‹ Retraite et mort de Charles-Quint au monastère de YusteChapitre 8 sur 25 · ALT · texte numérisé non relu

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mais non pour ses hoirs et successeurs : il craignit, s’il cédait le comté de Bourgogne à son fils pendant la durée de la guerre, qu'Henri IT, tenant le traité pour non avenu, ne commit des hostilités contre les Bourguignons (1).

La trêve de Vaucelles vint le tirer de cet embarras. A la fin d'avril 4596, 1l ordonna la convocation des états de Bourgogne, et il commit Claude de Vergy, chevalier de la Toison d'or, gouverneur du comté, Pierre des Barres, seigneur du Parret, président du parlement de Dôle, et son sommelier de corps Jean de Poupet, seigneur de la Chaulx, pour renoncer, en son nom, dans le sein de cette assemblée, à la souve: raineté du pays. Philippe IE, par d’autres lettres, donna aux mêmes commissaires le pouvoir d'en prendre possession de sa part. |

Les états s’assemblèrent, le 10 juin, à Dôle, dans la grande salle du collége de Morteau. Le président des Barres exposa les raisons qui obligeaient l'Empereur à transmettre le comté de Bourgogne à son fils, comme

(4) « Mon cousin, j'entens que la cour de parlement à faiet appréhender Estienne Quiclet, pour avoir tenu intelligence en France au préjudice de mon service, et mesme qu'il instigoit les Francois, afin qu'ilz se servissent de l'occasion d'occuper le conté de Bourgoigne, à l’occasion que la neutralité ne soit traictée, sinon en nostre nom, et non de nos héritiers et suceesseurs : qu'est la cause pour laquelle j'ay différé jusques à oires de céder au roy mon filz ledit conté de Bourgoigne, luy ayant jà transféré tous mes aultres royaulmes et pays, etc. » (Lettre de Charles-Quint à M. de Vergyÿ, gouverneur de Bourgogne, du 20 janvier 1556, aux Archives du royaume.)

(118) il l'avait fait à l'égard de ses autres pays, et il déclara les états déchargés du serment de fidélité qu'ils avaient prêté à S. M. L Philibert de Rye, évêque de Genève, se leva alors. Après avoir fait l'éloge des deux monarques, il dit que, « de cœur très-enlier et sincère dévo: » tion et affection, ils receévaient et acceptaient en » toute humilité la Majesté Royale pour leur vrai, lé- » gitime et naturel souverain et droiturier seigneur, » comme comte de Bourgogne , tel que Sadite Majesté » Impériale l'avait esté par cy-devant.» Tous les membres des trois ordres firent , sur les Évangiles, serment de fidélité au nouveau prince. Les commissaires de Philippe I jurèrent, à leur tour, qu'il maintiendrait le comté dans tous ses droits, priviléges et franchises. Les états nommèrent une députation, composée de don Fernande de Lannoy, comte de la Roche, frère Guillaume de Poligny, abbé de Rosières, et Étienne Fauche, conseiller au parlement, pour aller aux Pays-Bas porter au souverain qui cessait de régner, et à celui dont le règne commençait, les hommages de la province (1).

L'argent attendu d'Espagne étant enfin arrivé, Charles-Quint fixa son départ à la fin du mois de

(4) Ces détails, tirés des registres des états de Bourgogne, m'ont été également envoyés par M. Babey.

(44491) juin (4). Dans les premiers jours de mai, le conseiller du conseil privé Micault, S' d'Indevelde, fut envoyé en Zélande, avec la mission de pourvoir à lavitaillement des navires belges qui devaient accompagner l'Empereur (2). Deux commissaires espagnols, Francisco de Bonavente de Puga et Juan Fernandez de Camelo, furent chargés des mêmes soins pour les navires de leur nation (5). Philippe IF informa sa sœur, la princesse dona Juana, de la résolution que l'Empereur avait

(4) Le 5 mai 1556, le duc de Savoie écrivit à Maximilien de Bourgogne, marquis de la Vère, gouverneur de Hollande et Zélande et amiral de la mer : « Mon cousin, je vous ay bien voulu advertir de la » résolution de l'Empereur, monseigneur, de vouloir, contre la fin » du mois de juing prochain, encheminer son voyaige d'Espaigne : à » quelle fin Sa Majesté Impériale fait icy donner l’ordre aux apprestes » et préparations pour ce requises, ete. » (Archives du royaume, papiers d'État.)

(2). C'est ce qui résulte de plusieurs lettres de Micault et du compte de la recette générale des finances de 1556.

Au mois de juillet, il fallut renouveler presque tous les vivres, que les chaleurs extraordinaires de cette année avait gâtés; et, comme l'argent manquait toujours, Mieault dut emprunter de l'abbé et des bourgeois de Middelbourg les sommes nécessaires à cet effet. (Archives du royaume, papiers d'État.)

(3) On lit, dans des lettres de mandement expédiées sous le nom du roi, et adressées à tous lieutenants, gouverneurs, amiraux, baillis, prévôts, mayeurs, écoutètes, receveurs, ete. : « Comme l'Empereur, » .monseigneur et père, a donné charge et commission à Francisco de » Bonavente de Puga et Juan Fernandez de Camelo, espaignolz, de » recouvrer et furnir les vivres nécessaires pour la provision, munij- » tion et avictuaillement des navires destinez et équipez pour le » prochain voyaige et partement de Sa Majesté Impériale vers Espai- » gne, etc. » (Archives du royaume, papiers d'État.)

(120 ) prise (1); il lui renouvela les recommandations qui lui avaient été précédemment faites, pour que, en débarquant , il trouvât prêtes toutes les choses qui pourraient lui être nécessaires (2). Charles instruisit lui-même le roi des Romains de son intention de passer en Espagne € au my-juing, ou, au plus tard, à la fin d'icelluy mois, » estant délibéré DE EX CECI NE FAIRE CHANGEMENT QUEL- > CONQUE, POUR CHOSE QUE PUST SURVENIR: » en COnSéquence, si le roi et la reine de Bohême (5), dont la visite lui avait été annoncée deux mois auparavant (4),

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(4) « EI Emperador mi señor estàä determinado de partir de aqui à lo mas largo al fin de junio para Gante, y de ahi tomarä el camino por la ribera abajo.... » (Lettre du 5 mai 1556, aux Archives de Simancas, Estado, liasse 511.)

(208% Ordenaréis que haya recaudo de vituallas en la costa, y esté alli un alcalde de corte, à que provea de lo necesario, conforme ä lo que la otra vez se escribi6..... » {Lettre du 14 mai 1556, tbid.)

(3) L'archiduc Maximilien, fils ainé de Ferdinand, et Marie, fille de Charles-Quint.

(4) Ferdinand avait fait exprimer à l'Empereur, par Luis Venegas de Figueroa, ambassadeur de Philippe Il, retourné à la cour de Bruxelles au mois de mars 1556, le désir de son fils Maximilien de venir Jui rendre visite avant son départ. L'Empereur avait répondu que cette visite lui serait très-agréable, surtout si le roi de Bohême était accompagné de sa femme, et Philippe IT avait joint son invitation à celle de son père. (Lettre de Charles-Quint à Ferdinand, du 18 mars, dans Lanz, Correspondenz des Kaisers Karl V, & MT, p. 696. — Lettre de Philippe IT à Ferdinand, de la même date, dans la Coleccion de documentos inéditos para la historia de España, t& MW, 1845, p. 419. — Autre lettre de Philippe à son oncle, en francais, de la même date, aux Archives du royaume, Collection de documents historiques, 1, X, fol. 67.)

différaient davantage leur arrivée, « il perdroit l'oppor- » tunité de les veoir, puisque, n’arrivant icy avant » ledict terme, ilz ne l'y pourroient trouver, suivant » sadicte résolution, QUE POUR CHOSE QUELCONQUE IL NE » POUVOIT CHANGER (1). » Il répéta à son frère, dix Jours après, sur la nouvelle que le roi de Bohème ne se mettrait en route qu'à la fin de mai, et qu'il voyagerait à petites journées, que, si le roi ne se hâtait davantage, son voyage serait inutile : car « il ne se > pouvoit EN FAÇON QUELCONQUE détenir à Bruxelles plus » longuement que jusques à la fin du mois de juin au » plusitard; » qu'il avait mille causes qui le forçaient à cette détermination (2).

Cependant. le 27 mai, arriva à Bruxelles un courrier, porteur de lettres de Ferdinand et de Maximilien : elles exprimaient le grand désir qu'avaient le roi et la reine de Bohème de voir l'Empereur, et le suppliaient de différer un peu son départ. Ces princes devaient se mettre en route le 29: ils attendraient à Linz la réponse à leur dépêche : si l'Empereur ne pouvait avoir égard à leur vœu, le roi seul continuerait le voyage (3). Charles, touché de leurs instances,

er qe

(4) Lettré‘du 5 mai 1556, dans Lanz, {. UE, p. 698.

(2) Lettre du 46 mai 1556, ibid. p. 699.

(3) Voy. la lettre de Ferdinand à Charles-Quint, du 22 mai 1556, dans Lanz, {. III, p. 699.

Le licéeneiado Gamiz, envoyé de Ferdinand à Bruxelles, éerivait, le 28, à la reine de Hongrie, alors dans son domaine de Turnhout : « Ayer à la tarde Ilego un correo del rey mi señor, que parti de » Vienna & los 22 en Ja tarde, y viene ha advertir 4 Vuestras Ma-

(12) et heureux de revoir sa fille, qu'il aimait tendrement, consentit au délai qui lui était demandé (1).

Philippe IF fit, dans ces circonstances, une tentative auprès de son père, que l'histoire doit rapporter, pour la blâmer sévèrement. Déjà, aussitôt après l'abdication, 1l avait voulu retourner en Espagne, et laisser l'Empereur aux Pays-Bas (2) : le 27 mai, inspiré. par

» gestades como los serenissimos rey y reyna de Bohemia partian de » Vienna 4 los 29, y vernian su camino juntos fasta Lintz, con » determinacion que, si Su Magestad Cesarea fuere servido de dete- » nerse un poco esperändoles, vernän juntos fasta aqui, y donde n6, » quedarä la reyna mi señora en Lintz, y vernä elrey con la dili- » gencia à él possible... » (Archives du royaume.)

(1) Voy. la lettre de Charles-Quint à Ferdinand, ch 28 mai, dans Lanz, t. III, p. 702.

Granvelle, de son côté, mandaït le même jour à la réine de Hongrie: « Madame, je vous ay cejourd’huy adverty de ce qu'estoityenh du » roy des Romains et des roy et roine de Bohesme, Ce que je puis » ajouter est qu'attendu qu'ilz escripvent qu'ilz pourront estre iey le » xt de juillet, véant l'instance que le roy des Romains faisoit par » ses lettres, afin qu'ilz le puissent veoir, puisque les frais pour le » voiage estoient faits, et mesmes la santé et les affaires de Sa Ma- »jesté le pouvoient bonnement comporter, Sa Majesté Impériale s’est » résolue, après disner, le roy présent, de les attendre, et que incon- » tinent le leur escrivist, leur donnant toutesfois haste.….. » (Archives du royaume, Collection de documents historiques, t. X, fol. 97.)

(2) La lettre du 19 novembre 1555 du contador Antonio de Eguino, que j'ai déjà citée (p. 110, note 5), ne permet pas le doute sur ce point. Eguino s’y exprime ainsi : «.… Después me dijo Erasso que Sus » Magestades habian acordado de remitir estos negocios para cuando » Su Magestad Cesarea, 6 el rey, fuesen en esos reynos : que seria » mas presto que se pensaba; y como enténces se tenia por mas cierla » da ida del rey principe, que no de Su Magestad, no me pareeio

ses ministres espagnols, il chercha à le persuader de rester pendant un certain temps encore à Bruxelles, d'où il aurait l'œil sur les affaires des Pays-Bas et d'Italie, tandis que lui passerait en Angleterre et en Castille. Il représenta, dans ce but, à son père que, pour se procurer de l'argent, il était indispensable qu'il se rendit de sa personne en Espagne; que si, lui absent, l'Empereur et la reine de Hongrie s'éloignaient, les Pays-Bas seraient sans soutien , et les Français en pourraient profiter pour envahir ces provinces, au mépris de la trève; que, en demeurant à Bruxelles, encore qu'il ne fit rien, l'Empereur, par sa seule présence , trendrait le roi de France en respect; enfin, que la crainte de lui voir prendre le chemin de Fltalie exercerait une grande influence sur les vues ultérieures du pape Paul IV, dont l'inimitié venait de se révéler par des actes significatifs. Le 28 , il le sollicita de nouveau de se prêter à cet arrangement (1).

Ilest bien vrai que la princesse dona Juana et les conseils de Valladolid ne cessaient d’insister auprès de Philippe IT, afin qu'il revint en Espagne; il est vrai

» repliear en ello, hasta que se declarase quien habia de ir. Después, » como se declaro la ida del Emperador, torné à hablar al rey, etc. » (Archives de Simancas, Estado, liasse 510.)

Eguino avait été envoyé aux Pays-Bas par la princesse doña Juana, pour remontrer à l'Empereur et au roi le fàächeux état des finances espagnoles.

(1) Lettres de Granvelle à la reine de Hongrie, des 28 et 29 mai, aux Archives du royaume, Collection de documents historiques, &X, fol. 95 et 97.

(124 ) encore que les cortès de Castille réclamaient hautement son retour (1). Mais ces motifs, quelque graves qu'ils fussent, justifiaient-ils la proposition du roi? N'y avaitil pas de l’'égoisme, disons plus, de la cruauté de sa part, à demander à son père qu'il se chargeât du gouvernement d'une portion de la monarchie, après qu'il s'était dépouillé de tous ses États, pour jouir du repos dont il avait Lant besoin? La reine de Hongrie fut choquée au dernier point du procédé de son neveu; elle écrivit à l'évêque d'Arras, qui lui en avait donné avis : « Je » croy que Sa Majesté se trouvera difficile de retarder » si longuement son voiage , et, pour dire vérité, non » Sans Cause : Car ne sçay si ce seroit la réputation et » honneur du roy de laisser son père, en l'estat qu'il » est, au brouilly, et luy se retirer en Espagne; et » tiendrois que, en cas que l’on sceust persuader à Sa » Majesté de se mesler de quelques négoces devant » son retirement, pour le bien des affaires de son filz, » qu'il seroit plus décent que ce fussent celles d'Es-

(4) Quelques jours après la démarche de Philippe Il, la princesse dofa Juana lui écrivit une nouvelle lettre encore plus pressante que les autres, pour qu'il hâätât son retour : elle envoya même expressément à Bruxelles don Fadrique Enriquez, majordome du prince don Carlos, avec la mission d'agir, à cet effet, tant auprès du roi qu'auprès de l'Empereur.

Nous donnons, dans l'A ppendice H, cette lettre dé doña Juana, qui est datée du 15 juin 1556, parce qu'elle jette un grand jour sur la situation de Philippe IF et de l'Espagne, à l’époque où elle fut écrite.

Voy. aussi Cabrera, Historia de Felipe 11, iv. 1, pp. 57 et 44, édit, de Madrid, 1619,

pagne que de 1ey et en Italie, qui est plus le manger de ceulx qui entrent à régner, que à ceulx qui ont » le tout habandonné; et craindrois que ceulx qui donnent tel conseil regardent plus à leur particulier que à l'honneur, réputation et devoir de leur Majesté (4). » Charles-Quint répondit à son fils qu'il remettrait son départ jusqu'au mois d'août, mais qu'il lui était impossible de le différer davantage (2).

Au mois de juin, Charles-Quint licencia sa maison. Elle comprenait encore, à cette époque, au delà de quatre cent cinquante personnes, sans compter les compagnies d'archers et de hallebardiers qui formaient la garde wallonne, allemande et espagnole : dans ce nombre, il y avait quelques Bourguignons, peu d'Italiens et d'Allemands; plus des quatre cinquièmes étaient espagnols ou belges. Le principal personnage de la maison impériale était le duc d’Albe, qui, depuis de longues années , remplissait la charge de grand maitre. Jean de Hennin, comte de Boussu, était grand écuyer, et Oudart de Bersacques, grand aumônier (5). La charge de grand chambellan, la plus distinguée par ses prérogatives, que Guillaume de Croy, seigneur de Chièvres , et le comte Henri de Nassau avaient oc-

La

(1) Lettre du 29 mai 1556, aux Archives du royaume, Collection de documents historiques, t. X, fol. 99.

(2) Lettre de Granvelle à la reine de Hongrie, du 28 mai, citée plus haut.

(3) Voy. l'état de la maison de l'Empereur dans le & I de ce

recueil, pp. 74 et suiv.

( 126) cupée successivement, n'avait plus été conférée par l'Empereur, après la mort du comte, arrivée en 1558. Les sommeliers de .corps étaient le seigneur de! la Chaulx (4) et le seigneur de Rye, tous deux bourguignons. Il y avait trois majordomes : le baron de Monfalconnet, bourguignon aussi; D. Juan Manrique et

Luis Quijada, espagnols. Les noms les plus illustres.

d'Espagne et des Pays-Bas figuraient dans la liste des gentilshommes de la maison et de la bouche:

Charles-Quint voulut, seulement, que le seigneur de la Chaulx, le comte du Rœulx, le seigneur d'Hubermont et le seigneur de Licques l'accompagnassent jusqu'en Espagne (2), avec un certain nombre de ses ayudas de camara, de ses barberos et d’autres officiers subalternes attachés au service de la chambre, de la cuisine, de la cave, de la table et de l'écurie. C’est parmi ces derniers que, au moment d'entrer dans.le monastère de Yuste, il fit choix des serviteurs qui devaient s'y enfermer avec lui; et, si l'on excepte Van Male, Moron et quelques autres, ceux qu'il, désigna furent pris dans les rangs les plus infimes de sa.domesticité, tant il voulait écarter de la retraite où il allait s’ensevelir jusqu'à la moindre apparence de faste et de luxe : on remarque même qu'un de sés quatre ayu-

(4) La Chaulx ne figure pas dans l’état mentionné en la note 3 de la page précédente, probablement parce qu'il était alors en Bourgogne.

(2) Voy, le t. Ier, de ce recueil, pp. 8, 14, 17, 25, 70, 90,299, 100, 109.

das de cämara ne savait pas écrire (1). Une compaghie de 99 hallebardiers reçut l'ordre de se tenir prête pour former son escorte; elle le suivit jusqu'à Jarandilla ; où 1 la congédia le 3 février 1357 (2). Quoiqu'il fût habitué depuis longtemps aux soins du docteur Corneille de Baersdorp, qui avait sa confiance, il le céda aux reines ses sœurs, et se contenta , pour son service propre, d'un médecin plus jeune, le brugeois Henri Mathys. Il avait déjà jeté les yeux sur le colonel Quijada, pour en faire son majordome à Yuste; il l'autorisa à prendre les devants, afin qu'il pût passer quelque ternps avec sa femme dans son domaine de Villagarcia.

La simplicité que Charles-Quint entendait apporter à l'orgamisation future de sa maison, lui servit aussi

(1) C'était Mathias Routart. On lit, dans l'inventaire des biens meubles de Charles-Quint, dressé à Yuste, le 28 septembre 1558 : « «Los cuales bienes é cosas el dicho Mathias Routart, ayuda de cà- » ,mara, dijo é declaré que no sabe de otra cosa qu'esté à su cargo…..; » € porque no sabe escribir, lo firmé por él el dicho Ojier Bodart, etc. » (Archives de Simancas, Contadurias, 1° época, liasse 1145.)

(2) Elle ne se composait plus alors que de 89 individus, 40 étant morts dans la traversée et en chemin. C’est ce que nous apprend Île passage suivant d’une lettre que Rodrigo de Bazan écrivit, de Valladolid, le 42 septembre 1557, au roi : « Los soldados alabarderos que » Su Magestad Cesarea truxo en su servicio de Flandes, fuéron 99, » de los quales quedäron muertos y despedidos los diez en la mar y » enel camino. De los 89 que enträron en Valladolid con Su Mages- » tad van aora los 8 en las compañias de soldados que van à servir » à Vuestra Magestad en esas partes, por manera que quedan destos » 84. » (Archives de Simancas, Estado, liasse 120.)

La note que nous avons donnée à la p. 110 du L Le, d'après les extraits de M, le brigadier Aparici, doit être rectifiée selon ces indications.

de règle dans les instructions qu'il donna au garde des joyaux de la couronne. L’argenterie indispensable à son service personnel, quelques reliquaires, quelques tableaux du Titien et d’un autre peintre que nous ne connaissons que sous le nom de maitre Michaël, ce fut là tout ce qu'il voulut emporter en Espagne (1): Les diamants , les bijoux, les perles, les pierreries etitous les autres objets précieux furent remis entre les mains des officiers du rot (2).

Une maladie contagieuse, comme il en régnait sou: vent à une époque où les règles les plus simples de salubrité et d'hygiène publique étaient négligées, éclata dans Bruxelles vers le milieu du mois de juin (5), et elle se développa rapidement, par les chaleurs excessives de l'été de 1556. La présence à Bruxelles de l'Empereur et du roi son fils fit prendre des mesures de précaution extraordinaires. Le magistrat ordonna que les maisons infectées de la maladie fussent signalées au public par un torchon de paille {stroowisch), long au moins d’une aune et demie, placé à la fenêtre de l'étage inférieur, et que les personnes qui s'y trouveraient restassent enfermées pendant six semaines, soit dans ces maisons mêmes, soit dans des tours des remparts, ou d’autres lieux qui leur seraient expressément désignés (4). II fit défense aux habitants des

(4) Voir l'inventaire inséré au t. I de ce recueil, p. 80-95.

(2) Les inventaires en existent aux Archives du royaume.

(3) Archives de la ville de Bruxelles, Geel correctie boek, fol. 427. (4) Ibid. Ordonnance du 16 juin 1550.

maisons infectées d'en sortir, sous peine du fouet et du bannissement perpétuel, et à toutes personnes d'y entrer, sous la même peine, à l'exception des curés, confesseurs , médecins, des religieux qui assistaient les malades, de ceux qui leur apportaient des aliments (4). Legouvernement ne jugea pas encore ces mesures suffisantes : 11 prescrivit que les rues et les canaux fussent nettoyés ; qu'on jetât de la chaux vive dans les retraits communs; que tous les pauvres qui n'avaient pas de domicile à Bruxelles eussent à en sortir, et que les autres restassent chez eux; que les personnes atteintes de la maladie fussent soignées hors dela ville; qu'on n'y laissât entrer personne venant de lieux infectés, etc. (2).

Dans la situation où se trouvait la capitale, la prudence conseillait à Charles-Quint de s’en éloigner. Après avoir fait visiter les villages des environs, il alla, le 29 juin, s'établir au château de Sterrebeke, appartenant à Antoine le Sauvage, fils de son grand chancelier (5).

(4) Archives de la ville de Bruxelles, Geel correctie bock, fol, 428 ve. Ordonnance du 29 juin 1556.

(2) Voy., dans l'Appendice L, l'instruction que le président Viglius remit au bourgmestre Vanden Eyeken, le 24 juin 1556.

(3) Histoire des environs de Bruxelles, par M. Alph. Wauters, t. IF, p. 181.

On voit, dans le compte de la recette générale des finances de 1556, fol. 248 ve, que Michel Mariage, dit Barbazan, fourrier de la reine de Hongrie, avait été envoyé à Sterrebeke, Ockerzeel et Ever, afin d'examiner lequel de ‘ces endroits était le plus commode pour la résidence de l'Empereur.

Selon le Journal MS. de Vandenesse, Charles-Quint se serait établi

Philippe I était parti, la veille, pour Tervueren (1).

Une lettre de Corneille de Baersdorp à la reine douairière de Hongrie nous fournit quelques détails intéressants sur l'état de Charles- Quint à cette époque : « Madame, écrit le docteur, l'Emperenr se porte con- » tinuellement de myeulx en myeulx. Îl est vray que, » ceste nuyt passé, depuis neuf heures qu'il s'al- » Jloit coucher hier au soir jusques à mynuyt, il ne » dormist point de bon sompne, mais fust souvent » esveillé, à cause du chault, lequel le fist tenir les » fenestres de sa chambre ouvertes depuis mynuyt » jusques à six heures du matin (2), où Jusques à six et » demie il a bien dormi, ayant entre deulx esté esveillé » trois fois, sans longuement demeurer esveillé, et ».dormi bons sompnes. Il fait. les matyns bonne » ‘chambre, et. disne bien; aussi fait bonne colation. » Ilirouvist vostre melon hier fort bon, et aultre aussi » que il avoit venu, comme Je croy, du mesme lieu, » assçavoir : d'ung Italien , auquel il a mandé d’en-

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à Grimbergen. Vandenesse se trompe certainement ici, comme léprouve la lettre du docteur Bacrsdorp, dont nous donnons un extrait.

Sterrcheke est un beau et grand village, situé au sud de Savénthem et de Nosseghem, dont il est séparé par l’ancien chemin de Bruxelles à Louvain. |

(A) Vandenesse, Journal MS.

(2} C'était là, à ce qu'il paraît, une habitude de Charles-Quint : on voit, dans notre recueil (t. 1, p. 514) qu'au monastère de Yuüste, pendant la saison des chaleurs, Charles-Quint dormait, les portes et fenêtres de sa chambre ouvertes.

(151) » Voyer de jour à aultre de fresches (1. De Ster- », beque, ce nu” de jullet 1556 (2). »

Cependant le roi et la reine de Bohème approchaient de la frontière des Pays-Bas. Philippe I envoya, pour les recevoir, le marquis d’Aguilar à Maestricht, et le duc de Savoie à Tongres; lui-même il se porta à leur rencontre jusqu'à Louvain, où ils arrivèrent le 16 juillet. Le lendemain, ils firent ensemble leur entrée à Bruxelles (3). L'Empereur, qui avait hâte de voir sa fille et son gendre, y était revenu dès le 15 (4), après avoir ordonné que de grands feux fussent allumés, vingt Jours durant, afin de purifier l'air, dans la rue sur laquelle donnait son habitation (5).

(4) Ce goût de l'Empereur pour les melons le suivit dans sa retraite. Voy. le t: Ir de ce recucil, pp. 10 et 515.

.(2) Archives du royaume : papiers d'État.

(5) Lettre de Philippe IH à la princesse dofa Juana, écrite de Louvain, le 46 juillet 4556. (Archives de Simancas, Estado, liasse 511.)

(4) Jbid.

(5) Nous avons trouvé, dans les acquits du compte des domaines de Bruxelles de 1556, l'ordonnance suivante, adressée au receveur de ces domaines par le conseil des finances :

« Receveur de Bruxelles, Philippe Veusels, pour ce que l'Empereur à commandé de journellement faire faire des feux en la rue de Louvain, endroit où est sou logis, pour pourveoir aux infections de la maladie contagieuse, et mesme pour supporter et soulager les voisins illecq, nous vous ordonnons que fournissez aux centeniers et wyckmeesters de ladicte rue la quantité de deux mil fagots, pour, durant le temps de vingt jours, povoir faire brusler, en ladicte rue, depuis la porte de S'*-Goule jusques à la porte de Louvain, la quantité de cent fagots par jour : faisant mectre ladicte provision de fagots

Selon un usage généralement observé entre les têtes couronnées, à l'entrée des souverains étrangers dans les villes, les bannis se présentaient à eux, pour obtenir la rémission de leurs bans : c’est ainsi que Charles- Quint, à son passage par la France en 1559, avait recu de François [° le pouvoir de faire grâce aux criminels en tous les lieux de son royaume qu'il traverserait. Philippe IT, nous ne savons par quel motif, n’accorda pas cette prérogative au roi de Bohême (1).

Maximilien et sa femme passèrent trois semaines à Bruxelles; ils logèrent au palais. De grandes fêtes furent données en leur honneur; il y eut des tournois, des festins, des parties de chasse (2) : la noblesse et la bourgeoisie se montrèrent également empressées à complaire à des princes pour lesquels les Belges ressentaient de vives sympathies. Philippe II fit au roi de Bohème un accueil affectueux. Tous deux s’efforcèrent de mettre en oubli les choses qui les avaient divisés, et ils convinrent même qu’à l'avenir ils s'avertiraient réci-

dedens le pareq de S. M., à l'entrée de la grande porte, pour y estre gardez... Faict à Bruxelles, le xr° de juillet XVe cincquante-six.

» Il est ordonné commencer les feux aujourd’huy, x1° de juillet, »

(4) La minute suivante, écrite de la main du secrétaire d'État Vander Aa, et corrigée par Granvelle, existe aux Archives du royaume, dans la collection des papiers d'État :

« Le roy, en son conseil d'Estat, a résolu et mande que, pour ceste fois, sur le fondement de la venue du roy de Bohesme, les banniz et délinquans ne seront menez en ceste ville de Bruxelles, pour bonnes considérations. Fait à Bruxelles, le xvne jour de juillet, l'an 1556. »

(2) Journal MS. de Vandenesse. — Histoire de Bruxelles, par MM. Henne et Wauters, t, 1, p, 585.

(155) proquement de ce qui pourrait donner matière à quelque défiance entre eux (1).

Maximilien eut surtout à se féliciter de son voyage, en ce qu'il réussit à faire revenir l'Empereur sur ses déterminations touchant un point qui tenait extrèmement à cœur au roi des Romains.

Charles-Quint, dès le mois de septembre 1555, avait annoncé à son frère l'intention de déposer la dignité impériale, aussi bien que toutes ses couronnes héréditaires. Cette communication avait inquiété Ferdinand, qui doutait des sentiments des Electeurs à son égard : 1l s'était empressé d'écrire à l'Empereur, afin de le détourner d'un dessein dont les conséquences pouvaient, selon lui, être des plus fâcheuses pour leur maison (2); depuis, il lui avait fait faire des représen- {ations pressantes, sur le même sujet, d'abord par D. Martin de Guzman, ensuite par l'archiduc Ferdinand , qui suivit de près cet ambassadeur à Bruxelles (5). Tout cela n'avait point ébranlé Charles-Quint, et il était bien décidé à signifier sa renonciation à la diète: qui allait s’assembler à Ratisbonne (4).

Le 24 mai 1556, dans une lettre écrite de sa main, Ferdinand renouvela ses observations à son frère (9); et comme, en ce moment, Maximilien allait se mettre

ne

(1) Papiers d'État du cardinal de Granvelle, t. V, p. 52. (2) Lanz, Correspondenz des Kaisers Karl V, 1. IX, p. 688, (3) Jbid., p. 702.

(4) 1bid., p. 701.

(5) /bid., p. 707,

(154) en route pour les Pays-Bas, il lui recommanda de les appuyer de toute son influence personnelle. Le rot de: Bohème fut puissamment secondé, dans ses instances auprès de l'Empereur, par sa femme, par la reine de Hongrie, par Philippe lui-même, qui était intéressé à ce que son père conservât le plus longtemps possible le gouvernement de l'Empire (1). Charles-Quint consentit enfin à une sorte de transaction qui concihait dans une certaine mesure son désir de se dépouiller de toute espèce de pouvoir avec les vœux que lui exprimaient si fortement les membres de sa famille. I autorisa son frère à convoquer les Electeurs, soit en diète, ou autrement, au lieu et au temps qu'il jugerait le plus à propos, et lui transmit, à cet effet, des lettres de créance pour eux. Afin que cette assemblée eût un résultat conforme aux vœux de Ferdinand, il s'engagea à faire proposer aux Electeurs, par les ambassadeurs qui y assisteraient en son nom, qu'il lui fût loisible de remettre au roi des Romains le titre d'empereur et l'administration de l'Empire, librement et purement, sans en rien retenir. Si les Électeurs y consentaient, ses ambassadeurs, en vertu de leur pouvoir, feraient la renonciation entre leurs mains : dans le cas contraire, ils auraient mission de négocier afin que, tout en retenant le nom et le titre, 1l fût libre de transférer le gouvernement absolu de l'Empire à son frère, et, en déses-

(4) Lanz, Correspondenz des Kaisers Karl V, t, WE, p.740,

(455 ) poir de cause, qu’il pût en charger, durant son absence, qui il lui plairait (4).

Lorsque Charles-Quint fit part de cette Ibn au roi des Romains, il ne lui laissa pas ignorer que son plus grand désir en ce monde était DE SE DESNUER DE Tour, et quil espérait, par conséquent, que rien ne serait négligé de sa part pour que les Électeurs acceptassent la première des trois propositions que les ambassadeurs seraient autorisés à leur soumettre (2).

Le 8 août, le roi et la reine de Bohème reprirent le chemin de l'Allemagne. Le même jour, Charles-Quint se mit en route pour Gand, où il fut suivi, bientôt après, des reines de France et de Hongrie, du roi son fils, du duc de Savoie et de, toute la cour. Quelque temps auparavant, 1l avait fait retirer son testament de la trésorerie des chartes de Rupelmonde, où étaient gardés les titres principaux des souverains des Pays-

Bas (5),

(4) Lanz, Correspondenz des Kaisers Kart V, 1. IX, pp. 708 et 709.

(2) Lettre du 8:août 1556, ibid.

(5) C'est ce qui résulte de lettres patentes de mandement de Philippe IE à messire Hermès de Winghene, conseiller et maître des requêtes du &onseil privé et garde des chartes de Flandre, desquelles suit la teneur :

« Comme l'Empereur, monseigneur et père, pour aucuns bons respectz, désire faire retirer son testament reposant en la trésorie de nos chartres de Flandres, en nostre chasteau de Ruplemonde, dont vous avez la garde avecq les aultres chartres y estans, et il soit que, suyvant l'ordonnance faicte sur la conduicte des gardes de nosdictes chartres, vous ne pourriez retirer ni délivrer ledict testament, sans

Charles-Quint fit ses adieux à son fils, à Gand, le 28 août, et se dirigea, par le nouveau canal (nieuwaert), vers la Zélande. Philippe, comme on l’a vu, avait, dès le mois de mai, transmis des instructions à la princesse doïa Juana, afin que, lors de son débarquement et sur toute sa route, l'Empereur ne manquât de rien (4): il les lui réitéra, en ajoutant que six chapelains attachés à la cour devraient se trouver au lieu où aborderait Sa Majesté, et en prescrivant, de plus, que 4,000 ducats fussent envoyés au même lieu, dont 3,000 seraient mis à la disposition de l'Empereur pour sa dépense jusqu'à Valladolid, et les 1,000 restants serviraient à payer les frais de transport de l’armerta royale (2). Le 8 septembre, il répéta ces recommandations à la princesse. Il lui fit connaitre encore que

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sur ce avoir noz lettres patentes en tel cas pertinentes, pour ce est-il que, ce considéré, et désirans en ce complaire au bon vouloir et plaisir de mondict seigneur et père, vous mandons et commectons, par ces présentes, que incontinent et sans délay ayez à vous transporter en nostredict chasteau de Ruplemonde, et de ladicté trésorie de noz chartres de Flandres y reposans, retirer ledict testament, et, à vostre retour icy, le délivrer ès mains de révérend père en Dieu vénérable nostre très-cher et féal conseillier d'Estat l’évesque d’Ar-

Ces lettres, qui portent la date du 11 juillet 1556, sont conservées aux Archives du département du Nord, à Lille, collection de la chambre des comptes, boîte 427.

(4) Voy. p. 120.

(2) Voici en quels termes était conçue sa dépêche, qui fut expédiée de Gand, le 26 août : « Mandaréis que se provea lo necesario en la » costa y en el camino, conforme ä lo que primero estaba proveido,

l'Empereur, désirant n'occasionner aucun déplacement, avait résolu de descendre, à Valladolid, chez Gomez Perez de las Marinas, où Ruy Gomez habitait d'ordinaire; que, quant aux deux reines, elles logeraient au palais; il l'invita à prendre toutes les mesures nécessaires en conséquence, et enfin il lui dit que, quoique l'Empereur n'eût pas voulu entendre parler dé cela, il convenait que, indépendamment des six chapelains dont il était question dans sa lettre précédente, un prélat, quelques personnes principales et quelques gentilshommes se trouvassent au port, pour le recevoir. Il ne doutait pas que ceux qu'elle désignerait; d'accord avec le conseil, ne se prêtassent volontiers à donner à leur ancien souverain cette marque de déférence et de respect, sans qu'il fût nécessaire de le leur commander expressément (1). MM. Pichot et Mignet ont'déjà fait remarquer que si, à son arrivée à Laredo, l'Empereur ne trouva ni argent, ni prêtres, ni médecins, ni courriers (2), ni personne , excepté l'alcade de cour Durango et l'évêque de Salamanque, Philippe Il ne saurait en être rendu responsable.

» sn. ÿ provecréis que vengan seis Capellanes nuestros al pucrto, » para ir sirviendo à Su Magestad.…...

» Su Magestad Imperial partira de aqui para Gelanda à los xxvui » del presente, y se embarcarä con el primer buen temporal, que ya » todo està en orden. Mandaréis que en el puerto se tengan cuatro » nil ducados : los tres para el gasto que Su Magestad hari hasta » Ilegar ay, y los mil para el acarreto de mi armeria que embio...., » (Archives de Simancas, Estado, liasse 511.)

(4) Voy. cette lettre dans le t, IE, p. 95,

CVoy. le t. 1, p. 5,

Charles-Quint alla attendre, à Souburg(1),-que le vent devint propice pour son départ :1l y avait, dans ce village, une belle et spacieuse maison, où il se logea (2).

Ce fut à Souburg que Charles signa Îles des relatives à sa renonciation à l'Empire. [l nomma ses ambassadeurs auprès des Électeurs et de la diète : Guillaume de Nassau, prince d'Orange, le vice-chancelier George -Sigismond Seld , le secrétaire Wolfgang Haller, et laissa pour eux des instructions, conçues dans le sens de la déclaration qu'il avait faite, à Bruxelles, au roi de Bohème. Dans l'intervalle qui s'écoulerait jusqu'à ce que sa renonciation fût accomplie, l'Empire ne pouvait rester sans chef : il écrivit aux princes et états de la Germanie qu'il avait investi son. frère, comme son futur successeur, en sa qualité de roxlégitimement élu des Romains, du pouvoir absolu et irrévocable de traiter, négocier et commander;;.en-toutes choses qu'il trouverait être requises et nécessaires à la grandeur, prospérité et augmentation de l'Empire,

(4) Souburg, qu'on écrivait Sudbourg et Zuitbourg au XVI: siècle, est à 5 kilomètres de Flessingue, et à 4 kilomètres de Middelbourg; il forme aujourd'hui deux communes : Oost-Souburg et West-Souburg.

(2) Guichardin, Description des Pays-Bas, édit. de 4582, p. 551.

De Thou {liv. XVIF) fait « une citadelle » de la maison de Souburg, qu'il confond avec Zeebourg. Quelques lignes plus haut, eët historien, ordinairement si judicieux, raconte que l'Empereur « prit pour un » présage de sa mort prochaine » une comète qui parut le 6 mars 4556, et que, dès lors, « il ne pensa plus qu'à faire préparer toutes » les choses nécessaires pour son départ »!!

( 1459 ) leur ordonnant , en vertu de son autorité impériale, et sous peine d'encourir son indignation, de révérer, respecter et honorer ledit roi des Romains, ainsi qu'ils feraient sa propre personne (1). Il avait, quelques jours auparavant, transmis une injonction semblable à la chambre impériale de Spire (2).

Il donna avis de toutes ces dispositions à son frère, et lui envoya copie des instructions qu'il avait dictées pour ses ambassadeurs. A cette occasion, il crut devoir lui manifester encore ses sentiments : « Je me suis, » lui écrivit-il, très-volentiers condescendu à vostre » désir, soubs l'espoir et confiance, que je conçois de » vous, que, nonobstant les mandements et lettres » adressés aux princes de l'Empire, vous regarderez de » descharger ma conscience de tous scrupules (5), puis- ». que, par le discours de la négociation passée jusques »: à oires, Vous avez peu cognoisire quelz ilz sont, et > que, pour m'en mettre hors, vous userez de toute » dilligence requise pour accorder avec les Électeurs

(4) Lettre du 7 septembre 4556, dans Goldast, Collectio constitutionum imperialium, in-fol.; Francof., 1615, p. 576.

(2) Lettre datée de Gand le 27 août, bid.

(5) C'était surtout la crainte qu'il ne se fit en Allemagne quelque chose de contraire à la religion catholique, qui inspirait ces scrupules à Charles-Quint. Voy., dans les Papiers d’État du cardinal de Granvelle, 4. V, p. 72, ce que Philippe HI écrivait à Granvelle, le # mai 1557, à propos du colloque qui allait avoir lieu à Worms : « Si Su » Magestad sabe lo destos colloquios, temo no querra (différer sa re- » nonciation), pues es la principal causa que siempre ha dado para

» querer renunciar, ?

» du lieu et du temps auquel ils se devront trouver » personnellement avec vous........ Et si confie que » vous fiendrez main à ce que le tout se propose par » degrés, suivant mon intention, pour, sil est pos- » sible, obtenir le premier point, et sinon, et après » avoir fait jusques au boult tout le possible pour y » parvenir, condescendre au second, ‘et finalement » venir au troisiesme, qu'est la part de la négociation » que me donneroit moins de contentement...... » (4). Dans le même temps, 1 fit délivrer à PhilippetH les insignes impériaux dont un de ses officiers avait'eu jusqu’alors la garde, afin que les ambassadeurs qui de sa part assisteraient à la prochaine diète, pussent les remettre entre les mains de son successeur à l'Empire(2).

Parmi les conventions qui avaient été faites à Augsbourg, au mois de mars 1351 , entre les deux branches dela maison d'Autriche, il y en avait une par laquelle le roi Ferdinand s’obligeait, lorsqu'il parviendrait à l'Empire, à instituer le prince Philippe son lieutenant en Îtalie, pour en exercer les fonctions toutes et quantes fois il ne se trouverait pas lui-même dans cette province (5). Charles-Quint, sans tenir compte de ce qui s'était passé depuis lors , ni de l'abandon qu'il venait de faire au roi des Romains des prérogatives de la dignité

(4) Lettre du 12 septembre 1556, dans Lanz, t HE, p.710.

(2) On sera peut-être curieux de connaître ce qu'étaient, à cette époque, les insignes de la dignité impériale. Nous en donnons l'inventaire dans l’Appendice K.

(5) Get acte, daté du 9 mars 4551, et écrit tout entier de la main

( 141) impériale, voulut, avant de quitter les Pays-Bas, assurer à son fils, par sa seule autorité, le bénéfice de cette convention; il alla mème plus loin : car il créa Philippe, ainsi que ses successeurs, vicaires perpétuels

de Ferdinand, est aux Archives de Simancas, Capitulaciones con la casa de Austria, liasse #. En voici la tencur :

« Nous, Fernande, par la grâce de Dieu, roy des Romains, Hungrie et Bohême, etc., archiduch d’Austriche, etc., confesons, par ses présantes, que, considérant que, si nous venions en la administration de l’Empire après les eureulx jours de l'Empereur, monseigneur et frère, ne pourrions sy continuellement estre en Ytalie come pour l'administration de ycelle ceroeit requis, pour les aultres urgens afaires et empeschemans qui pourrions avoeir en Alemagne, el que à ceste cause est requis que pourvéions, en nostre absence, de licutenant soufisant, quy aye auctorité, pouvoeir et lieu en Ytalie pour y maintenir nostre auctorité ympériale, et la défendre contre ceulx qui la vouldroient obprimer : nous confians de la soufisance et calité à ce requise et desusdite qui est en la personne de don Philipe, prince d'Espagne, archiduch de Austrische, etc., monscigneur nostre bon nepveue, avons délibéré que, venant à ladite dignité, le choasir en cestuy ofice; et luy prométons et jurons, par cestes, sur nostre foy , honeur, en parole de roy, que, incontinant que nous viendrons à l'administracion de l'Empire après les éreulx jours de Sa Majesté, sv Dieu veult que nous luy suscédons, nous députerons et ynstituerons ledit seigneur prince pour gouverneur et nostre lieutenant en l'Ytalie, come le députons et ynstituons dès astheure pour lors, pour, toutes les foois que nous trouverons absant, avocir, sous ét en nostre nom, éome nostre licutenant et gouverneur, tout entier gouvernement en Ytalie; en outre que, de part de l'Empire, avoyr toute äuthorité, tant à la administracion de justice, gouvernemant, que auliréman, come aultre nous-mesmes; et luy, de son cousté, nous doeit porter honneur, révérance et obéissance, comme roy des Romains est tenu de fère à ung Empereur, et ung lieutenant à son

( 142 ) de l'Empire en Italie ({). Il fallait que la:tendresse paternelle l’'aveuglât étrangement, pour qu'il apposât.sa signature à un pareil acte, qui devait choquer à la fois les Allemands et les Italiens, sans parler de ce. qu'il avait de blessant pour le roi Ferdinand en particulier; qui, d’ailleurs, était radicalement nul, puisqu'il portait atteinte aux droits de l'Empire et des Empereurs futurs (2). Charles, on le conçoit, se garda bien d'informer son frère dé cette disposition. Îl paraît, du reste, qu'elle demeura secrète, et que Philippe n’en fit point usage. Cependant, lors des négociations de 1557 avec

ne fl ie cs RS CS

chieff, sans que, en nostre présansce en l’Ytalie, il aye à ce riens mêler de ladite administration et gouvernemant, synon autant que, luy comanderons et consentirons : nos réservant, en nostre présance, l’antière administracion et gouvernemant, etc. »

(4) Nous n'avons jusqu'ici vu ce fait consigné nulle part; il nous a été révélé par un écrit de Granvelle qui est conservé aux Archives de Simancas, Estado, liasse 646, et dans lequel on lit : « Queriendo, ». Ja Magestad del Empcrador irse à España, determino de hacer » vicario perpetuo al rey nuestro señor y à sus sucesores en Ytalia, » del Ymperio, y hizolo reservandose aquellas mismas cosas que el » rey de Romanos havia reservado en el eserito: que habia hecho, » por el cual prometia de hacer su vicario en Ytalia al rey nuestro » señor. Pero la diferencia que hay entre el vicariato, prometido por » el rey de Romanos, y el que Su Magestad del Emperador ha dado » por su privilegio al rey nuestro señor, es muy grande, porque lo. » uno es ad vitam consliluentis, ÿ lo otro es perpetuo y para suce- » SOres. »

(2) Granvelle lui-même trouvait la patente de l'Empereur «no » bien fundada en derecho, » et ajoutait que « escandalizaria al » Emperador y à los que desto tuviesen noticia, tanto Alemanes » como Italianos, etc, »

( 145 } le due de Vendôme, il annonça l'intention de s’en prévaloir, pour garantir à ce prince l'investiture de l'État de Milan (1).

Des deux flottes qui devaient transporter Charles- Quint et les reines ses sœurs en Espagne, l'une, composée de navires biscayens, asturiens et castillans, était commandée par D. Luis de Carbajal, capitaine général de larmada de Guipuzcoa; nous ne possédons pas de renseignements certains sur le nombre des voiles qui en faisaient partie : l’autre consistait en dix-neuf navires flamands et zélandais, parmi lesquels il y avait huit vaisseanx de guerre; Adolphe de Bourgogne, dit Ghapelle, chevalier, seigneur de Wacken, en était l'amiral, et Gérard de Meckere le vice-anural (2). Maximilien de Bourgogne, revendiquant ses prérogatives d’amiral de la mer, avait brigué l'honneur de conduire lui-même en Espagne le monarque quil avait servi pendant tant d'années: l'Empereur lur sut gré de sa démarche; mais il lui fit répondre que sa présence dans ses gouvernements de Hollande et de Zélande lui serait plus agréable encore, ainsi qu'au rot : car les états de ces deux pays se montraient difficiles relativenent à une aide qui venait de leur être demandée, ainsi qu'aux autres provinces, et l'on se flattait que l'inter-

(4) Voy. l'instruction de Philippe I à Ruy Gomez, du 15 avril 1557, analysée dans le t. IL de ce Recueil, p. 164, à la note.

(2) Voy., dans l'Appendice L, la liste des navires dout cette flotte était formée, et des capitaines qui les commandaient.

( 144) vention de leur gouverneur les amènerait à de sh leures dispositions (1). dus Le vent que les pilotes désiraient pour mettre à : voile s'étant fait sentir, l'Empereur et les deux reines s'embarquèrent à Flessingue (2). Charles-Quint, lors

(1) Lettre de Maximilien de Bourgogne au due de Savoie, du 21 mai 1556, aux Archives du royaume : Lettres des seigneurs, t. XW, fol, 457. — Lettre du duc de Savoie à Maximilien de Bourgogne, du 28 mai 1556 : ibid., liasses des papiers d'État.

(2) MM. Pichot et Mignet fixent le jour de l'embarquement de l'Empereur, d'après le MS. Gonzalez, au 13 septembre. Dans la déclaration des frais de voyage du conseiller Micault, qui est rapportée au compte de la recette générale des finances de 1556, fol, 259 ve, il est dit que Charles-Quint et ses sœurs s’'embarquèrent le 15. Micault était resté auprès d'eux jusqu’à ce moment-là.

ve

Chose singulière! Le 5 septembre, Philippe IF écrivait, de Gand,

pour savoir quand son père serait parti, aux magistrats des villes du littoral (lÉcluse, Ostende, Nieuport, Dunkerque et Gravelines). Nous avons, aux Archives du royaume, la minute de sa lettre; elle est ainsi

conçue :

« DE par LE Roy.

» Chiers et bien amez, pour ee que entendons que l'Empereur, monseigneur et père, a fait embarquer la pluspart des seigneurs, gentilzhommes, officiers et autres qui le doibvent accompaigner et suyvre en son voyaige vers noz royaulmes d'Espaigne, et que S. M. est délibérée de bientost se mettre sur mer avec les deux roynes, noz bonnes tantes, à ceste cause, et que désirons savoir au vray quant l’armée de Sadicte Majesté se mettra sur mer, nous vous ordonnons très-expressément et acertes de nous advertir en dilligence de ce qu'en povez savoir, ét mesme si n'avez desjà apperceu aucuns navires d'icelle armée tirans vers Espaigne, et quant icelles passeront, Et en ce ne faites aulcune faute, À tant, ete. De Gand, le ve de septembre 4556, »

des préparatifs de l'année précédente, avait choisi pour son passage une hulque flamande; cette fois, il donna la préférence à un navire biscayen qui, en 1554, avait transporté son fils en Angleterre (1), et n'avait encore fait que ce seul voyage (2) : ce navire, appelé el Esptritu Santo, appartenait à Martin Ximenez de Bertendona, et le fils de celui-ci, Antonio de Bertendona, en était le capitaine; 1l était du port de 565 tonneaux (3). On y avait disposé un appartement commode pour l’Empereur (4), sans oublier d'y mettre une étuve, dont, au moindre froid, 1l ne pouvait plus se passer (5). Les deux reines montèrent sur le Faucon, qui portait le pavillon de l'amiral de Wacken.

(1) Sigüenza, Listoria de lu 6rden de San Geronimo, t. HE, Liv. [, p. 187.

(2) Le conseiller Micault écrivait, de la Vère, le 8 juillet 1556, à la reine de Hongrie : « Il n’y a encoires personne venu à Armuyden, » pour faire carpenter et équipper le bateau de l'Empereur, qui a » changé de bateau pour sa personne, à cause que celluy de l’aultre » année estoit viel et aultrement point si propice que celluy qu'il a »' choisy maintenant, que est une navire biscayenne, nouvelle de 5 son premier voiayge, de la grandeur de 1111 tonneaulx, comme » le Faulèon, auquel Vostre Majesté doibt aller. » (Archives du royaume, papiers d'État.)

(5) Archives de Simancas, Contadurias generales, 1° época, liasse

(4) On peut voir la description de cet appartement, d’après le MS. Gonzalez, dans M. Pichot, p. 215, et dans M. Mignet, p. 159.

(5) Philippe If, qui se flattait de pouvoir bientôt retourner en Espagne, voulut que el Espiritu Santo lui füt renvoyé, pour qu'il püt s'en servir dans sa traversée; 1e 9 septembre, il transmit l’ordre sui- Vant à l'amiral de sa flotte : « D. Luis de Carbajal, nuestro capitan

Cependant les flottes avaient à peine levé l'ancre, que le calme d'abord , et ensuite les vents de sud-ouest, la retinrent à la pointe de Ramekens (1). Philippe Ily vint, le 17 septembre, visiter l'Empereur dans son navire (2. Le même jour, le vent ayant fraichiet pris une direction favorable, les flottes poursuivirent Jeur roule,

Le roi, par une circulaire adressée aux gouverneurs et conseils de justice, ordonna que, dans toutes,.les villes, bourgs et villages des Pays-Bas, on fit des processions générales et solennelles avec. le. saint 'sacrement, et que tous prélats, gens d'Égliseet de religion, nobles, vassaux, officiers et gens de loi se missent en état de grâce, jeûnant, priant et distribuant des aumônes, afin qu'il plüt à Dieu de donner à l'Empereur un bon et heureux voyage (5). En Espagre, depuis le mois de juin, la princesse dona Juana faisait dire des prières, pour le même objet, dans les monastères. et les églises (4).

» general del armada de Guipuzcoa, porque à nuestro servicio con- » vicne que volvais con ella à Ynglaterra, para ser en la costa de ». aquel reino en puerto en todo elmes de diziembre primero que » viene, os mandamos que asi lo hagais, y traigais con vos à sueldo

» la nao de Vertendona en que agora pasa el Emperador mi señor, » con la eslufa y aposento que paru Su Magestad se ha hecho, y que, » en lugar desta, despidais otra de las que agora teneis, que os pas reciera mas inutil.... » (Archives de Simancas, Estado, :liasse 514.)

(41) Charles-Quint, ele., par M. Mignet, p. 132,

(2) Vandenesse, Journal MS.

(5) Voy. cette circulaire dans l'A ppendice M.

(4) En annonçant à l'Empereur, le 15 juin 1556, que tous les

Au moment où les rivages de Zélande se dérobèrent aux regards de Charles-Quint, detristes et mélancoliques réflexions se mêlèrent sans doute à ses pensées. Trente:neuf années auparavant, il avait quitté les mêmes rivages (1}; 1l était alors plein de jeunesse, d'ambition et d'avenir. I allait recueillir le magnifique héritage de Ferdinand et d'Isabelle la Catholique; les vœux de vingt peuples divers l'accompagnaient; il partait, environné de tout l'appareil d'un puissant monarque; les ambassadeurs des plus grands princes de l'Europe, la noblesse la plus illustre des Pays-Bas et d'Allemagne, formaient son cortége; des ministres renommés par leur sagesse et leur expérience étaient à ses côtés, pour le guider dans la brillante carrière qui s'ouvrait devant lui. Quel contaste avec sa situation actuelle! Cassé par l’âge et les fatigues, usé par les maladies, n'ayant conservé, de toutes ses couronnes, de toute sa puissance et son éclat, qu'un titre désormais sans valeur, n’aspirant plus qu'au repos dans la solitude, il s'éloignait maintenant des contrées qui l'avaient vu naître, sans pompe, presque sans suite, pour aller

royaumes d'Espagne s'étaient réjouis d'apprendre sa prochaine arrivée, elle ajoutait : « Y porque Nuestro Señor traya con bien y con » mucha salud à Vuestra Magestad, he proveido que en las iglesias » y monesterios de estos reinos se hagan plegarias y oraciones, en- » comendandosele mucho..………. » (Archives de Simancas, Æstado, liasse 115.)

(4) Le 7 septembre 1517. [ avait dû alors attendre, pendant trois

mois, en Zélande, que le vent lui permit de partir.

( 148 ) passer, au sein de la retraite, les jours qu'il plairait encore à Dieu de lui départir.

Ces réflexions, en lui rappelant le néant des grandeurs humaines, ne purent que donner une nouvelle force aux sentiments religieux dont son âme était imbue, et qui lui avaient inspiré l'idée de choisir un cloitre, pour en faire sa dernière demeure.

RÉ Mani.

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