‹ Retraite ecclésiastique d'après l'Évangile et la vie des saintesChapitre 119 sur 207 · SIXIÈME JOUR. - CONFÉRENCE · texte numérisé non relu

SIXIÈME JOUR. - CONFÉRENCE

Traité de l'amour de Dieu, ses Sermons sur le

Cantique des Cantiques, sur le psaume: Qui habitat

et les autres pour toute l'année, etc. compositions

tour à tour familières et sublimes, affectueuses ou

inexorables dans la censure des défauts, mais tou-

jours bienfaisantes, tous ses écrits, en un mot, montrent qu’à bon droit l’ Église l'a déclaré docteur et la postérité l’a surnommé Z devot saint Bernard Et ce qui en augmente le charme, c'est qu'ils sont partout, pour le fond et pour la forme, pénétrés des Écritures, au point que souvent on ne discerne pas quand se tait l’Esprit-Saint et quand

Bernard commence. Aussi, ne doit-on pas s’éton-

ner que ses ouvrages, déjà si estimés de son vivant, aient eu après sa mort jusqu'à cinq cents’

éditions, où complètes ou partielles, dont deux cents sont dues à la France.

7° Fidélité à Dieu dans l'épreuve. - Les maladies de Bernard étaient si fréquentes que sa vie en fut un tissu. Elles ne suffirent cependant pas, dans les desseins de Dieu, pour donner à sa vertu « ce je ne sais quoi d’achevé » réservé aux grands Saints. Il lui fallait des peines morales plus amères et plus purifiantes; il en eut deux surtout, une peine domestique et une peine publique.

La peine domestique fut la trahison de Nico-

las, son confident et son secrétaire, qu'il aimait à

appeler « son Nicolas, son fils ». Non seulement

l'orgueil d’une position de choix porta ce Judas

a se faire la réputation de mystique et à se créer

ODÈLE $. BERNARD,

des amitiés illustres, mais il abusa de la confiance de son abbé jusqu'à employer son sceau, pour donner une apparente authenticité aux réponses

fallacieuses qu'il expédiait, même sur des questions graves en matière délicate de juridiction. De là, . des préventions accréditées à Rome contre Ber-

nard, jusque dans l'esprit de son grand ami, le cardinal d’'Ostie, bien plus, du pape Eugène III

de Dieu; le grand réformateur, le grand thau- maturge était devenu un homme avide de dominer, prompt à s'immiscer en tout, et s’arrogeant des pouvoirs qu'il n'avait pas.

, Bernard convaincu de l’abus de son sceau, ne voulut pas se plaindre, et se contenta d'en faire graver un autre d'aprés un dessin différent. Mais le traître, quoiqu'il comprit par là les suspicions, Join de”se repentir, trouva moyen d’abuser éga- ‘lement du nouveau cachet; jusqu'à ce que, se - voyant pleinement convaincu et dans l’impossibilité de soutenir une position si fausse, il résolut de s’enfuir, après s'être fait voleur comme Judas. Quand on l’arrêta, on trouva sur lui des ma- nuscrits, des pièces d’or, le sceau de Bernard et celui du prieur. Il y avait dix ans que le misérable jouait ce rôle indigne; - qu'on juge de la douleur du saint abbé!

Une grande peine publique vint à Bernard de l’insuccés de la seconde croisade, prêchée par lui avec tant de zèle. Quand il en eut la nouvelle,

lui-même. Ils n'avaient presque plus foi en l’homme

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il fut consterné et ne put s'empêcher d'écrire: : « L'esprit de division s’est répandu parmi les prin- ces, et le Seigneur les à égarés dans des chemins impraticables... Nous promettions le succès: et À voici la désolation. Ah! certes, les jugements de | Dieu sont équitables, mais celui-ci est un grand … abime: et je puis déclarer bienheureux quiconque : n’en sera pas scandalisé ». En effet, le peuple prit scandale. Tant de miracles opérés par Bernard pour recommander la croisade devaient-ils aboutir à tant et de si cruels désastres? Où était la Pro- ï vidence divine? où la sagesse et la véracité de

son envoyé? Bernard, âme si loyale et si sen-* sible, ne pouvait rester indifférent à ces plaintes, qui lui arrivaient de diverses provinces de France. ‘et d'Allemagne; mais ce qui l’affligeait plus profondément, c'était l’appréhension des murmures et des offenses contre Dieu: « Tant miéux, disait-il, si le Seigneur daigne se servir de moi . comme de bouclier! Je reçois volontiers les coups de la langue médisante et les traits empoisonnés du blasphème, afin qu'ils n'arrivent pas jusqu’à lui ». | Npe à

Il survécut quelques années encore à ées mal. heurs, restant toujours sous le poids de l’humiliation et de la douleur; plus tard seulement, on : reconnut les vraies causes des désastres et l’on comprit qu'il avait les mains pures du sang versé sans résultats apparents. Nous disons apparents, car Dieu est admirable pour tourner finalement

au bien le zèle dé ses apôtres, et même les fautes de ses enfants. ru La santé du Saint, cependant, ne de plus en plus faible. Il était au lit quand lui arriva la nouvelle de la mort de son fils Eugène III; tout le détachait de ce monde. Tant qu'il le put, il célé- bra la Sainte Messe. Le reste de la journée, tout le monde était admis à le visiter, mais il semblait étranger aux affaires qu’on traitait devant lui: « Je ne suis plus de ce monde, » disait-il. Et ce fut dans les dispositions les plus saintes de charité envers ses frères, d'amour de Dieu, de désir du ciel, que, s’éteignant peu à peu, il quitta la terre, ägé d’environ 63 ans.

Dieu tout-puissant et miséricordieux, faites surgir pour la propagation et la perfection de la vie ‘religieuse de tels exemplaires, pour la défense du Siège Apostolique et pour la Poe de l’Église entière, de tels apôtres!

MÉDITATION DU SOIR

LES BÉATITUDES: HEUREUX LES MISÉRICORDIEUX = PARCE QU'ILS OBTIENDRONT MISÉRICORDE.

Deux pensées suffiront à occuper cette méditation: 1.° Nous devons développer en nous les sentiments de la miséricorde; 2.° Nous devons exercer autour de nous les œuvres de la misé-

ricorde.

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