L'ÉCONOMIE ET LA CLASSE AGRICOLE
ans, il aura 40 et 50 âcres de terre, en bonne culture ; il possèdera, en plus, maison et dépendances nécenséires. Celui-là sera prêt à entrer en ménage, et lon dira dans le canton à qui veut l'entendre, les mères surtout, à la recherche de gendres, voilà ur» jeune homme mariable.
Hélas! le contraire arrive bien souvent pour nos jeunes gens. On s'amuse, on dépense et l’on gaspille; puis, arrivé à l'heure sérieuse de la vie, on se trouve les mains vides et la tête remplie de chàteaux d’Espagne écroulés. Que faisiezvous done au temps beureux de votre jeunesse? -— Nous chantions — Eh bien! dansez maintenant! Ce qui ne sera pas toujours facile et agréable avec femme et marmailles.
On me raconta, un jour. l’histoire la plus curieuse d’un jeune homme de cette catégorie. Il avait passé quatre années dans les chantiers du Maine, lorsque, un bon printemps, il se décide à revenir au milieu de la civilisation avec $1,500.00 dans ses poches. Du coup, il se croit millionnaire. I loue sn char spécial qu'il pourvoit de bons cigares et de liqueurs de toutes les marques, et il engage à son service, deux bons noirs au cheveux crépus, puis, file à Chicago mener la vie d’un grand seigneur, Setlement, ça ne pouvait guère durer. Trois soleils ne s'étaient pas couchés que déjà il devait reprendre le chemin de la modeste demeure
de son père, Lorsqu'il se réveilla le lendemain de son arrivée, il avait la tête lourde et ce qu’on est convenu d'appeler: le mal des Cheveux, mais pas un seul sou en poche ; Sans mot dire, il décrocha ses salopettes (overhall) et partit Pour le flottage des billots. Cette histoire ne se renouvellet-elle pas, chaque printemps, au retour des chantiers, Pour bon nombre de nos jeunes bûcherons ? Ils arrivent du chantier avec la somme assez rondelette de $100.00 à 9200.00. Au lieu de placer cet argent à Ja banque ou ailleurs, en lieu sûr, ils s’empressent de mener la vie de petits seigneurs durant une quinzaine de jours, allant de droite à gauche, et reviennent bredouille, à la maison, manger le pain à Papa et la soupe à maman, quitte à recommencer après le flottage des billots, avec une édition renouvelée mais aucunement corrigée, croyez-moi.
Il faut douc réagir contre ce défaut, si nous voulons garder la jeunesse au s01 natal. Ces jeunes gens ne pourront jamais avoir le goût de la cul-ture, ni jamais réussir en quoi que ce soit, tant qu'ils vivront dans cette prodigalité et dans cette insoutiance de l'avenir. Prêchons-leur l’économie et donnons-leur l’occasion de la pratiquer en favorisant l'établissement de Caisses Populaires qui ont tant fait, sous ce rapport, en d’autres endroits.
Enseigner aux parents et aux jeunes gens à faire