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Madame, j'ay à se soir rechut la laistre qu’yl a pleut à Vostre Majesté m'écrire, aveeque les chapons et volille pour l'Empereur. Je luy garderay tout jusques à dimenche, et après vous aviseray de ce qu'yl ora trouvé le milleur : il mengera ses deulx jours poisson, et m'a demandé sejourd'huy, par deulx fois, sy n'y en étoit point venu de par delà; et, comme j'écris dernyèrement à Vostre Majesté, vous ne luy sariés envoyer chose plus agréable. Et sur toute chose il désire d'avoir des huistres, et n'a dit sejourdhuy, sy ly en vient, que je ne faille point de l'en avertyr incontynent, soit qu’yl soit jour de cher, ou non. Voisy deulx jours qu’yl a bien mengié d’une poitrine de veau bouillie, avecque la moutarde d’'Allemaigne, et est bien ayse d’avoir repris ung petit d’apétyt: vous asseurant, Madame, grâces à Dieu, qu'yl se porte fort bien, et myeulx qu’yl n’a faict de lontamps: Il
( 155 ) depvoit aller sejourduy jouer aux champs; mès le froit qu'yl à faict luy en a gardé. Madame , etc.
De Thionville, se jeudy soir, 11° de novembre XV: LII.