I. - Le moine
Bernard aurait pu mener dans l'intimité de sa famille une vie vraiment chrétienne: il au-
rait pu y cultiver en même temps les lettres
et les vertus. Si la grâce l’attirait à la vie religieuse, Cluny lui ouvrait ses portes, Cluny, la grande abbaye bénédictine, dont la richesse terri- : toriale et les observances assez douces semblaient répondre à sa naissance et à la délicatesse de sa constitution.
La divine Providence a des “vues tout autres: Bernard ne résistera pas à son appel. Il ya à Citeaux, sous la conduite d’un abbé nommé Etienne,
une communauté qui cherche à faire refleurir les observances austères d'autrefois, mais qui est languissante et humiliée de sa stérilité, attendant avec résignation son dernier jour. — « Sois dans l’allégresse, Ô toi, qui étais stérile * », c’est vers toi, que se dirige Bernard avec ‘trente de ses 1 frères et amis. — Aussitôt la vie renait dans le | vieux monastères; le travail, la psalmodie, la péni- | tence, l'étude de la Bible, le culte de la perfection religieuse prennent un nouvel essor. Deux ans à