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CHAPITRE IV

Nous donnerons au traitement de la rétention dans ce travail tout le développement que comporte la large place qu’il doit occuper.

Nous n'avons même pas jugé à propos d'exposer quels étaient les ravages que causait la rétention avant la période antiseptique.

C’est à dessein également que nous avons omis de parler des cas où la rétention est le fait d’une délivrance artificielle. Outre que le fait est très rare en ce qui concerne le placenta découronné, d’autres facteurs entrent ici en jeu.

Nous insisterons surtout sur le traitement prophylactique, à savoir sur la nécessité d’une technique parfaite de la délivrance.

Si nous nous rappelons que la méthode de Crédé donne une moyenne de 8 0/0 de rétention totale, la méthode mixte environ 6 1/2 0/0; l’expectation absolue 2 1/2 0/0, et si nous mettons en regard le pour-

Ver

centage presque négatif que donne l’ensemble de la méthode employée à la Clinique Baudelocque, et dont l'expression française ne constitue pas le moindre appoint, nous sommes frappé des résultats obtenus.

Îl n’en est malheureusement pas de même partout. Aussi bien, en donnant ici une description rapide mais complète de la délivrance telle qu’elle doit être pratiquée, nous ne croyons pas faire œuvre inutile.

Mais avant nous croyons nécessaire dans un paragraphe d'historique de rappeler quels sont les divers modes de traitement employés jusqu'à nos jours. Nous décrirons ensuite la délivrance (traitement prophylactique) et après, nous verrons enfin comment il faut remédier aux accidents quand ils se sont pro-

duits.

1° Historique

Les anciens connaissaient la rétention des membranes et étaient en général assez interventionnistes.

Hippocrate employait de suite tous les moyens en son pouvoir pour vider l’utérus. Après avoir essayé par divers moyens quelque peu naïfs de provoquer l'expulsion spontanée, en excitant la contraction abdominale (faire tousser, éternuer la femme, vomir au besoin), il introduisait délibérément la main dans l'utérus. « Quand le chorion est retenu, la purgation

lochiale va moins qu'il ne faut, le ventre devient dur

et gros ; il se produit un grand refroidissement ou une fièvre aiguë, de la douleur dans tout le COFPS, et surtout à la région ombilicale. Un poids se fait sentir à la matrice et des tranchées comme si un enfant était dedans. Traitée, la femme expulse complètement le chorion putréfié et elle guérit (1). »

Celse ne veut pas qu’on laisse à la nature le soin de la délivrance : il faut extraire artificiellement les annexes immédiatement apres la sortie du fœtus. Aëtius, Avicenne, Paul d’Égine sont du même avis. Une crainte légitime, maisexagérée en fait, les dominait : celle de laisser quelque chose dans l'utérus. Aussi ne craignaient-ils pas d'exercer les tractions brutales sur le cordon afin de l’ébranler et de l’entraîner au dehors.

Au xvr' siècle Ambroise Paré recommande « d’extraire (les aanexes) subit que l'enfant est sorti, en le tirant par le nombril appelé petit boyau. » Il est pourtant le précurseur de l’expectation quand la rétention existe. Dans ses Œuvres complètes il dit encore: « … et aussi qu’il ne demeure aucune portion du dit arrière-faix que quelquefois la femme rejette quelque temps après par sa nature en pourriture qui se fait sans grands accidents. »

Il connaissait l'infection puerpérale qu'il voulait éviter « comme suffocation de la matrice ne pouvant

ni inspirer ni expirer son air esprit ou aleine au

1. Hrwnocrate. Traduction Littré, t. VIS, p. 106. 9, Amwgroise Paré, Œuvres complètes, t. II, p. 630 et 680.

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