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magni Dei et Salvatoris nostri Jesn Christi. d Regardez-le, Messieurs, et regardez-vous. Pouvez-vous dire que vous lui ressemblez et que votre vie est une vie absolument chrétienne ? Non. — Est-ce une vie absolument mondaine? Non. — Mais, qui êtes-vous donc, alors? Ni mondains pur sang-, ni chrétiens pur sang; mais je ne sais quels métis dans lesquels ni le monde ni Jésus-Christ ne reconnaissent leur lignée. Vous avez encore la foi, mais vous n'osez pas la pousser jusqu'à ses dernières conséquences pratiques. Vous recevez de temps en temps la grâce, mais vous ne savez pas la conserver. Vous n'ignorez pas que le Christ est votre modèle, mais vous ne le regardez qu'à la dérobée. Vous ne vous laissez pas entièrement matérialiser par le bien-être, ni affoler par les plaisirs, mais vous y prenez goût et vous y oubliez parfois vos devoirs d'état, souvent votre vertu. Vous ne commettez pas de grossières injustices, mais vous êtes âpres à la. recherche de vos intérêts, — muets quand il faudrait protester contre l'iniquité triomphante. Votre ambition n'écrase personne, mais vous êtes inquiets et trop pressés d'arriver. Vous croyez en Dieu, vous l'honorez par des actes do
Si LA VIE CHRÉTIENNE.
religion, mais ils sont commandés par la coutume et la routine, plus que par la piété. Vous vivez honnêtement aux yeux des hommes, mais vous ne savez surnaturaliser ni votre travail, ni vos misères, ni vos peines, ni vos joies, et vous perdez sans remords le mérite divin de vos actions. Vos mains s'ouvrent à l'aumône,mais vous reculez devant les sacrifices personnels. Les misères du corps vous émeuvent, mais les misères de Famé vous laissent insensibles; si, encore, vous n'êtes pas plus pharisiens que les mondains dans vos jugements sur les défauts et les fautes du prochain et dans la manière dont vous traitez sa réputation. Vous conservez l'espérance des biens éternels , mais vous êtes beaucoup plus occupés de vos petits bonheurs terrestres que du grand bonheur qui vous attend dans le ciel. Enfin. Messieurs, votre vie est un mélange qui ne fait honneur ni à votre bon sens, ni aux sacrements par lesquels vous avez été régénérés et sanctifiés. Et, puisque vous voulez, malgré cela, vous appeler chrétiens, je suis tenté de vous dire avec un ancien : « Changez de nom, ou changez do mœurs : Aut muta nomen, aut muta mores. » Le chrétien n'est pas un hybride, c'est un être franc,
vivant de la grâce el faisant les œuvres de la grâce. Le chrétien est un fils du peuple béni dont Dieu agrée et l'état et les œuvres : « Populum acceptabilem, sectatorem bonorum operum. j>