III. - Objet et interprétation
Les Saintes Écritures offrent à la lecture spirituelle son principal objet. Ce sont des lettres venues du ciel à notre adresse: pour un croyant, pour un enfant de la patrie, elles passent avant tout. Les Livres qui la composent sont nom- . breux et variés: livres historiques, livres cérémoniaux, livres sapientiaux, livres prophétiques ; mais tous se rapportent à Jésus-Christ, comme tout en Jésus-Christ se résume dans sa Passion. C'est pourquoi l'Eunuque, par une disposition de la Providence et comme acheminement à sa conversion, lisait le passage d’Isaïe, où sont décrits. si clairement les douleurs, les humiliations et ië triomphe du Sauveur.
« Seulement, observait-il comment comprendrai-je ce passage, s’il n’y a personne pour me l'interpréter? ». Grâce à Dieu, les secours à cet égard surabondent pour nous. Les Pères de l'Église, les grands Docteurs, les hagiographes, les auteurs spirituels les plus estimés dans le cours des âges, tous, à différents degrés, disciples et intimes du divin Maïtre, nous commentent sa pensée, nous guident par leurs écrits ou par leurs exemples, afin que nous marchions sur ses traces. Que sont les actes des martyrs, sinon la continuation du sacrifice du Calvaire? Tous les traités des écrivains ascétiques et les vies des Saints nous tracent et
nous aplanissent le chemin de la perfection , en. nous inspirant le mépris du monde qui passe, et en nous montrant comment tous les états de vie, tous les caractères, tous les âges peuvent, par des voies inégales, arriver à l'unique terme de la sainteté chrétienne. Quels miroirs fidéles et précieux ! À cette vue d'ensemble et en jugeant tout à la lumière de Jésus-Christ, certains traits de la vie dés Saints que l'esprit humain dans sa présomption eût taxés d'’insignifiants, ou de bizarres, ou d’invraisemblables, prennent une dignité, trahissent une sagesse, renferment une sève intérieure qui nous font admirer Dieu dans le brin d’herbe du monde surnaturel, comme dans le cèdre du Liban et dans les constellations célestes.
Mais, nous aussi, nous sommes un inter-
: prète, pourvu que, purifiant notre cœur et élargis- | sant notre horizon, nous rapprochions les traités des traités, les vies des vies, les faits des prin- ‘cipes. Alors nous verrons tous ces fragments se
réunir pour composer l'unique et vivante physio- nomie du Verbe incarné. Oh! quelle lumiére! oh! quelle beauté! oh! quels attraits! oh! quels secours!