‹ Rétention complète des membranesChapitre 32 sur 48 · Mauricxau. T'railé des maladies des femmes grosses et · texte numérisé non relu

Mauricxau. T'railé des maladies des femmes grosses et

de celles qui sont accouchées, 6° édition, ch. 8, p. 248, 249, 290,

mr AE quoi aussitôt que l’enfant sera hors de la matrice, avant même que de lui nouer et couper le cordon de l’ombilic, de peur qu’elle ne vienne à se refermer, il faut, sans perdre aucun temps, délivrer l’accouchée... »

En cas d'hémorragie, il ordonne des injections chaudes.

Deventer en 1701 est partisan, lui aussi, d’une délivrance rapide. [l conseille déjà de faire la délivrance avec patience et sans précipitation, formant ainsi une transition entre Mauriceau et Ruysch (1795) qui abandonne à la nature le soin de délivrer la femme.

Aux interventionnistes vont précéder les nombreux partisans de l’exectation : Smellie, Ræderer, Dionis, Deleurye, Osborn Hirzel, Katzenberger, Puzos, Levret, Weissenborn.

Puzos, particulièrement (1) insiste sur ce fait qu'il faut laisser aux seules forces naturelles le soin de décoller Les annexes : «... la matrice se contracte, elle travaille en se fronçant de toutes parts à décoller le placenta et à le chasser par de petites douleurs des tranchées que la femme sent de temps en temps.

Sauf Puzos pourtant, tous ces auteurs, s'ils savent faire faire le véritable traitement prophylactique de la rétention, sont interventionnistes quand celle-ci existe.

Puzos s’élève contre ses contemporains (2) etinsiste sur l’inutilité et les dangers de l’introduction de la

1. Puzos. Traité des accouchements, p. 141, Paris, 1759, 2, Puzos, 1d., p. 150, Paris, 1759.

main dans l’utérus pour extraire des membranes retenues.

Levret par contre est partisan d’une action immédiate : « Je conclurai donc (dit-il dans son Mémoire sur la manière de délivrer), avec tous les bons praticiens de nos jours, qu'onne doit point se trop hâter de délivrer les femmes accouchées, qu’il faut laisser à la nature le temps de se débarrasser de l’arrière-faix. Mais si, pour une cause ou pour une autre, ie placenta ne pouvait sortir, la première chose qu'il faudrait observer, ce serait de porter la main bien graissée entre les parois de la matrice et l’arrière-faix, afin de le décoller et de l’extraire. »

Il décollait le placentaavec les doigts, extirpait les membranes avec la pince à faux germes, et donnait des injections chaudes.

Baudelocque (1789) considère plutôt la rétention comme une cause d'ennuis que comme un danger véritable et s’attache surtout à montrer comment on doit éviter cette complication.

Récolin en 1757 emploie le premier les injections intra-utérines d’eau chaude pour amener les portions d’annexes qui sont retenues (4).

Nous avons va que Levret agit de même.

Au commencement du siècle dernier M Lachapelle (2) et M* Boivin préconisent l’expectation, se réservant de vider l'utérus, si des accidents parais-

1. Mr LacnarezLe, Pratique des accouchements, 1821. 2. RécouN. Mém. de l'Acad de chirurgie, 1757, pe 202.

sent vouloir se manifester, mais sans Jamais faire usage d’aucun instrument.

En passant à une période plus rapprochée de nous, nous voyons que les accoucheurs se divisent en deux camps bien distincts :

Le plus grand nombre considèrent que la rétention des membranes ne doit entraîner une thérapeutique active que si des accidents éclatent.

Ils s'appuient sur ce fait que la cavité utérine est normalement aseptique, et qu’en prenant les précautions voulues pour empêcher les germes d'y pénétrer, il faut savoir attendre Pour agir, que l'utérus ait manifesté que cet état aseptique n'existe plus. D'ailleurs une intervention prophylactique, inutile dans les neuf dixièmes des Cas, peut parfaitement être nuisible en traumatisant l'utérus, et en risquant de lui inoculer des germes dont il est exempt.

Les autres disent que l’asepsie de l’utérus n’est pas chose prouvée, et que la rétention dans la cavité d'un corps étranger mal nourri doit amener de graves accidents. Aussi ne faut-il pas se fier à la solution, possible, mais non certaine, de l'expulsion spontanée ; et comme il est préférable de faire dix interventions inutiles que de ne pas faire en temps voulu une qui aurait lieu d’être pratiquée, ils proclament la nécessité absolue de vider prophylactiquement l'utérus aussi bien pour la rétention des membranes que pour

la rétention placentaire.

En Allemagne les partisans decette méthode domi- Wolff 5

nent : Boëters (1) recommande l’intervention précoce avant même que les lochies soient fétides, et sans que la fémme manifeste le plus léger degré d'infection. Il emploie la curette tranchante qu’il reconnaît ne produire d’accidents qu’en des mains inhabiles. Weit (2) est du mème avis mais préfère le curage digital qu’il fait suivre d’injectionsintra-utérines avec une solution phéniquée.

Fehling (3) recommande la mème intervention prophylactique, mais surtout dans l’avortement. Brennecke (4), considérant que la plupart des métrites chroniques reconnaissent pour cause un avortement ou un accouchement dont la délivrance aura péché par quelque point, conclut de ce fait qu’il faut que ce soit à ce moment-là et non plus tard qu'il faut curer l'utérus. Il préconise le curettage instrumental. Prokownick (3) conseille de ne pas attendre, pour faire le curage digital, (ou, si celui-ci ne ramène rien, le curettage), l'apparition de la fétidité des lochies; car à ée moment l'infection est installée.

‘Rabenau (Berlin, 1884) est partisan du curettage imstrumental mais surtout dans l’avortement.

1. Bogrers. Centralbatt für Gynækolugie (1877), p. 353. >2."Wañr. Zeitschrift fur Geburt und Gynækoloqie (1877). 3::Fsäuwc. Uber die Behandiung der Fehlgeburt (Archiv. f..Gyn:),.1878. Bd. XXII, p. 222.

4, BRENNECKE, Archiv. far Gynæk. Bd. XX, Heft 3, p. 445. 5. Proxowniox. Volkmann’s Sammlung Vortræge, 1883,

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