I Joan., cap. v
Mais l'esprit du mal ne touche pas à celui que Dieu engendre spirituellement et que la grâce conserve : « Malignus non tangit eum *. » La vie chrétienne est une vie de justice à laquelle préside la modération des désirs, Si le chrétien n'a pas héroïquement renoncé aux biens de ce monde, comme ceux qui veulent suivre de plus près le Christ dépouillé de tout, il ne s'en exagère point l'importance; et règle l'estime qu'il doit en faire sur cette parole divine : « Que sert à l'homme de gagner l'univers s'ilvieut à perdre son âme? » Ce qui suffit aux nécessités de la famille et à l'honneur de son rang, voilà tout ce qu'il désire. La conservation et l'accrois sèment légitime d'une fortune dont il ne se servira que pour faire le bien, voilà tout ce qu'il recherche. Il ne néglige pas ses intérêts, mais il a l'œil ouvert sur tous les droits pour n'en offenser aucun. Il les respecte en tous les contrats, mais plus encore en ceux que la religion bénit et où sont engagés les plus sacrés intérêts de la famille et de la société. Ce n'est pas assez pour sa probité jalouse d'éviter les grossières iniquités du mensonge, de la