RÉGIONS DE L'INTERNATIONAL
SOus ce ciel si beau et si pur, en présence de cette forêt vierge, témoins inconscients de cette sublime cérémonie de la consécration, je demandais au Dieu de l’Eucharistie, d’exaucer les prières du dernier de ses apôtres et de faire surgir, partout, le long de cette voie ferrée, des paroisses grandes et prospères où son saint Nom sera béni, aimé et adoré ; Puisse-t-il, un jour, faire retentir tous les bois de cette immense forêt du son joyeux de nos cloches catholiques! C'était une prière et rien de plus. Mais chaque mot de cette prière, chaque syllabe de ces mots, portée sur les ailes d'un léger zéphir, s’en allait vibrer avec un doux murmure partout dans le feuillage et les bois d’alentour..., et l'écho fidèle qui en revenait clair et limpide semblait être déjà la promesse et l'espérance de l’avenir.”
La promesse de l'avenir ne tarda pas en effet. Trois années s’écoulèrent depuis ce jour de la première messe en plein air célébrée à cet endroit, situé entre Anderson et Kedgéwick. On poussa activement les travaux du chemin de fer; à peine les trains commencèrent-ils à circuler que déjà quelques familles étaient venues planter leur tente dans ce lieu marqué par la Providence, Le même missionnaire les suivit ; il Célébra le saint sacrifice de la messe de nouveau. Ce fut, cette fois, dans une cabane de bois rond et bien rustique, le 28 octobre 1910, fête des saints apôtres St-Simon
et St-Jude. Ces premiers colons étaient : Simon Galand, Daniel Ouellet, Elisée Labri et Pierre Le- Blanc avec leurs familles. La semence était jetée en terre et le grain de sénevé commençait à germer. Depuis cette époque, les étrangers affluent de toute part dans cet endroit.
Aujourd’hui, la petite plante est devenu un grand arbre, qui abrite déjà sous ses rameaux, deux magnifiques paroisses: Anderson et Kedgéwick, où l’on trouve curés résidants, médecin, commerçants, boulangers, barbiers, des écoles, enfin, toute l’organisation de nos paroisses déjà formées. Ajoutons que deux autres missions sont en voie de formation: St-Laurent et Limeric. Sur ce coin de terre se trouve maintenant une population d’environ 4,000 âmes.
Je passe sous silence toutes les difficultés des premiers moments, les conflits survenus entre les colons et le Département des terres de la Couronne où nous avons été traités de pilleurs de bois, .
.de gens impropres à la culture et du titre peu enviable de rebuts de la province de Québec. La réponse a été l’œuvre de nos mains et tous ces Messieurs de Frédéricton ont été, bel et bien, forcés de comprendre, un jour, que nous étions des colons de bonne foi, des colons à /a tête dure ou plutôt au. caractère ferme, qui ne reculent pas quand il s’agit de défendre leurs droits ou de sauvegarder leur
réputation. Je ne dirai rien non plus des luttes survenues entre colons et marchands de bois, luttes q 1elquefois très vives et dont la conséquence a été, au moins dans une circonstance des plus pénibles, le meurtre de deux hommes et le suicide d'un autre, (si suicide il s a eu)? Je laisse au temps le soin de jeter ine cmbre sur toutes ces figures et je laisse à d’autres la tâche de dire, plus tard, tous les troubles, toutes les misères des premiers jours,
Notre-Dame des Prodiges de Richard (Aujourd'hui Kedgéwick)
Le récit que l’on va lire dira plus que tout ce que je pourrais écrire sur cette région de Ristigouche: C’est celui d’un voyage à Richard, inséré dans l'Evangéline en septembre 1913, et fait par un jeune avocat de la province, alors qu’il était étudiant à l’Université de Dalhousie à Halifax. IL a pour titre: Au pays des rêves.
“ En partant de Campbellton, dit le narrateur, nous roulons sur un sol accidenté, extrêmement rocailleux et inculte, traversé par un filet d’eau tellement tortueux, que sur une distance de trois milles nous le coupons une dizaine de fois, et qu’à certains moments, on croirait s’avancer entre deux
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Cours d’eau.” Le chroniqueur donne ici une description des abords du ruisseau appelé : Grog- Brook dont l'aspect présente la plus triste idée de cette partie du terrain.
Le voyageur qui se donne la peine de descendre et d’escalader les premières collines qui longent le chemin de fer sur une distance de plusieurs milles, sera surpris d’y rencontrer un sol plat. J’ai visité tout ce terrain, durant le mois d’octobre, et j'en ai été émerveillé. Notre chroniqueur continue... “A trente milles de Campbellton, à peu près, le paysage change. Nous défilons maintenant sur un sol plus uni, au milieu d’une nature riche et verdoyante. Nous avons comme garde d’honneur l’armée de la reine Sylvie. ces géants primitifs à l’aspect imposant, au torse robuste et fort, aux bras moueux et vigoureux, au front altier, à la tête superbe sous des cheveux hirsutes et rebroussés. Tout nous parle de force et de virilité. Rien qui sente la faiblesse, l'épuisement et l’usure. Sous ces géants aux fortes ramures, C’est la terre qui chante, qui crie sa fertilité. Quel jeune homme peut ne pas entendre ce cri d'appel du sol ? Quelle contrée pour des bras vaillants et courageux! Je suis tellement absorbé par mes rêves de colonisation, que je n’aperçus pas les quelques habitations, et les quelques huttes épars, Ça et là, qui bordent la voie ferrée.
Richard, crie le serre-frein. Nous voilà déjà à 55 milles de Campbellton. Je descends. Richard ! Cela sonne la civilisation, et me voilà en plein pays de colonisation! Le petit village ou hameau de Richard qui compte environ une quarantaine de constructions, est situé sur le versant d’une petite colline. La gare, assez spacieuse, bien finie, peinte en vert, est réellement coquette au milieu de toutes ces constructions nouvelles. A vingt pas de la station, la route est coupée par un cours d’eau. Sur la rive sud, à quelques verges du pont, s’élèvent les deux puissantes scieries de la Compagnie Richard. Par la même route principale, je m’achemine vers le côteau. De chaque côté s'élèvent les nouvelles maisonnettes en bois scié, près des basses chaumières de bois rond.
Le contraste est frappant et montre d’une manière éloquente la marche du progrès. Ici, €’est un magasin, et puis un autre, et puis un troisième en voie de construction. Là, c’est la forge, plus loin l’atelier du menuisier...
Et dire qu’il y a trois ans, ces vastes forêts de Ristigouche n’avaient pas été entamées par la cognée du colon! On y trouve jusqu'à l'éclairage électrique, fourni par une des scieries de Richard.
Un peu à l’écart, s'élève l’école du village, spacieuse construction, qui peut recevoir une soixantaine d'enfants. Sur les premiers coctreforts du
RETOL.: . LA TERRE
côteau s'élèvent les fondations du futur presbytère, Enfin, sur le sommet, dominant tout, souriant au gai vallon qui s'étend à ses pieds, concentrant la petite colonie qui se replie en quelque sorte sur ce point central, là, dis-je, s’élève l’église paroissiale ! maison de la prière, secret de nos succès dans l’œuvre de la colonisation. Car pour nos populations françaises et catholiques, l’église est tout, c’est le Cœur, l’âme d’un nouvel établissement. De fait bien avant que la Paroisse civile ait été formée, la paroisse religieuse est déjà constitnée. Et, dans une colonie naissante, le sentiment religieux et l'amour du prêtre sémblent être plus développés encore.
Du sommet du côteau, caressé rayons du soleil couchant, je Contemple ces blanches toitures sous lesquelles s’agite une jeunesse exubérante. De la plaine monte un hymne d’espérance; et sous le souffle des sapins verts, sous la brise ::yaumée des forêts, chargée des espérances les plus Pures, je sens affluer la vie en moi. Un tel lieu est un véritable sanatorium. . . !
Le lendemain, je visitai les deux rangs doubles, éloignés l’un de l’autre d’à peu près une demilieue, et reliés par des routes transversales, Le Gouvernement vient d'accorder à la paroisse de Richard un subside de #1,000, et actuellement une route splendide est en voie de Construction, Pour
par les derniers
les autres, elles sont en partie couvertes de troncs de sapins, car, en bien des endroits, le fond du sol est en terre noire, peu résistante, mais par contre extrêmement fertile. Les arbres les plus communs sont les cèdres, les sapins, les épinettes ; on y trouve également des bois francs en grande quantité. Vous qui connaissez les bons mélanges, jugez après cela de la fertilité du sol. J'ai vu des endroits chargés de lourds épis dominant complètement toutes les souches, au point de donner l’illusion de belles terres arables. Ces vastes déserts, ces granges spacieuses qui sortent de terre comme par enchantement, (2 coquettes toitures qui semblent respirer la gaieté et le contentement, ces cœurs tous français, larges, francs, hospitaliers... il faut aller voir tout cela pour comprendre ce que peuvent en trois ans le courage et la bonne volonté.”
La paroisse de Kedgéwick est consacrée à la Très Sainte-Vierge sous le vocable de Notre-Dame des Prodiges. Le Rév. M. J.-B. Thibeault en est le premier curé résidant, il fut nommé en juillet 1915. Les premiers colons y arrivèrent dans l’automne de 1910. Dans ce même hiver la messe fut célébrée dans les chantiers qui avoisinaient l’endroit où se trouve aujourd’hui le village de Kedgéwick. Au printemps suivant, le missionnaire va donner, au rang St-François, la première mission aux nou-
veaux colons dont les noms sont: Vertefeuille, St- Pierre et Adélard Charest. Dans la demeure de ce dernier a lieu la célébration de la messe. Plus tard, on acheta sur le côteau, où s'élève l’église actuelle, une modeste hutte appartenant à M. Joseph Girard, et qui servit de chapelle pendant quelque temps. Mais la population toujours croissante exigea bien vite un local plus grand ; il fallut donc construire au plus tôt une église, Au printemps de 1912, on poussa activement les travaux de la nouvelle construction qui fut livrée au culte le 1er no: vembre. L'année suivante, verait le tour du preshytère et des différentes écoles de la paroisse, Depuis cette époque, les colons n’ont cessé d'y affluer de toutes parts : aujourd’hui, il peut y avoir 200 familles, même au delà. Jai connu parmi ces premières familles venues de la vallée de Métapédia, des gens bien pauvres qui se sont établis, avec de grandes difficultés, et qui, trois ans plus tard, refusaient deux ou trois mille piastres pour leur nouvelle propriété. Voilà ce que l’on peut appeler de bonnes affaires.
Lots à prendre à Kedgéwick
Les terres sont loin d’être toutes prises, à l’heure actuelle, à Kedgéwick. Il y a encore deux rangs doubles à coloniser dans le chemin qui conduit de l’église aux rivières Kedgéwick et Ristigouche, dis-
NOTRE-DAME DÉS PRODIGES DE RICHARD 14i
tance de sept milles. Il y aurait encore tout un autre rang à coloniser à l’est de l’église et qui serait parallèle au Tième rang et au 8ième, Ces terrains sont encore aux mains des marchands de bois comme, au reste, tous les autres de Ristigouche qui ne sont pas occupés par des colons. En y déployant un peu d'adresse et de bonne volonté, je ne vois Pas pourquoi de bons colons ne pourraient pas s'emparer de ces terrains et s’y établir. Et le Département des terres de la Couronne, que dira-t-il ? Enfin s’il ne veut pas concéder ces terrains à la colonisation, que ferons-nous ?
C’est toujours la même vieille histoire qui s’est répétée dans la prise de possession par les colons, de tous les terrains de l'International, et de presque chaque lot. Toujours le Département ne voudait pas. Est-ce qu'il n’a pas menacé même les premiers colons de Anderson de les traduire devant les tribunaux et les jeter en prison ? Ceux-ci ne s’établirent pas moins sur ces lots qu’on leur refusait tout d’abord et n’en commencèrent pas moins les premiers défrichements. S'ils avaient attendu le bon vouloir du Département, ils seraient encore à attendre. Alors, me direz-vous peut-être, le Département n’a done rien fait pour la colonisation sur la ligne de l’International ? Il a fait quelque chose et beaucoup même; il a cédé deux immenses étendues de terre à la colonisation. Il y a fait des
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routes, construit des ponts, etc... Mais il n’a pas le mérite de son œuvre; il s’est vu forcé de la faire par les circonstances. Ce qu’il y a de fait est dû, non point au Département des terres, mais bien à l'endurance, à l’énergique courage des colons, et c’est le secret du succès passé, et c’est ce programme qui nous l’assurera encore dans l’avenir. Les terres de la Couronne, doivent être livrées aux colons.
Avenir de Kedgéwick.
La paroisse de Kedgéwick a, outre l'avantage d'être située à mi-chemin entre Campbellton et St-Léonard, celui qui, certes, n’est pas à dédais aer, d’être le point de jonction où aboutissent tous les chemins qui conduisent aux grandes opérations de bois des Rivières Ristigouche, Kedgéwick et Matapédia avec tous leurs confluents. Or l’exploitation du bois que l’on fait le long de ces rivières comme le long des nombreux ruisseaux qui les alimentent peut se continuer de longues années encore. C’est là, n’en doutons pas, la source des gros revenus de notre Comté. Pôur cette raison aussi, Kedgéwick est destiné à devenir un centre très important dactivité, de commerce et d'industrie.
Dans un avenir peu éloigné, qui sait si nous ne verrons pas se développer dans ces parages, au confluent des Rivières Ristigouche et Kedgéwick, où se trouve actuellement la résidence de Patrick Broderick, de grandes et florissantes industries de
l'ont déjà fait pour la Couronne. Espé
a grannufacturer leur Papier enrichir les Américains, Comme nous avons su si
L'industrie bien comprise ne peut faire tort à la
culture de Ja terre; l’une et l’autre Peuvent s’entr’aider et concourir au progrès d’un pays.
Pour toutes ces raisons, je ne crois point exagérer en disant que Kedgéwick est appelé à devenir bientôt un centre important. —
Aujourd’hui, c’est un village coquet et prospère, demain il sera ville et peut-être là fleuriront l’agri- Culture, le commerce et l’industrie,
Anderson
Paroisse du Très Saint Sacrement
Comme la plupart des paroisses, qui commencent, les débuts de Anderson furent des plus hüumbles. La paroisse portait d’abord le nom de Five- Finger, nom qui existe encore pour désigner le petit village où fut construite la première voie d’évitement, près du ruisseau qui porte ce même nom et qui est une des c‘uq ramifications de la Rivière de Ristigouche. Plus tard, les autorités du chemin de fer donnèrent, à la nouvelle paroisse, le nom de Anderson en honneur du Gérant de l’Internatinal, M. Anderson, qui fit bâtir la station du vilk. où se trouve l’église. Disons en passant que € nom comme la plupart de ceux qui ont été donnés aux différents centres établis le long de l'International sera remplacé, un jour, par des noms français et ce qui serait mieux par des noms de saints co. ue dans la vieille province de Québec. La populatiun de cette partie du pays étant exclusivement franaise et catholique, il est bien convenable, par conséquent, que nous ayons le droit de donner des noms de notre choix à des établissements qui ont été défrichés par des Français et établis par eux. A nous donc de faire valoir la légitimité de ce droit auprès des autorités du Département des postes de notre pays.
annee
nement asie entre temnnenes
Le premier habitant de Anderson fut un nommé Simon Galland, un acadien venu de l’Ile-du-Prince- Edouard. 1] travaillait à la Construction du che-
Premier camp où la messe fut célébrée à Anderson. 28 oct. 1910.
min de fer, et s'enfonçait dans la forêt à mesure que les travaux avançaient. Il vécut de cette vie, un peu nomade, avec sa famille, pendant six ans. Enfin, il s’arrêta et se fixa près d’un petit ruisseau dont les abords produisaient en abondance un foin
mou de prairie: c’était tout juste ce qu’il fallait Pour sa pauvre vache qui n’avait ni goûté ni même vu l’herbe tendre depuis des années, A cet endroit que choisit Simon Galand Pour sa demeure défini.
tive se trouve aujourd’hui le village et l’églie: de Anderson. Curieuse coïncidence, la Providence voulut que la première messe célébrés gans ces parages fût le jour même de son saint patron : la fête
Première chapelle du T. S. Sarrement à Anderson. 23 déc. 1911.
de St-Simon et St-Jude, le 28 octobre 1910. Cette coïncidence aurait porté le missionnaire à donner le nom de St-Simon à la nouvelle paroisse, si le souvenir de la première messe célébrée en plein air,
non loin de cet endroit, ne l’eut décidé à lui donner le nom du St-Sacrement. Dans le même automne, quelques autres familles étaient venues se joindre à la famille de Simon Galand ; c’étaient les familles de Daniel Ouellet, Elisée Labri, Pierre Le- Blanc et Léon Beaulieu. La maison d’Elisée Labri, au rang 10, et celle de Léon Beaulieu à Five Finger, pendant tout l'hiver 1910 et 1911, servirent de chapelles pour 1 ‘élébration des saints mystères. Durant l'été la messe fut célébrée dans la maison de François Lévesque, à l’endroit qui paraissait devoir être le centre de la nouvelle paroisse. A l'automne de 1911, on éleva la première chapelle dans cette partie de la forêt vierge de Ristigouche ; elle fut bénite et livrée au culte le 23 décembre. Bâtie de bois rond, elle mesurait 35 par 25; on fit une allonge qui servit de sanctuaire; elle mesurait 20 sur 20. Quoique bien rustique et bien humule, l’église était l’orgueil, la joie et l'espérance de ces braves colons. Que de belles heures de prières nous y avons passées! Vu le nombre toujours croissant des habitants, qui arrivaient de tous côtés, et bien que deux messes y fussent célébrées chaque dimanche, elle devint trop petite pour contenir la foule. I] fallait à tout prix rebâtir.
On vit alors s'élever, comme par enchantement, da sacristie qui sert d'église actuelle ; elle mesure
71 par 35, avec un soubassement; cette nouvelle chapelle fut bénite et livrée au culte le 21 novembre 1913. A peu près vers cette époque le presbytère fut construit. A l’heure présente on pousse activement les travaux d’une vaste et: belle église dont le coût va s'élever à près de 35,000 piastres.
Avenir de And-rson au point de vue agricole
La paroisse est formée de cinq rangs doubles, réunis par des routes transversales dont plusieurs sont déjà très avancées. L'église occupe le rang -
Premier défriché. — Village ge Anderson.
juin 1912.
du centre. La population de Anderson doit dépasser 2,000 âmes à l’heure présente. Cette population est composée de vrais colons. Ils y furent attirés, non par l’industrie des moulins, maïs uniquement par le désir de défricher et de cultiver la terre. Ces premiers colons furent des hommes d’é nergie et de courage, et dignes, en tout, de leurs
pères et de leurs aïeux, les pionniers et les défricheurs d'autrefois. La Perspective n’était pas très
Village de Anderson, éc. 1913.
moment à être traduits devant les tribunaux cu jetés en prison, comme je l’ai déjà fait remarquer ailleurs, n’était pas plus souriant. Malgré tout, ils travaillent sans relâche et font reculer la forêt de plus en plus. Les premiers défrichements commencèrent au printemps 1911 et dans l'automne de la même année, 127 lots étaient concédés et la plu-
automne : Elisée Labri, avec 18 boisseaux d'avoine de semence a récolté 305 boisseaux :
sur trois quarts de germes de patates, il a récolté 84 quarts; d’un seul boisseau d’orge, il en a eu 25; comptez ensuite 80 quarts de navets, les choux, les carottes. Daniel Ouellet a récolté, pour sa part, 122 boisseaux d’orge, 89 quarts de patates, 150 quarts de navets. Que penser de ces colons pour une première année de défrichement ? C'était
Village de Anderson, juin 1916.
la première réponse à leurs détracteurs de Frédé:ricton. Mais, ces colons en ont fait bien d’autres.
Depuis cinq ans je ne pourrais dire toute l’amélioration qui s’est faite. Anderson est aujourd’hui une paroisse agricole; il y a de ses habitants qui ont déjà la moitié de leur lot en culture, soit 56 âcres; ëis sont assez nombreux ceux qui, à l’au-
159 RETO' 4 À LA TERRE
tomne de 1915, ont récolté mille boisseaux de grains et vingt à trente tonnes de foin. Le sol de
ture se compose de terre jaune, mélangée de terre noire, On n’y rencontre Pas de roches ; enfin, tout indique un sol extrêmement riche et fertile.
rson, Sans aucun doute, est appelée à devenir une des meilleures paroisses agricoles du comté, et les temps ne sont pas éloignés où ses habitants Pourront vendre leurs nombreux produits à Camp-
Les terrains de la “ New Brunswick Land Co.”
La paroisse de Anderson est limitée, au sud- Ouest, par la ligne du comté de Victoria où s’étendent à perte de vue les immenses terrains de la t un autre pays à Coloniser ! Voici, sur cet immense territoire des renseignements fournis par le Rév. J. A. Babineau au Madawaska, le 4 mars 1914. Lorsqu'il fut question de la construction d’une voie ferrée entre St-Stephen et Eümunston, le Gouvernement d'alors céda