AU XVI® SIÈCLE
-Le lecteur a vu quel e'tait i^état de la "société civile pour là nation russe dans le ctixiéme siècle; il a remarqué dans leurs fois et leurs moeurs de cette époque le caractère commun à tous les peuples guerriers venus d’une certaine partie du nord. Plus tard , ces vestiges du génie Scandinave f qui d’abord avaient comme étouffé les semences empruntées à la civilisation orientale , laissèrent geriuer et prédomi- , ner l’influence de celle-ci : c’est du moins ce que l’on peut conclure du tableau.que
trace de leurs racfeurs et de -leurs usages
gouyemement, ont continué les teutativea hen- V reuses des Suédois, et sont parvenues , par la culture et le défrichement d’une partie des terres, et par l’accroissement de la population , a rendre habitable' ce pays inhospitalier. Plus ' de trente villes s’y élèveut et plus de deux mille bourgs. Il s’y établit un commerce bril- ' lant avec la Chine. •
l’histoire de RUSSIE.* i53
au seizième siècle rèstimablc e'crivain qai nous a jusqu’ici si souvent guidé.
Les traits les plus saillants de ce tableau sont la claustration des femmes usitée dans Ij’Orient, et la surveillance exercée à leur égard , devenue plus rigoureuse et plus tyrannique; enfin, Texcès de là puissance paternelle et la misérable condition des paysans',' qui ne pouvaient pas posséder, lors même qu’ils ifétaient pas esclaves. \
Quant à la servitude personnelle, il paraît qu’eile était restée jusque là ce qu’elle était dans la première époque : l’on ne connaissait d’esclaves proprement dits que ceux que l’on faisait à la guerre, et ceux que l’on achetait des Cosaques et des Tatafs', et tous ces esclaves étaient ordinairement affranchis à la mort du maîti'e.
Les marchands jouissaient toujours de grands privilèges ; ils faisaient un corps particulier dans l’état , et votaient dans les grandes assemblées de la nation.
. Les assémblées publiques ,.1’autorité des vieillards , et les exercices gymnasl[ques de la jeunesse , donnaient aux populations
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russes unfc certaine ressemblance a»vec les antiques nations grecque et romaine.
C’étaient des débris des anciennes coutumes et un témoignage irrécusable de la liberté primitive de la nation. Ces traces précieuses s’effacèrent sous le règne tl’Ivan IV , et il ne reste plus aux moeurs russes que d’analogies honteuseç avec celles des Grecs ; telle fut chez eux la pratique assez générale d’un vice qui a souillé la plus belle antiquité , déshonoré les plus sublimes caractères; vice qui doit paraître bien plus odieux dans le nord , où les effets du climat n’entraînent ni n’excusent ces sortes d’aberrations (i).
Le duel judiciaire subsistait ; hors de là le combat singulier était totalement inî connu aux Russes , de meme que le point d’honneur qui le motive.
La justice ne se rendait^ pas gratuitement; le plaideur salariait son juge , aussi
(i) Faudrait-il tirer de ce fait remarquable l’induction que ce vice , partout ou il infecta les mœurs publiques , fut le résultat principa* Icmcnt de l’institutiôn du gynécée» ou sépanration absolue des femmes?
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l’iniquité régnait dans' les tribunaux.
Le débiteur insolvable devenait l’esclave de son créancier.
Les femmes qui tuaient leurs maris étaient enterrées vives jusqu’à la tête , et condamnées à attendre la mort dans cet e'tat. L’atrocité de ce supplice fait supposer qu’elles assassinaient quelquefois leurs maris en représailles des rigoureux traitements auxquels elles étaient exposées.
Enfin, la vie matérielle était encôre bien dure et bien triste ; et malgré une sorte de luxe sauvage étalé par les grands, le. luxe de commodité' était «totalement, inconnu , même dans leurs palais. Les demeures, construites en bois , et bien plus pour défendre du froid que poui* flatter la vue par l’élégance symétrique des proportions, étaient chétives, mesquines;; et de petites -ouvertures en guise de- meurtrières tenaient lieu de croisées. Les chambres étaiçnt entourées de bancs fixés à la muraille , et l’on ne connaissait pas d’autres sièges , même a 'la cour.-
Les étrangers importaient de l’argent en masse , des draps , des étoflPes de soie , des
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velours , des perles , des l^ijoux , de For mot et filé , et surtout des bagatelles sur lesquelles ils faisaient un grand profit- On exportait pour l’Allemagne des pelleteries . et de la cirej pour la Pologne et la Turquie, du cuir, des pelleteries, des dents de mbrjes ou vaches marines j.. pour les Tatgrs , des selles , des brides , du cuir , des robes de laine et de fil , de la quincaillerie en général , mais il était sévèrement de'fendd de leur vendre des armes.
Les Russes ne connaissaient pas ces titres he're'ditaires de comte et de baron , qu’ils n’ont adoptés que sous Pierre L®*". . Ils avaient des princes et de la haute et petite noblesse. Le titre de kniaz , ou de prince , ne fut long-temps accordé qu’aux descendants de Rourikj leur premier souverain. Les princes ta tars , convertis au christianisme , portèrent aussi ce titre.
Les armes ordinaires des Russes e'taieht l’arc, le javelot, la hache, la massue, le casque , la lance et la cotte de mailles. On connaissait peu l’infanterie avant le règne de Vassili Ivanowitch. ' ‘
. Les Russes attaquaient avec’ impétuo-
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DE LHISTOIHE DE RVSSIE. ih"]
sité, et se rebutaieat facilement. Ils semblaient dire à l’ennemi ; Fuyez, ou nous fuirons (i)’.
(i) Lévesque. On në s’exprimerait pas autrement si l’on voulait dire que les Basses d’alors étaient des lâches, et sans doute ce n’est pas ce que M. Lévesque a prétendu , car ce serait une injure et une injustice envers une des nations les plus braves du continent.