‹ Retraites pascales (volume 2)Chapitre 42 sur 92 · Non loquatur nobis Dominas, ne forte morîamur. [Exod · texte numérisé non relu

Non loquatur nobis Dominas, ne forte morîamur. [Exod

cap. xx, 19.)

Morte moriemur, quia vidions Deum. (Judic.,eap. xm, 22.)

que, les bras tendus vers lui, nous lui dirions comme Madeleine : aRabboni! mon bon Maître! » il disparaîtrait. S'il nous était donné de le posséder un peu plus longtemps, chaque minute qui s'écoulerait deviendrait, peut-être, un tourment pour notre âme imparfaite, tant nous aurions peur de voir s'évanouir notre douce vision. En tout cas, cette vision passagère rendrait plus cruel le chagrin de l'absence.

Finalement, nous n'avons aucun droit, en cette vie de voyage, aux visions qui béatifient Fàme humaine, tandis que ceux qui sont arrivés au tenue ne peuvent être privés un seul instant du bonheur dont Dieu leur a promis l'éternité. La vision du Sauveur glorifié faisant partie de ce bonheur, il faut qu'il reste dans les cieux Ses apparitions terrestres seraient un larcin fait à la béatitude de ses élus.

Evidemment, Messieurs, nous ne savons pas ce que nous demandons, lorsque nous exprimons Je désir de voir Jésus-Christ sous sa forme naturelie. Connaissant mieux que nous les exigences du ciel et les aspirations de notre infirme nature, il a choisi l'état qui pouvait le mieux contenter son amour et nous satisfaire, sans blesser aucun

LA VISITE Af SAINT-SACREMENT. 103

droit. Sous le voile du sacrement, il cache son humanité glorieuse, trop redoutable à notre faiblesse; il nous voit, il nous entend, il reçoit de près nos hommages, et nous ne sommes point écrasés sous le poids de sa majesté. La forme qui le tient enchaîné lui permet d'accomplir àlalettre la parole qu'il a mise jadis dans la bouche du Sage : Deliciœ mece, esse cumfiliis hominum l : Mes délices sont d'être au milieu des enfants des hommes. »

Il est donc au milieu de nous, il nous visite; non par de mystérieuses privautés qui pourraient froisser la susceptibilité et OAciter la jalousie de ses imparfaits enfants, mais par un acte public qui le met à la disposition de tous. Quand un roi visite les provinces de son empire et daigne montrer à ses peuples sa glorieuse personne, il se rend à Ja maison commune, à ce palais dont chacun peut dire : c'est à moi, parce qu'il est à tout le monde, et il est bien entendu que tout le monde est participant de l'honneur fait à la cité et que chaque citoyen reçoit personnellement la visite de son souverain. Aussi s*empresse-t-on de lui

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