LIT
Quelle date l'histoire doit-elle assigner à la résolution de Charles-Quint de déposer le pouvoir suprême?
motu autem progressivo continuo fit imbecillior ; sunt tamen coxae et femora satis crassa, quae anno superiore plane absumpta videbantur ; articuli digitorun sensim tophos vel callos ac durities contrahunt, et flexionibus inepti redduntur, quod artritidis est peculiare.….. Bruxellae, 12 martii 1554.
»” CORNELIUS BAERSDORPIUS. »
(Archives de Simancas, £stado, liasse 507.)
Charles, étant au château de Jarandilla , où il habita pendant plusieurs semaines, avant de s’enfermer dans le monastère de Yuste, rappelait au P. Francisco de Borja que, en 4542, à Moncçon (1), il lui avait annoncé le dessein de vivre dans la retraite (2). À quelques jours de là, donnant audience à Lorenzo Perez de Tavora, envoyé du roi de Portugal Jean IT, il assurait cet ambassadeur qu'il avait conçu la première pensée de son abdication déjà en 1555, alors qu'il revenait triomphant de l'expédition de Tunis (5). L’historien Sepulveda rapporte qu'à Yuste, Charles tint le mème langage aux moines (4). Il est constant qu'à Bruxelles, et alors que sa santé n'était pas encore gravement altérée, il avait entretenu plus d’une fois de ce dessein la reine douairière de Hongrie, sa sœur (5). Enfin, lorsque, le 25 octobre 1555, il abdiqua en présence des états généraux des Pays-Bas, il leur déclara, comme nous le verrons plus loin, que sa détermina-
(4) En 4549, le 22 juin, Charles-Quint arriva à Moncon, et il y demeura jusqu’au 10 octobre. Il y avait convoqué les cortès d'Aragon, de Valence et de Catalogne. (Journal MS. des voyages de Charles- Quint, par Vandenesse.)
(2) Sandoval, Historia de Carlos V, t. U, p. 616. — La vie du a Francois de Borja, écrite en espagnol par le P. Pierre de Ribadeneyra, et tournée en nostre langue vulgaire par le seigneur de Bétencourt, Douay, 1605, p. 195. L'ouvrage original n’est pas à la Bibliothèque royale de Bruxelles.
(5) Charles Quint, ete., par M. Mignet, 2e édition, p. 6.
(4) Ibid.
(5) Papiers d'État du cardinal de Granvelle, t. IV, p. 475.
(58 ) tion à cet égard datait de plusieurs années, sans la faire remonter cependant au delà de 1550.
Quoi qu'il en soit de ces diverses velléités d'abdication (1), les premiers actes que l'on connaisse où se manifeste formellement la volonté de Charles-Quint de descendre du trône et de vivre dans la retraite, sont sa lettre au P. Juan de Ortega, général de l’ordre des hiéronymites en Espagné, que cite Siguenza, et le billet autographe, adressé à son fils, dont le chanoine
(4) M. Amédée Pichot (Charles-Quint : chronique de sa vie intérieure et de sa vie politique, de son abdication et de sa retraite dans le cloître de Yuste, Paris, 1854, in-80, p. 151) trouve une allusion évidente au projet d’abdication de l'Empereur dans le passage suivant d'une lettre qu’il écrivait à son fils, le 50 juillet 4555, à propos du mariage de la reine Marie Tudor : « Si le mariage doit avoir lieu » avec un étranger, je pense que les Anglais ne se porteront sur pêr- » sonne, d'aussi bonne volonté , que sur moi, parce qu’ils m'ont tou- » jours montré de l'inclination : cependant je vous assure que des » États plus nombreux et plus importants encore ne me séduiraient » pas,nine me détourneraient du dessein dans lequel je suis, et qui est » bien différent. »
La remarque de M. Pichot est certainement fort plausible : cependant le sens énigmatique des paroles de Charles-Quint prête à plus d'une interprétation. On pourrait supposer qu'elles avaient trait à la résolution de ne pas se remarier que Charles avait prise, lorsqu'il perdit l'Impératrice, et dont il n'avait jamais voulu se départir. A ce sujet, voici une particularité qui, je crois, n’est pas connue. Dans les conférences diplomatiques qui précédèrent la paix de Crépy, les ambassadeurs de François Ie demandèrent en mariage, pour le duc d'Orléans, la seconde fille de l'Empereur, et proposèrent à l'Empereur, pour lui-même, madame Marguerite de France. Il leur fut répondu, « avec l'honnêteté convenable, » que la seconde fille de
| ( 39 ) Gonzalez à transerit quelques lignes, ou plutôt quelques mots, dans son manuscrit (1).
Siguenza, sans indiquer la date précise de la lettre que reçut le général de l'ordre de Saint-Jérôme, place celle-ci sous l’année 1554 (2; selon le chanoine Gonzalez, le billet (esquela) que l'Empereur écrivit à son fils, et qui n’était point daté, serait du 17 décembre 1553 (5).
D. Tomäs Gonzalez commet d'abord une erreur
l'Empereur était mariée en Portugal, et que l’intention de l'Empereur n’était point de se remarier. Cette particularité est contenue dans une lettre de Charles-Quint à la reine de Hongrie, sa sœur, du 514 août
Il y à une autre observation à faire. Si le passage rapporté par M. Pichot a trait à l’abdication projetée de l'Empereur, on devrait en conclure que Charles s'était ouvert précédemment à son fils sur ce projet : or, il n'existe aucune lettre où il en soit question, dans les archives de Simancas, et le prince Philippe ne s'était plus trouvé avec son père, depuis son départ d’Augsbourg, au printemps de 1554.
(4) Charles-Quint, etc., par M. Pichot, p. 181.—Charles-Quint, ete., par M. Mignet, p. 67.
(2) « El año de mil y quinientos y cinquenta y quatro, estava Su Magestad en Bruselas, apretado de indisposiciones, con gota en los piés y en las manos, sin otros achaques; y pareciéndole que ya era tiempo de poner en execucion sus buenos pensamientos escrivio desde Bruselas una carta al general fray Juan de Ortega, ete... » ( {Historia de la érden de San Gerénimo, Madrid, 4605, in-fol., part. HI, liv. !, p. 186.)
(5) Malgré les recherches les plus serupuleuses faites par D. Manuel Garcia dans les liasses des Papeles de Estado de Castille, Portugal, Flandre, Angleterre, Allemagne et Rome, il n’a pu retrouver ce billet,
(40) tout à fait inexplicable de sa part, en datant du 50 juin 4553 (4) l’ordre expédié par Charles-Quint en Espagne, pour le payement des premiers frais des constructions à élever au monastère de Vuste : cet ordre est d’une année plus tard, jour pour jour (2); et cette erreur l’entraine à en commettre une autre, puisque la lettre qu'il fait écrire par l'Empereur le 17 décembre 1553 se réfère à celle du 30 juin 1554 (3). Quant à la