SAINT BERNARD
Saint Grégoire le Grand avait inauguré le moyen-âÂge en exerçant une action bienfaisante sur Ja société terrestre, en vertu d’un mandat de confiance que lui donnaient princes et peuples.
Saint Bernard nous apparait quatre siècles aprés, en plein moyen-âge, et il exerce, lui aussi, sur ses
contemporains un tel ascendant que le xrr° siècle, celui où il a vécu (de 1091 à 1153), bien qu'il compte de grands papes, de grands monarques,. de grands Saints, a été appelé /e oe de saint. Bernard. FR
Depuis le pontificat de S. brie de gran- ù des transformations s'étaient opérées dans l’ Église entière. Les invasions barbares, avec tous leurs = ravages et leurs péripéties, avaient produit dans l’ensemble un bon résultat. Les conquérants étaient devenus des conquis, au point de vue du christia-
nisme, et s'étaient montrés amis de cette civilisa-
, x eine < tion vraie dont l'Evangile est la base. Ils faisaient
cas de la religion, même comme moyen d’asseoir
leur autorité, et plusieurs d’entre eux estimaient * ide + ÿ
un bienfait pour leur royaume d'y élever les Evé-
ques au nombre des Conseillers et des Grands de
la couronne.
Mais, malgré cette influence morale et civilisatrie de la religion catholique, le champ restait … ouvert aux rivalités princières, aux jalousies entre
nations, aux ambitions des ecclésiastiques euxmêmes et à toutes les passions qu’alimentent dans l’homme le bien-être matériel et la faveur des peuples. C’est dans ce milieu si mélangé de bien et de mal, que nous allons voir S. Bernard exercer son action, non seulement sur le terrain choisi et restreint de la vie monastique qu’il a embras-
sée, mais dans le domaine de l’apostolat catholique; en même temps moine accompli et apôtre digne d’admiration.