‹ Retraite ecclésiastique d'après l'Évangile et la vie des saintesChapitre 179 sur 207 · GALAT, V, 6. — 2? MATT. XIII · texte numérisé non relu

GALAT, V, 6. — 2? MATT. XIII

vres avaient le privilège d’exciter spécialement en

disait il, affendrir nos cœurs et les rendre suscepli-

A NEUVIÈME JOUR. - CO

grès des misères; les siècles les plus infortunés nous offrent, à ce point de vue, le spectacle le, plus consolant. C’est ainsi que nous voyons sur-

gir, dans le cours des âges, l'Ordre de Îa rédem-.

ption des captifs, l’œuvre de l’Assistance des con-

damnés, la Milice des chevaliers pour la protec-.

tion des biens ecclésiastiques, l’association des

Frères Pontifes pour la construction des ponts et …

des églises etc. etc. En Vincent de Paul, l'initiative

a une plus grande portée; elle ne regarde pas

seulement telles misères contemporaines à soula-

ns:

ger, mais surtout le système, la tactique pour leur porter secours. Un travail se faisait depuis longtemps dans les sociétés; peu à peu leur fidélité à la foi se démentait; il appartenait donc ‘atx. croyants de refaire l'empire du Christ par l'union volontaire des dévouements. C’est cette transfor-. mation que Vincent de Paul, pressentant l'avenir, commença de réaliser. Sa hardiesse et son esprit d'initiative furent telles, que l'autorité ecclésiastique, gardienne prudente des traditions du bien comme du vrai, hésita d’abord à sanctionner certaines de ses vues. | | :

Et cependant, aucun homme ne pratiqua mieux le plein abandon au gouvernement de la Providence. Il appelait la conformité à la volonté de Dieu Ze érésor des chrétiens, la cheville ouvrière des œuvres de zèle, une communion perpétuelle. Cette conformité n’était pas à ses yeux une inertie che et une passivité systématique, comme celle

des Quiétistes de son temps; c'était « l'activité “du parfait amour, qui porte la volonté à tout ce qu’ il y a de meilleur ». De ce plein abandon résultait en lui, dans les contrariétés, les décep-

tions, les insuccès, une paix surprenante. Toujours

la bonne œuvre aboutissait, par l’accroissement

en lui du courage, et il se sentait plus apte à

de nouvelles entreprises, sous la direction toujours mieux ‘suivie, de la grâce de Dieu. Z7 faut, di- sait-il, émousser la pointe des inclinations de la nature; quand on lui donne un pied, elle en prend quatre. ce ee :

4° Une humilité profonde jointe à une con-

Rance en Dieu sans bornes. — Vincent, en directeur

éclairé, n’approuvait pas cette humilité feinte qui aime à faire parade d’elle-même; il enseignait que s’humilier tout de bon est ## art. Il travail-

lait donc à développer en iui-même le sentiment

de sa propre misère par la contemplation des per-

fections divines, et la vue des bénédictions répandues sur ses travaux fortifiait en lui ce senti-

ment intime. Quand, à l'occasion de ses bonnes œuvres, on lui donnait quelque marque d'estime, c'était pour son cœur un vif déplaisir, une sorte de froissement. De là ces expressions si fortes, qui s’échappaient. alors de ses lèvres, quand il s'appelait « fils de villageois, de la lie du peuple, simple porcher, pauvre écolier de quatrième etc. ».

Le jour anniversaire de son baptême, il avait cou-

tume, à genoux devant ses compagnons, de leur

mal, il se hâtait de s’en imputer la cause. Dans toute sa conduite enfin, l'humilité, même quand elle était latente ou moins accentuée, n’en était. pas moins la base universelle et inébranlable.

L'humilite, disait-il, est une vertu 51 cor

si difficile, si nécessaire, que nous ne Saurions PA y penser ; c'est la vertu des missionnaires. I voulut donc qu’elle animât partout ses disciples. A

lorsque quelques-uns d’entre eux lui parlaient de bons procédés à employer envers des personnes … haut-placées qui pourraient au besoin appuyer leurs

entreprises, il trouvait louables les égards, mais

blâmables ces vues intéressées, ces « motifs bas ». Comment « s'amuser » à de telles choses? La

ë ù n demander SAT de & ses fautes. Si une Shoes allait

confiance doit être mise, non dans les moyens

humains, mais en Notre-Seigneur, qui est pour :

nous «le premier et le second ».

C’est par cette confiance que Vincent, homme de naissance vulgaire, dépourvu de fortune et de qualités brillantes, accomplit d'un cœur si magna-

nime toutes les œuvres que l’on sait. L'assistance’

de Dieu descendait sur elles, sans doute, à cause de leur utilité; mais bien plus encore à cause de la confiance sans bornes que lui témoignait l’humble ouvrier.

° Une activité incessante modérée par une sage

lenteur. — Cette lenteur, à juger selon l'impression premiére, était un défaut. Vincent disait: « Nous verrons. il faut réfléchir... attendons ». Les qua-.

lifications de « lambin, d’ irrésolu "" , venaient sur les lèvres de plusieurs. Arrêtez, censeurs, votre reproche tomberait sur Dieu lui-même. Vincent avait déjà cinquante ans quand la Pro-

vidence lui ouvrit la voie aux grandes œuvres de

miséricorde. Mais aussi, dans les trente ans qui lui restent, quelle activité, quelle lucidité de re- | gard! quelle expérience du monde et de ses mi-

__ sères! Quelle sollicitude universelle ! Quel tact pour

intéresser à ses travaux le peuple et les rois! Le

jour, il donne audience, il prend connaissance des ] ;

courriers, il sort pour ses grandes affaires ; et mal-

gré cela il n’a jamais l'air pressé. La nuit, il se

met en règle pour la correspondance, car un jour de retard pourrait causer de graves dommages ; et malgré ces veilles prolongées, le matin à quatre heures il est debout pour la méditation, la messe ét l'office. Puis il se remet aux travaux de la veille, peut-être avec un accroissement de surcharge, d’amertumes, d’épines. Quel modéle de | patience, quel chef-d'œvre d’infatigable activité! F6 Une SPP ravissante, $ alliant à une prudence consommée. — Le grand Bossuet a loué la simplicité de Vincent, dans la supplique où il demandait sa canonisation au Saint-Siège: « Il nous a été donné, écrivait-il, de jouir largement de lui et de voir de nos yeux ses vertus, surtout sa charité sincère et apostolique, sa gravité et sa prudence, wnies à une admirable simplicité ». La nécessité où il se trouva de fréquenter la cour

PA É ; ds GES PR STADE T à AIDE Xe 370 .- CONFERENGÉ. … 3700 NEUVIÈME Mure Er EU ol

| RE FE DRE et de voir de prés les agissements de la Done 3 humaine, ne fit que confirmer en lui la volonté de se conduire, sans biaisement ni deguisement, ni vue d'intérêt propre et de respect humain; il en- 1 tendait procéder en tout, bonnement et sincèrement. : Aussi quand on lui représenta que, par certaines à démarches près du souverain en faveur de la paix il il s’exposait à déplaire et à perdre ses entrées à * la cour, il répondit: Je ne mérite pas que Dieu F me fasse une telle grâce! à Mais en même temps, quelle prudence! Za où la prudence humaine ne voit goutte, disait-il, commence à poindre la lumière de la sagesse divine... La prudence nous fait agir comme il faut, quand "4 il faut, pour le motif qu'il faut. Ce qu’il ensei-. gnaït si bien, il le faisait mieux encore. Le trait dominant en lui n’était ni l'imagination, ni l’aptitude aux spéculations théologiques, mais la circonspection pour se rendre compte des choses ; d’après leur valeur intrinsèque, examiner la connexion qu elles ont entre elles, et en peser les avantages et les inconvénients, soit actuels, soit surtout futurs. Ce qui sortait de là, c'était des mesures bien comprises, c'était des lettres sobres, nerveuses, précises, pratiques et qui persuadaient ; on était contraint de dire sans réplique: « Maintenant je sais mon devoir, je comprends ce qui est le plus agréable à Dieu, le plus utile à l'Eglise ». En résumé, les qualités et les vertus de notre “4 Saint atteignaient le degré héroïque sous une

rs 2 «

Page 1