‹ Retraite ecclésiastique d'après l'Évangile et la vie des saintesChapitre 101 sur 207 · CINQUIÈME JOUR.- CONFÉRENCE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME JOUR.- CONFÉRENCE

Cette assistance de l'Esprit de Dieu se fait

sentir plus particulièrement quand on parcourt le Registre des 840 lettres de Grégoire, divisées en

24 livres, et qui sont peut-être le plus remarqua-

ble de ses ouvrages. Précisément parce qu’elles ne

sont pas le développement logique d’un plan pré-

conçu, qu'on n’y trouve, ni les aperçus du philo: sophe, ni les éclairs du génie, ni les élans d’une contemplation toute mystique, l'intervention de l’'Esprit-Saint, comme esprit de sagesse et de conseil, y est plus merveilleuse. Sous la plume de Grégoire, cet Esprit sublime semble s’être vulgarisé,

et c’est là la perfection de son assistance; il s’est

tellement identifié avec l'âme, la pensée et les enséignements de l’écrivain, qu’il s'y joue, comme

Dieu créateur dans l’univers. L'intégrité du dogme

catholique sur les sacrements, la fidélité aux règles de la discipline ecclésiastique, le bon usage des biens temporels de l'Église, la prospérité de l’état monastique, le règlement de diverses questions de liturgie, sont les principaux sujets de ces lettres. Et il les traite avec un discernement, une com-

pétence, un esprit de suite, un tact qui émerveil-.

lent. L'histoire de son époque se trouve dans ces

fragments, quand on les recompose, bien qu'ils

aient été adressés ça et là à des empereurs, à des impératrices, à des rois, à des reines, à des ministres d'état, à des gens de guerre ou à des gouverneurs de province, à des évêques ou à de simples prêtres, et même à d’humbles personnes

| pieuses, pour les guider dans la perfection chré-

tienne.

L'esprit de mesure et de condescendance alla si loin chez S. Grégoire, qu’on l’accusa de transiger avec la vérité et la conscience, comme nous le voyons imputé à d’autres Saints: c ‘est qu'on ne se rendait pas assez compte de ses intentions.

Si, après avoir traité avec tant d’honneurs l’empereur Maurice, il écrivait dans les termes les plus respectueux à son assassin et successeur Phocas, c’est qu’il espérait, par ses ménagements, le dispo- “ser à protéger l’ Église et à bien accueillir les conseils qu’il aurait à lui donner un jour. Dans diverses contrées, le paganisme se maintenait encore, convenait-il d'en raser les temples? « Non, disait-il, qu’on les purifie plutôt, et qu'on les consacre au Dieu véritable ». On l’informe qu'autre part règne l'usage d'’immoler à certains jours des animaux, sous forme de rite idolâtrique; faut-il supprimer l'usage et sévir? « Instituez plutôt ces jours-là, dit-il, quelque grand concours religieux dans lequel les animaux égorgés serviront à nourrir la foule, ainsi. la superstition cessera et tous seront contents ». Ce qu’il fit en faveur du droit d'asile et de la trêve de Dieu, témoigne aussi de son désir d’allier la miséricorde avec la justice ; il voulait être, en ce monde, le véritable représentant du Père qui est dans les cieux.

Mais quand l'honneur divin et les intérêts vitaux de l'Église étaient en jeu, cet esprit de con-

descendance faisait place à l’esprit de. force. Gres goire devenait une colonne d’ airain, il était ferme comme le rocher et, par là encore, vrai successeur de Pierre. Jean le Jeûneur, archevêque de Constantinople, s 'arrogeait Je titre de Patriarche æcu-

“ménique; Grégoire protesta. En vain mit-on en

œuvre toutes les habiletés pour l’apaiser, en alléguant que l'expression, prise dans un certain sens,

pouvait se justifier et que soulever à ce propos un conflit serait chose /rzv0/e. Grégoire n’admettait pas des « frivolités » de cette nature; il avait discerné, dans ces prétentions, le germe du grand schisme qui dure encore. Jean le Jeüneur avec toutes ses pénitences commençait à déchirer la tunique du Christ et se levait contre l'Esprit- Saint; le chef de l'Église ne pouvait pas ne Le È

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parler: Mon possumus non loqui

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