QUATRIÈME JOUR.- EXAMEN
- Avarice matérielle.
Elle entraîne divers maux des plus graves, une lesquels les quatre suivants: 12
° Elle compromet la jushce.-Les devoirs de
ue sont importants ne tous et plus spéciale-
ment pour celui qui n’a pas à gérer seulement ses intérêts propres, en tant que personne privée,
mais les intérêts de l'Église, de ses fidèles et de
ses œuvres, en tant que personne publique, pré-.
posée à cette gestion par mission de Dieu. Or, le prêtre attaché aux biens de ce monde est exposé à manquer de mille manières à ces obli- | gations si complexes, et à faire servir les intérêts sacrés à son avantage personnel, ou à l'avantage de ses proches selon la chair et le sang, dissipateur à leur profit, autant qu’avare envers Dieu. Il n'ira pas, certes, jusqu’à commettre froidement, comme Judas, le larcin des aumônes et la trahison de son Dieu; mais il se permettra d’abord dans les devoirs de justice, des retards, des retranchements, des détournements provisoires d’une probité plus que suspecte. Ensuite, les embarras matériels croissant malgré ses habiletés, il persistera à s’illusionner et se gardera de consulter des hommes éclairés; il préfère rester libre, pour se faire une conscience complaisante, appuyée sur de faus-. ses maximes qu’il érige en principes. Déjà il côtoie "4 le précipice de l'injustice, il en tremble, mais il
y glisse, par la force de la pente, et finalement il
y tombe. Voudra:t-il en sortir? aura-t:il le déta- : chement et l'énergie nécessaires? Plaignez-le et gardez-vous de le suivre, même dans ses premiers pas, quelque inoffensifs qu'ils soient en apparence: ce sont eux qui l’ont amené la.
° Z' avarice paralyse la miséricorde. - Le . des misères humaines est immense, le rôle de la miséricorde n’est pas moins grand, et l’homme de Dieu en est le ministre: il emploie à la seconder son intelligence, son cœur, son bras. Mais s’il incline l'oreille aux insinuations de l’avarice, sera-t-il capable de remplir dignement sa mission ? Sur la Providence et son assistance merveilleuse, il a des idées étroites; avec les malheureux il marchande ; leur peu de dignité morale et personnelle fournit une excuse à ses délais, à ses | restrictions et à ses mesquineries. Entendrez-vous jamais la foule des infortunés raconter ses œuvres et bénir sa mémoire? On le censure, au contraire, avec exagération peut-être, mais ce n’est pas Dieu qui se constituera son défenseur en révélant ses œuvres et sa générosité.
3 32 L’avarice Pot le prochain de la bonne édr- : FES Ceux-là même parmi les fidèles qui n’ont personnellement besoin d'aucune assistance, ont droit au bon exemple et ont besoin qu’il leur vienne de haut, pour entraîner leur concours aux bonnes œuvres. D’autres, malheureusement : pri- vés de la foi, attendent que l'édification les porte Sie embrasser. Comment l’homme de l Église
acquérera-t-il envers les uns et les autres ce prestige et cette autorité morale? Ce sera surtout quand le surnaturel se révéléra en lui sous les traits de la bonté. — O toi que l’avarice domine d'une maniére occulte, malgré la sainteté et la noblesse de ta vocation, rien de cette autorité ne ressort de ta vie. On dira peut-être que tu es un économe habile, conservateur soigneux
de tes droits, gardien fidéle de la résidence, inté-
gre dans tes mœurs, sobre dans ta vie quotidienne; mais on ajoutera tristement: Il y a moins
de libéralité et de tendresse dans ce prêtre que …
dans certains incroyants secourables. Laissons-le, lui et sa doctrine, et restons ce que nous sommes.
4° L’'avarice rétrecit le cœur du prêtre et ses . progrès en sainteté. — Pour avancer dans la sainteté, il faut un idéal qui charme notre volonté et qui nous dilate l'âme; il faut une grâce qui nous détache du créé et nous élève au-dessus de nous-même, selon le mot de saint Paul: « Cher- chez ce qui est en haut, goûtez ce qui est en haut, non ce qui est sur la terre ‘». Si nous. n'avons, au contraire, que des idées basses, des calculs sordides, des craintes puériles sur l'avenir, des jalousies occultes pour ceux qui sont mieux pourvus que nous en biens terrestres, rien dans ces dispositions ne pourra nous faire avancer d’un pas: les pieds sont cloués, le cœur est retréci,