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quelques collines : ou trouve alternativement des bois , des marais et de grands lacs. Celte région offre un aspect encore plus désolé en Sibérie , où les vents de mer n’adoucissent point la rigueur du climat, où l’indusli’ic des hommes ne vient point au secours de Ja nature, cl où rien n’arrcte le souffle désastreux du vent du nord. Depuis le Jéniséi jusqu’à l’Océan oriental , le sol pose sur des rochers.
D’immenses forets couvrent tout cet espace, cultivé dans un bien petit nombre de lieux par quelques Européens, mais hal)ité en général par de chétives- hordes de peuples nomîtdes et chasseurs. C’est dans cette région que se trouvent les plus importantes mines de fer et de cuivre que possède la Russie.
La région tempérée. Elle est comprise entre le 5o® ,et le Sj®, forme la plus grande partie de l’empire , et comprend en Europe les gouvernements de Moscou , de Vladimir, de Kalougij, deTQula, de lliocsav, de Tarabon, d’Orel , de Koursk, de Voroncz, de l’Ukraine, de’^ Sai'îitok , de Nisclicgorod, de Pcnsa„ de Kasan , de
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Smolensk, dé Simbirsk, dé Tschernigdv, de Pultava , de Yitepsk , de Mohilèf , de Vilna , de Grodno , Me^Kief , de Gtiomiekz; et en Asie , les gouvernements de Tomsk , d’Orenbourg et la partie méridionale de ceiui d’Irkoutsk. Cette e'tendue présenté en Europe une vaste surfacé^o'uverte , interrompue jusqu’aux monts Oïlvals par. des hauteurs peu considérables , qui en coupent l’uniformité par leurs ondulations. Les contrées septentrionalês de cette région n’ont qu’un sol maigre et sablonneux et de peu de l'essource poui* la cultureij Les conflrées méridionales , lïu contraire, ont assez de ferti^té po^r^que les engrais^ soient inutiles.. Ipln E«tt-op'e‘, le climat de cette zone est* égal* doux et favoi*aljle à la nature organique et aux végétaux , et sur un sol heureusement varié présente en général un paysage également pittoresque et fécond, ^ *■'
La région chaude. Elle s’étend du‘4i* au 5o® degqé de latitude , et comprend , dai>s la Russie d’Europe, les gouvernements de Kaminiecz, de Chersori , d’Ekaterinoslaw, de Tauride, d’Astracan, du
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Caucase, de Ge'orgie, de Derbent; et, dans Ja Russie asiatique , la steppe des Kirgbis (i). La partie oriéntalc de la Russie roe'ridionale offre des steppes immenses , arides , rarement boires, et dont le terrain est sale ,,excepté»celle des Cosaques, qui abonde en pâturages. A l’ogpdent, sur les bords du Borysthène ef du Dniester, on trouve des terres fertiles. La Géorgie est la Suisse de la Russie; le Caucase la garantit des vents du nord : elle est ouverte , au sud , à tous les vepts chauds de l’Asie ; aussi y trouve-t-on de beaux bois , et presque tous les fruits des pays méridionad^. La Tauride n’est pas moins fertil%: ce^beau pays n’a, besoin que de
(i) On entend par steppe une vast(^ plaine hablLable ou habitée. La plus grande partie de la Russie consiste on steppes ; on en compte huit, savoir: la steppe de Petschora, du Dnieper, du Don ou du Volga , de l’Oural, de l’Irtisch et de l’Oby, du Jéniséi, de la Léna, de l’indigirka ^ sur les deux rivcâ de la rivière de ce nom. Ces steppes sont la plupart de vastes déserts; plusieurs sont boisées et couvertes de lacs.
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culture pour devenir un jardin enchanteur. *
La chaleur s’élève quelquefois jusqu’à 38 degrés, à Âstra<p^; et les plaies y sdnt si rares, que, sans le secours des arrosements artificiels, toutes les plantes pèleraient. Dans les steppes', la chaleur est souvent si forte , que l’air produit sur l’œil desséché l’efiet des fils d’une toile d’araignée qui flotte en l’air, et que les niôutons rendent par la bouche une écunte sanglante. Des ouragans «f des nuées de sad^ terelles qui dévastent fréquemment des provinces entières, sont des calamités communes dans cette zone;
Ainsi l’empire russe , dans l’étctodue^de ses vastes limites , renferme tous les climats , et l’on pourrait presque diçc toutes les zones. Le printemps déploie quelquefois tous ses charmes euTauride, à l’époque où les environs de Saint-Pétersbourg sont encore couverts de neige ; les vergers du Caucase sont déjà en fleurs , tandis que le renne chcrohe encore sous une enveloppe gelée la mousse qui fait sa nourriture; le Kirghis vit sous un ciel constain-
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meut riant; le Tsoliouklschi ve'gètc au milieu cl’uu hiver de neuf mois.
La population disséminée sur cette immense surface est évalue'c , par Stork , à quarante millions d’individus; mais cette estimation , faite d’après des recensements incomplets ou inexacts, a paru trop faible à d’autres savants. La Russie asiatique ne fournit guère qu’un contingent dc‘ trois millions à cet énorme total , qui ne donne cependant, par mille carré, que cent dixneuf individus , population pi'oportionnelle bien au-dessous de celle que l’on remarque dans les états de l’Europe les moins chargés d’hommes (i).
i^ous connaissons maintenant un peu la
vaste étendue' du théâtre des événements
que nouÿ allons décrire; si cette connaissance Coûte quelque chose aux lois de Veuphonj^ ; si les oreilles d’un lecteur trop chatouilleux sont blessées de cet amas denoms barbares, qu’il veuille se souvenir
(i) La Fran«^ , sur une étendue vingt fois moindre, avait, avant i8i4, une population encore plus considérable', c’est-à-dîre de t)karante-deux millions d’hommes.
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que la muse de l’histoire moderne n’est pas Clio,la muse des anciens, et que ge'ndralement les cordes de sa lyre , plus fortes que flexibles, et sa voix, plus énergique que mélodieuse , ne rendent que d’âpres et rauques sons. En entrant dans les annales de la Russie surtout il convient de s’armer de résignation et de patience; car nulle histoire n’oflre moins de consolations à l’âme , et moins d’aliment à l’imagination. Au sommet de ces fastes tristes et mornes , on ne l’elrouve pas les fictions brillantes, les fables héroïques par lesquelles presque toutes les nations du m«nde ont cherché à rehausser leur origine ; on n’y voit pas , comme partout, des dieux législateurs , ou des législateurs divinisés : noble mensonge qui atteste l’excellence de la nature humaine , en révélant l’instinct éternel qui lui fait chercher un berceau dans les cieux !
Les historiens de la Russie font commencer leur récit au Scandinave Rourik, à peu prés coinine les Français prennent l’hislolrc de F rance à partir de Pharamond, avec celle différence, quece point de départ
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n’arrive pour les Russes qu’au ix® siècle. Mais les monarchies ne sortent pas du sein de la terre grandes et armées comme Minerve du ccrveàu de Jupiter: ce n’est qu’après de longues vicissitudes et de pc'nibles oscillations qu’elles s’arrêtent, ets’asseyent enfin dans des institutions fixes et des limites positives ; de sorte qu’entre le gpand homme fondateur, ou le soldatheureux qui pose la première pierre du trône , et celui qui l'occupe lorsqu’il est achevé' , il s’écoule ordinairement plusieurs siècles. C’est ainsi, du moins , que se sont lentement formées les diverses puissances que l’histoire fait marcher en première ligne dans le tableau des grandes agrégations politiques.
Si nous avions plusieurs volumes à consacrer au tableau des événements qui composent cette histoire , nous pourrions, à toute rigueur, nous croire obligé d’imiter les écrivains , soit nationaux , soit étrangers, qui ont avant nous traité ce sujet: mais, puisque nous devons la résumer, nous suivrons une marche plus philosophique, par nécessité autant que par choix} de sorte que, laissant en dehors cinq siè-
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des entiers d’obscurités historiques , nous ne commencerons notre histoire abre'gée que vers la fin du xiv® siècle , c’est-à-dire à l’ëpoque où, après de longs déchirements et après une ténébreuse anarchie féodale , les diverses dominations des descendants de Rourik , réunies et centralisées de nouveau , affranchies et vengées du joug des Tartares , forment la Russie que nous voyons aujourd’hui.
Sur les quarante ou cinquante règnes qui remplissent ce laps de cinq cents ans, les quatre ou cinq premiers devront seuls nous arrêter : c’est par les conquêtes de ces guerriers fondateurs que la Russie se constitue et prend rang sur la scène politique du moyen âge. C’est alors que la religion chrétienne s’introduit, et avec elle des mœurs nouvelles. Mais , après Vladimir et Jaroslaf, négligeant une nomenclature de princes sans génie et sans gloire , série fastidieuse dont la chronologie est plus que douteuse , nous remplacerons ces fastes d’une royauté barbare par le tableau de l’état de la nation russe durant cette première époque. Un coup d’œil, jeté sur la
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constitution primitivc.4e cet empire, su/ ses moeurs et ses lois, nous apprendra quels ont été' ses progrès, et ce qui lui manque encore pour marcher de front avec les autres peuples dans les routes de la civilisation exiropéennc. C’est en observant le point de départ d’un peuple , et ses coinmcncemcnls, que l’on peut juger du mérite
de ses transformations successives.