôt OrlolF reconquit sa faveur prejnière , et rentra dans les emplois qu’il avait été force d’abandonner.
Nous arrivons au moment où le nom de
d’Earope , et il étala le plus grand faste dans ses voyages. 11 parut à Paris avéb un habit dont les boutons éUiient de gros diamants , et avec une épée aussi garnie de diamants ; à Spa il éclipsa le duc de Chartres ( depuis le duc d’Orléans j et tous les autres princes qui s’y-troavàient. Sa partie efirayait les plus intrépides joueurs. Ensuite il se montra à Versailles, dans iiD bal donné à l’occasion du mariage de madame Clotilde, vêtu d’un simple frac de gros drap, prétendant sans doute insulter la cour de France. Castera, ’
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DE l’histoire de RUSSIE. 4?A Pierre JLII reuouveJa dans l’cnipiro russe les tragiques scènes auxquelles, en des 1-7^. temps plus barbares, avait donne' lieu celui de De'inétrius. Tous les maux à la fois , la guerre , la peste et les impôts accablaient la nation. Les mécontents, les prêtres surtout , envenimaient , par leurs discours , ces cruelles blessures. Plusieurs ambitieux subalternes crurent le moment favorable pour une 1 évolution , et prirent successivement le nom de Pierre 111 ; aucun n’eut assez de génie pour soutenir ce rôle d’une inani^'C durable. Il était réservé à Yenielian Pugatschef , Cosaque né sur les boi ds du Don , d’inspirer à Caüieriue de plus sérieuses craintes.
La rapidité de ses premiers succès lut efi’rayantc. Dirigé parles moines, il lia liait la superstition ; et la superstition combattait pour lui. Après scs premières victoires il fitlVapper uneniédaille portant l’inscription , « Pierre 111, empereur de toutes les Ru; sies ; » et au revers, Redivivus et ul- Loj\ D’ailleurs la modération qu’il alTecla dans ses commencements devait culraînci toutes les peuplades qui gcniissaleuL sous
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l6 poids des vexations des lieutenants russes. Sa fe'rocité naturelle , son penchant à une débauche barbare , reprirent bientôt le dessus. Le prince Gallitzin vengea la défaite du général BibikoÛT; d’autres officiers achevèrent de détruire les troupes du rebelle , et lui-mèmc , trahi et livré par deux des siens , expia à Moscou , sur l’échafaud, son audace etles maux sans nombre qu’elle avait ajoutés à ceux qui déjà désolaient l’empire.
A cette époque parut un nouveau favori plus dangereux pour Oi'lofTque ce rniïdeste ou timide Vassiltschikoff, qui vcuaitd’ètre renvoyé : c’était Potcmkin. De tous ceux qui ont eu la faveur de Catherine , aucun n’a pris plus de part aux événements de son règne , et n’a plus intimement associé son nom à celui de cette souveraine. Us sc partagèrent presque l’exercice du suprême pouvoir, et peut-être la juste postérité leur partagera-t-elle jdans une égale proportion , l’éloge ou le blême que les actes de ce pouvoir ont mérités depuis ce moment.
Poteinkin asj)ira comme Orloff, et non
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moins vainement, à l’hymen de l’impeVatrice. Cette princesse était elle-mdme d’un caractère trop despotique pour ne pas redouter un maître.
Peu après , Catherine prononça l’abolition de que’ ’ ’ ’culiè-
rcment do c ^ uéâ la
guerre. De tels bienfaits ont trop rarement honoré son administration. Alors aussi elle signala le retour et les services des vainqueurs des Ottomans , en tète desquels se trouvait Roumiantsoff, par des dons et des fêtes dont la magnificence avait de quoi satisfaire l’orgiiell et la cupidité des plus exigeants. Catherinesavaitrécompenser avec grandeur , mais rarement avec mesure ; ses finances eurent trop à souffrir de ses prodigalités , et bien plus encore des déprédations audacieuses de scs favoris. Si les dépouilles de la Pologne n’avaient servi à assouvir la cupidité de plusieurs d’entre eux , les dernières anne'es du règne de Catherine auraient vu la ruine de la Russie.
Tandis qu’elle travaillait à composeï’ et promulguer un règlement , base d’un nou-
veau système d’aclminislralioii inlcneure, à d’heureux essais pour le coinincrce géne'ral de son empire , et faisait tracer les plans de nobles monuments pour la déco- ' ration et l’ulilite' de ses villes capitales , l’insurrection des Tatars de la Crimée vint éveiller son ambition et il? livrer à des 1 soins plus importants à ses yeux , et qui suspendirent l’exécution d’une partie de ces utiles projets. L’ancien kan de Grimée était vendu aux Turcs : les Russes l’avaient remplacé par Sahlm Gueray , qui devait payer cher , plus tard , sou dévouement pour eux. Les Turcs reconnurent dès lors qu’elle ne respecterait pas plus longtemps les clauses qui garantissaient l’indépendance de ce pays; mais Catherine Sut ménager à la rupture qui devait avoir lieu un terme assez éloigné pour se donner le temps d’assurer ses desseins. A celte époque , c’est-à-dire dans le cours de l’année 1776 , elle fit un voyage à Moscou ; et au retour, donna un successeur à Potemkin , Zavadofl’sky , qui fut bientôt remplacé luimênie par Zoritz.
Catherine avait trouve trop pénible ,
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depuis qu’elle était inonte'e sur le troue , de couvrir ses plaisirs de ce voile salutaire que le respect humain tache au moins d’imiter, quand une pudeur naturelle n’ea a pas formé le tissu : mais elle avait majestueusement, s’il est, permis de le dire , soumis ses désordres à des formes dont la re'gularité les consacrait dans sa cour , comme une exception pour la souveraine, comme une prérogative attachée à la couronne. Il y avait une manière d’installer un favori , de le congédier lorsqu’il cessait de plaire. Sa vie , ses habitudes dans le palais, tout était déterminé par cette scandaleuse législation du boudoir. Jamais le vice couronné ne s’afficha avec une impudence plus hère et plus large.
Jamais toutes les idées sur lesquelles repose l’honnêteté publique ne furent plus ouvertement et avec plus de mépris foulées aux pieds. Tout jeune homme doué d’une mâle beauté devenait l’espoir de sa famille ; et l’on voyait chaque jour cent rivaux, aspirant aux faciles liontés de leur souveraine, étaler sur son passage leuis apparences athlétiques, et ce front hardi
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du lutteur qui jette le défi et demande le combat. On pense souvent, en lisant de tels ddlails , aux traits impérissables dont un Tacite aurait pu vouer à l’infamie ces solennelles saturnales d’un règne de honte et de sang que des philosophes ont vanté !
Lorsque l’amant en titre avait cesse' de plaire , il devait sur-le-champ partir, et , satisfait des libéralite'squi accompagnaient son congé , re'signer sans murmures ses fonctions au nouveau favori. Celui-ci , dès le lendemain de sa présentation , paraissait en public donnant le bras à la souveraine, et chargé de décorations qui tout-à-coup et dans une seule nuit étaient, comme une pluie magique, tombées sur son obscurité.
Potemkin fut le premier qui osa enfreindre l’usage , en restant à la cour malgré l’ordre de l’impératrice , quand Zava- • dofFsky eut attiré ses regards. Potemkin croyait, en perdant les droits d’amant , qu’il lui restait d’autres titres àla faveur et à l’attachement de sa souveraine. 11 ne se trompait point , et sa témérité lui conserva tout ce que les autres perdaient en quittant leur singulier emploi, les honneurs , les
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dignités , le cre'dit. Toujours jalouse de sa naissance , et craignant toujours de voir s’élever des ennemis d’autant plus formidables qu’ils pouvaient fonder leurs projets sur les droits du grand-duc , auquel appartenait le trône , Catherine ne voulait pas renoncer à l’appui que pouvaient lui prêter des hommes tels que les Orloff et les Polemliiu.
^ Potemkim,qui connaissait l’inconstante ardeur de Catherine , en profitait pour perdre ceux des favoris qui aspiraient à élever leur crédit à la hauteur du sien. OrlolF revenu à la cour semblait facilement supporter l’aspect de sa rivalité victorieuse : Zavadoffski , plus téméraire et plus imprudent, voulut entrer dans la lice 1776. de l’intrigue avec cet adversaire disproportionné. Il succomba ; Potemkin le fit remplacer par un jeune Servien, nommé Zoritz, simple officier de hussards, et qui, venu à Pétershourg pour demander de l’avancement , dut à la beauté de ses traits et à l’élégance de sa tournure une fortune {{lie ne lui auraient pa.s méritée les plu.s nobles exploits.
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La mort de la première épouse du gràndduc , Vilhelmine de Hesse Darmstadt , qui eut lieu à cette époque , fut ajoutée comme un crime nouveau aux meurtres de Pierre III et d’Ivan. L’impérati'ice redoutait, dit-on , les suites que pouvaient avoir les liaisons de celte princesse avec des hommes d’un caractère ambitieux , et surtout d’André Razoumoffsky , qui passait pour son amant. Peu après le grandduc alla à Berlin , où se traita son nouveau mariage "avec la princesse de Wurtemberg , nièce de Catherine.
Les troubles de la Crimée devenaient plus orageux; deux khans , l’ancien soutenu par les Turcs , et le nouveau appuyé parles Russes, s’y faisaient la guerre avec acharnement; Sahim Guerai , le protégé de Catherine , avait une garde russe que les Tartares massacrèrent par jalousie.
Cette garde étrangère n’avait été envoyée en effet que pour être massacrée , c’est-àdire pour fournir à Catherine un motif spécieux de recommencer la guerre. Elle lit donc aussitôt entrer de nouvelles troupes en Crimée et déclara , par un mani-