AR CV
classer les sujets en deux catégories bien tranchées : les très réceptifs et les complètement immuns. Entre les deux, il restait une catégorie de sujets intermédiaires, à une partie desquels pourrait fort bien s’appliquer le terme de positifs faibles employé par Vincent, Pilod et Zoeller, sujets qui n’ont qu’une immunité limitée. En général, ils ne prennent pas la diphtérie et étaient autrefois presque toujours considérés comme négatifs. L’avènement et la généralisation rapide de la vaccination par l’anatoxine diphtérique sont venus renforcer l'importance de la réaction de Schick à laquelle on a demandé une certitude de plus en plus grande.
C’est que désormais, en effet, parmi les sujets soumis à la réaction, sont vaccinés tous ceux susceptibles d'être atteints par la diphtérie. Ce qui importe avant tout, dans une collectivité où l’on pratique la vaccination antidiphtérique, c’est de faire disparaître la diphtérie.
Or, des sujets à réaction de Schick très faiblement positive sont pour ainsi dire à la frontière de l’immunité et susceptibles au moindre fléchissement de cette immunité de contracter la diphtérie. Fléchissement dont les causes peuvent être diverses, et au nombre desquelles il faut sans doute ranger la fatigue ainsi que Zlatogoroff et Korstereff l’ont constaté, ou encore l’adaptation au milieu. Dès lors, si de tels sujets ne sont pas vaccinés, voilà toute la prophylaxie qui devient boiteuse et le discrédit est ainsi jeté sur une méthode de prophylaxie admirable.
C'est certainement sous cette influence utilitaire que
l’on est arrivé à faire rentrer dans le cadre des réceptifs tous les individus présentant des réactions de Schick d’une intensité légèrement inférieure au minimum primitivement exigé pour ranger une réaction parmi les positives.
Quel est le pourcentage de ces réactions sub-positives? D'après expérience de Fricker, il serait d’environ 10 % des sujets soumis à la réaction.
On voit donc que, même en tenant compte de cette cause d'erreur, il y eu une augmentation notable depuis 1914, en ce qui concerne la réceptivité des adultes de 20 ans.