‹ Retraite et mort de Charles-Quint au monastère de YusteChapitre 3 sur 25 · EE RE · texte numérisé non relu

EE RE

(4) « …. No dejo de temer el pescado desta cuaresma, porque, à causa de dar buen egemplo, pienso Vuestra Magestad no se aprovecharä de la licencia que del papa tiene. Todavia se podrä sufrir, si Vuestra Magestad hace alguna penitencia en no artarse, y dejar del todo las cenas, y con no beber entre Ja comida y la colacion : pero, si Vuestra Magestad deja las riendas al apetito, vo os digo que la conciencia ÿ salud corporal irän ecuesta abajo….. » (Lettre du 29 février 4552, dans les Briefe an Kaiser Kart V, etc., p. 481.)

(2e Mangia assai e forse piu di quello che conviene alla complessioné ed esercizio ch'egli fa, e mangia cose che generano umori grossi e viziosi, dalli quali consecutivamente nascono quelle due infermità che l’affligono, la podagra e l’asma...… » ( Relazioni degli Ambascialori veneti al senato, ete., 4re série, t, E, p. 542.)

LUN TS RE Essendo cosi molestato (l'Empereur) e dalla gotta e da una strettura di petto, e mangiando, come fa, cost disordinatamente, è da credere che sia per avere corta vita... » (/bid., p. 469,)

(10) 1547 à 1550, représenta le roi de France auprès de Charles-Quint, ne s'exprime pas là-dessus d'une manière moins positive (1). À l'époque de son abdication, Charles, quoique de plus en plus usé par les maladies, se montrait tout aussi rebelle qu'auparavant à toute espèce de régime; nous en avons la preuve dans la relation de Frédéric Badoaro, qui en ce temps était ambassadeur de Venise à la cour de Bruxelles : « Pour » ce qui est de la table, dit Badoaro , l'Empereur a » toujours fait des excès. Jusqu'à son départ des Pays- » Bas pour l'Espagne, il avait l'habitude de prendre, » le matin, à son réveil, une boîte de chapons pétris » avec du lait, du sucre et des épices ; après quoi, 1l se » rendormait. À midi, il dinait d’une grande variété » de mets; il faisait collation peu d'instants après » vêpres, et, à une heure de nuit, 1l soupait : man- » geant, dans ces divers repas, toute sorte de choses » propres à engendrer des humeurs épaisses et wis- » queuses.... (2). » Î avait fait venir de Portugal une

(AE Eee Avec tout cela, il (l'Empereur) est fort désordonné de la bouche, et ne fait aucun exercice... » (Sommaire de l'ambassade de feu M. de Vienne devers l'empereur Charles V, en 1550, dans la Deutsche Geschichte im Zeitalter der Reformation, par M. Ranke, LV n. 407)

(2) « Nel magnare, ha sempre Sua Maestà cccesso: et fino al tempo che ella parti di Fiandra per Spagna, la mattina, suvegliata che ella era, pigliava una secatola di pisto di capponi, con latte, zuccaro et speliarie, dopo il quale tornava a riposare; a mezzo giorno desinava molte varietà di vivande, et poco di po vespro merendava, et ad un hora di nolte Se n’andava a cena, magnando cose tutte da

femme qui possédait le talent d'accommoder les viandes à son gré (1). Les pièces que nous avons publiées dans le premier volume de ce recueil montrent que, au monastère de Yuste, pas plus que sur le trône, Charles n’était assez raisonnable pour régler ses appétits. Son fidèle et dévoué majordome, Luis Quijada, lui faisait vainement, sur ce point, les représentations que lui dictait son zèle (2).

Charles-Quint comptait à peine trente ans, lorsqu'il ressentit les premières atteintes de la goutte (3). Jean

gencrare humori grossi et viscosi … » (Relatione del clurissimo Federigo Badouaro ritornato ambasciatore, etce., l’unno 1557, MS. de la Bibliothèque royale de Bruxelles n° 6085, fol. 25 vo.)

(1) Elle s'appelait Anna de Andrada; son traitement avait commencé le 4 novembre 14555, et dura jusqu’au départ de Charles- Quint pour l'Espagne; il était de 28 patards par jour, outre une pension de 200 florins par an. ( Comptes et acquits de la recette générale des finances, de 1556.)

Dans l'état de la recette générale du mois d'octobre 1556, figure une somme de 28 livres 12 sols, payée « à Claes Kerremans, mar- » chand de lictz, demeurant à Bruxelles, pour le louage de deux lictz » par luy livrez à certaine damoiselle de Portugal accoustrant » viandes à l'Empereur, depuis le premier novembre LV jusque le » xu° d'aoust LVHE »

(2) Nous avons trouvé trois pièces assez curieuses sur le régime et les goûts de Charles-Quint en ce qui concernait sa table : ce sont des lettres écrites par un des officiers de sa maison à la reine Marie de Hongrie, pendant le siége de Metz, en 1552, Nous les donnons dans l'Appendice À. I sera curieux de les rapprocher de la lettre de Guillaume Van Male au seigneur de Praet, du 24 décembre 1552. (Voy. Lettres de Mulinœus sur la vie intérieure de Charles-Quint, publiées par le baron de Reiïffenberg, 1845, Bruxelles, in-8°, p. 91.)

(5) Selon Sepulveda, cité par M. Mignet, Charles-Quint, ete., p. 22,

(12) Vandenesse, contrôleur de sa maison, qui Île suivait partout, nous apprend que, en 1558, étant à Gênes avec le pape Paul IT ; de retour du congrès de Nice, la goutte le mit dans l'impossibilité d'aller rendre visite au saint-père (1). Ce n’était jusque-là, toutefois, que des accidents peu graves encore. Les attaques du mal devinrent, quelques années après, plus vives et plus fréquentes. Au mois de mars 1342, à Valladolid, Charles fut obligé de remettre l'audience que sollicitait l'évêque de Londres, ambassadeur de Henri VIT, parce qu'il était « très-fort travaillé des gouttes (2). » En 1545, après la conquête du duché de Gueldre, il avait pris le chemin de Bruxelles, où l'attendaient les états généraux des Pays-Bas, convoqués par son ordre : la goutte le força de s'arrêter à Diest, et il fallut que les états vinssent l'y trouver : il se fit porter dans la salle où eut lieu leur assemblée (3). IL eut, quelques jours après, dans le palais de la reine douairière de Hongrie, à Binche, un nouvel accès (4) qui

qq es pe mem

Je dois faire remarquer que Vandenesse ne parle pas de cette attaque de goutte, et que le cardinal Loaysa, dans sa correspondance où il s'occupe beaucoup de la santé de l'Empereur, n’en fait pas mention non plus.

(4) Journal MS. des voyages de Charles-Quint.

(2) Ce sont les expressions dont il se sert dans une dépêche en date du 5 avril 1542, adressée à Eustache Chapuis, son ambassadeur en Angleterre, et dont une copie est aux Archives du royaume.

(5) Vandenesse, Journal MS. des voyages de Charles-Quint, — L'assemblée des états généraux ent lieu le 20 septembre.

(4) Jbid,

l'affaiblit beaucoup; mais il ne laissa point pourtant d'aller visiter son armée devant Landrecies , dont elle faisait le siége, prêt à livrer bataille à François F°, si ce prince, comme en courait le bruit, s’'approchait pour secourir la place. Une lettre que, dans ces circonstances, il écrivit à Henri VII, mérite d'être extraite 1e1: « Très-hault, très-excellent et très-puissant prince, » — disait-il au roi d'Angleterre — « nous avons dé-

laissé de vous escripre et faire sçavoir de noz nouvelles, dez le retour devers nous du seigneur de Chantonay, actendant nostre venue au camp, pour vous pouvoir advertir de l’estat de noz forces et des termes et desseings de celles du commun ennemy. Mais la goutte nous a tellement fait la guerre, que n'avons peu personnellement entendre en laultre, Jusques à ce qu'il y à huit Jours, que nous aventurasmes de partir de Bintz, et venir à Mons, où, pour nous trouver encore débile, fasmes constrainct sesjourner jusques à jeudy dernier, que vinsmes à Bavais, et le lendemain au Quesnoy; et hier fusmes veoir nostre armée mise en deux camps sur Landreschies, comme nous supposons que les général et mareschal de voz gens de guerre, tant de cheval que de pied, vous ont adverty. Et, après avoir regardé l’estat de ladicte armée, assiète desdicts deux camps, et les advenues d’iceulx, et considéré la qualité dudict Landreschies, et comment il a esté procédé aux approches de la place, et dispositions pour y continuer, et les advis et nouvelles que lon à dudiet ennemy, et comment il fait journellement

» approucher ses forces, etque luy et ses enffans mar- » chent, démonstrans vouloir secourir lediet Lan- » dreschies et bailler la bataille, avons advisé de tenir » lesdicts deux camps sur ledict Landreschies , et en- » tendre en l'expugnation, en actendant plus certain » advis de ce que ledict ennemy vouldra faire. Et, pour » ce que ne sumes encore du tout refaict de la grande » actainte que nous a donnée ladicte goutte, vinsmes » au soir en ce lieu, prouchain dudict Landreschies, » dez lequel tiendrons correspondencé avec nostre » armée, et nous trouverons en Icelle, selon que ver- » rons convenir, avec les termes que lediet ennemy » tiendra (1... »

Charles-Quint, qui était venu passer quelques semaines à Bruxelles, à l'issue de cette expédition, en partit , le 2 janvier 1544, pour la diète de Spire (2). Au mois de juillet, il entra en Champagne, où son armée l'avait précédé. Ayant conclu la paix avec François [° à Crépy, il revint aux Pays-Bas. Le 5 décembre, 1l se rendit de Bruxelles à Gand; il ne devait séjourner dans cette dernière ville que très-peu de jours : il eut, le à, une attaque de goutte qui l'y retint jusqu'au 45 janvier (5). I avait convoqué une nouvelle diète impériale à Worms, et, lorsqu'il se sentit mieux, il crut qu'il

(1) Cette lettre est datée du 21 octobre, à Avesnes. El y en a une copie aux Archives du royaume.

(2) Journal MS, de Vandenesse.

(5) /bid.— Papiers d'État du cardinal de Granvelle, 4H, pp. 51 et 97.

pourrait aller y présider (L; dans ce but, il reprit le chemin de Bruxelles. Là, le 4° février, un second accès de goutte, qui l'attaqua en même temps à l'épaule, au bras, à la main et à l'un des pieds, vint déranger ses projets : il fut obligé d'envoyer le seigneur de Granvelle à Worms, pour l'excuser auprès des électeurs. Il ne put se mettre en route que le 7 avril (2).

Pendant l'hiver de 1545 à 1546, il eut également à souffrir deux attaques du mal: l'une, le 4 décembre, à Bois-le-Düc, où il se vit forcé de s'arrêter jusqu'à la fin du mois; l'autre, dans les premiers jours de janvier, à Utrecht, où il s'était rendu, pour y tenir le chapitre de la Toison d'or (5).

L'hiver de 1546 à 1547 lui fut moins contraire que les deux précédents; il eut seulement, dans le mois de mars, un accès de goutte, assez violent à la vérité, mais qui disparut après un traitement de quelques jours (4 . Il faisait, à cette époque, la guerre aux protestants d'Allemagne, et, comme le remarque un ambassadeur vénitien, la vie des camps convenait particulièrement

(1) Papiers d'État du cardinal de Granvelle, t. HA, p. 37.

(2) Journal MS. de Vandenesse. — Lettre de l'Empereur au roi Ferdinand, son frère, du 4°r février, dans les Papiers d’État du curdinal de Granvelle, t. UH, p. 55.

(5) Journal MS. de Vandenesse, — Histoire de la Toison d’or, par M. de Reiffenberg, p. 444.

(4) Journal MS. de Vandenesse. — Lettre de Charles-Quint au roi Ferdinand, écrite de Nordlingue, le A9 mars 1547, et citée dans les notes du comte de Wynants, directeur général des archives de l'État

avant 4794.

à ce prince; il s'y montrait gai, dispos, plein dewvivacité (4) : il semblait qu'alors ses facultés physiques fussent tout autres.

Vainqueur de la ligue protestante, et traînant en: chaînés à sa suite l'électeur Jean-Frédéric et le landgrave de Hesse, Charles convoqua la diète de l'Empire à Augsbourg ; il fit son entrée dans cette ville le 25 juillet (2). La goutte, qui l'avait ménagé depuis deux ans, reparut, aux approches de l'hiver (3), avec des symptômes assez alarmants, pour qu'il conçüt la crainte de ne plus voir son fils : ce fut dans ces circonstances qu’il dicta la célèbre instruction que les historiens nous ont transmise (4).

ER Non pud in modo alcuno dissimular questo principe il piacere che ha quando si trova alla guerra. Ë in quel tempo tutto allegro , tutto vivo... » (Relation de Bernard Navagero, dans les Relazioni deqli Ambasciatori veneti al senato, série 1, t. [, p. 507.)

Au mois de juin 4545, Henri VIT envoya à Spire, où était l'Empereur, son premier secrétaire, William Paget. Il avait été convenu, l'hiver précédent, entre les deux monarques, qu'ils se mettraient à la tête de leurs armées, pour envahir la France chacun de son côté. Henri, peu disposé à exécuter cette convention, désirait que l'Empereur ne prit pas lui-même le commandement de ses troupes, et Paget fut chargé de lui faire des représentations dans ec sens. Cet ambassadeur échoua. On répondit à toutes les raisons alléguées par lui : « S. M. est pour maintenant en très-bon point, et ne se peult si bien » excuser (que le roi d'Angleterre) sur l'eage, ny pour la goutte, » qui ne la travaille guères en esté, el si luy prouffite le travail des » champs.» (Archives du royaume.)

(2) Journal MS. de Vandenesse.

(5) Jbid.

(4; Sandoval, Historia de Carlos V, 1. 1, p. 474.

À partir de cette époque, la santé de l'Empereur déclina d’une manière sensible, malgré quelques retours momentanés. La goutte n'était pas le seul mal contre lequel il eût à lutter : il avait un asthme qui lui causait une toux sèche et presque continuelle, et il souffrait beaucoup des hémorroïdes (1), sans compter d’autres indispositions accidentelles : c’est ainsi que, à peine arrivé à Augsbourg, il gagna la jaunisse, dont il ne parvint à se guérir qu'après un long traitement (2).

Pour combattre ses maladies habituelles, Charles faisait un grand usage du bois des Indes, et il se purgeait régulièrement de huit jours en huit jours (5). Dès que le froid commençait à se faire sentir, son état manquait arement d'empirer : il s’enfermait alors dans un poële, ou, pour mieux dire, dans une fourpaise , où 1l eût été impossible à tout autre qu'à lui de se tenir (4).

Après la diète d’'Augsbourg, il revint aux Pays-Bas, où 1} avait appelé le prince son fils, pour le faire reconnaître des états comme son futur héritier. L'air du pays natal exerça d’abord sur lui une salutaire 1in-

fluence (3) : malheureusement elle ne fut pas de longue

(4) Sommaire de l'ambassade de feu M. de Vienne, ete., p. 497.

(2) Vandenesse, Journal MS. des voyages de Charles V.

(5) Sommaire de l'ambassade, ete. — Vandenesse.

(4) Zbid.

(5) « Au regard de l'Empereur... ceulx qui Font veu l'an passé en Auguste s’'apperçoivent qu'il se porte encore moins mal qu'il ne faisoit en Allemagne, el mesmement à Spire et à Collongne, où il avoit

(18) durée; le 4° novembre (1548), la goutte le prit, et le fit cruellement souffrir aux bras, aux mains et dansiles épaules (411. I éprouva le chagrin de ne pouvoir aller au-devant de sa sœur, la reine douairière de France, qui arriva à Bruxelles le 5 décembre (2). Pendant tout l'hiver de 1548 à 1549 , le mal lui laissa peu de répit + il fut jusqu'à quatre fois assailli de la goutte, et l’on prit, pour une cinquième. attaque, une descente qui lincommoda beaucoup, car elle le forçait de se tenir dans sa chambre, assis sur une chaise, les jambes hautes et appuyées. Un médecin napolitain, qui vint tout exprès à Bruxelles pour le guérir, promettant monts et merveilles, n'y réussit pas mieux que son médecin ordinaire, Corneille de Baersdorp (3). L’ambassadeur de Henriil ne croyait pas qu’il pût aller bien loin, « à veoir, » — écrivait-1l à son maître, — « qu'il » à l'œil abattu, la bouche pasle, le visaige plus » d'homme mort que vif, le col exténué et gresle, la » parolle foible, l’'allenne courte, le doz fort courbé, et » les jambes si foibles qu'à grand’ paine il peult aller

ung piteux et povre visaige, lequel maintenant il semble avoir amende de beaucoup, depuis qu'il est icy. » (Lettre écrite de Bruxelles, le » octobre 1548, à Henri IL, par son ambassadeur Marillac : MS. 8625 de la Bibliothèque impériale, à Paris, p. 46.)

(1) Lettre de Marillac à Henri il, du 6 novembre 14548, (MS. cité, p. 60.)

(2) Vandenesse, Journal MS,

(5) Lettres de Marillac à Henri I, des 6 novembre et 28 décembre 15438, 9 janvier, 15 janvier, 21 mars et 6 mai 1549, (MS. cité, pp. 60, 442,115, 121, 185, 228.)

» avec un baston de sa chambre jusques à sa garde- » robbe; et, combien qu'il fasse encores parfoys con- » tenance de rire, et qu'il s'essaye de sortir dehors, » disant quil ne sent point son mal, ceulx qui le » peuvent bien sçavoir m'ont affirmé que cela provient » de ce que toutes les parties de son corps sont si » affoiblies, et luy en somme si usé, qu'il ne peult » avoir le sentiment si vif qu'ung aultre (1). »

Cependant le retour de la belle saison rendit quelques forces à l'Empereur, et, au mois de juin, il put se livrer à son plaisir favori de la chasse (2). Il se sentit même assez vigoureux pour entreprendre, le 4 juillet, avec le prince son fils, la visite des provinces méridionales des Pays-Bas, où Philippe fut reçu et juré(3). Rentré à Bruxelles le 24 septembre, tandis que le prince, en compagnie de la reine douairière de Hongrie, allait recevoir le serment des états dans les provinces du Nord, il s'y prépara, par une diète rigoureuse, au nouveau voyage qu'il projetait en Allemagne (4). Cette précaution ne l'empêcha pas toutefois d'être encore tourmenté de la goutte pendant une partie de l'hiver (5), et ce fut

(1) Lettre du 5 février 1549. (MS. cité, p. 135.)

(2) Lettre de Marillac au roi, du 9 juin 1549. (MS. 8626 de la Bibliothèque impériale, à Paris.)

(3) Vandenesse, Journal MS.

(4) Lettres de Marillac au roi, du 22 septembre, du 6 octobre et du .. novembre 1549. (MS. 8626, pp. 148, 158 et 256.)

(3 Elle le traita pourtant « plus courtoisement ceste année que » les précédentes.» (Voir la lettre de l'évêque d'Arras à Simon Renard,

seulement le 51 mai 1550, qu'il quitta Bruxelles (4).

Il arriva le 8 juillet à Augsbourg, où il avait de nouveau convoqué les états de l'Empire. Pendant les premières semaines, sa santé fut assez satisfaisante; mais, dès le mois d'août, la goutte lui revint, etiln'en fut débarrassé qu'au mois d'octobre, après en avoir cruellement souffert, car elle l'avait attaqué aux pieds, aux mains, aux épaules et presque partout : il en était . d'autant plus affaibli, que, dans le même temps, le flux habituel de ses hémorroides lui avait occasionné une grande évacuation sanguine (2). Charles, à l'entrée de l'hiver, se trouva mieux que d'habitude (3); mais cette

ambassadeur en France, du 7 avril 1550, dans les Papiers d'État du cardinal de Granvelle, t, HI, p. 422.)

(4) Vandenesse, Journal MS.

(2) Lettres de l'ambassadeur Marillac à Henri Il, des 28 août, 50 septembre, 28 octobre, 4 et 11 novembre. (MS. S-Geneviève 89, à la Bibliothèque impériale, à Paris, fol. 67 vo, 104, 120,499, 455.)

L'évêque d'Arras écrivait à la reine douairière de Hongrie, le 50 octobre : « L'Empereur a esté ratainet ung autre coup de la goutte, » dont toutesfois jà il se porte miculx; et, après la purge, n’a eu les » douleurs que un seul jour; et touteslois se trouve-il encoire si ». débile, qu’il n'entend aux négoces, veuillant prendre temps pour » se refaire. » (Archives du royaume.) |

(3) « S. M. se porte fort bien, et me dit hier elle-même qué de bien longtemps elle ne s’estoit trouvé si bien, et avec si bon appétit. Vray est qu'il doubte tousjours l’yver l’assault de la goutte de quelque part : mais, comme elle a jà discouru par toutes les joincetes, il confesse qu'il n'a tant de douleur que du passé, et que après le mal il est plus tost refaict qu'il ne souloit. » (Lettre de l'évêque d'Arras à la reine douairière de Hongrie, du 28 novembre 1550, aux Archives du royaume.)

amélioration ne fut pas de longue durée : l'ambassadeur Marillac mandait à Henri HE, le 27 janvier (1554), que l'Empereur était toujours au lit, ayant les mains contractées et toutes retirées, au point de ne pouvoir s’en servir, et que, un des jours précédents, il avait été si froid durant six heures entières, qu'on avait appréhendé que la chaleur naturelle ne vint à s'éteindre tout à fait en lui (4). Dans un avis qu'il fit passer, peu de temps après, à la cour de France, il résumait ainsi ce qui concernait la personne de Charles- Quint : « L'Empereur, depuis le moys de juillet qu'il » est arrivé en Auguste, a eu si peu de santé, qu'il ne » sest guères monstré hors de son logis, et, depuis » la Toussaint, n’a guères bougé de sa chambre, » Sestant seulement laissé voir, en une salle joignant à » Icelle, les festes de Saint-André, de Noël et des Roys, » et aussy quand il bailla le recez de la diète (2). » Charles se rétablit toutefois à l'approche du printemps (5).

Sur Ja fin d'octobre (45514), 1l quitta Augsbourg, pour s'établir provisoirement à Inspruck. Quelque temps avant son départ, il avait ressenti des douleurs assez vives de sa maladie de poitrine (4). Dans le trajet

(1) MS. Ste-Geneviève 89, etc., fol. 208.

(2) Avis du 24 février 1551. (MS. cité, fol. 251.)

(5) Papiers d'État du cardinal de Granvelle, 1. HE, p. 515.

(4) Lettre de l'évêque d'Arras à la reine douairière de Hongrie, écrite d'Augshbourg, le 29 septembre 4554 ; lettre de l'Empereur à la

même, du # octobre, (Archives du royaume.)

(2) d'Augsbourg à Inspruck, où il arriva le 2 novembre, il fut assailli de la goutte à l’un des bras; l'attaque ne fut cependant pas violente, et elle dura peu (1): huit jours après, il était déjà sur pied, parcourant tous les environs du château, et menaçant les biches qui peuplaient un petit bois situé sur les bords de Finn (2). La goutte le reprit au bras droit le mois suivant: cette fois, elle s’annonçait avec une certaine violence (5); elle céda néanmoins à un traitement de deux à trois semaines, si bien qu'il n’en conserva qu'un léger ressentiment au petit doigt de la main droite, et que, le 10 janvier, il fut en état de rendre visite au roi et à la reine de Bohème, arrivés à Inspruck (4). La douceur de l'hiver de cette année exerca d’ailleurs une influence favorable sur son état : il regagna de l'appétit et de la vigueur (5).

(1) Lettre de l’évêque d’Arras à la reine de Hongrie, du 6 novembre 1551. (Archives du royaume.)

(2) « L'Empereur se refaict fort, et se porte mieulx de jour à aultre, marchant jà partout, et menassant jà les biches qui sont en ung petit boucaige au bord de la rivière... » (Lettre de l’évêque d'Arras à la reine de Hongrie, du 8 novembre 1551, ibid.)

(5) Lettres de l'évêque d'Arras à la reine de Hongrie, des 15 et 50 décembre 1551. (/bid.)

(4) Lettre de l’évêque d'Arras à la reine de Hongrie, du 40 janvier 1552; lettres de Charles-Quint à la même, des 28 janvier et 24 février, (/bid.)

(5) Son médecin, Corneille de Baersdorp, écrivait à la reine de Hongrie, le 16 février 1552 : « Quant à l'Empereur, il se porte fort » bien en toute manière, Dieu en soit loué, sans avoir nulle fluxion ; » mange et boit de bien bon appétit. Son estomac est fort bon, sans

Il présuma trop de ses forces, néanmoins, lorsque, au mois d'avril, craignant d'être surpris par Maurice de Saxe, et aimant mieux « se mettre en grand danger » que de recevoir une grande honte ({), » 1l se détermina à partir secrètement d'inspruck pour les Pays- Bas. Il avait à peine fait quelques lieues à cheval, que la fatigue le contraignit de s'arrêter; et comme, dans le même moment, il apprit que les troupes de Maurice occupaient les défilés par où il devait passer, 1l revint à Inspruck, avant qu'on s'v fût aperçn de son départ (2).

Nous n'avons point à raconter ici comment Charles- Quint s'enfuit d'Inspruck avec le roi Ferdinand, son frère, à l'approche de Maurice, n1 à parler de la part quil prit aux négociations de Linz et de Passau, mi à entrer dans des détails sur les armements qu'il fit pour

» faire corruption de digestion, comme il soloit. Il a fait yey ung » fort beau yver, et ainsi S. M. pense que l’air de ceste ville soit fort » salutaire, et pour ce devient amoreulx du lieu : qui pourroit estre » cause de y plus longuement séjourner, nonobstant que je dis, » comme il est vray, la cause de la beaulté du temps avoir esté la » qualité de l'année, et non de la région, laquelle ne peult estre » salutaire, pour estre estroictement de tout costé enserré ès mon- » taignes extrêmement haultes. » (Archives du royaume.)

(4) Lettre de Charles-Quint an roi Ferdinand, du 4 avril 1552, publiée par M. Lanz, Correspondenz des Kaisers Kart V, t. IE, p. 1614.

(2) Lettre de Charles-Quint à la reine de Hongrie, écrite de Villach, le 50 mai 1552. (Archives du royaume.)

Cette lettre a été publiée par Bucholtz, Geschichte der Regierung Ferdinand des Ersten, 1. IX, pp. 54% à 547,

(24) rétablir sa réputation en Allemagne et aux Pays-Bas : nous dirons seulement que, ayant pris la résolution d'assiéger Metz, dont Henri Il s'était emparé par surprise, il arriva à son camp, à trois lieues de cette ville, le 20 octobre (1). Il avait ressenti une légère attaque de goutte à Landau (2) : un nouvel accès qu'il en eut au bras ne lui permit pas d'accompagner ses troupes, lorsqu'elles se mirent en mouvement pour investir la. place, et il s'établit à Thionville (5). Là, sa santé se remit promptement (4). Le 419 novembre, il se trouva

(1) Lettre de Charles de Tisnacq à la reine de Hongrie, écrite du camp, le 24 octobre 4552. (Archives du royaume, papiers d'État : Lettres des seigneurs , 1. VI, fol. 471.)

(2) Lettre de l'évêque d'Arras au seigneur de Boussu, écrite de Landau, le 28 septembre. (/bid., fol. 257.) — Lettre de Corneille de Baersdorp à la reine de Hongrie, du 4 octobre, ( /bid.)

(5) Lettre de Tisnacq, citée plus haut. — Lettre du seigneur de Boussu à la reine de Hongrie, du 25 octobre 1552, (Archives du royaume : Lettres des seigneurs, &. VIF, fol, 498.)

(4) Lettres de Charles de Tisnacq à la reine de Hongrie, écrites de Thionville, les 4e et 5 novembre. (/bid., t. VIT, fol. 8 et 27.)

Voici quelques extraits de lettres écrites à la reine par le médecin Corneille de Baersdorp, et qui sont en original dans nos Archives :

26 octobre : « Madame, Vostre Majesté sera advertie que la goutte » de S. M., ayant esté au bras et main droicte bien forte, et à deux » genoulx, et touché le bras senestre, est venue en totale déclination. » La fièvre a esté à l'accoustumé, mais moins forte, et suivante la » défluxion et doleurs. Il dort maintenant bien, et recouvre quelque » goust à manger, mais mange peu, et at bonne chambre et humé- » rale : à cause de quoy n'avons point purgé, le différant jusques que » la nécessité plus le requérera, ou que aurons mélieure commodité. »

3 novembre : « Madame, depuys mes dernières, la disposition de

( 25 } si bien qu'il monta à cheval pour aller visiter son camp : il logea, cette nuit, en la tente de Jean de Ligne, comte d'Arenberg, où l’on dressa « la petite > chambrette de bois avec cheminée, qui était à son » usage (4). » 1 arriva au camp le lendemain de bonne heure : le duc d’Albe vint au-devant de lui jusqu'à un quart de lieue de la ville, accompagné du marquis Albert de Brandebourg (2); le même jour, il parcourut à cheval toutes les lignes de son armée. Le 23, il se rendit à pied dans les tranchées, ordonnant, à cette occa-

» l'Empereur est allée de myeulx en myeulx, soy portant pour le » présent myeulx notablement que il ne faisoit bonne espace devant » sa goutte. »

8 novembre : « Madame, à cause que l'Empereur sentoit quelque » catarre subtil descendre de sa teste, et chastoillement en auleuns » lyeulx de gouttes, il print devant-hier une pillule aliphangine, et

14 novembre : « Madame, depuys mes dernières, l'Empereur s’est » porté continuellement de bien en myeulx : seulement que son » appétit ne peult revenir à manger de fain et désir, trouvant tou- » tesfois goust propre de viandes. Il n’a nulle fluxion, dort bien, et » a l’usance de membres accoustumé..... »

(4) Lettre de Corneille de Baersdorp à la reine de Hongrie, du 25 novembre 4552. (Archives du royaume.)

(2) Lettre du scigneur de Boussu à la reine de Hongrie, du 21 novembre 1552.

Le marquis Albert adressa une longue harangue à l'Empereur, qui lui fit répondre par le comte d’Arenberg : « Je ne scay, — écrit Boussu, » — quelle ehose S. M. luy dit. S, M. luy fit assez bonne chière, ct » bon visaige riant : de quoy ledict marquis demourist fort content. » Au partir de là, je fus disner avec luy chez monsr d'Egmont, et, » pendant le disner, se monstra fort triste et mélancolique, comme » homme honteux de ce qu'il a faiet. » (Archives du royaume.)

sion, qu'une décharge d'artillerie fût faite contre les remparts des assiégés. Ses généraux lui trouvèrent une meilleure mine qu'il v'avait eu depuis dix ans (b).

Plusieurs mois avant que Charles-Quint eût résolu de faire le siége de Metz, cette entreprise avait tenté les chefs des troupes belges dans le Luxembourg (2): elle était désirée par les gens de guerre, qui espéraient y faire un riche butin, et par les habitants du pays, qu'inquiétait la présence des Français dans leur voisinage (3). Elle n’offrait point alors les difficultés qu'elle présenta, quand le duc de Guise fut entré dans la place avec la fleur de la noblesse de France, eut complété les fortifications de l'enceinte, et fait démolir les faubourgs qui pouvaient nuire à leur défense. La reine de Hongrie, toutefois, après avoir pris l'avis des chevaliers de la Toison d’or et des principaux seigneurs, la trouva « de trop difficile exécution, » et ne voulut pas en courir les chances, à moins que le comte de Mans-

(1) Lettres de Charles de Tisnaeq, du comte d'Arenberg et du comte d'Egmont à la reine de Hongrie, des 20, 24 et 25 novembre. (Archives du royaume, papiers d'État: Lettres des seigneurs, t. VU, fol. 170,197, 214.)

Robertson fait arriver l'Empereur à son camp « tout malade et en » litière.» Que d'inexactitudes du même genre n'y a-t-il pas'dans çet historien ?

(2) C'étaient le éomte de Mansfelt, le seigneur de Bugnicourt, le marquis de Berghes, le maréchal de Gueldre Martin Van Rossem et le seigneur de Glajon.

(5) Délibération de la reine de Hongrie, prise à Bruxelles le 29 avril 1552. ( Archives du royaume, papiers d'État ; Lettres des seigneurs, t. IV, fol. 598.)

(27) felt ne parvint à se ménager des intelligences dans la ville (4).

Mais Empereur avait une des plus belles armées qu'il eût formées depuis son avénement au trône (2) : après l'avoir amenée de si loin et à si grands frais, 1l lui eût paru humiliant de la licencier, sans qu'elle se fût signalée par quelque exploit notable, et la saison était trop avancée pour quil pût songer à la faire entrer en France. Ce furent ces motifs, sur lesquels insista le duc d’Albe, son capitaine général, qui le déterminèrent à assiéger Metz (3). Il était loin, cependant, d’avoir la même confiance que le duc dans le succès (4. Les seigneurs belges qui étaient dans son armée s'en flattaient moins encore : ils ne croyaient pas qu'on püût se rendre maitre, par la force, d’une ville que défendaient une si nombreuse garnison et des fortifications

(4) Délibération de la reine de Hongrie, du 29 avril 1552.

(Dhs Madame, je ne vous scauroye escripre le nombre des gens que sont iey, tant de cheval que de piet, et ne pense pas que, depuis que S. M. est née, qu'il ayteu jamais si belle armée que ceste-iey, en si grant nombre, ne si belles et bonnes gens et si bien délibérez comme toute cette trouppe est; et il y a là plus bonne gendarmerie que j'ay jamais veu en toutes les armées où que me suis oncques trouvé... » ( Lettre du seigneur de Boussu à la reine de Hongrie, écrite du camp près de Metz, le 25 octobre 1552 : Archives du royaume, papiers d'État, Lettres des seigneurs, LU VI, fol. 498.)

(5) Remontrance aux états généraux assemblés à Bruxelles, en présence de l'Empereur, le 15 février 1555. (Archives du royaume. )

(4) Voir, dans Lanz, Correspondenz des Kaisers Karl V, t. HT, p.918, sa lettre du 15 novembre 1552 au roi Ferdinand,

(28 } si imposantes (1). Le mauvais temps vint ajouter à ces obstacles déjà presque insurmontables : le froid et les maladies faisaient de grands ravages dans les troupes impériales. Forcé de reconnaître son impuissance, Charles-Quint ordonna, le 1° janvier (1555), la levée

(4) « …. Madame, j'ay tousjours veu le duc d’Alve résolu de s'attacher à Metz... Lequel lieu de Metz je treuve bien difficultueux pour prendre : car, Madame, avant-hier, quant nous le fusmes recognoistre, y eust pluiseurs prisonniers prins, lesquelz maintenoient qu'il y avoit dedens huit mil hommes et grande jonesse et noblesse de France, bien résoluz d'attendre la fortune telle qu'elle pourra advenir, et que tous les jours il y avoit plus de dix mil personnes besoingnans aux rempars; et disoient qu’ilz attendoient encoires le soir quatre mil hommes qui debvoient entrer dedens, et qu’il y a dedens si grant nombre de vivres et de toute munition qu'il n'est possible de plus... Madame, si ceste compaignie y est dedens, je n’ay jamais veu homme qui ayt veu ne ouy dire que villes ainsi munies soyent esté prinses par force, et n'ay point aussi ouy dire qu'il se soit trouvé par eseript....» (Lettre du seigneur de Boussu à la reine de Hongrie, du 25 octobre, mentionnéc plus haut.)

Dans une lettre du 4 novembre, Boussu rendait compte à la reine de plusieurs dispositions du due d’Albe, qu'il blâämait, et il ajoutait :

Madame, je vois toutes choses aller merveilleusement à la longue, » et si froidement que n'y scay que dire ny penser, et vois tous les » souldars, chief et coronelz, si froidz en cest affaire, qu'il me » semble qu'ilz n’ont grant envye d'en manger : je diz de toutes » nations, tant Espaignoiz, Italiens, que Allemans, et toute la reste. » {Archives du royaume.)

Le 24 novembre, il lui écrivait : « Madame, l’on faict tout ce que » lon peult pour lachèvement des tranchies, qui vont bien peu > avant pour la longuesse de temps qu'il y a que on les a com- » mencé, et si je ne vois point encoires que de six jours l’on sceust

(29) du siége : le mème jour, il quitta son quartier général, et revint à Thionville (1). Pendant les six semaines qu’il avait passées au camp, il avait eu lieu d'être assez satisfait de sa santé : ses douleurs habituelles de la gorge et des régions intestinales s'étaient calmées; il

» encoires avoir assis l'artillerie, pour commencer pour le plus tost » à batre; ct si m'a dict le maistre de l'artillerie qu’il n’a munition » que pour quatre ou cinq jours de baterie, la bien sollicitant, sans » toucher à celle du marquis Albert. Le duc d'Alve a grand espoir » de prendre la ville, et toutesfois n'entend de l’acommettre que par » ung costel: qui n’est l’advis de beaucoup de gens... Les saillies » que ceulx de dedens font tous les jours, ïlz les font galantement, » comme gens qui entendent le mestier, et ne se soucient point beau- » coup des nostres, car ilz viengnent tous les jours jusques à noz » tranchies, qui sont bien prest de la ville, car en aucuns lieux il y » en à qui ne sont point plus loing que à vr* pas du fossez. » Dans un post-scriptum, il annonçait que, des 2,000 pionniers de Bohème qui étaient venus avec l’armée, 4,500 s'étaient retirés ou perdus, et que la moitié des 2,000 pionniers namurois manquait également. On avait été par là contraint de faire travailler les soldats aux tranchées, « leur donnant à chascun deux bas par jour, ct pain et vin en oultre » leur souldée; encoires se mectent-ilz avec grande difficulté : par » quoy ne se fault esbahir, si les choses vont en si grande longueur, » (Ibid.

Le S' de Boussu avait été chargé par la reine du commandement des troupes des Pays-Bas envoyées à l'armée de l'Empereur. Le Ler novembre, Charles-Quint le rappela auprès de lui, pour reprendre son service de grand écuyer : il plaça alors les gens d'armes des Pays- Bas sous les ordres du prince de Piémont, Emmanuel-Philibert, qu'il avait nommé chef de la bataille. (Lettre de Boussu à la reine de Hongrie, du # novembre 1552, ibid.)

(1) Lettre de Jean de Longueval à la reine de Hongrie, du 2 jan-

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