‹ Retraite ecclésiastique d'après l'Évangile et la vie des saintesChapitre 103 sur 207 · V. - Quam acquisivit Sanguine suo · texte numérisé non relu

V. - Quam acquisivit Sanguine suo

Le L2 . . e. À : L'Eglise est donc: une acgwsihion, un rachat dont le prix. est /e sang; la passion de Jésus et son côté entr ouvert sur la croix nous l’ont montré

depuis longtemps, et le mystère continue d’âge en Âge, particuliérement dans la vie et l’apostolat de S. Grégoire. Conquérir des âmes, dilater l Église était toute son ambition; on le constate en mille circonstances, mais d’une façon plus éclatante dans la conversion de l’ Angleterre. Déployant, même avant d'être Pape, un grand zèle au rachat des esclaves, et voyant un jour de jeunes Anglais à ” la figure intelligente, honnête et sympathique, mis # en vente sur une place de Rome: « Ce ne sont pas des Angles mais des Anges », S'était-il écrié. Et il était parti pour l’évangélisation de leur pays; les réclamations de tout le peuple déterminèrent Pélage IT à lui intimer l’ordre de rebrousser che-

Proc min. Quand il eut en main le pouvoir suprême, tourmenté toujours par les mêmes aspirations, il envoya, pour évangeliser l’ Angleterre, le saint moine Augustin, avec divers compagnons. Mais, ‘ le long du chemin leur courage chancelait déjà, à la prévison des obstacles sans nombre; Grégoire sut le raffermir par une lettre brûlante de zèle, et ne cessa depuis lors de leur envoyer des hommes, des instructions, des secours, des objets sacrés. La propre sanctification d’Augustin faisait l’objet spécial de ses préoccupations et de ses. conseils; avec son expérience de la fragilité hu-.

maine, il craignait que les succès et les miracles de son disciple n'ébranlassent son humilité.

La conquête de l'Angleterre à la foi était donc une œuvre magnifique, destinée à donner au monde

de grands Saints, d'innombrables fruits de grâce. Mais, d’après la grande loi proclamée tout à l'heure, quel devait en être le prix? le sang. Grégoire répandit le sien, non par des plaies visibles, mais par les plaies du cœur, au milieu de grandes et

multiples souffrances. Les dommages causés par

les invasions barbares, le spectacle des cités sac- : cagées, des temples détruits, des vierges du Seigneur outragées, étaient pour lui un calice amer, rempli jusqu’au bord; c'étaient des épines enfoncées dans son âme, épines d'autant plus sensibles qu’il regardait les discordes et l'ambition des. clercs comme la cause de ces calamités. Son accablement devint tel, qu’il dut cesser ses pré-

dications sur Ezéchiel, et il disait en soupirant: « Tirez mon âme du cachot de mon corps, 6 Seigneur >. À ces souffrances morales s’ajoutaient des maladies presque continuelles; la goutte surtout le tourmentait et lui causait une sensibilité physique si grande, qu’il ne pouvait même entendre converser autour de lui. À peine arrivait-il

à tenir la plume; et c’est pourtant alors qu'il trou- vait la lucidité d'intelligence, l’ardeur de charité, l'énergie d'âme nécessaires pour écrire un grand nombre de ces lettres si importantes, aux objets si divers, dont on a fait plus haut l'éloge.

Cependant ses douleurs augmentaient, son

corps s'était desséché comme celui d’un homme

prêt à être mis dans le cercueil. « Priez pour moi,

disait-il à ses intimes, craignant de trop se plain-

dre; priez afin que mes souffrances servent à

l’expiation de mes péchés, loin de m’être une

occasion de nouvelles fautes ». Enfin Dieu daigna mettre un terme à son exil et récompenser ses héroïques vertus, en l’appelant à lui le 12 mars de l'an 604, à l’âge d'environ 65 ans.

O Dieu! donnez à votre Eglise, dans le monde __ entier, de tels pasteurs, moins grands si vous le de. voulez par le génie, par l’éloquence, par l'étendue des œuvres, mais animés de la même abnégation, . du même sens chrétien, du même dévouement Un pour les âmes et du même zéle pour votre gloire.

1 Ps. cxu, 8.

MÉDITATION DU SOIR

LES BÉATITUDES. - HEUREUX CEUX QUI ONT FAIM ET SOIF DE LA JUSTICE CAR ILS SERONT RASSASIÉS,

La justice a pour one de rendre à chacun:

ce qui lui est dû: pratiquée d’une manière excellente, avec facilité, attention, générosité, constance et joie, elle devient une Béatitude. Et Jésus en propose la pratique à tous, au monarque sur son .

trône, à l’homme d’affaires dans ses entreprises, au paisible habitant des campagnes, au contemplatif absorbé dans l’oraison, à l’âme charitable elle-même, si plongée dans ses bonnes œuvres qu'elle semble n'avoir d’autres lois, d’autres responsabilités que celles de la miséricorde. Mais vous surtout, ministres de Dieu, devant cette Béatitude arrêtez-vous, contemplez, examinez-vous, réformez-vous, pour. que désormais l'esprit de justice vous anime, vous dirige, vous console, et vous couronne,

Vous atteindrez plus complètement ce but, si vous savez 1.° comprendre la justice, 2.° rendre la justice, 3.° attendre la justice. |

- Comprendre la justice. 2e

Diverses causes aident l’homme à comprendre la justice, pour la pratiquer d’une manière excel-. lente, quatre en particulier: l'esprit juste, l'étude consciencieuse de la loi, la volonté loyale dans la

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