CouveLaire. Leçons professées à la clinique Baudeloc
que.
LUN PC) bilité des membranes dont parlait Devilliers et, comme le dit souvent Pinard, nous voyons que la rupture tardive des membranes, qu'elle soit spontanée ou artificiellement pratiquée, donne plutôt lieu à des déchirures qu’à une rétention même partielle.
Enfin nous ne parlerons que pour mémoire et pour le proscrire une fois de plus si possible du vieux procédé qui consistait à administrer en face de certains cas de dystocie du travail une dose quelquefois considérable (4 grammes) d’ergot de seigle. Il est'évi- : dent qu’en sédanisant l'utérus l'ergot de seigle produisait la rétention et ne faisait que l’augmenter quand elle était déjà produite.
Nous allons maintenant étudier les causes déterminantes de la rétention complète, causes exclusivement mécaniques ei qui se reconnaissent toutes un facteur primordial ; à savoir la précipitation de la délivrance, que ce soit la nature qui s’en charge spontanément, ou qu'elle tienne au contraire à l’ignorance et à l’inexpérience de la personne qui inter-
vient.
2° Causes déterminantes.
A. — Délivrance spontanée.
Nous avons vu à propos de la délivrance naturelle que le placenta décollé peut séjourner un temps relativement considérable dans le segment inférieur
ou dans le vagin, alors que les membranes, particu-
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lièrement au niveau du fond de l'utérus et des cornes, sont encore attachées, tenant pour ainsi dire le placenta en suspension.
Si à ce moment survient une forte contraction uté rine le placenta sera violemment expulsé, et les membranes pincées par la contraction résisteront. Il en résultera une rupture au point normalement le plus faible c’est-à-dire à l'insertion des membranes, et le découronnement sera ainsi produit.
Il arrive très souvent que le mécanisme est plus rapide encore à s'effectuer que nous ne venons de le décrire. Presque aussitôt après l'expulsion du fœtus, trois minutes, cinq minutes dans la plupart des cas, quinze minutes quelquefois, la femme dont la physionomie n’a pas exprimé cet état de bien-être et de calme complet, presque de torpeur,qui suit généralement l'expulsion, ressent des contractions nouvelles, partisu'i:-2ment dans la région lombaire. (Une femme que j'ai vue dans cet état avait la sensation qu’on lui « arrachait les reins ».) Puis ces contractions, aussi douloureuses que celle de la période de dilatation, deviennent de plus en plus rapprochées, et au moment de l’une d’elles, plus forte que les autres, l’utérus sc contracte brusquement, chassant comme un piston le placenta au dehors.
Dans ce cas, où le décollement des membranes n’est pas encore commencé, où celui du placenta est à peine terminé, celui-ci, énucléé comme un noyau de cerise que l’on presserait entre les doigts,se sépare
au ras de son bord de toutes les membranes rete-
nues par leurs adhérences non encore solutionnées, et pincées en bloc par la contraction.
Ce processus est certainement de beaucoup le plus fréquent.
Comme le dit souvent dans son enseignement ora notre maître le professeur Pinard « là nature quarid elle veut aller trop vite fait aussi mal les choses qu’un opérateur trop pressé et maladroit » (1).
Nous n’insisterons pas davantage sur la délivrance DUREE qui est un phénomène dont nous ne som-
mes pas maîtres, et que nous ne pouvons hi prévoir ni empêcher.
B. — /nterventions qui peuvent la produire.
Le trois méthodes que l’on peut incriminer comme pouvant causer la rétention complète des membranes sont : les tractions sur le cordon, les tractions avec frictions sur l’utéras, et enfin l'expression utérine.
Nous croyons que le meilleur moyen d'étudier cetie importante question est d'en faire brièvement l'historique.
Après avoir exposé les deux premières méthodes nous nous arrèlerons plus longuement sur la troi-
sième ei nous montrerons quelle évolution à subi
l'expression utérine depuis Crédé jusqu'à l'expres-
> sion rationnelle de Pinard, ou expression française.