MOITIÉ-BUCHERONS ET MOITIÉ-AGRICULTEURS
dans la plupart des cas, les résultats n’ont été que plus avantageux au point de vue du rendement. C’est qu'ayant moins grand à cultiver, on s’est appliqué, avec plus de soin, à n’en laisser perdre au-
* Cune parcelle; puis au moyen de nouveaux systèmes de culture, on s’est efforcé surtout, à tirer du sol, tout le rendement possible. Tel est le secret du succès d’un grand nombre. (1).
Le grand mal serait donc d’avoir trop grand à cultiver ? C’est possible. Dans tous les cas, celui qui possède une trop grande étendue est exposé à faire une culture superficielle, Il sème Ça et là, Sans s'occuper à bien faire ce qu’il fait, sans se soucier davantage d'améliorer le terrain par le tra- : vail, sans chercher à le renouveler par l’engrais et à tirer, par les nouvelles méthodes mises entre ses mains, toutes les richesses que chaque pied de terre recèle dans son sein.
(1) M. le docteur Brisson dans une remarquable conférence à la chambre de Commerce de Montréal, en novembre 1914, cite plusieurs expériences de culture intensive absolument concluantes. A la ferme “ Laurentide ”, de Grand'Mère, sur 38 arpents de terre, un jardinier français a récolté en culture maraichère : salades, choux, pois, patates et autres légumes, pour la valeur de $7,640, ce qui revient à $283, de l’arpent, soit dix fois ce que rapporte le même terrain en foin et en avoine. À Guelf, d’après le “ Globe ” de Toronto, on a démontré que sur
Rénovation agrivole ” par le Dr Brisson, pp. 9 et 10. Citation du Rév. P. Alexandre Dugré, S. J, dans les “ Avan-
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(1) Le bois, voilà l'ennemi, p. 5, par le Rév. P. Th. Couët, 0. P.
C’est encore la vieille routine qui bat son plein; conséquence naturelle d’une habitude presque séculaire, transmise de pères en fils, et que J’on peut appeler : héritage des ancêtres.
“Les premiers colons qui vinrent ici, opéraient au hasard, cultivaient n'importe quoi, n'importe où, n'importe comment, préoccupés uniquement de vivre. L’énorme étendue du sol les invitait à ce genre de culture, ou mieux à cette absence de méthode. Il pourrait en être autrement puisque aujourd’hui l’agriculture est devenue une science comme le droit, la médecine, et une science pratique qui permet de réussir et de vivre sur une étendue de terrain beaucoup plus restreinte.” (1).
On pourrait dire la même chose des bestiaux. Ne semble-t-on pas s'arrêter beaucoup plus au nombre qu'à la qualité du bétail ? Qui ne peut voir en cela un fort mauvais système d'élevage ? Gardonsen moins et qu’ils soient de race supérieure. Il Noës sera facile de les bien entretenir. Occuponsnous aussi de les mieux nourrir. N ’a-t-on pas dit souvent, que la crèche fait tout dans ce genre ? Voilà une grosse vérité bonne à retenir, Mettonsla en pratique et nous serons vite convaincus de ses heureux résultats.