I Cor., cap. xi
de la religion. Le reste de foi qu'il conserve dans ses prévarications lui fait espérer qu'un jour, peut-être, il ne sait pas quand, il lui sera possible de mettre fin à ses crimes ; mais, présentement, paralysé par son imbécillité spirituelle, il a peur de les faire connaître à ceux qui pourraient les lui pardonner. Le démon s'empare de cette peur, et l'accroît à mesure que les profanations se multiplient. A l'heure suprême, si la justice divine ne livre pas le sacrilège aux surprises de la mort, Satan fermera la bouche de ce misérable, jusqu'à ce qu'il tombe désespéré entre les bras du juge qui l'a déjà condamné autant de fois qu'il a reçu de lui le baiser de trahison.
Souvent, Messieurs, le drame du sacrilège est moins long et plus promptement décisif. Du premier coup, l'âme méprise ce qu'elle a profané, et son mépris rayonne sur l'ensemble des vérités divines qui se rattachent à l'Eucharistie. Toutes les lumières de la foi s'éteignent subitement en elle, et, n'y voyant plus clair, elle s'endort lourdement dans la nuit de l'incrédulité. Que l'on cherche bien dans la vie d'une foule de mécréants qui se vantent d'avoir réformé, parla grâce de la raison et de la science, ce qu'ils appellent « les préjugés
d'une première éducation », je ne serais pas surpris qu'on rencontrât, à l'origine de cette réforme, une communion indigne. « Ideo inter vos multi infirmi et imbecilles] et dormiunt multi. »
Je ne voudrais pourtant pas vous laisser croire que le sacrilège est un crime irrémissible. La miséricorde infinie de Dieu peut et veut tout pardonner au repentir. Si Judas, au lieu de prendre le chemin du champ où il se pendit, eut pris le chemin du Calvaire et se fut prosterné au pied de la croix. Jésus lui eût dit encore : « Amice, mon ami! » et l'eût purifié dans son sang.Ne vous désespérez donc pas, pauvres âmes qui avez eu le malheur de communier indignement. Ne dites pas comme Gain : « Mon crime est trop grand, pour que Dieu me le pardonne : Major est iniquitas mea, quam ut veniam mereorv ; » mais dites, avec le Psalmiste : « Du profond abîme oùje me suis plongé, je crie vers vous, Seigneur : écoutez ma misérable voix. Si vous vouliez approfondir mon iniquité, comment pourrais-je soutenir votre regard et porter le poids de votre justice? Mais près de vous on trouve toujours miséricorde, et, dans le pré-