Cf. Exposition du dogme catholique : Index de la
soixante et onzième conférence.
voir de faire des miracles, si étonnants qu'ils soient, c'est remettre en question toute la religion à laquelle vous restez attachés au fond de l'âme, malgré les irrégularités de votre conduite. — Croyez-vous qu'il faille interpréter autrement que nous les paroles par lesquelles Jésus-Christ a institué le sacrement de l'Eucharistie, et vous plaît-il de ne voir qu'un symbole, là où nous adorons une divine réalité? Etes-vous sacramentaires? — Mais, alors, pourquoi rester dans une Eglise dont vous outragez les croyances, et ne pas aller demander l'hospitalité aux sectes dont vous partagez les erreurs? Et puis, fussiez-vous sacramentaîres, vous n'échapperiez pas au commandement du Sauveur qui vous ordonne de manger sa chair, ne serait-ce qu'en figure, pour vivre éternellement. — Etes-vous tourmentés par le doute, et, sans donner votre assentiment à l'erreur, suspendez-vous votre adhésion aux vérités eucharistisques? — Mais, pressés, comme vous l'êtes, par une loi positive qui vous oblige d'agir, vous ne pouvez pas rester en cet état. 11 y a pour vous nécessité urgente de vous éclairer et de vous mettre le plus tôt possible en mesure d'obéir.
Messieurs, n'allons pas chercher si loin les causes qui vous éloignent de la communion. Vous n'êtes ni rationalistes, ni sacramentaires, ni tourmentés par un doute positif ; vous êtes et voulez être toujours catholiques et croyants. Cependant, il est vrai que vous n'avez plus la foi : je veux dire cette foi franche, vive, résolue, qui se met en face de la vérité, la contemple, la goûte, et se tient prête à en suhir toutes les conséquences pratiques. Jésus n'a point disparu pour vous du sacrement où il réside, mais vous n'osez plus le regarder; il ne cesse pas de vous inviter à venir à lui. mais vous fermez obstinément l'oreille à sa voix ; l'Eglise ne vous paraît pas trop exigeante lorsqu'elle vous commande de vous approcher de la sainte table, mais vous esquivez ses ordres. Les années qui se suivent ne font que prolonger vos délais, et diminuer en vous l'appétit sacré que devrait aiguillonner votre foi. Il y a dix, quinze, vingt ans, que vous n'avez rempli voire devoir pascal. — Pourquoi cela? — Je vais vous le dire; ou, plutôt, laissons parler Celui dont l'Église interprète auprès devons les saintes volontés.
Un jour, Jésus dit à ses disciples cette parabole :
« Un homme fit un grand souper auquel il invita beaucoup de monde. Et, quand l'heure du souper fut arrivée, il envoya son serviteur dire aux invités : Venez, tout est prêt. Mais tous, de concert, commencèrent à s'excuser. L'un dit: J'ai acheté une maison de campagne, il est nécessaire que j'aille la voir ; je vous en prie, excusezmoi. L'autre dit : J'ai acheté cinq paires de bœufs, il faut que je les essaye; agréez mes excuses. Un troisième répondit au serviteur : J'ai pris femme, dites à votre maître que je ne puis venir *. »
Cette parabole, Messieurs, est d'une facile application. Vous reconnaissez en Jésus-Christ le maître de maison, Je père de famille qui prépare un festin. Son festin est grand: Cœnam magnam. Grand, à cause de la dignité de celui qui invite : c'est plus qu'un roi, c'est un Dieu ; grand, par le nombre des convives : c'est tout le genre humain qu'on appelle; grand, par les mets qu'on y sert : c'est une chair divine, un sang divin; grand, par les effets qu'il produit : il nous unit intimement à Jésus-Christ et nous fait vivre de lui. Le serviteur qui porte les invitations du maître, c'est