Avarice des biens du cœur. - Faire son de- 1e
voir afin de ne pas manquer à la consigne, peut suffire pour un soldat, non pour nous. Le domaine où nous travaillons est le domaine de la charité; l'esprit qui doit régner parmi nous est
l'esprit de famille, auquel le cœur généreux, en se donnant, apportera le plus riche tribut, le plus agréable concours. Mais que de fois ce don est nul, tandis que le cœur dépense et gaspille ses
trésors pour des étrangers! Quand il les répartit entre ses intimes, le caprice plus que le bien réel est son guide, et vous le voyez combler d’attentions les personnes symphatiques, alors qu’il donne à peine les signes de politesse indispensables à celles qui auraient plus besoin de bonté, de prévenances et de compassion? Le reproche de saint Paul trouve là, dans un autre sens, son application: Alius esurii, alius ebrius est”. « Tel surabonde de témoignages d'affection jusqu’à l'ivresse, tandis que tel autre est négligé, reste morne, | souffre la faim ».
3° Avarice des biens de la piété. - Jamais la recherche des biens de la piété, entendue dans son
vrai sens, ne saurait être excessive: au contraire,
comme # piete est utile à tout *, plus elle abonde
dans un cœur, plus le bn en partage les bienfaits. Mais où l’égoïsme régne, la confusion des notions est facile; on se persuade donc que les exercices de piété sont l'esprit de piété, et que se donner les jouissances de la dévotion c'est | : s’adonner à la dévotion. L’avare spirituel est le premier à tomber dans cette méprise; il sacrifie | de mauvaise grâce ses pratiques pieuses et le bienêtre qu’elles lui apportent, à l’austérité du devoir, dont il se dispense sous le moindre prétexte, ou dont il précipite l’accomplissement. Il a hâte de | se reposer dans une oisivité douce, au milieu des
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chants, de l’encens et des fleurs; et il ne sent à ce égard aucun scrupule! Si Dieu même venait lui dire: « Retire-toi, et va vers mes. frères ‘, » obéirait-il comme Île fit Marie-Madeleine ? |
Oh! quel sujet d'examen pour moi, que cette avarice spirituelle ! Que de censures je risque d'y rencontrer ! Que de réformes devront en résulter L Mais n'importe, Seigneur, je veux me vaincre afin de pouvoir dire comme saint Paul: « Je dépense rai ce que | ‘ai, et par dessus tout je me dépenserai moi-même, pour le bien des âmes. Impendam et superimpendar ipse pro animabus vestris ?. » Amen
CONFÉRENCE