PRISES SE RU RE CR
(4) Voy. Charles-Quint, ete., par M. Mignet, p. 67. (2) Voici le texte littéral de cet acte :
« EL Rey.
» Garcia de Castro, à cuya cargo està la cobranca de los derechos de once y seis al millar, vo vos mando que, de los dineros que hobiéredes recebido y recibiéredes de los dichos drechos hasta en fin del año de quinientos cineuenta y tres pasado, deis y pagueis luego de contado al reverendo y devoto padre prior y general de la orden de Sanct Geronimo que al presente es, 6 à quien su poder hobiere, tres mil ducados, que montan un ecuento ciento y veinte y cinco mil maravedis, para que los distribuya en algunas cosas que le habemos ordenado y mandado; y dädselos y pagädselos, y tomad su carta de pago, 6 de quien el dicho su poder hobiere : que con ella y esta nuestra cédula, sin otro ningun recaudo, mandamos que se os reciban y pasen en cuenta de los dichos tres mil ducados. Fecha en Brusselas, à 50 de junio de mil quinientos cincuenta y cuatro años.
» Yo EL Rey.
» Por mandado de Su Magestad :
» FRANCISCO DE ERASSO, v
(Archives de Simancas : Contadurias, 1* época , lasse 275.)
(3) Nous transcrivons ici le texte de Gonzalez : « Y en 17 de
CD
esquela autographe de Charles-Quint, on ne saurait comprendre sur quoi ce chanoine s’est fondé pour la rapporter à cette même date du 17 décembre 1555,
Nous pensons, d'accord avec le P. Siguenza, que la esquela de l'Empereur à son fils, de même que sa lettre au général de l'ordre de Saint-jérôme, sont de l'année 4554, et qu'elles furent écrites vers le même temps que la dépêche du 19 janvier dont nous avons cité quelques lignes (1). Plusieurs raisons nous paraissent devoir leur faire assigner cette date. Les dangers que venait de courir la vie de Charles-Quint avaient dû fortifier dans son esprit les pensées d'abdication et de retraite; le traité de mariage du prince Philippe avec Marie Tudor, que ses ambassadeurs avaient signé à Londres le 42 janvier (2), en affermissant la grandeur de la monarchie espagnole, le rassurait tout particulièrement sur le sort des Pays-Bas, qui, dans ces dernières années, avaient été l'objet de ses plus vives
diciembre (1553) encargé con gran secreto à su hijo, y al secretario Juan Vazquez de Molina, que se facilitaran al prior general de la drden de San Gerônimo, de quien tenia grande confianza, mas dineros que los que le habia mandado dar por cédula de 30 de junio de este ano, y, en esquela reservada de su mano, dijo al principe « que eran con objeto de que, al lado del monasterio de Yuste, se le » fabricara una casa suficiente para poder vivir con la servidumbre » y criados mas indispensables en clase de persona particular. » Retiro, estancia, cte., fol. 11.
(1) Page 54, note 2.
(2) Lettre écrite à l'Empereur par ses ambassadeurs en Angleterre, le 42: janvier 1554; lettre de Simon Renard , du 45 janvier. (Archives
du royaume.)
(42) sollicitudes. Remarquons encore que, selon son propre témoignage, il n'aurait été en état d'écrire de sa main, ni à la date du 17 décembre, ni à celle du 19 janvier (1).
Dans sa lettre au général des hiéronymites, Charles lui mandait qu'il désirait passer le reste de ses jours en une maison de son ordre; qu'il avait résolu, en conséquence, de faire Construire, pour lui, au monastère de Yuste, une habitation dont il envoyait le plan; que le secrétaire d'État Vazquez de Molina pourvoirait à la dépense, etc. (2). Il avait voulu tracer cetté lettre de sa main : mais il s'était vite fatigué, et Guillaume Van Male, son aide de chambre favori, avait dû l'achever (3). À son fils il disait que la maison à bâtir à Vuste devait être suffisante pour quil y püût vivre comme un simple particulier, avec les serviteurs les plus indispensables (4:.
Charles-Quint, étant décidé à descendre du trône, ne pouvait rester dans les Pays-Bas; ses infirmités exigealent un climat plus doux. Dans ces provinces,
(1) Voy. p. 54, note 2. |
(AY Dessco retirarme entre vosotros à acabar la vida ; y por esso querria que me labrassedes unos apôsentos en San Gerônimo de Yuste; y por lo que fuere menester acudiréys al secretario Juan Vazquez de Molina, que él proveerà de dineros : para lo qual os embic el modelo de Ja obra, etc. » (Sigüenza, Historia de la 6rden de Sar Gerénimo, part. HE, liv. E, p. 487.)
(3h as: Empecéos 4 eserivir de mi mano, y canséme, y ans huvo de acabar la carta Guillermo Malineo….….. » (/bid.)
(4) Voy. p. #1, note de la page précédente,
(45) d’ailleurs, incessamment exposées aux insultes des Français, il n'aurait pas joui de la tranquillité dont il avait besoin. Il était donc tout naturel qu'il eût songé à se retirer en Espagne.
Le choix d'un monastère était conforme aux sentiments religieux qu'il avait professés toute sa vie, et à l'intention, dans laquelle il était, de passer le reste de ses jours loin du monde et du bruit des affaires.
Sa préférence pour les hiéronymites n'a rien qui doive surprendre. A l'exemple de son aïeul, Ferdinand le Catholique (4), il affectionnait particulièrement cet ordre fameux, et il avait gardé un souvenir reconnaissant de la conduite tenue par ses membres, lors de la révolte des communeros (2). Lorsqu'il était en Espagne, aux époques des grandes solennités consacrées par la religion, c'était toujours chez les hiéronymites qu'il allait se recueillir (3). A la mort de l'Impératrice, en 1559, il s'était enfermé, pendant près de deux mois, dans leur couvent de la Sisla, près de Tolède (4,.
Ce monastère de Yuste où il allait s'établir, Charles- Quint le connaissait-1l? avait-il visité la Vera de Plasencia dans ses diverses excursions à travers l'Espagne? Nous avons parcouru curieusement, aux archives
(1) Sigüenza appelle ce monarque le « gran bienhechor, señor » y patron » de l’ordre. (Part. IE, liv. 1, p. 425.)
(2) Voy. Siguenza, part. [EE liv. 1, pp. 140 et suiv.
(5) Voir les comptes rendus par Pierre Boisot et Henri Stercke, maîtres de la chambre aux deniers de Charles-Quint, aux archives de Lille, et le Journal MS. de Vandenesse.
(4) Du 2 mai au 27 juin. Journal MS. de Vandenesse,
(4) de Lille, les comptes de la maison de l'Empereur où sont indiqués, jour par jour, les lieux où il s'est arrêté (1); nous avons lu, avec la même attention, le Journal de Vandenesse, et nulle part nous n'avons trouvé les noms de Cuacos et de Jarandilla. Charles se serait done déterminé sur des renseignements qu'on lui aurait fournis. Le P. Siguenza rapporte que, plus de douze années auparavant, il avait envoyé des hommes entendus pour examiner le monastère, ainsi que la situation et le climat du lieu (2). Tout le monde, cependant, en Espagne, n'était pas d'avis que cet endroit fût celui qui convenait le mieux à sa santé (5). Quelque temps après avoir adressé à son fils et au général des hiéronymites les lettres dont nous avons parlé, Charles-Quint écrivit au prince, afin qu'il passât par Yuste, lorsqu'il irait s'embarquer pour lAngleterre, et y donnât les ordres qu'exigerait l'exécution du plan transmis au P. Juan de Ortega (4). Jusquelà le secret aurait dû être gardé; mais il ne le fut pas,
(1) Jusqu'à la fin de 1551. Les comptes postérieurs manquent.
(2)Er pete Mas de doze años äntes desta determinacion, avia embiado Su Magestad à considerar la casa, el sitio, el eiclo, la disposicion del monasterio de San Ger6nimo de Yuste, hombres doctos y prudentes, y le Heväron entera relacion de todo, » { Historia de la 6rden de San Gerônimo, part. HE, liv. 1, p. 487.)
(5) « .…. Todos dicen que aquel monesterio que se ha elegido no es al propôsito de la salud de Su Magestad…... » (Lettre du secrétaire Vazquez au secrétaire Erasso, écrite de Valladolid, le 3 août 1554, aux Archives de Simancas, Estado, liasse 105.)
(4) Siguenza, 1. €. — Charles-Quint, etc, par Mignet, p. 77.
(4) et le bruit de la prochaine retraite de l'Empereur se répandit bientôt dans toute la Castille (1). Philippe partit de Valladolid, par la poste, le 10 mai (2); il arriva le 24, jour du Corpus Christ, à Yuste, où le général l'avait précédé. Le même jour, accompagné du P. Juan de Ortega, du prieur, de plusieurs religieux et de l'architecte Luis de Vega (3), maitre des ouvrages de Balsain, il visita l'emplacement sur lequel devait s'élever l'habitation de son père, prit connaissance du plan envoyé de Bruxelles, et approuva le tout. L'Empereur n'avait pas encore assigné de fonds pour les dépenses que cette construction entrainerait (4): Philippe ordonna à Alonso de Baeza, son trésorier, de compter 5,000 ducats au général des hiéronymites (5).
(1) Le P. Juan de Ortega écrivait au secrétaire Vazquez, le 27 août 154, de San Bartolomé de Lupiana : « Entendido tengo que » haya en esto gran secreto : pero, quando yo sali de aqui para ir à » San Geronimo de Yuste, lo hallé tan püblico por esos caminos como » si se oviera pregonado en la plaza de Valladolid. » (Archives de Simancas, Estado, liasse 106.)
(2) Journal MS. des voyages de Charles-Quint et de Philippe IE, par Vandenesse, contrôleur de la maison de ces deux princes.
(5) Siguenza, 1. c., le nomme Gaspur de Vega ; mais l'hiéronymite anonyme lui donne le prénom de Luis, et, parmi les pièces qui m'ont été envoyées de Simancas, je trouve la copie d’une minute de lettre à Luis de Véga, du mois d'avril 1556, pour qu'il aille examiner les constructions élevées à Yuste,
(4) Ce fut par la cédule du 50 juin 1554, insérée p. 40, note 9, que Charles-Quint assigna les premiers fonds, et cette cédule ne parvint aux mains du P. Juan de Ortega qu’au mois d'août. (Archives de Simancas, Æstado, liasses 106 et 808.)
(5) Le secrétaire Vazquez, annonçant, le 5 août 1554, au secré-
Le lendemain, il se remit en route pour la Galice.
Après le départ du prince, le père Juan de Ortega réunit les religieux du couvent, leur communiqua la lettre qu'il avait reçue de l'Empereur, et insista sur la faveur que ce monarque faisait à l'ordre tout entier, en choisissant une de ses maisons pour y passer le reste d’une vie qui avait été si glorieuse (1). Les devoirs de sa charge ne permettaient point au général de surveiller lui-même les ouvrages dont lexécution allait être entreprise : il confia cette surveillance à fray Melchor de Pié de Concha, profès de San Bartolomé de Lupiana. Fray Melchor fit tout ce qu'il put pour s’en excuser, prévoyant bien qu'il s’attirerait par-là limimitié des autres religieux; mais il finit par se soumettre, sur les ordres exprès du prince Philippe et de la princesse dona Juana (2). Le P. Juan de Ortega commit, pour diriger les travaux, en qualité de maître ouvrier ou piqueur (9), fray Antonio de Villacastin,
taire Erasso, que la cédule de l'Empereur du 50 juin, qui ordonnait de compter 5,000 ducats au général des hiéronymites, n’était pas encore arrivée, ajoutait : « Ha dias que S. À. mand6 que el tesorero Alonso » de Baeza los diese. » (Archives de Simancas, Estado, liasse 105.)
Le 21 août, Vazquez écrit au général que l'Empereur a ordonné de lui remettre 5,000 ducats, « no sabiendo que el principe nuestro » señor hubiese mandado dar los otros tres mil que se proveyéron » para lo mismo...….. » (/bid., liasse 808.)
(1) Relation de l'hiéronymite anonyme, t. I de ce Recueil, p. 4.
(2) Papier sans date, intitulé : Sobre los chismes y penilencias impuestas à fray Juan de Ortega y fray Melchor de Pié de Concha, aux Archives de Simancas, Estado, liasse 117.
(5) Sigüenza le qualifie d'obrero principal, et l'hiéronymite anonyme de sobrestante.
(47) profès de la Sisla, près de Tolède, qui depuis se rendit si utile dans la construction de l'Escurial. Îl retourna ensuite à San Bartolomé, résidence des généraux de l'ordre de Saint-Jérôme.
Les premières communications de l'Empereur annonçaient le dessein de passer en Espagne dans Flautomne de 1554 (1). Les bâtiments qu'il faisait construire à Yuste ne pouvaient être secs pour cette époque; ceux du monastère étaient trop mauvais et trop étroits, pour qu'il trouvât à s’y loger : le P. Juan de Ortega lui écrivit, afin de lengager à s'établir provisoirement au monastère de Guadalupe, ou bien au château de Jarandilla appartenant au comte d'Oropesa, à une lieue de Yuste. Ua peu plus tard, il Int proposa un autre arrangement. Îl existait, au couvent de Yuste, entre l’ancien et le nouveau cloitre, un grand dortoir destiné aux novices; il lut suggéra d'en faire son appartement provisoire : selon le plan qu'il envoya, 1l y avait moyen de trouver là l'emplacement nécessaire pour une chambre à coucher, une salle et
(4) Dans sa lettre du 19 janvier 4554 au prince Philippe, dont j'ai cité le commencement, p. 54, note 9, il lui disait: « Pienso, pla- » ciendo à Nuestro Señor, esforzarme quanto fucre posible para irme » por agosto 0 setiembre, »
Le pouvoir pour la princesse dofa Juana, du 51 mars 1554, manifestait encore sur ce point les intentions de l'Empereur : « Puesto, » y disait-il, que una de las cosas que mas deseo, es verme en esos » reinos COn reposo y descanso, y asi lo entiendo poner en egecucion » con la mayor brevedad que sea posible...» (Archives de Simancas.)
une garderobe; les gens du service de l'Empereur auraient été logés dans les cellules qui touchaient au dortoir. Le P. Juan de Ortega fut enhardi à mettre en avant ce projet par la conviction que, « les pensées du » monarque étant tout humbles et uniquement diri- » gées vers Dieu, il faisait peu de cas de grands apparte- » ments (!). » Le cours des choses n'ayant pas permis à Charles-Quint de quitter les Pays-Bas à l’époque où il avait projeté de le faire, le plan du général des hiéronymites resta sans exécution. |
Les constructions ordonnées par l'Empereur à Yuste se poursuivaient avec activité, lorsqu'un incident inattendu vint en retarder l'achèvement.
Fray Juan de Ortega avait été élu général des hiéronymites en 152, et, selon les statuts de l'ordre, il devait rester en fonctions jusqu'en 155. C'était un esprit vif et brillant, et une haute intelligence (2). Il voulut signaler son généralat par des réformes dans le mode des élections, et, d'accord avec les religieux qui formaient le chapitre particulier de l'ordre, il sollicita du pape Jules HIT des bulles en vertu desquelles il
(4) Voy., dans le 1e volume, le plan envoyé par fray Juan de Ortega à l'Empereur, le 9 août 1554, et la traduction de sa lettre, dont nous donnons le texte original dans l'Appendice C.
(APR Hombre de claro y lindo ingenio, y para mucho..... Era este religioso muy afable, la manera del govierno apazible, poco encapatado, prudente, amigo de letras, y de las que con razon se Ilaman buenas letras... » (Sigüenza, Historia de la 6rden de San Gerénimo, part. ILE, lib. 1, p. 185.)
püt les y introduire (1). Les bulles arrivèrent juste au moment où le chapitre général de 1555 venait de s’assembler. La majorité des moines, à qui la démarche faite à Rome avait été tenue cachée, firent éclater, en l'apprenant, une vive indignation : parmi eux, plusieurs n'avaient pas vu sans envie la commission donnée aux PP. Juan de Ortega et Melchor de Pié de Concha; l'occasion était favorable pour satisfaire leur ressentiment, et ils la saisirent. Tous les religieux qui s'étaient associés au projet d'Ortega furent déclarés inhabiles à perpétuité à remplir des charges dans l’ordre (2); lui-même fut exilé à Valence. Quant à fray Melchor, on le renvoya de Vuste (3), et le prieur du couvent fut chargé de continuer la surveillance que le délégué du P. Ortega avait exercée.
Lorsque la nouvelle de ces décisions du chapitre général des hiéronymites parvint à Valladolid, la princesse dona Juana et ses ministres sen émurent. Les deux pères qui venaient d'être écartés de la direction des ouvrages de Yuste, y avaient été expressément préposés par l'Empereur et le prince son fils : ils avaient tout à fait justifié cette confiance, et il était à craindre que, abandonnés à d’autres religieux, les travaux ne fussent pas continués avec le même soin, avec la même intelligence qui y avait présidé jusque-là.
(4) Sigüenza, Historia de la 6rden de San Geronimo, part. HI, lib. [, p. 185.
(2) Ibid.
(5) Papier intitulé Sobre los chisnes, ete., déjà cité.
L'Empereur pouvait d’ailleurs considérer comme un manque de respect pour sa personne un pareil changement, fait à son insu et sans Son approbation. Ea princesse écrivit au nouveau général, le P. Francisco de Tofino, afin qu'il ne fût pas donné suite, au moins pour le moment, aux résolutions du chapitre. Ce père y consentit. Selon le désir de la princesse, fray Juan de Ortega reçut l'ordre d'aller à Yuste surveiller la continuation des travaux. ét fray Melchor de Pié de Concha fut envoyé à Valladolid, pour y rendre compte des sommes dépeusées par lui pendant le témps qu'il en avait eu la direction 4). |
Mais ces bonnes dispositions du P. Francisco de Tofiño ne furent pas de longue durée; et trois mois à peine s'étaient écoulés, lorsqu'il prescrivit à fray Juan de Ortega de partir pour Valence, sous le prétexte que, les ouvrages de Yuste touchant à leur fin, le prieur du couvent pourrait très-bien Jui-même pourvoir à ce qui restait à faire 2). Dans le même temps, frav Melchor de Pié de Concha fut exilé au monastère de la Luz, à quinze lieues an delà de Séville, avec défense d'écrire ou de lire une lettre pendant l'espace d’une année, pour avoir tenu des propos où il faisait l'éloge du précédent général (5).
(4) Lettre de Vazquez au prince Philippe, du 410 août 4555, aux Archives de Simancas, £stado, liasse 108.
(2) Lettre du général et du chapitre particulier de l'ordre au secrétaire Vazquez, écrite de S. Bartolomé, le 12 novembre 1555. (lbid., liasse 109.)
æ)\ ° … 4 1 La (9) Lettre de la princesse doña Juana au père Francisco de Tofiño,
Les hiéronymites montraient par là que la passion l'emportait en eux sur la justice et le sentiment des convenances (1). Le secrétaire d'État Vazquez se plaignit au général du changement qu'il avait apporté à ses déterminations ; il linvita à se conformer à la volonté de l'Empereur, d'autant plus qu’en le faisant, il ne commeltrait aucun péché mortel, n1 même véniel (2). La princesse dona Juana elle-même lui exprima son mécontentement (3.
Le P. Tofino céda, et les deux religieux retournèrent à Yuste. Tous ces débats cependant avaient retardé les Constructions ordonnées par l'Empereur, et ce fut seulement le 25 juillet 1556 qu'elles s'achevèrent. Covarubbias, architecte du roi, alla les visiter : il en témoigna beaucoup de satisfaction , et se montra émerveillé, surtout, du peu qu'elles avaient coûté (4).
La dépense était restée de quelque chose au-dessous
de 10,000 ducats (91.
du 14 février 1556, aux Archives de Simancas, Eslado, liasse 114. — Lettre du P. Tofiño à la princesse, du 16 février 1556, ibid. — Papier intitulé Sobre los chismes, etc., déjà cité.
(1) Vazquez écrivait à Philippe I, le 44 février 1556 : « Todas » estas cosas son pasiones de frailes. » (/bid., liasse 112.)
(2). Pues no se atraviesa en ello pecado mortal, ni aun creo que venial... » (Lettre du 22 novembre 4555, ibid., liasse 109.)
(5) Lettre du 26 novembre 1555. (/bid.)
(4) C'est, du moins, ce qu'assurent les PP. Melchor de Pié de Concha et Juan de Ortega, dans des lettres du 19 et du 20 septembre 1556, adressées au secrétaire Vazquez. (/bid., liasse 117.)
(5) Arch. de Simancas : Contadurias gener., À* cpoca, liasse 787.