POURQUOI NE PAS AIDER LE COLON
Pourquoi ne pas aider le colon ?
En voyant tous ces nombreux terrains colonisables, qui .-era douter que l’avenir de cette partie nord de la Province dépend, en tout, de l’œuvre par excellence de la culture de la terre ? C’est donc vers le colon, vers l’agriculteur, qu’il faût tourner les yeux, à d’heure présente, pour résoudre Je grand problème de la Conservation et de l’expansion de notre race en ce pays. Tout le monde admettra cette vérité. “ Mais que faisons-nous pour promouvoir la colonisation et l’agriculture, comme nous le faisait si judicieusement remarquer un Collaborateur de l’Evangéline en décembre dernier ? Si le colon est un conquérant qui mérite qu’on le salue, ce soldat pacifique doit mériter aussi qu'on le seconde. La plus souvent, ce conquérant est Pauvre, chargé d’une grosse famille et manquant d'instruction, et que fait pour lui la classe dite dirigeante ? Ce pionnier qui continue la noble tradition de Louis Hébert (premier colon de la Nouvelle-France) a pour sa part des vexations à supporter; qui le défend ? des privations à endurer, qui pense à amoindrir sa peine et à l’aider ? C’est beau de dire la grandeur et l’héroïsme des colons, de louer leur énergie, leur endurance, et d’aimer leur œuvre, Ne serait-ce pas juste d'améliorer leur
situation et de faciliter leur tâche ? Et puisque le temps semble être venu où l’on comprend enfin que nous devons surtout nous attacher au sol et y prendre racine, quels sont ceux qui se mettront à la tête du mouvement et en prendront la direction ? De l'avis unanime, la colonisation de notre pays est la première et la plus importante de nos œuvres sociales, celle qui peut le mieux conserver et faire prospérer la race Canadienne-française, C’est par la colonisation que tous les maux dont nous souffrons finiront par disparaître. Ne serait-il pas d’une élémentaire sagesse de la part de nos dirigeants de se réveiller de leur première apathie et de jeter la première base d’une organisation sociale ayant pour but d'éclairer le colon sur ses devoirs et défendre ses droits. Autant, sinon plus, que poyr notre langue, nous avons des droits inaliénables au sol de la Patrie.”
Il y a dans ces paroles de haute portée, une grande justesse de vue et de patriotiques enseignements. Ne cherchons pas ailleurs que dans la prise de possession du sol, l'agrandissement et la prospérité de notre race au N ouveau-Brunswick comme partout ailleurs. Quant à la colonisation de notre comté de Ristigouche, il y a là toute une œuvre nationale et religieuse à accomplir. Cette œuvre ne pourrait amener que les plus consolants résultats pour toute notre Province. Qu'ils viennent