III. - La semence dans le terrain sans fond
Ce sol où, sous une légère couche de terre, se trouve bientôt le rocher, est l’image d’un esprit superficiel et, pour comble de malheur, présomptueux, car cette dernière disposition est le funeste apanage de l’âme légére et sans fond. Celui qui a ce défaut par nature et ne le corrige pas, pourra bien montrer d’abord, dans l’étude de la science sacrée, une précocité merveilleuse, une exüubérance rare, une promptitude singulière à faire de vastes plans. On fondera sur lui les plus belles espérances et l’on émettra les pronostics les plus heureux. Ses débuts lui vaudront des éloges flatteurs, des sympa- .
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thies venues de haut, et sa suffisance en sera portée au comble. Mais attendons la fin! Comme il a négligé de méditer humblement et patiem- ment les enseignements du Christ et de ses Apôtres, qui constituent le fond de la doctrine, il ny. a rien de sérieux ni de solide à attendre de lui. À l'opposé de ce qui se passe dans la nature, - quand un terrain pierreux et ingrat, à force de culture, perd sa dureté et devient productif, la dureté pour lui s’accentue, la médiocrité se révèle
peu à peu, la déception devient de plus en plus
cruelle: non seulement le ciel ne le bénit pas, mais les hommes finissent par le mépriser, Voilà donc, Ô maîtres dévoués, la manière dont cet enfant chéri à répondu à votre prédilection, s’est pénétré de vos avertissements, a profité de vos
corrections! Au lieu de produire des fruits substantiels et qui; en s’améliorant, fussent devenus dignes d’être placés dans le grenier du Pére cé- » leste, cet infortuné, cet esprit sans fond, ce présomptueux ne donne, comme résultat final, que quelques fruits secs; Dieu veuille que ce ne soient pas des fruits gâtés! Cieux et terre plaignez-le, __ ou plutôt plaignez les âmes, car pour lui il n'a | que ce qu'il mérite.
AE” AVR ta semence dans les épines.