COOL-BROOK
lenr moyen de bien vivre et de faire des épargnes. Le sol est excellent ; il n’y a ras de gelée. Le climat, vu l’altitude de la J'roisse, est d’une salubrité incontestable. Le si » de Bal:oral ne peut être surpassé par nul autre. Bref, 1a paroisse et tous ses environs réunissent tous les avantages dé-
sirables pour faire de la bonne et payante colonisation.
Cool-Brook (Tobique)
La paroisse de Notre-Dame du Sacré-Cœur, dont la population est exclusivement française et catholique, est une desserte de Balmoral ; il peut y avoir environ 200 âmes; elle est située en arrière de cette légendaire montagne de Campbellton appelée Sugar-Loaf, et à cinq milles de la ville.
Ce fut à cet endroit que se réfugièrent les premiers proscrits acadiens venus à la Baie après la dispersion. Sept familles, qui portaient les noms de LeBlane, Bujold, Dugas, etc., y passèrent tout l'hiver 1755 à 1756, vivant de chasse et de pêche. Au printemps 1756, ils se rendirent à un petit village micmac, aujourd’hui Ste-Anne de Ristigouche, qui était alors desservi, par les Pères Etienne et Ambroise, fils de St-François, puis descendirent la Baie jusqu'à Tracadièche, c'est-à-dire, Carleton,
où elles se fixèrent définitivement. Ces braves Aca-
diens avec quelques autres qui vinrent les rejoindre, le même printemps, furent les pionniers et les fondateurs de toute cette partie de la Baie où l’on rencontre encore de leurs descendants, qui se sont multipliés comme les grains de sable du banc de Carleton où leurs pères avaient d’abord planté leurs tentes.
Cool-Brook est un petit pays qui a son cachet particulier d'originalité ; il est accidenté et partout sillonné de jolis et nombreux petits ruisseaux. On peut dire sans exagération qu’il s’en trouve au moins un sur chacune des fermes présentement occupées. N'est-ce pas un endroit favorable, soit dit en Passant, pour faire l'élevage des oies et des canards ?
Malgré qu’il se trouve nombre de collines et de montagnes, qui donnent au pays l’aspect d’une nouvelle Suisse, la Suisse du Nouveau-Brunswick, le terrain est à peu près partout cultivable et je dirai même très fertile. Le plus beau blé, qu’il m'a été donné de voir, a été récolté là, sur ces hauteurs dont le sol est des plus riches que je connaisse. Je ne parle point du versant de ces collines et de ces Plaines nombreuses dont la fertilité est connue par leurs récoltes prodigieuses de foin et de grains de toutes espèces qu’on recueille chaque année.
À sept milles de la ville de Campbellton le sol prend un nouvel aspect; c’est le plateau de Bal.