LES JEUNES GENS ET LA VIE DES CHANTIERS
Car nous croyons avoir prouvé que l'agriculture et l'exploitation de Ja forêt ne peuvent marcher ensemble, Il faut. pour mettre fin, entreprendre Ja croisade sacrée de l'abandon de Ja forêt par l'agri. culteur; le mot d'ordre sera : le bois, voilà l'ennemi, Comment ces Parents, soucieux de l'avenir spirituel de leurs enfants beaucoup plus encore que de leur avenir matériel, hésiteraient-ils à emboiter le pas dans cette croisade de guerre à la “vie des chantiers ”? Trou eraient-ils, pour eux. dans cette vie des bois, tous les avantages matériels, ces avantages ne compenseront jamais les conséquences malheureuses qui en résultent, fatalement, au point de vue moral, dans l’âme de leurs enfants. Que l’on dise à ces parents que l'évêque du diocèse a décidé de fermer les portes de l'église paroissiale SiX Mois chaque année, Vous les verrez jeter les hauts cris. Mais, c'est intolérable ! Pensez-y done, SiX mois, sans messe, Sans Sacrements, sans instructions! et cela chaque année! Comment voulezvous élever une famille chrétiennement avec ce nouveau régime, ..?
Et pourtant, n'est-ce pas 1 le cas où, de leur Propre choix, se trouvent leurs jeunes gens ? A cet âge de l’adolescence où les fils de nos familles Ont tant besoin de se fortifier, par les sacrements, contre l'entraînement des passions, les parents leur Permettent de s'enfoncer dans la forêt durant SiX,
sept ou huit mots de l’année; ils passeront leur jeunesse et grandiront loin de l’église et des sacrements. La conséquence de cette vie passée au milieu des bois sera nécessairement l’ignorance religieuse qui amènera ensuite l'indifférence et l’affaiblissement de la foi dans lerr âme. Et, plus tard, ils prendront rang parmi ces nombreux catholiques de nom, mais qui n’ont pas de principes religieux.
Cette réunion de jeunes gens du même âge, de la même ardeur sujets aux mêmes passions a aussi ses inconvénients et ses dangers.
Y eût-il un seul diseur de mauvaises paroles, ce serait suffisant pour flétrir la vertu de centaines d’autres bons, purs et honnêtes. Hélas ! il s’en rencontre plus d’un dans les chantiers ! Et il faut connaître bien peu la vie que l’on y mène pour ne pas savoir que l’on y fait, en certains endroits, une pratique, presque quotidienne, de ces discours obscènes et dangéreux. A côté de ces malheureux jeunes gens qui ridiculisent la vertu et la religion, quelquefois, relèvent le vice et le mal, se rencontre trop souvent le Llasphémateur. Nous Savons, par expérience, que le chantier devient ainsi l’école du blasphème. Le jeune homme se laisse, facilement entraîner par tous ces exemples de contagions malsaines. Il ne saurait se croire homme tout de bon s’il n’emboîte le pas avec les camarades plus vieux