‹ Rétention complète des membranesChapitre 11 sur 48 · Pinarn, loc. cit · texte numérisé non relu

Pinarn, loc. cit

2, Rigmonr-DessaiGxes, De la délivrance par traction et expression, Thèse d’agrégation, Paris 1883, .

vrance. Sauf au niveau du segment inférieur elles la tapissent complètement, et pendant le décollement du placenta ne subissent pas de modifications appréciables.

Le professeur Pinard le spécifie bien : « Je tiens, dit-il, absolument à faire remarquer que quand le placenta est tombé sur le segment inférieur il peut ne l'être qu’en partie, une autre partie restant encore adhérente, et que dans tous les cas les membranes sont encore le plus souvent adhérentes au fond de l'utérus, alors que le placenta est tombé en totalité ou en partie sur le segment inférieur (1). »

Nous verrons plus loin, à propos du mécanisme de la rétention des membranes, toute l’importance de cette constatation au point de vue pratique.

Quoi qu'il en soit, c’est le placenta lui-même qui, tant par son poids que par la force que lui imprime la rétraction du muscle utérin, est l’agent de décollement des membranes, et encore ce décollement ne se produit-il pas égalèment sur tous les points. C’est au niveau des cornes utérines que l’adhérence persiste le plus longtemps. « Faut-il penser que la séparation des deux couches de la caduque soit plus difficile au niveau de ia caduque directe qu’au niveau de la caduque utéro-placentaire ? Nous ne le croyons pas et nous nous expliquons le retard éprouvé par la minceur, la souplesse et l’élasticité des membra-

1. Pinaro. Traité du palper abdominal, ® édition, Paris, 1889,

nes, élasticité qui leur permet de suivre le retrait de l'utérus, au moins dans de certaines limites. Il est probable que, pour les membranes, le décollement ne commence guère qu'après que cette élasticité a été si pleinement satisfaite...

Quoi qu'ilen soit, le placenta se rapproche du vagin dans lequel il s'engagera bientôt. Il ne peut subir ce déplacement sans exercer sur les membranes des tractions douces, continues, parfaitement aptes à amener leur décollement.

«On comprend, sans qu'il soit nécessaire d’ y insister, comment le sang qui est versé en quantité variable par les sinus utérins, au niveau du placenta maternel, pendant et après le décollement du placenta fœtal, sang auquel on a fait jouer un rôle dans ce décollement, peut, par son infiltration entre la caduque et l’utérus, aider à la séparation des membranes ; comment celles-ci, lorsqu'elles se laissent décoller, permettent au sang de s ’écouler au dehors ; comment au contraire, lorsqu'elles sont plus adhérentes elles se laissent déprimer par le sang qui peut s'aceumuler en quantité notable derrière elles, et ne s'échapper sous forme de liquide ou de eaillots qu’au moment mème où tout l’arrière-faix est expulsé (1). »

De ce que nous venons de voir nous pouvons done conclure que le placenta, par les tractions qu'exerce son poids, décolle peu à peu les membranes, mais que ce décollement, qui se produit inégalement, met

fn !

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