‹ Retraites pascales (volume 2)Chapitre 47 sur 92 · MARDI-SAINT DEUXIÈME INSTRUCTION · texte numérisé non relu

MARDI-SAINT DEUXIÈME INSTRUCTION

Messieurs,

Le divin maître et ami de nos âmes, du fond du tabernacle où il réside perpétuellement, appelle à lui tous ceux qu'il est venu visiter. « Venue ad me otnnes, dit-il : Venez tous à moi. » Il est moins avide des hommages que nous devons à son infinie majesté que désireux de nous faire du bien, en nous ouvrant le trésor de ses révélations, en nous offrant les conseils de sa sagesse, les douceurs de son intimité, les encouragements, les consolatious et les offices de son amour. Mais,

entre toutes les visites qu'il réclame de nous, il

Lc2 LE DEV01B DE LA COMMUNION.

en est une plus familière et plus intime, en laquelle il veut nous mettre en possession du plus grand de tous les biens : de lui-même. Les amis qui nous invitent à leur table rompent avec nous leur pain, et croient nous donner, dans ce partage, le signe le plus expressif de leur affection. Manger le pain de l'hospitalité, cbez certains peuples, c'est devenir sacré. Misérable signe, pourtant, si je le compare à l'ineffable sacrement par lequel Jésus-Christ est, à la fois, notre hôte et notre nourriture.

Je vous ai expliqué, Messieurs, les fonctions et les effets de ce sacrement dans notre vie spirituelle1, et vous avez dû comprendre que c'était pour nous, non seulement un honneur et une joie, mais un devoir de communier, devoir si doux aux âmes pieuses et tendres qu'il devient pour elles un besoin et que Ton est obligé quelquefois, parrespectpourlesacrement.de contenir leurs désirs indiscrets. Ce n'est point ici mon cas. ce Les hommes, » dit un vieux prédicateur plein de bon sens et d'originalité. « les hommes ont plus besoin d'éperon que de bride en cette ma-

1. Cf. Exposition <!u dogme catholique. Soixante et onzième conférence : La Communion

LE DEVOIR DE LA COMMUNION. i 83

tiere 4. » Va donc pour l'éperon. Il entre dans les âmes indolentes et paresseuses, sous la forme d'une loi, dont je vais vous expliquer, aujourd'hui, la lettre et l'esprit.

Lorsque le divin Sauveur, en nous offrant lo pain qu'il vient de changer en son corps, nous dit : « Accipite et comedite: Prenez et mangez, » il ne nous adresse point une simple invitation que nous puissions refuser, sans courir d'autre risque que de manquer aux convenances chrétiennes ; c'est un ordre auquel il faut obéir. Jésus-Christ fait de la manducation de sa chair la loi de notre vie spirituelle, loi confirmée par un serment, sanctionnée parla peine de mort. Car, entendezle bien, ces deux mots : « Prenez et mangez, » ne sont que le corollaire de ces paroles bien autrement solennelles et expressives : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, vous n'aurez point la vie en vous : Amen, ame)i, clico vobis, nisi manche-

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