‹ Retraite ecclésiastique d'après l'Évangile et la vie des saintesChapitre 102 sur 207 · IV. - Regere Ecclesiam Dei · texte numérisé non relu

IV. - Regere Ecclesiam Dei

Régir des êtres raisonnables, ce n’est, ni les écraser, ni les absorber, ni les effacer : c'est étudier leurs qualités et l'esprit des pays qu'ils habitent, pour les employer en ce qu'ils ont d’utile, et pour les adapter aux lois générales, afin que tout favorise le progrès. Il appartient au Prince de marcher à la tête des sujets dans ce mouve-

LAN CTI IV, 20:

ment vers le es tenant à ne d'être le pre- mier, le plus dévoué et le meilleur des citoyens. : Voilà ce que fit S. Grégoire.

. D'abord il n’omit rien pour développer les dons naturels faits à l'homme par le Créateur, en même temps que les dons surnaturels apportés par le

Sauveur. Non seulement il cherchait à procurer à

tous, par’la culture des campagnes, cette mesure

de bien-être temporel qui rend l’homme plus ca-

pable de tendre aux choses éternelles, mais il tra- vaillait à la culture intellectuelle des esprits, plus

ou moins selon les vocations: il favorisait donc l'étude des sept arts libéraux; c’étaient pour lui comme les sept colonnes d’un beau péristyle in-

troduisant au sanctuaire, c'est à dire à la connais-

sance des mystères de Dieu. Ce qu’il fit pour l’ins-

truction des clercs, afin qu’ils pussent servir digne-:

ment leurs églises particulières, résulte de tous

les actes de sa vie, en particulier de ses ordon- 1 . A AS nances synodales. Qui eut osé réclamer contre l’'assujéttissement à ces règles, en voyant le Pape les observer scrupuleusement comme les autres ? S'assimiler au moindre des clercs ne suffisait pas à Grégoire, il se regardait comme le serveur des serviteurs de Jésus-Christ, et ce titre, qu'il se donnait avec complaisance, fut trouvé si vrai, si noble, si évangélique que, depuis, les Papes l'ont adopté officiellement. Cependant, l’union des enfants de Are > APT À A RD l’Église sous les mêmes lois, dans le même dévouement, n’entrainait pas aux yeux de Grégoire

CINQUIÈME JOUR

une uniformité trop littérale; elle devait se plier parfois aux circonstances, et faire les concessions qui ne compromettaient pas la substance des choses. Voyant les Donatistes tristement séparés de l'unité, il se montra infatigable pour les y ramener et mit dans ce but tout en œuvre, prés des évêques et des princes;; mais en même temps il ménageait les susceptibilités des dissidents, jusque dans la formule exigée pour leur réconciliation. Pourvu que leur profession de foi renfermat la soumission intégrale et sincère à l'autorité de l'Église, il jugeait inopportun d'y employer des expressions qu'avec leurs préjugés de longue date, ils eussent hésité à signer; la lumière de la vérité, espérait-il, se ferait jour peu à peu, et per sa propre’ vertu.

L'ordre et l’unité dans le culte . constituent aussi une partie importante du régime de l'Église, comme intéressant au suprème degré la piété et même le dogme, soit dans le clergé, soit dans le peuple. S. Grégoire y pourvut en recueillant dans son Sacramentaire, son Antiphonaire et son Recueil de répons, ce que ses prédécesseurs avaient établi pour l’administration des sacrements, la célébration de la messe et le chant de l'office divin. Certains tableaux antiques le représentaient une baguette à la main, faisant en personne la classe de chant aux jeunes clercs; et le nom de chant grégorien, employé maintenant comme synonyme de chant ecclésiastique, suffit, sous ce rapport, à

son one. Charlemagne était tellement épris de la beauté de ce chant qu’il voulut, pour en propager dans les Gaules la vraie notation et la bonne exécution, avoir des maîtres venus de Rome. Il est vrai que, sous l'influence paienne de la Re- naïissance, ce chant tomba en discrédit, au point, -semblait-il, de ne pouvoir plus être qu’un antique souvenir. Le xix° siècle a rétabli ses droits et l’a fait apprécier; ce n’est pas la moins heureuse de ses restaurations. |

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