APERÇU DE LA GÉOGRAPHIE POLITIQUE ET PHYSIQUE DE CET EMPIRE
Le colosse russe , adossé aux limites du monde, un pied en Europe et l’autre en Asie , ctend ses vastes bras du nord au midi et du levant au couchant , sur un espace de seize cents lieues de pays. Sans parler des provinces asiatiques, sur lesquelles les czars s’arrogent uue douteuse domination, ils seraient encore les premiers potentats de lîunivers, si la force des
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elats s’évaluait en lieues carrées. La mer Glaciale, au nord; axi midi, la Tartarie indépendante cl la Tartarie chinoise; au cou#hant, laLaponie, le golfe deFinlande, la mer Baltique et la Pologne ; au levant , la mer Pacifique , et les mers particulières qui reçoivent leurs noms des côtes qu’ellfes Baignent, telcstie cadre immense qui réunit les régions diverses connues sous le nom de Russie.
Mais je sens que cette grande ligne de circonscription veut être indiquée avec plus de détail et de précision ; empruntant donc aux géographes leur marche exacte et méthodique, je vais, pour mieux fixer les idées du lecteur, dessiner la carte de Russie ainsi qu’il suit:
La Rusîiie s’étend d’Europe en Asie, entre le 19® et le i88® degrés de longitude , cl entre le 40® et le 78® degrés de latitude.
Le grand Océan glacial, depuis Kola jusqu’au détroit de Béring , forme la frontière septentrionale de la Russie; les mers de Kaintschalka et d’Ochotsk baignent sa côte orientale depuis le Cap oriental jusqu’au fleuve Amoitr; le détroit de Be'-
COUl* D OEIL l’RELlMlNAIUE.
ring et de Cook sépare la Russie de l’Amérique. En vertu de la convention passée avec la Chine en i ^25 , les limites des deux empii*cs sont fixées, à partir do la mer d'Ochotsk, par la chaîne des montagnes de Slannovoi ; puisse dirigentausud-ouest jusqu’à la Gorbitza, qui se jette dans la SchiJka, un peu au-dessus de ï Amour.
Depuis ce fleuve, elles passent le longdc la rive gauche de l’Argoun jusqu’à l’emhouchure du Chilan, traversent des montagnes et de vastes déserts qu’arrosent le Térénéir,»rOultsa et le Ilaut-Onan, jusqu’aiiTaschikoi , à la Selenga et à Kiatcha : de là, ces limites suivent les bords du lac BaikaI , passent par la Tunka , prolongent la pente septentrionale des montagnes qui forment les confins de la Sibérie , coupent rirkoulsk, rOkka et l’Ouda, en allant à l’ouest et au sud-ouest par le Jéniséi. Depuis ce fleuve, les limites suivent la Songaric et la Mongalio chinoj^es, au-dessus du Haut-Abakoun , de la Mrasa et du Tarn ; la ligne de Kousnelz s’étenfl du ïom à r01)y, traverse les monts Kolyvan, depuis la chaîne inférieure de l’Altaï jusqu’à l’ir-
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tisch , près crOutskainenoghorsk : là commence la ligne de l’Irtisch , qui s’étend jusqu’à Omsk, à travers la steppe des Kirgliis, et jusqu’à rOural. La ligne d’Orembourg prend ensuite jusqu’à Gourgief , sur la mer Caspienne. Les steppes de la petite et de la moyenne horde des Kirghis s’étendent jusqu’aux monts Songars. Depuis Gourgief, la Russie a pour limites, jusqu’au Volga et au Terek, la mer Caspienne , la Perse, une partie du mont Caucase, le Küuban, la mer d’Asow, et lamerNoire. Le gouvernement de Cherson touche à la •Bessarabie et à la Moldavie. A l’occident, la Russie est bornée par la Gallicie, le grand-duché' de Varsovie, la Prusse, la mer Baltique, le golfe de Finlande, le golfe de Bothnie , le Torneo-Elef , qui la séparent de la Suède; au pord-ouest, par le Finmark, province de la Norwège.
La Russie possède encore les îles suivantes ;
1 . Dans l’Océan septentrional , Novaja- Seinlia , Kalijunlev, les îles de Vaïgalz.
2. Dansle grand Océan, les îles Kouriles, les îles aleoutiennes , et l’îlc de Béring.
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3. Dans la mer Baltique , OEsçl , Daghæ , le groupe d’Oland , et p/usieurs autres petites îles dans les golfes de Finlande ef de Bothnie.
La Russie |>ossêde en outre plusieurs établissements sut* la cote de l’Ame'rique septentriohale.
Elle a pris sous sa protection plusieurs peuples du Caucase et de la Tartarie.
Ces vastes contre'es , contenant une superficie de trois cent quarante rnille trois cent soixante et un railles , sont divise'es en cinquantè gouveniements, à l’exception des îles que nous venons de nommer, et encore de la Ge'orgie , du pays des Cosaques du Don, du Derbcnt, de la steppe des Kirghis, de la Nouvelle-Zemble, et des colonies russes d’Amérique.
De ces gouvernements , les uns sont administrés par des délégations directes du trône, et les autres par des magistrats nommés dans le pays , en vertu de constitutions traditioiftielles.
Les monts Ourals séparent la Russie européenne de la Russie asiatique. La Russie d’Europe , bien moins étendue que celle
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d’Asie, est en gcne'ral un pays plat; seulement, à sa partie méridionale et orientale , s’élèvent de hautes montagnes : colles qui occupent le centre sont peu considérables. Au nord , on voit de grands lacs , et, au raidi, do vastes steppes; le terrain s’abaisse, au nord, vers la mer Baltique et l’Océan septentrional; au sud, vers la mer Noire et la mer Caspienne.
La Russie asiatique forme une plaine iminense , entrecoupée çà et là par des montagnes ; elle s’abaisse insensiblement vers l’Océan septentrional, et s’élève peu à peu, au midi, jusqu’aux hautes montagnes qui séparent la Russie de la Chine. On peut diviser l’une et l’autre partie j relativement à leur température, en quatre régions ainsi qu’il suit :
. La région arctique ou glaciale. Elle comprend dans la Russie européenne une partie du gouvernement d’Archangel et de la Finlande ; et dans la Russie asiatique une partie de ceux de Periw, de Tobolsk et d’Irkoutsk. La nature , dans ces pays situés au-delà du 6y'‘ degré de latitude boréale, se montre sous l’aspect d’une triste
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, COUP d’oeil PUÉLliMlNAlIÎE. ^
uniformité. On n’y voit point d’arhrcs ni même d’arlmstes; ce ne sont que des déserts couverts de mousses , des marécages tourbeux, interrompus seulement à l’ex*irémilé la plus reculée vers le nord-est par une branche des montagnes d’Ocholsk, et à l’extrémité nox^l -ouest par les montagnes de la Laponie russe. L’intérieur de la terre , qui ne dégèle jamais, rend le sol rebelle à toute espece de cullurej.au lieu de forêts on n’aperçoit que des Ixroussailles chétives : les animaux n’atteignenl ni à la stature ni au développement des forces qui sont propres à leurs espèces dans les autres climats , et tout l’extérieur de l’homme annonce une extrême dégradation. Le Lapon, le Sainoïède , le ïschouktchi végètent seuls dans ces contrées inhospitalières ; suivis du renne , leur compagnon fidèle , ils vivent en groupes isolés , et se procurent pénil)lement leur subsistance par le moyen de la chasse et de la pêche. En Sibérie, la région arctique commence dès le G‘2 - degré de latitude; et la nature semble encore plus marâtre envers cette conlrce qu’ciiT
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vers la partie la plus hore'alc de l’Europe. Le Iroid est si âpre dans cette région , que le mercure gèle dès le mois de septembre et devient malléable. L’Oce'an boréal et la mer Blanche se couvrent tous les ans , depuis la fin de septembre jusqu’au commencement de juin, de glaces épaisses.
Les fleuves qui se jettent dans ces mers gèlent encore plus tôt, et redeviennent libres bien plus tard. Durant l’e'té , saison bien courte, et qui ne fait pas fondre la glace des marais , l’atmosphère est constamment chargée de brouillards qui ressemblent à de la fumée. Dans la Nouvelle- Zemble et au cap de Tschouktchis , le soleil se montre à l’iiorizon pendant trois mois. Le reste de l’année règne un hiver affreux. Les longues nuits de cette saison sont cependant animées par le spectacle magnifique des aurores boréales. A Oumba , le jour le plus long est de trente heures : à Kola, sous le 68° degré de latitude , il est de soixante heures. Durant celle période, le soleil paraît àl’œil comme une masse d’un rouge de feu. Les orages sont si rares dans celte région , que lors-
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qu’il tonne les bêles sauvages s’arrêtent saisies de frayeur. Sous un climat semblable la culture est ane'antie ; les arbres * diminuent peu à peu de hauteur , deviennent des plantes rampantes et finissent par disparaître entièrement. Cependant dans la partie de cette région qui appartient à l’Europe , le blé mûrit généralement jusqu’au 65® degré, et le printemps n’y est pas dépouillé de tous ses charmes. Le scorbut et l’iiypocondrie sont des maladies très communes dans la zone froide.
La région froide. Elle s’étend du 5y® au 67® degré', comprend en Europe toute la Finlande et les -gouvernements de Pétersbourg , de Novgorod, de Pleskôw, de Revel , de Riga, de Mittau, d’Olonetz , de Vologda, de Tver, de JSroslaf, de Kostroma et de Viœtka ; et en Sibérie, le reste des gouvernements de Perm et de Tobolsk , et le centre de celui d’Irkoutsk. La chaîne des montagnes Scandinaves , couverte de vastes forêts , occupe la portion occidentale de la partie européenne} mais delà jusqu’à l’Oural , l’œil ne découvre que de vastes plaines entrecoupées de